Pourquoi Ségolène Royal ne peut pas être (premier) ministre

C’est un ami et confrère qui m’avait fait cette réflexion. Aveuglé par la campagne et l’effort, je n’y avais pas pensé. J’avoue, mea culpa. La réflexion, la voici: heureusement que Ségolène Royal n’a pas été élue présidente de l’Assemblée nationale. Avec son ex-compagnon à l’Elysée, l’image aurait été curieuse pour qui n’aime ni le népotisme, ni les conflits d’intérêts, ni la République reprochable qu’on nous a légué en mai dernier.

Je ne m’étais pas fait cette réflexion, malgré ou à cause de mon soutien à l’ex-candidate à la présidence de 2007. La question mériterait nombre d’échanges. Peut-on être aveuglé par ses soutiens ? Bien sûr.

Au moins étais-je convaincu d’autre chose: Ségolène Royal ne peut pas être ministre d’un gouvernement sous présidence Hollande. C’est triste mais c’est comme ça. Ce serait trop étrange, la diversion serait trop forte. On ne cesserait de penser à leur ancienne relation. Les rapports avec les autres ministres seraient déséquilibrés.

J’ai lu qu’elle accusait Valérie Trierweiler de bloquer sa nomination éventuelle.

Elle interdit à François de me nommer ministre, c’est ça, la vérité »

On ne sait pas si l’accusation est vraie. Elle a été rapportée dans l’un de ces trop nombreux ouvrages qui se régale du « trio Trierweiler/Royal/Hollande ».

Pourquoi donc Patrick Bloche défend-t-il Philippe Santini ?

Allez, je vous l’accorde… Vous ne connaissez pas Philippe Santini. C’est l’ancien patron de la régie publicitaire de France Télévisions, débarqué de son poste l’été dernier. Son remplaçant vient d’être nommé, au moment où un éventuel retour de la pub après 20 heures avait failli faire polémique.

Mon sang n’a fait qu’un tour quand j’ai lu ceci dans les colonnes du Monde:

Nommé en juillet au conseil d’administration de France Télévisions, Patrick Bloche, président de la commission des affaires culturelles à l’Assemblée, compte demander des explications à M. Pflimlin sur le départ précipité de M. Santini. « Je trouve que son débarquement s’est fait dans des conditions déplorables, alors que la régie publicitaire a réalisé un travail exemplaire depuis la réforme de 2009 », a-t-il déclaré au Monde.

Exemplaires ?

Dans le même article, le journaliste du monde rapporte l’incroyable affaire, connue de quelques-uns:

Si au cours de son parcours à la tête de la régie de France Télévisions M. Santini a beaucoup innové, notamment avec la vente aux enchères de l’espace publicitaire, on lui doit aussi de bizarres pratiques de management. Dans un article publié il y a deux ans, le site Mediapart avait révélé comment les 25 et 26 octobre 2005, M. Santini avait mis sur pied avec d’ex-gendarmes du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN)  » une prise d’otages fictive » lors d’un séminaire d’un comité de direction pour « une mise à l’épreuve face au stress ». Les dégâts psychologiques de cette mise en scène de mauvais goût avec menaces et menottes avaient été très importants. Un cadre avait été licencié pour avoir organisé la rébellion face aux preneurs d’otages…

En avril 2010, la chambre criminelle de la Cour de cassation a confirmé la condamnation de M. Santini pour « complicité de violences aggravées, avec préméditation et usage ou menace d’une arme… » A cette époque, Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, n’avait pris aucune sanction à son encontre.

Vous avez bien lu. L’ancien patron avait organisé une fausse prise d’otages dans une séminaire de ces cadres pour évaluer leurs résistance au stress.

Maintenant que vous avez bien lu, je conseille de filer chez votre libraire favori et de vous procurer ceci:

Pour finir, reposons la question: pourquoi donc le député socialiste Patrick Bloche exprime sa surprise devant le licenciement (si tardif) de Philippe Santini ?

Filippetti et la Polka des critiques

Une phrase, celle-ci, et voici que des journalistes du Net s’agacent et taclent en cascade:

« Si la presse abandonne la qualité, il n’y aura plus de différence entre les journaux, les magazines payants et la presse gratuite, notamment sur le Net où rien n’est éditorialisé. »

Aurélie Filippetti, interrogée par le magazine Polka.

Il y a deux façons de comprendre cette phrase.

On peut comprendre que la ministre de la Culture considère que l’ensemble de l’information distribuée sur le Net n’est pas éditorialisée. Ce serait curieux, mais c’est visiblement comme cela qu’une belle flopée de journalistes du Web et d’ailleurs a compris la phrase. Je vous laisse lire certaines de leurs réactions dans un billet très bien fait de  pour l’Express.fr.

Je vous laisse imaginer l’intérêt d’une ministre de la Culture plutôt adepte de l’Internet de s’amuser à sortir pareille sentence.

On peut trouver un autre sens à cette phrase pourtant courte: la ministre désigne « la presse gratuite, notamment sur le Net où rien n’est éditorialisé« . Et pour tout vous dire, elle ne fait qu’un constat largement répandu parmi certains blogueurs politiques.

