Lapix, journaliste de choc

L’émission faisait plaisir à voir. Comme lorsqu’on sent qu’un journaliste titille juste où cela fait mal pour briser l’armure préfabriquée par quelques conseillers de com’.

Ce fut Marine Le Pen qui sombra.

Dimanche 28 avril 2013.

 

A visionner ici

Mal à l’aise avec le #5Mai

Dans quelques jours, quelques camarades et bien d’autres encore qui ne le sont plus manifesteront pour un ensemble de revendications plus large qu’un changement de République.

Depuis des semaines, Jean-Luc Mélenchon conclue la quasi-totalité de ces billets de blog par un appel à manifester le 5 mai. Progressivement, je comprends que cette manifestation n’est pas seulement pour une VIème République aux contours improbables. Melenchon l’explique très clairement.

« La stratégie de la révolution citoyenne vise à conquérir l’autorité et la confiance suffisante pour ouvrir une perspective qui devienne majoritaire. Pour cela deux conditions doivent être réunies dans l’action. D’un côté, un décrochage clair et tranché à l’égard de l’officialisme et du système politique dominant. Et secondement donner en permanence un contenu et des objectifs concrets de haut niveau à la protestation. »

C’est donc une manifestation contre l’austérité que nous ne connaissons pas en France, pour le mariage pour tous, contre la désindustrialisation et la fermeture des usines, pour la nationalisation ou la coopérative, contre Jérôme Cahuzac et « l’évidente complaisance de François Hollande » (NPA), pour « la fin du cumul des mandats » (Eva Joly) et contre la fraude fiscale.

Bref, ces appels fourre-tout ont ceci de commun qu’ils concentrent le tir, une fois de plus, sur l’actuelle équipe Hollande, et, surtout, qu’ils embrassent tant de sujets qu’ils ne représentent plus rien de concret.

Où est la perspective politique ?

Nulle part, et c’est dommage.

C’est une forme de coalition des anti-, souvent avec de charmants slogans qui, pris individuellement, méritent largement manifestations et combats.

Ce 5 mai, veille du 6, je me souviendrai que la première manche d’un combat de 5 ans a été gagnée envers et contre tous pas un seul homme, Hollande.

 

Valls et la nocivité

Dans une interview au Parisien dimanche 28 avril, le ministre de l’Intérieur a réagi très violemment contre les propos de Claude Bartolone, d’une part, et la motion socialiste finalement amendée qui fustigeait Angela Merkel.

Vous condamnez donc vos camarades, dont Claude Bartolone, qui ont parlé de « confrontation »?
Ces propos sont irresponsables, démagogiques et nocifs. Ils risquent de mettre en très grande difficulté la relation historique entre nos deux pays, essentielle pour l’avenir de l’Union

Notre propos n’est pas ici de commenter le désaccord. Après tout, Valls n’est pas le seul à s’agacer.

Non, notre propos est ailleurs.

Manuel Valls utilise un vocabulaire d’une violence assez rare pour exprimer un désaccord.

Exprimer un désaccord contre le président de l’Assemblée quand on est ministre, c’est rare mais cela arrive, et pas qu’à gauche. le faire de façon aussi violente est inouï: « Ces propos sont irresponsables, démagogiques et nocifs. » Vraiment ? Depuis quand avions nous entendu un ministre traiter d’irresponsables la déclaration d’un président de l’Assemblée issu de son propre parti ?

Jusqu’alors, Valls jouait sa partition de ministre de l’Intérieur. Il assumait un boulot pas facile, parfois salement. Ses déclarations du weekend le portent ailleurs, sur un terrain plus dangereux. Seul à la droite d’un PS déjà jugé trop à droite. Quelques journalistes s’en amusent.

Valls pense agir avec la confiance de François Hollande (« Je sais que le président et le Premier ministre entendent sur ces questions être particulièrement fermes.« ). Il est probable que le président a modérément gouté les injonctions du fabiusien Bartolone. Mais il est certain que la violence verbale d’un ministre de l’intérieur qui sort de son périmètre et de ses gonds est tout aussi agaçant.

