Nous sommes multiculturel(les)


La question était posée par Rosaelle, blogueuse émérite qui découvre aussi les joies des attaques trollistiques multi-thématiques. Elle vient de Franche-Comté, comme mon arrière-grand-mère. Elle détaille les multiples influences qui ont frappé sa vie pour conclure: « Ma culture est issue de toutes ces cultures. »

Je demande donc à Cycee, Elody, Juan, Bembelly, Hiélena, si ils le veulent bien, de montrer aussi leur côté multiculturel . Cela montre d’ailleurs l’étendue de notre culture française, tout à fait authentique par là-même, car c’est aussi une spécificité de notre Pays qui en fait son originalité et sa richesse.

Je ne sais pas si la France est le pays le plus multi-culturel qui soit. Mais c’est sans doute l’une de ses caractéristiques premières.

Pour ma part, le multiculturalisme est encore assez large. Sans trop me dévoiler, je peux encore avouer que j’ai un beauf musulman (ultra)pratiquant, un autre Juif dilettante. Mes origines sont latines près de la Catalogne, franche-comtoise, mais aussi biterroises et parisiennes. J’ai un peu vécu à l’étranger, la Cote d’Ivoire d’Aya de Youpogon, les Etats-Unis de Clinton où j’y es encore de la famille. Un arrière-grand-père vivait en Indochine. Je suis tombé dans le cinéma asiatique quand j’avais 20 ans. Je conserve de la France des plats et quelques paysages. Je peux ne plus me sentir français en écoutant certains politiques.

Je ne comprend pas le nationalisme. J’aurai pu être allemand comme ma belle-soeur, américain comme ma soeur. Nul méfiance ni déception envers notre charmant pays. Mais simplement le besoin de rappeler que nous devons être humbles à chaque instant.
Je passe le relais à Jegoun, Romain, Mehdi et Elooooody.

 

Les trois premiers sont très occupés, ils sont à la Rochelle, à l’université d’été du PS.

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35 réflexions sur « Nous sommes multiculturel(les) »

  1. « …je peux encore avouer que j’ai un beauf musulman (ultra)pratiquant, un autre Juif dilettante » : je note, à chaque fois, qu’il ait fait référence aux origines ou coutumes religieuses.
    Quant à la plus part d’entre-nous, pour ne pas nous embrouiller les uns les autres, nous demeurons humbles en disant que nous sommes d’origine latine et taisons, volontairement, le qualificatif « chrétienne », ce dernier appartenant à la sphère privée. Ce qui n’est ni plus mal, ni critiquable. Dommage que tout ça n’empêche pas certains de nous demander d’accepter que d’autres placent leur religion en tout premier.
    Et si, personnellement, je dis que je suis dauphinoise à 50 % et morvandelle à 50 %, parce que c’est vrai, mes aïeuls n’ayant pas eu à (ou pas pu) quitter la France, mise à part leur région natale pour une moitié, vais-je passer pour une nationaliste ?

    1. Oh non ! vous ne passerez pas pour une nationaliste. J’ai pensé à la religion comme déterminant culturel (parmi d’autres), parce que n’étant pas croyant j’en ressent les effets assez difficilement.

  2. Perso, je ne me situe pas comme nationaliste avec le côté restreint et « supérieur » prêt à envahir le voisin pour le soumettre ‘comme tous ces gens qui s’en revendiquent d’un ton offensif, mais plutôt comme un nationiste, comme se situait dé Gaulle (qui n’était pourtant pas ma tasse de thé en 68), définissant un citoyen amoureux de son pays et prêt à le défendre en cas d’nvasion, comme l’ont fait mes ancêtres norvégiens depuis 911 (condition siné qua non obligeant les vikings à veiller à ce que les côtes de la Manche et l’embouchure de la Seine ne soientt pas envahies, par le traité de Saint Clair/Epte), mes ancêtres sans culottes, puis communards, mes deux grands pères en 14/18 à Verdun et mon père harcelant l’occupant dans l’Eure en faisant sauter des train) contre le droit du sol. Une vieille habitude datant de 100 ans : on ne part pas on garde la maison. Du donnant donnant : des droits et des devoirs reciproques.

    Bien sûr, on peut se dire citoyen du monde au plan philosophique, mais je craind que les mentalités planétaires ne permettent pas vraiment de se considérer ainsi réciproquement en début de 21e siècle (en 3000 peut-être) et c’est donc prendre le risque (surtout quand on est ouvrier et sans satut social suffisamment porteur d’autonomie financière) de se retrouver dans un vague magma prolétaire sans frontières « sociales », ouvrant des perspectives patronales pour envoyer tous les prolos jugés récalcitrants et indociles vers les pays à faible coût.

