Le Chaton s’est évadé

Mais je l’ai rattrapé.

Une horde de Twittos de droite répliquait à mon attaque contre un sale billet d’Opposition Républicaine. Et tout d’un coup, le cri d’alarme.

Le Chaton n’est plus dans son panier !

Ma femme a lancé l’alerte. Le Chaton n’a pas de nom. On l’a trouvé la semaine dernière. Trop petit, pas sevré, par terre, dans le Sud. Le Véto nous a prévenu: ne vous attachez pas.

J’ai retrouvé le Chaton.

Il me griffait les poils des mollets.

Le voici.

Il est sauf.

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Et tes premières voitures, c’était quoi ?

Séquence nostalgie, affaire PSA oblige.

Je conduis depuis 24 ans. Mes parents m’ont toujours interdit les deux-roues motorisés. Je serai sans doute déjà mort sinon.

Ma première voiture était celle de ma grand-mère maternelle, une DAF 600. Je l’ai fracassée contre une voiture que je suivais de trop près, un 30 septembre.

Ma seconde voiture fut une Renault 4L customisée par un ouvrier mécanicien de l’entreprise: roues et sièges d’Alpine, compte-tour, stickers la carrosserie. Une voiture qui grillait un feu rouge me l’a détruite, un 30 septembre, l’année suivante.

J’ai cru qu’il valait mieux que j’arrête de conduire le 30 septembre.

Ma troisième voiture fut une Renault 5 d’occasion. Un été, je l’ai ramenée tambour battant d’un Sud familial. J’ai coulé une bielle à 40 kilomètres de Paris. Je me suis dit qu’il fallait passer au vélo, ce que je n’ai pas fait.

Ma quatrième voiture fut une Fiat Panda, noire. Je n’avais plus de véhicule motorisé depuis 3 ans. Un ami voulait s’en débarrasser. C’était notre première voiture familiale. Elle était tout le temps en panne mais se garait partout.

Et vous, votre première voiture ?

Un billet au hasard, une pierre dans ma main.

Cyril m’incite à répondre à cette question, initialement posée par Jegoun, le maître de notre bistrot numérique : ai-je déjà écrit un billet au hasard ? Pour la simple envie d’écrire à tout prix ou tout autre raison ?

Je blogue quotidiennement depuis le 6 mai 2007. Et doublement depuis la fin juillet 2007, quand j’ai ouvert ces Coulisses. Cette période est close depuis le 17 juin dernier. A l’époque, l’écrit était sous contrainte: il fallait écrire quotidiennement sur Nicolas Sarkozy. Il n’y avait pas de place pour le hasard. L’actualité a toujours été riche. Parfois lassante et répétitive, mais toujours riche. Les billets pouvaient être sombres, chiants, futiles, poussés, écrits sur plusieurs jours, a-temporels ou immédiatement périssables, ils n’étaient jamais écrits par hasard.

Le choix des sujets – quand l’actualité ne les impose pas d’elle-même – devait être pensé.

Depuis le 17 juin au soir, la démarche est différente. J’écris pour trois raisons, qui chacune me fournissent pour l’instant quotidiennement des sujets:

1. Parce que mes commentateurs m’instruisent par leurs commentaires. 

2. Parce que certains faits ou la façon dont ils sont relayés provoquent une certaine rage.

3. Parce que certains angles d’interprétation de la réalité ne sont pas couverts par les médias. La surimportance des éditocrates et du discours libéral dominant sont deux paramètres essentiels de l’inspiration.

Fatigué

N’achetez plus de voiture. Point barre.

Nicolas Jegoun est socialiste (mais sans voiture), je suis écolo (mais avec). Quand il cherche à nous motiver à faire la promotion des voitures françaises pour aider au redressement productif, j’enrage. Les pubs de grosses cylindrées avec des donzelles aux lèvres surgonflées m’insupportent. La seule grâce que je trouve au plan Montebourg est de favoriser la voiture électrique – et encore… je suis contre le nucléaire. Un autre confrère, Yann, espère que @jegoun va s’acheter un véhicule électrique. Quand tu habites en banlieue comme moi, ça peut être drôle.

L’avenir de l’industrie automobile est de construire des transports collectifs et de l’auto-partage. Noël Mamère l’a très bien dit à propos du drame PSA:

« L’exemple du secteur automobile illustre bien la nécessité de la conversion écologique de l’économie. Si nous voulons éviter de rejouer la mauvaise pièce de la sidérurgie lorraine, où l’on a sciemment menti aux populations sur l’avenir de cette industrie, nous devons dire la vérité : la circulation automobile régressera. C’est une réalité parce que la société de l’après-pétrole a déjà commencé. La conversion est une mesure de bon sens pour désengorger les villes et lutter contre la pollution urbaine. C’est aussi une nécessité climatique et un enjeu écologique majeur : les transports comptent pour 31 % de la consommation d’énergie finale, 70 % de la consommation de pétrole et 25 % des émissions de CO2. L’automobile à elle seule représente 12% des émissions en Europe. Des centaines de milliers de familles sont aujourd’hui concernées par l’avenir de cette industrie et l’automobile représente 15 % du budget des ménages. Je refuse que cette mutation se fasse sur le dos de ses salariés en raison de l’imprévoyance du patronat de ce secteur. »

A la maison, nous avons deux voitures, toutes les deux françaises. Mon vélo (électrique) est espagnol. J’ai été ravi de voir deux stations Autolib s’installer dans notre commune. Il était temps.

Faire la promotion de la voiture française ?

N’achetez plus de voiture.

C’est urgent.

Reste politisé, petit jedi.

Oulalalala. J’ai énervé trois, peut-être cinq supporteurs de Fabrice E. hier. Pas grave. L’un d’entre eux a écrit un joli billet (sans sarcasme): « Politisé mais surtout apolitique ».

Mais je reste en désaccord sur le fond: l’engagement politique est aussi une affaire d’efficacité. Et celle-ci suppose de se rassembler, de négocier, de faire des compromis. Les lectrices/lecteurs réguliers de ce blog savent combien l’efficacité est (malheureusement) une préoccupation majeure de votre serviteur.

Mais l’article dudit blogueur vaut le détour, car il pose une question quasi-quotidienne: doit-on rester a-politique pour rester politisé ?

Les bonnes idées ne sont pas réservées à la gauche et les mauvaises à la droite, ou vice-versa. Les bonnes idées sont le fruit d’une réflexion, parfois d’un travail collectif, tout comme les mauvaises. On pourrait d’ailleurs débattre de l’idée même de bon ou mauvais, ça dépend du point de vue qu’on a, du contexte de la personne qui observe, des intérêts et de tout un tas d’autres choses.

Sur le fond, il a raison. Mais c’est un peu la version Bisounours de la vie tout ça, non ? Dans la vie, la vraie, on (1) négocie et (2) créé des rapports de force.

Sinon, on espère être un artiste, ou rester un pur esprit.