Des clics et beaucoup de claques #dcdc

« Allo, Juan ? On voudrait vous inviter à Des Clics et des Claques demain pendant l’intervention de Hollande. »

L’émission d’Europe1 m’a fait le plaisir de cette invitation, jeudi 28 mars 2013. L’exercice est toujours difficile. Il y a l’anonymat à respecter (« venez avec un masque si vous le souhaitez »), le contexte plus difficile que du temps de Sarkofrance, avec notamment les désaccords parfois courtois parfois moins que nous vivons avec d’anciens « partenaires » de combat.

Depuis sa création, l’émission a grandi et, avec une formule « enrichie » d’une partie culturelle après 21 heures, elle reste l’un des rares espaces où l’on discute des conséquences du Web sous toutes ses formes dans notre vie quotidienne.

La politique n’est pas l’angle majeur, même si l’actualité, évidemment, fait régulièrement irruption dans le sommaire de l’émission.

Eric Fottorino, ancien patron du Monde et auteur d’un ouvrage touchant sur les suicides dans le métro, terminait sa partie. L’émission avait convié Vince Akadiego et, par téléphone, Delphine Dumont. Il manquait un(e) blogueur(se) FDG antiHollande. David Abiker a du le reconnaître en « live« . La situation était particulière – la twittosphère politique était occupée sur la prestation hollandaise.

La blogueuse Delphine, de droite, cherchait les « Hollandolâtres » et leur enthousiasme.

« Il n’y a pas de Hollandolâtres, on est tous en train de nager dans la boue » lui-je répondu.

« Quelle est la tendance, là, sur Twitter ? «  s’inquiétait régulièrement Bérengère.

« C’est plus difficile de bloguer quand on est au pouvoir » a rappelé Abiker.

1. Il est difficile de comparer les époques. L’antisarkozysme était aussi primaire que le Sarkozysme, aussi brutal que l’ancoen Monarque savait l’être. Quels que soient les désaccords que l’on peut avoir avec l’actuel président, on peut lui reconnaître qu’il ne cherche nul bouc-émissaire, qu’il ne fustige pas en permanence ceux qui s’opposent à son action. Il ne joue pas au petit chef, à l’agité permanent.

2. La période, enfin, n’est pas celle d’une campagne électorale. Nous sommes dans le reflux, comme en 2008/2009 – le supplice chinois d’une Grande Crise qui dure en plus. Nulle mobilisation galvanisée pour défaire l’adversaire. Cette bataille-là a été gagnée en mai puis juin dernier.

3. On a pu commenter l’intérêt et le danger des réseaux sociaux pour cette matière politique. Pendant que Hollande parlait à Pujadas, les éditocrates testaient leurs angles sur Twitter. L’agora s’exprime sur la TL, une agora minoritaire et microcosmique, certes. Ces réseaux savent être violents. Les clashes dépassent largement ce qui se passe dans la vraie vie.  Mais ces réseaux permettent aussi de disqualifier, d' »obsolétiser » certains des RDV médiatiques des plus convenus qui polluent encore notre actualité. On y dénonce les tics, les trucs, les manques.

 

L’émission est à réécouter ici (à partir de la 43ème minute pour ce qui nous concerne).

Je remercie Bérengère Bonte, Lise Pressac, Guy Birenbaum, David Abiker et Nicolas Carreau d’inviter des blogueuses et blogueurs.

C’est rare.

 

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Les réac descendent dans la rue contre Taubira

C’est une video postée par l’un d’entre eux.

« Allez gazer des gosses, bandes de putes ! » hurle l’un des participants devant des CRS impassibles.

Allez gazer des gosses, bandes de salopes ».

C’était hier soir à Lyon. Une grosse centaine de personnes, peut-être 200, s’étaient massées devant l’Opéra pour empêcher la ministre d’assister à une représentation. Feux de bengale et Marseillaise, slogans haineux et hurlements, les réac habituellemet si friands de la loi et l’ordre étaient dans la rue pour jouer au 6 février 1934.

Il y avait du Génération Identitaire, un groupuscule d’extrême droite et suprémaciste, et aussi les Jeunesses Nationalistes.

 

 

Hollande va devoir renverser la table, mais laquelle ?

Il paraît que l’intervention de Hollande de ce soir est supra-attendue. Pour nombre d’éditocrates, ce sera l’über-night, le moment de tous les moments, de quoi recharger les piles de la commentaires-factory pour quelques semaines voire mieux.

Comme à chaque fois, chacun y va de son pronostic, et l’on théatralise à souhait ou jusqu’à la nausée les enjeux d’une grosse demi-heure d’échange présidentiel.

Au risque de décevoir.

1. D’abord, c’est David Pujadas qui joue l’homme orchestre. Tant que les médias laisseront des « journalistes-à-tout-faire » et donc experts en rien challenger nos responsables politiques, il ne faudra pas en attendre grand chose. Seul compte le(s) message(s), pas le fond.

