Politique: le rapport de forces à gauche


Ils sont visiblement plusieurs à créer, ou vouloir créer, du rapport de forces à gauche.

1. Du côté de l’équipe Hollande/Ayrault – si l’on peut considérer que l’équipe est relativement soudée – la dernière séquence est exemplaire mais interroge: le revirement du gouvernement sur l’amnistie dite sociale serait le signe d’une volonté présidentielle. Elle a outré Jean-Luc Mélenchon (qui assure que Hollande la lui avait promise « les yeux dans les yeux »). Elle suit la loi de « flexibilisation de l’emploi » et autres choses. Je m’interroge de savoir s’il ne s’agit pas de mobiliser la gauche de la gauche ou un passage en force. la première option serait couillue et machiavélique. La seconde pragmatique ou suicidaire. L’avenir le dira.

2. Sur le fond du sujet, l’amnistie sociale, j’ai quelque mal à comprendre les arguments des deux positions: les principes s’entrechoquent. Il paraît invraisemblable d’accorder une amnistie par la loi pour des actes que la justice sanctionne quand l’intention ou le contexte est autre qu’un combat social. Mais, dans le même temps, il est encore plus invraisemblable de ne pas amnistier les représentants syndicaux sanctionnés ces dernières années par des juges encouragés par un discours anti-syndical sarkozyste extrême. Pour amnistier quelques cas d’injustice flagrants – et relayés dans ces colonnes – avait-on besoin d’une loi ? Dans le doute, je rejoins donc l’indignation exprimée par Julien Dray sur son blog vendredi 26 avril.

2. Du côté du Front de gauche, l’appel à manifester le 5 mai contre François Hollande, pardon, « pour la VIème République », est une autre tentative de muscler le rapport de forces. Cette fois-ci, dans l’autre sens. La Vème République est un régime dont nous connaissons et commentons les travers. Mais croire que mobiliser une Constituante pour une VIème République résoudra le chômage, la précarité, l’injustice fiscale, l’endettement et le reste, est une incantation. Le régime politique est un moyen. Pire, cet appel à manifester prend des formes diverses selon les supporters. Certains sont violents à vous dégouter, c’est leur droit. C’est le nôtre que de dire qu’ils nous précipitent ou encouragent au combat plutôt qu’au dialogue. D’autres, fort heureusement, tendent la main.

Plus globalement, on peut penser que la construction de rapports de force plus clairs est une bonne chose si elle sert à préparer l’avenir.

La voie est étroite.

Très étroite.

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8 réflexions sur « Politique: le rapport de forces à gauche »

  1. Il n’y a pas que Mélenchon qui « assure » que Hollande lui avait (et non lui aurait) fait la promesse de … et puis de se renier sans traîner, au peuple de gauche aussi il l’a fait, les yeux dans les yeux et comme pour Sarko, il le paiera cher. Bien sûr que le changement de constitution comme le prévoit Mélenchon et tous ses électeurs derrière, va changer la façon de traiter l’emploi, redessiner le contour de nouveaux pouvoirs citoyens visant à la démocratie la plus directe possible, mais pour çà il faudrait enfin cesser de voir toute gauche suffisamment volontaire et combative, comme une espèce de résurrection des comités de Salut public gérés par les Sans-culotte et qu’on n’en fini plus d’accuser d’avoir crée la fameuse période de la terreur. Ce n’est pas cette gauche-là qui s’est gauchisée, mais le PS qui n’en finit plus de se droitiser, nuance. La 5e République n’a tenu aussi longtemps que grâce au donnant donnant des trente glorieuses et les gens commencent à comprendre ce mécanisme du gaullisme « social », tandis que les USA favorisaient l’Allemagne pour contrecarrer les appétits réels de l’URSS. Le mur est tombé avec le communisme avarié des soviets, autant que le capitalisme paternaliste qui prétendait lui faire concurrence (à part Godin, il n’a pas eu beaucoup d’émules) et le rideau voilant les vraies visées du capitalisme libéral. Nous en sommes à cette croisée des chemins-là et la République monarchique du général de Gaulle le libérateur de la France ayant empêché les USA de récupérer le pays, n’a plus de justification… Passons à autre chose, il est temps. ARAMIS

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  2. Pourquoi ce revirement de Hollande sur l’amnistie ?

    La réponse qui me paraît la plus simple est celle-ci : l’exécutif n’est absolument pas sûr de la cohésion des députés qui étaient sensés soutenir les textes de loi qui vont être proposés (car n’en doutons pas nous n’en sommes qu’au commencement).

    Le grand écart semble désormais impossible entre la gauche et le centre.

    Pour les faire passer à l’assemblée il aura besoin des voix du centre et de droite.

    C’est donc un appel du pied à ceux qui logiquement sont ceux qui soutiennent cette politique.

    1. C’est vrai d’autant que lorsque Mélanchon dit que ce sont les voix de ses électeurs qui ont fait gagner Hollande ce n’est pas totalement vrai. En effet ont peut espérer que les électeurs des candidats se revendiquant de la gauche, toutes tendances confondues, ont voter Hollande au 2ème tour cela ne fait que 15 900 000 voix environ (Cheminade compris) il en « manque encore 2 100 000 encore pour arriver au score final, elles viennent d’où ?, c’est plus de la moitié de celles de Mélanchon.

      1. Ca n’est un mystère pour personne que beaucoup d’électeurs du centre droit ont voté Hollande, ce qu’ils n’auraient pas fait si Martine Aubry s’était présentée.

        Comme quoi le « hasard » fait bien les choses, n’est ce pas ? 😀

      2. La goutte d’eau qui fait déborder le vase est bien celle qui choisi de faire déborder celui de droite ou de gauche, non ? C’est le coup des « minorités » agissantes comme pour faire basculer une période de doute en révolution. Sans le FG, l’UMP restait majoritaire avec ou sans les fameuses voix du centre qui doivent trouver la politique de Hollande à leur gout. Les verts et les radicaux de gauche semblent se plaire dans ce gouvernement fonctionnant à la godille, il ne reste donc plus que le FG pour faire valoir l’entourloupe subie par son électorat qui s’en souviendra… ARAMIS

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  3. A l’heure où les patrons appellent à déjudiciarisation des licenciements..la violence ne serait donc que dans un camp…
    mais bon personnellement je pense qu’il n’y a pas besoin de loi….dans la plupart des cas il s’agit de « légitime défense » alors l’amnistie serait la meilleure des solutions…
    dommage que cette promesse ait été faite….

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