Chroniques de droite ?

 

 

 

Union nationale ou VIème République

Ne riez pas. Ne pleurez pas.

1. Un ensemble de gauche appelle à manifester le 5 mai pour une VIème République dont on connaîtra les contours que plus tard. On ne sait même pas si ceux qui défendent une vraie monarchie républicaine sont conviés.

2. Mélenchon se verrait bien premier ministre d’un gouvernement « plus à gauche ».

3. Des UMPistes « ouverts » (Apparu) réclament un gouvernement d’union nationale vue l’ampleur de la crise. On sourit. Pourquoi donc n’y-ont-ils pas pensé en octobre 2008 quand notre monde s’effondrait ?

4. Ont-ils oublié qu’ils ont perd il y a un an ? Comme dit mon confrère Bembelly, « une frange de la population n’a toujours pas accepté sa défaite du 06 mai 2012. »

5. Les sondages du weekend s’assemblent et se ressemblent pour nous prédire que les Français sont largement favorable à un gouvernement d’union nationale. Quelle joie ! « Les Français veulent l’union nationale » ose titrer le JDD. Le même journal nous explique également régulièrement combien les « Français » n’ont plus confiance dans leurs partis politique,s quels qu’ils soient. Faudrait savoir….

6. 47% des sondés, dans l’une de ses prédictions, y verraient même du Front national. Quelle joie !

 

Chanson du dimanche: Woodkid’s « I love you »

De circonstance, ou bien…

 

Politique: le rapport de forces à gauche

Ils sont visiblement plusieurs à créer, ou vouloir créer, du rapport de forces à gauche.

1. Du côté de l’équipe Hollande/Ayrault – si l’on peut considérer que l’équipe est relativement soudée – la dernière séquence est exemplaire mais interroge: le revirement du gouvernement sur l’amnistie dite sociale serait le signe d’une volonté présidentielle. Elle a outré Jean-Luc Mélenchon (qui assure que Hollande la lui avait promise « les yeux dans les yeux »). Elle suit la loi de « flexibilisation de l’emploi » et autres choses. Je m’interroge de savoir s’il ne s’agit pas de mobiliser la gauche de la gauche ou un passage en force. la première option serait couillue et machiavélique. La seconde pragmatique ou suicidaire. L’avenir le dira.

2. Sur le fond du sujet, l’amnistie sociale, j’ai quelque mal à comprendre les arguments des deux positions: les principes s’entrechoquent. Il paraît invraisemblable d’accorder une amnistie par la loi pour des actes que la justice sanctionne quand l’intention ou le contexte est autre qu’un combat social. Mais, dans le même temps, il est encore plus invraisemblable de ne pas amnistier les représentants syndicaux sanctionnés ces dernières années par des juges encouragés par un discours anti-syndical sarkozyste extrême. Pour amnistier quelques cas d’injustice flagrants – et relayés dans ces colonnes – avait-on besoin d’une loi ? Dans le doute, je rejoins donc l’indignation exprimée par Julien Dray sur son blog vendredi 26 avril.

2. Du côté du Front de gauche, l’appel à manifester le 5 mai contre François Hollande, pardon, « pour la VIème République », est une autre tentative de muscler le rapport de forces. Cette fois-ci, dans l’autre sens. La Vème République est un régime dont nous connaissons et commentons les travers. Mais croire que mobiliser une Constituante pour une VIème République résoudra le chômage, la précarité, l’injustice fiscale, l’endettement et le reste, est une incantation. Le régime politique est un moyen. Pire, cet appel à manifester prend des formes diverses selon les supporters. Certains sont violents à vous dégouter, c’est leur droit. C’est le nôtre que de dire qu’ils nous précipitent ou encouragent au combat plutôt qu’au dialogue. D’autres, fort heureusement, tendent la main.

Plus globalement, on peut penser que la construction de rapports de force plus clairs est une bonne chose si elle sert à préparer l’avenir.

La voie est étroite.

Très étroite.