    Une sorte de STO revu à la sauce néolibérale. Nous en avons déjà vu des exemples de délocalisations proposant des emplois en Roumanie ou en Ukraine aux « français » jugés désormais « européens » pour 300 euros mensuels. Bien sûr on parle de cultures, et quand la culture s’aditionne au lieu de vouloir remplacer celle qui est déjà là, c’est tout bénéf pour les peuples, mais attention tout de même sur quoi et avec quoi nous sommes prêts à laisser jouer les affairistes qui attendent tapis dans l’ombre. On pouvait garder des frontières intelligentes et humaines au lieu de les faire sauter pour le plus grand profit des  » décideurs » anti sociaux et assoiffés de fric et de main d’oeuvre pas cher, mais non… A qui profite finalement ce crime ? ARAMIS

    http://www.youscribe.com/catalogue/livres/litterature/romans-et-nouvelles/sale-temps-pour-les-faisans-687851

  3. puisque nous faisons connaissance ; polonais, allemand, lorrain, alsacien, parisien, rhonealpin; aquitain….repertorié depuis 1400 pour certains

    américain par le whisky, asiatique par mon ex, arabe par un vieux copain
    irlandais par le setter que j’ai eu à une époque

    je suis français, né sur cette terre et donc je m’en contente. Si quelqu’un pensait à arrêter la concurrence fiscale stérile entre pays, nous n’en serions pas là…..
    pas trop raciste, sauf avec les umpistes de GG

  4. Moi je ressemble à une anglo-saxone et la police me fait des courbettes tandis que mon frère biologique qui ressemble à un juif/arabe se fait tout le temps contrôler.

    1. Moi j’ai un faciès qui peut se fondre à l’aise dans le paysage de l’amérique latine à l’Inde du nord en passant par le maghreb et le moyen-orient, et dans toute l’Europe. il me suffit de me déguiser en autochtone dans « certains endroits » pour qu’on me foute la paix. Les seuls problèmes que j’ai eu n’ont jamais été dûs à mon « faciès », mais au sexisme ambiant de « certains endroits ». Et à la suspicion de ne pas appartenir à une « certaine religion ». Faillir finir dans le Nil, il n’y a plus de crocodiles en aval d’Assouan, d’accord, mais il y a un sacré courant…

      1. Du calme, ARAMIS, je crois qu’Euterpe pense à son frère : « mon frère biologique qui ressemble à un juif/arabe se fait tout le temps contrôler. »

        1. Le « Eh ben, eh ben, on a mauvaise conscience ? Qui ça étonne ? » s’adressait à……celui qui ce sent concerné.

          1. Là,Euterpe, c’est vous qui le cherchez… Il me semble que ça vous amuse bien tous les deux de vous « chipotez » !

  5. «Nous avons trop insisté sur les différences entre cultures, au détriment de ce qui nous unit à travers le monde».
    Cultures du monde: plus de ressemblances que de différences http://goo.gl/ymL3k // c’est également mon constat.

  6. Le multiculturalisme est un tel échec que non seulement les représentants de plusieurs pays européens le reconnaissent, comme la Merkel en Allemagne, mais ceux-là mêmes qui nous l’ont prêché pendant 20 ans comme l’alpha et l’omega du vivrensemble le reconnaissent également: le multiculturamisme, simple coexistence de plusieurs cultures ne n’a souvent mené qu’à des sociétés parallèles. Et prônent désormais « l’interculturalité » (http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2012/05/02/nous-ne-ferons-pas-la-guerre-de-la-laicite/ ).

    Je ne crois pas davantage à l’interculturalité qu’au multiculturalisme, personnellement (je serais pourtant bien placée pour en parler, étant résidente à l’étranger depuis 35 ans). Que ce soit avec la gauche, la droite, le centre. La résistance à la dilution dans un magma informe où tout se vaut est forte, d’une part, et les autochtones rechignent à ce qu’on leur extirpe de force leurs racines pour y greffer une culture allogène en prétendant que « c’est français ». Même chose dans les autres pays d’Europe.
    Evidemment, à l’horizon 2050 et même avant, quand les musulmans représenteront en moyenne 35% des habitants de l’Europe et seront même majoritaires dans certaines villes et régions, ce sera probablement une autre paire de manches…

    1. @floreale Vous en tenez une couche, vous, ça vous arrive de lire les billets avant de pondre un commentaire?
      @juan
      Désolée, Juan mais ça m’a échappé.
      J’adore ton billet, il mérite même une réponse de ma part

      1. je ne considère pas « multiculturel » les différences régionales, quelle blague! Avoir des origines de différentes régions, mieux connaitre ou préférer pour des raisons personnelles telle ou telle autre est tout simplement « être français ».