Pourquoi donc pensez-vous que nous bloguons depuis des lustres ? Parce que l’offre médiatique ne nous plaît pas. Et en particulier parce que l’accumulation de reprises de dépêches AFP ou Reuters, de micro-informations répétées et rabâchées sans mise en contexte ni recherche nous gave.

Quelques joyeux esprits ont préféré prendre cette citation de Miss Filippetti dans le sens qui leur convenait.

On laissera à la ministre le soin de clarifier quel sens elle voulait donner à cette courte réflexion.

J’dis ça, j’dis rien.

Petits conseils aux anti-Hollande.

Un presque aimable sarkozyste – jamais d’accord mais souvent poli – s’obstinait à me tweeter ses contre-arguments quasiment chaque jour. J’étais parfois agacé puis simplement ennuyé: les arguments tombaient à plat tant ils sonnaient faux.

La critique, pour être efficace, doit tenter d’approcher là où ça fait mal.

Un exemple: Montebourg déclare que le nucléaire est une énergie d’avenir. Et voici cet aimable sarkozyste qui part en vrille sur twitter avec l’argument massu: « vous, les écolos, vous êtes cocus« . J’imagine qu’il a du choper l’information essentielle lors de l’une de mes confessions. Effectivement, je suis écolo et je n’aime pas le nucléaire. Mais de là à penser que nous découvrions l’opposition de quelques socialistes à une sortie du nucléaire…

Bref, la critique, pour être efficace, doit être précise.

Second conseil gratuit du jour, quand on accuse quelqu’un de renoncement, il faut au moins respecter deux conditions: primo, identifier précisément la promesse initiale. Nombre de sarkozystes déçus ou déchus (entre autres) ont été embrouillés par leur ancien mentor au point de prendre quelques caricatures pour des promesses de campagne de François Hollande. Revenez au texte même du programmes. Si vous vous voulez, certains blogueurs de gauche ont même déjà préparé le terrain.

Secundo, assurez vous que la décision est bien définitive avant de crier au renoncement. Contre Sarkozy, nous avons commis l’erreur inverse: il nous a fallu attendre une bonne année pour réaliser que l’Agité était de surcroît souvent immobile.

On en revient toujours à la même exigence, la précision.

Il est vrai que cela prend du temps: il faut chercher, fouiller, retrouver des archives. Comparer, analyser, publier. Il est souvent plus facile de jeter un billet ou un tweet de quelques mots.

On a même coincé des professionnels médiatique du commentaire à succomber à pareille paresse.

Nucléaire, la fausse dispute

J’aime beaucoup Montebourg, tout autant Mélenchon. Mamère est de mon (ancien) parti.

Quand le premier déclare qu’il croit encore au nucléaire, il est (malheureusement) dans son rôle. Montebourg est un socialiste pur jus. Nous savions depuis l’automne 2011 que l’abandon du nucléaire ne serait pas du programme Hollande pour la présidentielle 2012. Nous – les écolos – pouvions râler, couiner, hurler. Mais EELV a fait d’autres choix, un accord électoral pour avoir des députés sur la base d’un programme qui inclut la poursuite du nucléaire.

Votre serviteur n’aime pas le nucléaire. J’aimerai que cette industrie détestable et si définitive pour la Terre ne fusse jamais inventée. Je hais le nucléaire.

Mais en novembre 2011, les écologistes ont signé un accord qu’ils devraient relire.

Crier au loup à chaque rappel (socialiste) que le nucléaire est une industrie d’avenir ne sert à rien. Pire, cela n’est pas crédible. Personnellement, je préfère la confession sincère d’un Mélenchon (lundi soir sur Canal+) qui avoue avoir compris qu’il fallait passer à autre chose que le nucléaire que les fausses indignations d’un Noël Mamère.

Comme nous l’écrivons souvent sur twitter ou ailleurs: WHAT THE FUCK ?

Nous le savons, le savions, le saurons. L’accord électoral avec les socialistes supposaient des concessions. J’y étais favorable et ne cherche pas à renier cette parole-là.
Le nucléaire reste une saloperie.

 

 

Tuer le chien ?

Ma consoeur Agnès Maillard a été victime d’une agression canine d’une rare violence il y a quelques semaines. Une agression qu’elle nous a confié sur Twitter puis sur son blog. Agnès a le joli talent de savoir relater comme une romancière. Elle est rédactrice.

« Je pensais qu’en pédalant vite, sans ménager mes efforts, je pourrais boucler la petite balade en moins d’une heure et rentrer avant la nuit. Mais à l’approche de la mi-août, la nuit tombe parfois comme un couperet et je me suis rapidement rendu compte qu’il me fallait rebrousser chemin. J’étais un peu frustrée, déjà que dans cet étrange été, je passe mon temps à me rendre compte que je n’ai le temps de rien. »

(lire la suite)

Quand j’avais dix ans, un gentil clébard m’a attrapé les deux poignets successivement avec ses crocs. Je n’ai pas apprécié.

Quand j’avais 25 ans, ma future épouse m’a présenté à ses deux chiens familiaux. Le plus grand, d’à peu près ma taille, bondissait derrière la vitre de sa maison en me voyant arriver.

J’ai dégluti plusieurs fois.

Les chiens sont les meilleurs amis les plus inexplicables.

PS: Dimanche, Agnès a complété son premier billet d’un autre relatant l’éprouvante rencontre avec les propriétaires dudit animal…