Le CNR à la retraite ?


Hollande parle à des lycéens. Il célèbre de cette façon la création du Conseil National de la Résistance, il y a 70 ans.

A gauche, au centre et encore un peu à droite, le CNR est un modèle présent dans nos mémoires. Une référence évidente, le symbole d’une union presque nationale – n’oublions pas les collabos qui n’en étaient pas – pour poser les bases d’une nouvelle solidarité nationale.

A l’époque, l’ennemi était connu, identifié. On savait comment le battre. On allait le battre. Quand le CNR fut fondé, la victoire contre le nazisme était plus qu’un espoir.

Autant dire que notre situation n’a pas grand chose à voir. L’ennemi est protéiforme, éparpillé. Nous-même cherchons à éviter de simplifier la réalité. Mais la principale difficulté qui collectivement nous étreint est ailleurs: la source de nos ennuis ne fait même pas l’objet d’un consensus national. Résister, bien sûr, mais contre qui ? Posez cette question et les réponses fuseront, contradictoires.

Publicités

11 réflexions sur « Le CNR à la retraite ? »

  1. « Résister, bien sûr, mais contre qui ? « . Au hasard, contre :
    – la finance mondialisée,
    – les actionnaires,
    – le capitalisme pollueur,
    – la commission européenne et ses injonctions austéritaires,
    – l’intérêt particulier qui veut supplanter l’intérêt général,
    – les multinationales qui veulent privatiser le vivant,
    – contre la société de surconsommation et contre l’invasion de la publicité dans nos vies, etc…

    En fait, il suffit de chercher un tout petit peu, et on voit assez vite contre quoi il faut résister.

    1. Je vois bien quelques incarnations bien concrètes de « tes » ennemis. Mais d’autres sont justement ce que j’appelle de l’ennemi éparpillé…

    2. Oui Stef , d’accord avec ta liste , mais il manque le principal : ceux qui ont mis en place ce système mortifère il y a un bonne vingtaine d’années et surtout ceux qui le soutiennent à bout de bras comme les Hollande , Mosco and Co et les précédents dirigeants Umpistes . Et quand on remarque que les résistants à ce système sont traités  » d’andouilles minoritaires  » ou  » de gauchistes merdeux  » par des soi-disant mecs de gauche , celui-ci a encore de très beaux jours devant lui pour casser ce qui reste du CNR .

  2. Quand on relit le programme du CNR et qu’on compare avec les actions que ce gouvernement serait capable de choisir dedans (nationalisations, droit de regard sur la gestion et contrôle des hauts salaires, entre autres), on se dit qu’il n’y a pas une ligne qui puisse correspondre avec le « programme » hollandais. Hollande parle du programme du CNR ,? Oui? Comme sarko avait parlé du jeune Guy MOCQUET, communiste fusillé par les allemands ou de JAURES, juste pour éviter d’avoir à comparer les démarches… Dernière démarche de ce gouvernement : refuser de limiter les très hauts salaires du CAC 40, c’est dire si le programme du CNR est pris en exemple… ARAMIS

    ttp://www.monbestseller.com/manuscrit/on-a-tu%C3%A9-la-m%C3%A8re-michel

  3. Resister contre le parler faux :

    – N’ admettre en aucun cas que le cumul des mandats soit reculé
    d’une journée.

    – N’admettre en aucun cas que la partie économique et financière du gouvernement reste un bazar où le ministre de l’économie et des finances Moscovici est depuis le début complètement inadapté à la fonction.

    – Arrêter de ne pas considérer JF Copé pour ce qu’il est :
    un gros tricheur certifié prouvé et exiger qu’il soit interdit de toute responsabilité politique à vie.

    – S’insurger contre la glorification de l’atheisme comme si c’était le nec plus ultra de la sagesse et une source d’inspiratio mirifique.