        1. oui, c’est pas comme si les régions françaises n’avaient pas leur langue propre, leurs coutumes et leur gastronomie, y compris leur folklore, c’est sûr…donc un breton, c’est la même chose qu’un marseillais ou un alsacien?
          On se demande où est la vôtre, de culture régionale…perdue dans les méandres du nationalisme?

          1. Banlieusarde Francilienne, c’est à dire aucune. Je déteste le 9-3, c’est pour ça que je l’ai fui. Et que quand je parle d’immigration, je sais de quoi je parle. J’aime les régions de France où j’ai passé de belles vacances, autrefois.

            Un breton a certainement plus en commun avec un alsacien ou un marseillais qu’avec un arabo-africain transplanté en périphérie d’une ville dans quelque région que ce soit, oui, effectivement.

  7. C’est terre-à-terre: parano, subjectif et eurocentrique. Dis, Juan: pourquoi ne pas afficher ton arbre généalogique, au lieu de nous offrir cette salade? Ta famille descend-elle aussi du singe comme le disent les scientifiques?

    Il faut d’abord se mettre d’accord sur la définition du paradigme/concept « culture » et lorsqu’il y aura consensus sur la définition, on (pronom indéfini et malhonnête) passe à la seconde étape et en se posant la question:

    *Y’a-t-il une ou au moins deux cultures càd Culture et culture?

    Ensuite:

    *y’a-t-il un lien entre culture et civilisation?

    La réalité est que l’Occident classifie les cultures (implicitement, il y en a plusieurs!) et cette classification assimille culture et civilisation, en plaçant tout ce qui est Occidental au-dessus du reste du monde: suprematie du christianisme sur les autres religions, du système politique sur les autres, la culture occidentale sur le reste du monde etc.

    Cette folie de classifcation est devenue en Occident, une manie, à tel point qu’entre les Occidentaux, les uns sont convaincus que leur culture est meilleure à celle des autres: Deutschland über alles, WASP (White American Anglo-Saxon and Protestant) etc.

  8. J’avais écrit une douzaine de lignes mais mon sous-moi s’en est mêlé et j’ai tout paumé… finalement il a raison le bougre.
    Vous ne saurez donc rien de mon sur-moi en raison de mes émois.
    Sinon que, comme tout un chacun, chez nous c’est compliqué.

  9. Le multiculturalisme : venant d’un pays chaud, je m’installais en Norvègealie et après une période d’adaptation
    disai-je aux habitants, mes hôtes, « non, il ne faut plus sortir habillés, il faut se dévêtir, il fait chaud » !
    Le multiculturalisme, une idée des pays tempérés !

  10. J’ai dans ma propre famille des « cultures » très différentes . Un de mes fils par exemple est pacsé avec une « libano-jordanienne » ! Et si vous saviez comme j’en suis heureux . Au moins on a des choses à s’apprendre mutuellement!

    On associe volontairement ou pas multiculturalisme et religion car c’est paraît-il ce qui semble diviser les différentes « cultures ».
    Prétexte bien facile pour tous les racistes et nationalistes de tous poils qui permettent ainsi de désigner l’ennemi à la vindicte populaire . L’ennemi , c’est l’autre , celui ou celle qui n’a pas la même religion que vous . Et ce ne sont pas ces faux-débats sur la laïcité et sur l’identité nationale qui ont amélioré les choses , bien au contraire .

    Car on oublie trop facilement que le multiculturalisme est en train de disparaître pour n’être plus qu’un amalgame de culture dont les seuls dieux sont le pouvoir et le fric , ou l’inverse comme vous voulez , les deux étant indissociables.

    La culture Coca Cola a envahi la planète entière , les portables résonnent jusque dans les églises et les mosquées , les appareils qu’on utilise sont assemblés aux quatre coins de la planète ( en Chine le plus souvent) .
    Je suis toujours ébahi lorsque je vois un reportage aux confins de l’Amazonie , de constater que certaines tribus ont des rites religieux tout droit inspirés des missionnaires catholiques ou des imams musulmans et qui côtoient les tee-shirts nike et les sacs plastique bleus de nos supermarchés !

