Blogueur libre, jusqu’où ?


Jérôme a commis un chouette billet sur la blogosphère libre. Il répondait à un machin plutôt bien écrit de Gaël pour INFLUENCIA sur le même sujet. Son billet était retweeté par @Sknob.

Comme ça, vous savez tout de l’inspiration « influencée » de ce billet.

Non il n’y a pas que des vendus. Blogger c’est jouir de la chance inouïe et inédite que nous offre Internet: publier qui que nous soyons. C’est ça la liberté.

Belle maxime ! Effectivement, malgré le syndrome récurrent de la page blanche, le plaisir d’écrire librement et de partager rapidement reste l’un des privilèges des blogs. Mais sommes-nous libres ?

1. Il est rare que les blogs politiques acceptent des billets commercialement « sponsorisés« . Cela nous était arrivé, en 2009, avec Courrier International. L’expérience s’arrêta vite. Contre un accès au contenu payant du site, nous devions écrire deux billets par mois, sans contrainte sur son contenu ni son sujet. C’est une collaboration simple et assez libre.

2. Sommes-nous encore libres quand nous faisons campagne ? Moins qu’avant, c’est sûr. Mais cela reste un choix. C’est du militantisme, une forme d’action qui a ses contraintes.

3. La période électorale étant passée, il reste encore quelques internautes « gauchistes » pour venir ici ou là décrier de temps à autre ce qu’ils appellent des « billets de gouvernement« . En gros, quand j’écris contre Hollande (sur l’ANI, contre l’abandon du plafonnement des rému de grands patrons), tout va bien, je suis « libre« . Mais si j’applaudis, même modestement, Christiane Taubira ou Hollande, je suis « influencé« , j’agis « sur ordre ».

Il ne faut pas prendre ce sujet à la légère. Nous pouvons nous sentir parfois coincé par des engagements et des fidélités. Le blog, surtout quand il est anonyme et bénévole, permet de tenir l’exercice difficile d’assumer ces engagements en écrivant en toute liberté.

 

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14 réflexions sur « Blogueur libre, jusqu’où ? »

  1. Pour paraphraser (en adaptant au sujet) Bohringer en introduction à « C’est beau une ville la nuit » :

    « (Écrire) Blogger, c’est comme nager tout nu avec la bite qui flotte comme une fleur tellement les couilles deviennent légères. » 😉

  2. Wouarff ; c’est bien une réflexion de mec ça. Bon, j’adore Bohringer alors on lui pardonne tout. Merci quand même à Do-Zone-Parody et à toi Juan. C’est pas JFC ou GD qui aurait sorti une telle phrase hein ? Allez, bonne continuation à vous en tout cas car on adooooore vous lire ! A+ de l’invisible JBL1960

  3. Même si pour vous certains moments furent épuisants au point de parfois songer à décrocher, même si le présent se tortille sauvagement, votre engagement et votre liberté d’écrire du creux de la vague au sommet des lumières demeurent une performance que ma liberté de vous lire apprécie chaque jour. Merci Juan.

    ***

  4. Le petit nouveau aime bien votre blog
    j’apprécie la non-agressivité dans les différences, votre blog est donc une source de rareté: la tolérance.

    Le net n’est pas La liberté, mais ça donne une possibilité de s’exprimer librement, ben oui c’est déjà ça.

    1. Ouai,…..!!
      Et,  » la tolérance, est la charité de l’intelligence  » !!! ( Jules Lemaitre )

  5. Le blogueur a son utilité puisqu’il met à disposition du péquin comme moi (manquant de temps pour en ouvrir un) qui souhaite pouvoir exprimer son point de vue sur tel ou tel autre sujet. Le problème c’est que beaucoup ne jouent pas le jeu de la réelle démocratie, dès lors où l’intervenant est en contradiction, voir en opposition frontale avec le positionnement pris par le blogueur et sa « cour », Cela vaut également pour des sites comme Marianne 2 et le Huffington post (entre autres) où l’on est vite censuré quand se n’est pas black listé. Je dois bien reconnaître qu’avec Juan, je n’ai jamais rencontré ce genre de problème, même si certains « offusqués » de passage lui ont directement demandé de le faire il y a quelques mois, alors que je ne faisais que répondre au niveau où l’on m’agressait. Donc chapeau et merci Juan. ARAMIS

    http://www.monbestseller.com/manuscrit/on-a-tu%C3%A9-la-m%C3%A8re-michel

  6. Anonyme et bénévole, oui ; talentueux et sachant argumenter donnant ainsi du sens aux décryptages tout en assumant ses engagements, fussent ils critiques parfois,aussi…Tout cela permet de dire merci, continuez en toute sincérité.

  7. …la charité de l’intelligence, autrement dit la générosité ! C’est aussi cela que j’observe et que j’apprécie chez Juan !
    Aramis à pu s’exprimer sans être inquiété ni par le taulier, ni par les intervenants, c’est très bien ! Le respect des idées, donc des femmes et des hommes, est le lien indispensable de la vraie démocratie, de l’expression directe et franche sans hiérarchie pesante et tatillonne, tout cela avec une pointe d’humour et de beaucoup de sincérité !
    Merci et bravo !!

  8. Les seules limites à la liberté du blogueur, c’est lui-même qui les fixe: ce sont essentiellement :

    1 -ses préjugés (dont il n’a pas toujours conscience);

    2- la difficulté à contredire ses écrits passés et à montrer, par là, qu’il a changé d’avis et qu’il n’écrirait plus, aujourd’hui, ce qu’il a écrit il y a un an – difficulté qu’il faut savoir surmonter;

    3- la difficulté à casser l’image de lui-même qu’il s’est construite au fil du temps, que ses lecteurs seraient surpris de ne plus retrouver, et dont il finit par se retrouver prisonnier.

  9. Une expérience qui serait intellectuellement très intéressante et stimulante: tenir, sous deux pseudos différents, deux blogs aux idées strictement opposées…Un Juan systématiquement antisarkozyste et un José systématiquement prosarkozyste, par exemple.
    Un bon moyen de dissocier le cérébral de l’affectif.

  10. Thèse & Anti-thèse, le rationnel made in Sciences Po avec Alain Duhamel pour faire la synthèse ?

    Non, merci,
    l’affectif donne l’intuition et le cérébral seulement les justifications.

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