Les Coulisses de Juan déménagent chez RageMag

Ces Coulisses déménagent, chez Ragemag. Le site a ouvert un espace pour héberger des blogs. Quelques discussions et me voici là-bas aussi.

L’exercice paraîtra schizophrène. L’ex-Sarkofrance écrit chez Marianne, mais également chez Ragemag. Il ne l’est pas. Ragemag apporte un regard, une somme d’individualités qui éclairent et font réagir. Ragemag n’est pas un site médiatique habituel. Dans cette galaxie, il y a un paquet de gens dont je ne partage pas les idées. Comme chez Marianne. Mais il y a aussi l’envie d’écrire sur ce qui se déroule devant nous, avec un esprit critique, un parti-pris évident. J’y retrouve des camarades de jeu comme Coralie.

La vraie raison est ailleurs. L’exercice blogosphérique est trop solitaire, malgré les commentaires de soutien.

Ces Coulisses resterons ce qu’elles étaient, une chronique politique très personnelle et ouverte sur le monde qui nous entoure, qui accueillent avec plaisir les commentaires de celles et ceux qui veulent échanger.

Notez la nouvelle adresse: http://lescoulisses.ragemag.fr/

Ragemag fait le ménage

Et oui.

Une surprise, demain.

Ragemag

Les règles de nos dames

Causette, le mensuel qui nous change a lâché cet éditorial qui mettait des mots sur une énigme personnelle: mais pourquoi donc personne ne disait rien contre cet étalage publicitaire machiste des produits dits « intimes » de la gente féminine ?

Pour un homme, il est incroyable de voir déballer une telle intimité dans nos spots de pub depuis des lustres. Non pas que le sujet me choque – c’est la vie – mais quelle inégalité de traitement !

Considérez l’effet bœuf que la chose provoque chez nos ados prépubères… Cela permet moqueries et railleries machistes dès le plus jeune âge.

Lisez donc Causette.

Et justement, voici l’édito qui convient !

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La chanson du dimanche: Born to be loved

Joli titre, mélancolique d’une vieille dame de la country que j’adore, Lucinda Williams.

Hollande et ce chômeur qui s’est immolé

Un confrère s’est enflammé – osons le terme – sur quelques mots de commentaires de François Hollande à propos du suicide par immolation en début de semaine d’un chômeur en fin de droits devant une agence nantaise de pole Emploi. Les propos ont été rapportés par des journalistes présents sur place, en Inde, où le président était.

En gros, le procès est simple: Hollande chercherait à minimiser l’importance de la situation sociale globale dans l’explication du geste.

Primo, voici ce qu’a dit Hollande: « Le service public de l’emploi a été, je crois, exemplaire, il n’est nul besoin d’aller chercher une responsabilité. (…) Quand se produit un drame, qui est un drame personnel, c’est aussi un questionnement à l’égard de toute la société ». « Nous devons lutter contre le chômage, nous devons montrer que nous sommes capables d’être une nation solidaire et, quand nous avons des règles, nous devons les faire comprendre » Il n’a donc absolument pas dit que ce suicide n’était qu’un drame personnel sans rapport avec le contexte social. Je veux bien au moins reconnaître une chose: le président a voulu exonéré de toute stigmatisation les agents de Pôle emploi.

Secundo, je n’ai ni lu ni entendu la moindre preuve que ce suicidé de 43 ans avait commis son acte comme un sacrifice à une cause plus grande que lui. A en croire les emails qu’il avait adressés à Pôle Emploi, c’est bien sa situation personnelle dramatique – fin de droits, précarité, etc – qui est à l’origine du drame.

Tertio, ces actes isolés sont les signes d’un contexte social dramatique. L’embrasement viendra peut-être. Puisque certains aiment les grandes comparaisons, rappelez-vous la Tunisie. Le suicide d’un vendeur de fruits et légumes à bout a embrasé le pays pour déboucher sur une chute du régime.

En conclusion, je dirais qu’il y a suffisamment de place au débat politique critique entre nous à gauche pour éviter ce genre de procès d’intentions.

 

 

 

Marketing de viande, marketing du drame

Je me souviens de mon premier cours de marketing à HEC, il y a plus de vingt ans. Le prof est toujours là, je l’ai revu. Il nous nous sensibilisait à la technique, prenant exemple sur la moutarde: « le marketing vous apprendra que la couleur du pôt a une influence sur les ventes » nous disait-il en substance. Puis il embraya sur davantage de trucs, astuces et recettes.

Cette première séance fut terrifiante de ridicule.

Il y en eut d’autres.

Le marketing, cette semaine, était à l’honneur avec cette affaire de cheval. Car en coulisses nous avions appris autre chose, souligné sur ce blog par l’aimable et fidèle commentatrice Sylvie75: combien d’entreprises agro-alimentaires faisaient donc toutes préparer leurs plats cuisinés dans cette même société de Castelnaudary ?

La différence entre toutes ces lasagnes vendues à des prix différents malgré une recette grosso-modo similaire résidait donc… dans le marketing que ces commanditaires dépensaient… Fichtre.

Plus gravement, voici donc une société en quasi-faillite. Tous ces clients sont partis, interdiction de vendre. En quelques jours, quelques heures, 300 personnes du coin, Spanghero était le premier employeur de la ville.

Pourquoi dois-je lire le Figaro, et non l’Humanité, pour trouver un article sur les conséquences sociales de cette arnaque ?