Culture: on manque d’héroïnes…


La construction des mentalités se fait tôt. Pour certains, c’est un cliché. C’est pourtant une réalité que les parents les plus féministes sont à même de constater dans les moindres recoins de leur vie quotidienne.

Je cherche, et je trouve, les films d’héroïnes. Mais je dois chercher. Cela ne vient pas tout seul.

Pourquoi nos produits « culturels » sont-ils également si « naturellement » masculins dans les étalages ? On a bien quelques explications qu’il faudrait partager, un autre jour.

L’Observatoire des inégalités s’est livré à un inventaire des héros des livres et des DVD Jeunesse proposés par « l’un des principaux vendeurs de produits culturels en ligne« . Les résultats sont édifiants.

Les bouquins pour enfants sont plus équilibrés en apparence.

« Sur 93 personnages principaux de livres pour enfants recensés, on dénombre 49 héros individuels masculins et 30 héroïnes, sept couples et sept héros collectifs. Sur les 79 héros individuels, 38 % sont des héroïnes. L’égalité n’est pas encore atteinte, mais le déséquilibre n’est pas aussi important qu’attendu. En tous cas, il est moindre que pour les héros des DVD et des BD. »

On y trouve, parmi les ouvrages pour les tous petits, les habituels clichés sexués – ménage, vaisselle, guerre, etc. –

Et il y a pire ailleurs:

« Du côté des séries DVD, sur un total de 56 héros, l’écart est encore plus important que dans les livres : les filles représentent 24 % des personnages principaux, contre 76 % de garçons. (…) La bande-dessinée nous réserve les plus grands écarts entre filles et garçons : seulement 10 % de ses personnages principaux sont des héroïnes ».

Qui donc écrit, choisi, soutient, publie ?

Personnellement, et sans autre arrière pensée qu’une incompréhension légitime, je n’ai jamais compris ces différences rappelées, répétées, insistantes.

En vieillissant, elles me hérissent.

 

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6 réflexions sur « Culture: on manque d’héroïnes… »

  1. J’ai connu un type qui a été condamné comme trafiquant d’héroÏne : il vendait des statues de Jeanne d’Arc à la porte des lycées privés catholiques…

  2. Et encore de nombreuses héroïnes sont-elles de purs stéréotypes, des fantasmes masculins. Je pense à Angélique, à Caroline chérie… Ce qui fait que par exemple une Hypathie au cinéma (dans Agora, jouée par Rachel Weisz) apparaît comme une heureuse surprise, exceptionnelle dans un monde où ce genre de personnage est trop rare.

  3. Rappelons, hors norrmes, l’extraordinaire western de Nicolas Ray, « Johnny Guitar » (1953), dont l’héroïne (Joan Crawford) et la méchante sont deux femmes, et qui se termine par un duel au pistolet entre ces deux dames.

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