  4. Contre qui résister ou contre quoi ?

    la question pour moi est nettement comment et ce n’est vraiment pas difficile.

    par exemple résister contre la propagande commerciale, culturelle et normalisante est simple: pas de télé du tout, pas de radio.
    résister contre l’ordre moral libéral par exemple ne pas être sur face book, ni sur tweeter, est un début.
    résister contre le consortium agro-alimentaire-hypermarché, s’abstenir de ces poisons
    résister contre les marques, n’acheter que des bas de gammes dans les souks

    résister contre les promesses et paroles des démagos, il suffit de réfléchir.

  5. Résister, bien sûr, mais comment ?

    Ce fut le grand dilemme de politiciens de l’époque dont Mitterrand qui fut décoré de la francisque par le Maréchal Pétain.

    C’était aussi, à l’époque, le début de sa grande amitié avec Bousquet responsable des déportations de milliers d’enfants juifs…et puis, comme beaucoup, voyant la défaite probable d’Hitler, il s’engagea vers la résistance…ils furent nombreux à avoir cette attitude. Les vrais résistants n’étaient pas des milliers en 1940 à rejoindre à Londres, de Gaulle.

    Hollande, ancien conseiller de Mitterrand, a dit que les mots ont un sens.

    Résistants et collabos, en effet c’est diffèrent… quoique.

  6. L’instituteur communiste Georges Guingouin, « premier maquisard » parti vivre dans les bois en août 1940, libèrera Limoges quatre ans plus tard avec 20.000 autres. Il sera aussi au sein du parti communiste « resistant » contre les staliniens qui l’excluront. (Il ne sera « réhabilité » par le PC qu’en 1998). Il parviendra a être élu maire de Limoges puis député, son radicalisme lui vaudra de nombreux ennemis et de procés. En 1953, abandonné par le parti et les autorités de l’aprés guerre, des magistrats ex-pétainistes de Limoges se vengent en l’envoyant en prison où torturé il failli mourrir. Finalement, lavé de tous reproches (grâce entre autre à Badinter), son nom disparaitra des tablettes, puis en 1992 avec la LCR il se prononcera contre le traité de Maastrich. Il ne recevra la Légion d’Honneur et diverses autres hautes décorations qu’en 2005, juste avant de mourrir. Un téléfilm à son hommage a été diffusé en janvier 2013 sur FR3. La vie de rebelle…se paie chère.

  7. Bien vu Robert. J’en avait aussi parlé (de Georges) mais je me suis gouré de thème (violation des droits de l’homme). J’avais attiré l’attention de Elie Arié qui disait qu’il n’y avait plus de moyens (ou de volontés) de résistance visibles et je lui avait donc cité Georges GUINGOUIN qui n’avait pas attendu de savoir s’il allait y avoir un Stalingrad puis un débarquement pour entrer en résistance dès 1940.
    Nous n’oublierons jamais ce qu’on leur doit et notre obligation de devoir de mémoire. Ma petite citation du jour :  » Le droit à l’espoir est indissociable du devoir de mémoire, sans l’un l’avenir est vain, sans l’autre, il demeure incertain ». ARAMIS

    http://www.monbestseller.com/manuscrit/on-a-tu%C3%A9-la-m%C3%A8re-michel

  8. @Aramis
    Mes grands-parents m’ont parlé de Guingouin dans mon enfance, vers les années 1967-70. Je suis originaire d’un petit village non loin de Freyssinet Le Gela où le 21 mai 1944, la 2e division SS Das Reich (voir les massacres de Tulle et d’Oradour-sur-Glane) a perpétré quelques excécutions sommaires. Des femmes pendues aux arbres à l’entrée du village, des hommes fusillés devant leurs familles qui seront obligés de creuser une fosse commune durant la nuit. L’instit du village aurait collaboré ou donné des noms aux officiers allemands.
    A la libération, ce dernier sera sauvagement puni, tué et son corps dévoré par des chiens en forêt (enfin parait-il- d’anciens résistants me l’on dit il y a 40 ans)

Les commentaires sont fermés.