Où sont les femmes (bis) ?


Le collectif LA BARBE s’est fendu d’une intervention à radio France. En cause, la faible représentation féminine dans les instances dirigeantes de nos entreprises médiatiques. la démarche est honorable. Je suis convaincu qu’elle n’a que peu d’impact sur les personnes interpelées qui ont toujours d’excellentes raisons pour justifier un état de fait par ailleurs scandaleux.

En revanche, ces prises de position publiques et médiatiques servent le grand public, quand celui-ci y a accès. Je me souviens de l’interrogation provoquée par une autre de ces interventions chez nos enfants et, surtout, notre fille.

Comment expliquer à sa propre fille qu’une société pourtant démocratique, moderne, ouverte, offre statistiquement moins de possibilités professionnelles à des femmes qu’à des hommes ?

L’affaire risque pourtant de changer: l’échec scolaire est devenu massivement masculin. C’est un triste espoir que de penser qu’il faut l’échec des uns pour rétablir la situation des autres.

Mais s’il faut en passer par là.

15 réflexions sur « Où sont les femmes (bis) ? »

  1. Et le fait du constat de l’échec scolaire des gars permettrait la reconnaissance des qualités des femmes ? Une espèce de principe des vases communicants qui ne fonctionne pourtant pas vraiment dans une institutions Républicaines supposées égalitaires et démocratiques entre les fils et filles d’ouvriers et les autres classes mieux loties. Coluche avait même soulevé le lièvre : « Les études çà coûte vachement cher, et encore, je faisais geffe, j’étais un d ceux étudiait le moins » « c’est pas le tout d’avoir des bagages, encore faut-il savoir où les poser. » Un fils de bourgeois (genre Jean sarkozy) sera toujours mieux loti (gâce aux réseaux d’amis affairistes et de passe-droits politiques) qu’un fils ou une fille d’ouvrier, ou issu de la classe moyenne haute, même bardés de bagages et avec une volonté hors du commun… Dans le système actuel. ARAMIS

    http://www.youscribe.com/catalogue/livres/litterature/romans-et-nouvelles/les-docks-en-folie-1858422

  2. Il faut reconnaitre (hélas!) que les exemples de femmes « ministres » que nous avons eu (et que nous avons) – à part Simone Weil…- n’incitent pas à réclamer la « parité », hélas!! – j’évite de les nommer, mais on peut se demander si ces choix ne sont pas faits justement pour prouver que les femmes sont nulles ? – je suis d’accord que bien des hommes ne méritent pas de se retrouver ministres , et qu’il y a certainement dans le vivier politique Français , des femmes de grande valeur qu’on préfère faire taire ?!

    1. Marie Georges Buffet a également été ministre…..il me semble qu’elle relève aussi le niveau….et puis Royal et d’autres !

  3. Les garçons fichent rien à l’école ? Et alors ? On le voit déjà dans l’incompétence du gouvernement que cela ne les empêchera en rien de parader aux meilleurs fonctions et de s’en fichent plein les poches comme d’habitude.
    Les femmes sont condamnées à soupirer en levant les yeux au ciel impuissantes devant ce spectacle affligeant et d’utiliser leur intelligence à faire des mots croisés, sous peine de se faire maltraiter et insulter si jamais elles gueulent. Il n’y a qu’à voir ce que subissent les femmes de La Barbe qui se font jetées systématiquement et sans ménagement de toutes les réunions 100% pure couille où elles prétendent pointer l’absence de femmes.

  4. Ben, pas sûr pour certains cons: pour eux, une femme qui se dit intelligente se vante, alors qu’elle n’a pas dit que c’est un génie, je réfléchis sur un billet dessus.
    Le pire est l’alliance objective que certaines femmes ont avec des machos patentés afin de se faire mousser, elle attendent de faire adouber leur intelligence par ce genre de personnages.
    D’où le fait qu’on a besoin de mecs intelligents pour faire changer cet état de fait. Et qu’il ne faut pas baisser les bras

  5. l’échec des garçons n’est que le versant mâle des inégalités. Les filles n’ont pas d’autres solutions que d’être diplômées puisqu’elles vont devoir en permanence prouver leur légitimité et leurs compétences. elles l’ont compris. Les garçons peuvent se débrouiller avec moins.
    il y a aussi des études qui montrent que le stéréotypes qui veut que les filles soient bucheuses et les garçons dilettantes leur offre à eux une stratégie pour améliorer l’estime de soi : il est préférable de passer pour un fainéant qui se la coule douce que pour un type qui travaille et obtient des résultats moyens.

  6. « une société pourtant démocratique, moderne, ouverte, offre statistiquement moins de possibilités professionnelles à des femmes qu’à des hommes »

    Pas du tout, cela dépend avant tout des professions considérées. En très gros, les femmes sont largement majoritaires dans les professions à faibles revenus mais engendrant une sécurité forte et, surtout, en voie de dévalorisation plus ou moins rapide (instituteurs, professeurs, fonctionnaires, journalistes, et désormais médecins généralistes, avocats pénalistes, etc.) En revanche, les hommes restent largement majoritaires dans les métiers hautement lucratifs et engendrant un pouvoir quelconque.

  7. Il y a sur ton blog Juan , des femmes bien « visibles » qui sont largement aussi instruites et intelligentes que la gente masculine que nous sommes censés représenter . Tout doucement la société se transforme et ça se voit !

