Le dernier mauvais sondage pour Sarko

La droite souffre, elle réclame Sarkozy. Que ces sondages sont curieux et a double tranchant. Un dernier, publié par itele, estimé à 54% la proportion des sympathisants de l’UMP qui souhaitent une candidature de Sarkozy en 2017.

C’est une excellente mauvaise nouvelle pour tout le monde.

Pour Sarko, cela signifie que son retour n’est pas souhaité par près de la moitié de son propre camp.

Pour l’UMP, cela veut dire qu’aucun leader ne s’impose.

Ni sauvée, ni secourue…

Mince.

Dans cette enquête réalisée pour l’émission «CQFD» de i-TELE, à la question «Parmi les personnalités suivantes, laquelle préférez-vous voir représenter l’UMP à l’élection présidentielle de 2017 ?», 54% des sympathisants se prononcent pour Nicolas Sarkozy, 16% pour François Fillon, 10% en faveur de Nathalie Kosciusko-Morizet, 9% pour Bruno Le Maire, 5% pour Jean-François Copé, autant pour Xavier Bertrand, tandis que 1% d’entre eux ne se prononcent pas

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Sommes-nous désintégrés ?

C’est un film qui fait mal sur une histoire connue et anonyme. Le parcours d’un jeune maghrébin vers l’attentat suicide.

En France.

La chose n’a rien d’une superproduction hollywoodienne. Ce n’est pas l’étouffant et époustouflant ROYAUME, qui traitait d’un autre attentat suicide, gigantesque, en Arabie Saoudite.

Celui-là est plus discret, méthodique, touchant mais glaçant. C’est un film de Philippe FAUCON: LA DESINTEGRATION.

Il porte bien son titre, fortement symbolique. Le message n’est pas martelé, il est vécu au plus juste, au plus simple.

Au-delà de l’histoire, c’est notre parcours collectif, son échec et son avenir qui sont décris par petites touches et phrases cinglantes. Philippe FAUCON sait y faire, sans s’appesantir. Certaines situations feront écho à certain(e)s d’entre nous.

Le premier désarroi devant la conversion à l’Islam radical d’un jeune homme révolté par l’exclusion sociale dont il souffre se lit dans le regard de sa mère qui comprend soudain qu’il est trop tard: « mon fils, c’est bien que tu sois devenu pieux. Mais la religion se parle avec amour. »

Sommes-nous à ce point désintégrés ?

 

Regretter le printemps arabe ?

Non.

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Hessel et Israël

Stéphane Hessel a soutenu un boycott contre des produits Made in Israël. Plus généralement, ses positions à l’encontre de l’Etat hébreu pour soutenir la cause palestinienne lui ont valu un anti-hommage assassin de Richard Prasquier, président du Crif, mercredi dernier, quand la nouvelle de sa mort fut connue.

Je n’avais pas apprécié le soutien de Stéphane Hessel à cet absurde boycott d’Israël. Mais l’homme m’est toujours apparu comme éminemment respectable et inspirant. On n’est pas toujours d’accord avec tous et sur tout.

J’ai détesté la réaction de Richard Prasquier. Les désaccords avec la mauvaise politique d’Israël ne méritent pas un tel anti-hommage.

« Il est vrai  que nous étions stupéfaits par sa propension à grandir ou à laisser grandir par ses thuriféraires dévoués,  le rôle qu’il avait tenu dans plusieurs événements importants de notre histoire ainsi que par la volonté des médias de ne pas relayer ses déclarations sur la bénignité de l’occupation nazie en France qui, émises par tout autre que lui, auraient soulevé l’indignation. »

Et il souligne ensuite tous les désaccords (« nous étions effarés par le succès de son fascicule d’une indigente indignation« ), dénonce  » ses accommodements avec la vérité historique et sa faiblesse argumentative« . Il m’a fait froid dans le dos quand il conclue presque par cette phrase: « Le travail de déconstruction de Stéphane Hessel sera effectué ». Homme religieux, Prasquier ne pouvait qu’ajouter un court hommage à ce « résistant courageux, un contributeur, modeste, mais réel, à la lutte pour les droits de l’Homme (y compris à l’époque des refuzniks) et un amoureux passionné des lettres françaises. »

Mais c’était trop tard, trop court, trop partial.

Mercredi soir, Ivan Rioufol livrait une autre charge contre les « outrances de Stéphane Hessel ».

Quelle sale ironie.