2. On sera, comme souvent, contraint de décrypter les non-dits, d’extrapoler sur les petites phrases, de sur-interpréter les paragraphes et attitudes. La Crise est immense et pourtant il y a encore des journalistes pour penser qu’il est utile de nous occuper

3. Les sujets sont connus – Mali, chômage, Mélenchon, austérité, Chypre, la mise en examen de Sarkozy et le départ de Cahuzac. Une droite, indigne, aimerait aussi remettre la lutte contre délinquance et l’immigration – ce couple maudit des délires xénophobes des « Indentitaires Nationaux »- sur la table de l’agenda politique. On peut espérer qu’Hollande ne tombera pas dans ce piège-là de l’instrumentalisation politique. On peut penser aussi que Pujadas ne nous épargnera pas la question des sondages de popularité, aussi débiles ces derniers puissent être.

4. Hollande aura peut-être quelques annonces. Pour les naïfs qui croient encore à la « promesse-clé-en-main-qui-résout-tout », cette attitude pourrait faire la blague quelques temps.

5. Hollande fera de la pédagogie. La formule est classique. Quand les gens râlent, on dit qu’ils n’ont pas compris. Par exemple, moi aussi je râle, mais je pense avoir compris que pour l’instant il n’y avait pas d’alternative politique à ce que nous vivons (lisez correctement: j’ai dit « alternative politique« , rien d’autres). La vraie pédagogie, insuffisamment faite, consisterait à rappeler cet acquis, un vrai, et un lourd: Hollande a repoussé l’échéance des 3% du déficit budgétaire. On a pris cela pour une reculade dans les milieux autorisés. C’est l’une des meilleures choses qui soit arrivée cette année !

6. La question qui m’intéresse est la position de Hollande vis-à-vis de sa gauche, et, en particulier, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier est dans l’opposition. Mais il a franchi une nouvelle étape tactique le weekend dernier en brusquant davantage son discours – je n’évoque pas seulement la forme du « parler cru et dru » de son leader. Hollande a-t-il envie de laisser une porte entre-ouverte ou a-t-il fait le deuil de toute alliance ? Pour celles et ceux qui croient à un quinquennat inversé (la version Todt – redressement d’abord, « gauchissement » ensuite) cette question n’est pas sans intérêt.

 

Il paraît donc que Hollande doit renverser la table (dixit Achilli, RTL). Oui, sans doute, mais laquelle ? Celle sur laquelle le PS est installé – alors qu’il a laaaaaaaaargement gagné les élections ? Celle de la gauche de la gauche – c’est-à-dire consommé la rupture ? Celle de sa politique économique plus ou moins négociée avec l’Europe merkellienne ?

 

 

Les réacs près de chez vous

J’avoue, je fus aussi content de la légalisation du mariage gay qu’exaspéré par l’avalanche réac qui l’a accompagné. Le pompon fut le weekend dernier, avec leur #Manifdelahonte: Boutin effondrée par terre, les gamins volontairement placés devant les CRS pour forcer un barrage et se diriger vers les Champs Elysées interdits de manif, des saluts nazis en marge de la manif, etc.

Cette loi était nécessaire, mais, nous étions quelques-uns à penser qu’on pouvait passer vite à autre chose. Seulement, cette loi nous a permis de revoir des réacs plus variés que d’ordinaire. Parmi les copines de ma fille, dans la rue, chez des voisins, en bordure du marché.

Le reac était encore partout.

Nulle envie ici de refaire l’argument en faveur de cette évidente progression des droits. Mais découvrir autant de réac jusqu’ici discrets au plus près de chez moi m’a fichu un coup de blues.

Finalement, cette loi a permis de les faire sortir du bois et des fourrés.

C’est presque tant mieux.

Je les ai repéré.

 

 

Merveilleux débat politique

Hier

… puis aujourd’hui…

leparisien

Et demain ?

 

#diversion

La fin de l’Europe ? J’espère pas.

Elle: « Chypre subit un blocus ? »

Moi: « Oui, monétaire.  »

Elle: « Elle est pas un peu finie, l’Europe ? »

Moi: « J’espère pas. Je ne crois pas. »

La situation chypriote, après la Grèce et d’autres, nous rappelle que notre Europe politique, déjà fragile et mal en point, est peut-être morte. Certains s’en réjouiront. D’autres, comme moi, penseront qu’il nous restera la guerre et le chaos.

Mardi 26 mars sur France inter, L’europhile Et chroniqueur Bernard Guetta exposait deux arguments très simples: primo, l’Europe comme entité politique n’est pas intrinsèquement de droite, ce sont les gouvernements conservateurs qui y sont actuellement majoritaires. Secundo, l’austérité européenne n’est pas non plus intrinsèquement … européenne, mais le fruit des décisions de ces gouvernements conservateurs.

C’est un point essentiel: s’agit il de critiquer l’Europe ou plutôt la façon dont elle s’incarne ? L’exemple chypriote est exemplaire. Le plan adopté récemment contient schématiquement deux grandes parties : une sanction du marché bancaire local qui devrait réjouir les gauchistes sincères que nous devons être (prélèvement de gros dépôts, fermeture d’une banque); un plan d’austérité qui lui frappera le peuple avec la même douleur qu’ailleurs. Il est désolant que nos responsables politiques, y compris au Parti de Gauche, soient incapables de cette pédagogie là.

Sur l’Europe, l’attitude récente de Jean-Luc Melenchon vis a vis de l’euro est très intéressante et presque réjouissante: le leader du PG défend l’euro.

Et oui.