    Evidemment , comme dit brigitteh , l’exemple qui doit venir d’en haut ( enfin c’est ce qu’on nous a appris) ne donne pas une impression très positive des femmes politiques en général , donc de toutes les femmes en particulier .

    Les femmes que l’on voit le plus jouent dans les pubs racoleuses, elles font la couverture des magazines « people » ou elles sont « femmes de » ..grands joueurs de foot , chanteurs connus , chefs d’état …..

    Pour être une femme « désirable » pas besoin d’avoir un bagage intellectuel , une bonne plastique suffit , tel est le message délivré par ces messieurs de la pub ( et certaines femmes aussi malheureusement) . Leur domaine c’est la mode , la cuisine familiale ( pas la « grande » réservée aux grands chefs) , l’art éventuellement ( comme le cinéma) ou encore caissière de supermarché .

    Par contre pour être un homme « attirant » , le cerveau ne sert à rien : une bonne dose de muscles, de la débrouille , de l’agressivité , du cynisme et de l’hypocrisie . Le système D suffit et ça ne s’apprend pas à l’école ! En un mot le monde des affaires …licites ou pas.

    Et pourtant , loin des Pécresse , Dati ou NKM , il existe des femmes de grande valeur mais qui sont par définition subversives puisqu’elles ne remplissent pas un des critères favoris des hommes : la soumission !

    Je cite au hasard (?) Ségolène Royal , Eva Joly ..et je m’arrête là car elles sont les symboles criants de ce fameux gâchis et de cette grande injustice que la société mâle a produit .

    Effectivement les femmes bossent plus à l’école , sont plus « sérieuses » car elles ont beaucoup plus à prouver mais aussi parce que dans l’inconscient collectif , elles seront forcément « l’avenir de l’homme » comme chantait Ferrat .

    Pendant ce temps les hommes , éternels petits garçons choyés aussi par leurs mamans retourneront à leurs jeux vidéos , à leurs BD , à leurs collections de petites ou grosses voitures et à leur vie virtuelle faite de fantasmes et de facilité.
    Car l’éducation ne se fait pas seulement à l’école mais surtout par la télé et autres « médias » réducteurs . Et quand on fait l’inventaire des programmes en général on ne peut qu’être inquiet de l’avenir du monde et de l’intelligence en particulier.
    Le collectif « la barbe » nous dit tout ça , mais les hommes n’ont toujours comme réponse « la barbe » ! Tiens ça colle bien à ce fameux « Barbier » dont la réflexion en ce moment frise celle d’un élève mâle de maternelle supérieure ( quand même !) 🙂

    1. Ne vous y trompez pas coup de grisou. Le blog de Juan est une exception. La majorité des blogs politiques n’invitent surtout pas les femmes à s’exprimer, et les malheureuses qui s’y aventurent doivent montrer qu’elles sont solidaires de la phallocratie ambiante, seule condition pour être acceptées durablement. Les autres giclent vite fait, se barrent d’elles-mêmes ou n’essaient même pas de laisser un commentaire.
      Jamais ces blogs ne publieraient un billet tel que celui-ci grâce auxquels les femmes se sentent encouragées à se joindre aux débats (merci beaucoup Juan :)).

  8. Et puis il y a les femmes politiques que l’on assassine.
    Tiens à ce propos j’irais me joindre aux prochaines manifestations qui ont lieu chaque année en souvenir de l’assassinat de Rosa Luxemburg, le 15 janvier.

    Car, depuis que les femmes sont censées « avoir le droit » (merci papa c’est trop gentil) de faire de la politique, combien de politiciennes et femmes d’état ont été assassinées, de Benazir Bhutto à Indira Gandhi en passant par Yann Piat, Anna Politkovskaïa et Anna Lindh ?

    1. Oui: Rosa Luxemburg, Simone Weil aussi, on l’oublie, pas la gaulliste, l’autre, Annah Arendt, il y a des femmes de valeur qui montrent la voie

  9. vivement qu’on ait une femme à la tête de la france…..et des entreprises du CAC 40, si je me fie à cet économiste qui a créee la banque Grammon (enfin c’est à peu près ça), les femmes sont meilleures gestionnaires et plus redistributrice que les bonhommes…

    je laisse ma place à une femme dès que je suis en retraite

    vive les femmes…..

  10. En effet, Juan, comment expliquer à une adolescente que les gars ont le droit de rien foutre
    et de prendre des rênes ensuite, alors qu’une fille doit travailler pour ne pas être reconnue
    à sa juste valeur ou (du moins) à celle de ses diplômes ? Il est pourtant des milieux où
    les femmes accèdent à des responsabilités égales à celles des hommes : grandes écoles et
    instituts…et là l’inégalité vient de par les responsabilités qu’elle doit assumer en même temps !
    Il faudrait pourtant que le monde comprenne qu’une femme ne peut pas être et avoir été ;
    je veux dire qu’elle est, sera et restera femme sa vie entière et que il ne peut y avoir de « petits
    arrangements » à ce niveau un jour dénigrée et l’autre portée aux nues.
    Maintenant certaines femmes savent en démolir d’autres et là réside sûrement la clé d’une
    éducation qui apprend à chacun à évoluer dans ses dons, capacités et tendances naturelles
    plus que dans la concurrence déloyale et faussée. Amen.

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