    Et si ces « débats » n’étaient là que pour nous diviser encore un peu plus , histoire d’entretenir la machine à haïr son prochain ? Histoire de nous faire oublier qu’entre un requin occidental du Cac40 et un requin de l’OPEP il n’y a aucune différence , ils adorent le même dieu !

  11. Bien d’accord avec vous, Coup de grisou, les cultures sont en train de perdre leurs caractéristiques avec un nivelage par l’argent, la consommation, le Coca Cola ; je suis triste quand je vois des documentaires sur des régions encore inexplorées, j’aimerais qu’on les laisse inexplorées, qu’on ne les pollue pas ainsi que leurs populations qui n’ont que faire de notre prétendue civilisation qui n’est que soumission au dieux argent et pouvoir. Je suis chrétienne, « tendance déiste », mais j’ai toujours déploré le prosélytisme et l’action des missionnaires : je crois que Dieu (s’il existe, je l’espère) se manifeste aux hommes à travers leur culture, chacune différente (encore pour un certain temps peut-être) et que ces religions qui s’opposent si bêtement s’adressent toutes au même Dieu.
    Vivent les différences qui nous ouvre la curiosité et l’esprit et qui ne devraient pas nous diviser, mais au contraire nous faire goûter les bonheurs des autres cultures, les apprécier et, ainsi nous permettre d’apprécier aussi ceux qui en sont porteurs.

    1. Comme je suis d’accord avec vous Togram et avec Coup de Grisou évidemment. Je suis également un mélange de plusieurs origines et vis à l’étranger depuis plus de cinquante ans (différents pays, lointains ou limitrophes) et mariée avec un Allemand. Le « vivre-ensemble » n’est finalement QUE le respect de l’autre et la connaissance de sa ou ses cultures. Assez de ce prosélytisme, naguère sévérement chétien, de nos jours musulman, voire salafiste.

  12. La plupart des commentateurs, hormis les notables exceptions d’Aramis et de Floréale, me laissent pantois. Sérieusement, être « multiculturaliste » se résume à avoir de la famille provenant de cultures diverses et de s’intéresser à certains aspects culturels étrangers ? Il ne faut pas s’étonner qu’avec la pauvreté intellectuelle d’un tel concept les ploutocrates se soient empressés d’en faire l’apologie, utilisant les idiots utiles comme dirait Lénine comme vecteurs de sape de tous les saillants culturels de chaque peuple.

    Il n’est qu’à voir l »incompréhension des commentateurs sur l’opposition qu’on leur fait…Désolé, mais la dissolution de mon identité propre dans la soupe uniforme d’une grande accumulation de petits riens ne me fait pas envie. Je m’intéresse autant à la philosophie asiatique et à l’histoire des cultures arabe et perse qu’à ma propre histoire. Je n’ai aucun problème avec l’exercice des croyances dans la liberté de la sphère privée. J’apprécie grandement la richesse de la découverte de l’autre quand il est pacifique. Mais ce n’est absolument pas synonyme pour moi d’oublier que je viens d’une culture qui a ses propres codes, ses propres représentations, et sa vision du monde, qui ne sont pas celles d’autres cultures.

    L’Autre, pour reprendre le mot, n’est pas mon ennemi parce qu’Autre, il est Autre, simplement. Parfois nous nous entendons. Parfois c’est le conflit, car chacun possède des représentations éventuellement antagonistes et désire les conserver comme telles. Oublier d’où l’on vient est déjà mourir. Suis-je nationaliste ? Pas à l’échelle entendue par les commentateurs. Je suis fervent défenseur de ma patrie, mais le nationalisme à l’échelle française a vécu et ne reviendra pas, il ne pourra que se sublimer. Il existe d’autres nationalismes : il y a les régionalismes, il y a la confédéralité européenne ( et pas la fédéralité que je réprouve).

    J’aime passionnément, viscéralement, le pays qui m’a vu naître. Et ce que le multiculturalisme a de plus détestable est qu’au nom de la soi-disant fraternité universelle entre individus il impose de renoncer à défendre sa propre culture quand elle diffère d’autres, pour mieux glisser vers la standardisation. Il me semble naturel de s’y opposer avec force quand on dit aimer une culture. Ce qui ne veut pas dire que dans ma zone culturelle je doive tolérer que s »impose d’autres cultures.

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