Un jeudi en fin d’après midi chez une ministre


Nous sommes peu nombreux. Une dizaine, surtout des femmes. Il fait soleil, mais pas si chaud. Sauf dans cette salle ministérielle. Trop chaud. La ministre tombe la veste.

Elle nous demande une courte présentation. Votre serviteur s’excuse de son anonymat. Les participantes sont actives, des cheffes d’entreprise pour la plupart, dans le privé. Pas forcément à gauche, mais le sujet les travaille. Il y a un homme que je ne connais pas. Il tente de convaincre que 6 mois de congé parental pour un homme, c’est trop difficile.

Je m’étrangle silencieusement.

JuanNVB

Les blogueuses et blogueurs invité(e)s sont là pour écouter et questionner la ministre des Droits des Femmes à propos de son projet de loi sur l’Egalité Femmes/Hommes.  L’assistance est variée, y compris politiquement. Mais elle est concernée par quelque chose qui la frappe au coin du bon sens de la vie quotidienne: mais pourquoi donc ma fille et ma femme seraient-elles moins bien loties que mon fils et moi-même dans la quotidienneté de nos vies professionnelles et privées ?

C’est un sujet qui m’interpelle depuis longtemps sans que j’ai compris pourquoi. Sans doute une expérience familiale féministe.

La loi est concrète.

Najat Vallaud-Belkacem connaît son sujet. Elle a déjà déminé des obstacles. La parité et l’égalité progresse à pas de loups. C’est comme cela qu’elle progresse, parfois trop lentement. Mais elle progresse.

J’attends que certains critiquent qu’elle ne va pas assez loin. C’est usuel en Sarkofrance. On n’est jamais content.

J’ai été sensible à la dimension concrète. La vie commence là. Par exemple quand on dit qu’un mari violent, par défaut, doit être évincé du logement familial. La loi prévoit l’inverse: il faut passer par un jugement pour obtenir un éloignement.

La vie est concrète comme cette affaire de marché public. Exclure d’office

Coïncidence, le soir même je regarde Borgen. Saison 1, épisode 4. la première ministre fait voter une loi paritaire. Le plus grand des patrons vient lui dire un soir qu’il est hors de question qu’il se force à prendre 50% de femmes à son conseil d’administration.

Dans l’épisode, on retrouve les mêmes grincheux qu’aujourd’hui, ceux qui disent que ces progrès sont utopiques, contreproductifs, ou contre-nature.

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10 réflexions sur « Un jeudi en fin d’après midi chez une ministre »

    1. tsss tsss JeandelaXR, on ne voit pas sa main gauche 🙂

      Me demande par contre si Juan a bien le droit de publier ces photos, ceci dit, pour le préserver de tout revers.

  1. merci Juan, tous les propos sur la-femme sont bienvenues; j’arrive d’un article (Obs) sur C Boutin et B Bourges, et hier sur Dsk (interview Cnn)
    l’énergie ‘dépensée’ par le parti-famille.. (qui) me laisse un goût de recul/inodore, incolore
    (Dsk) m’aide à comprendre les Femens (merci)
    la plus grande cause de mortalité chez la femme de 19 à 44 ans n’est pas: la guerre, le cancer, l’accident
    mais la violence domestique
    effectivement, ça ne va vite (ça dépasse le point de vue) Cheers

  2. Il ne devrait pas y avoir d’amende pour les listes hors loi parité, elles devraient juste ne pas pouvoir être déposées.

  3. bravo pour ce texte çà fait du bien de lire çà sur l’égalité H/F…car cela ne va pas si vite hélas !

  4. une jeune ministre que j’admire bcq et sur de nombreux points…
    bien que je ne crois pas à l’efficacité d’une obligation en matière de partage du congé parental….mais après tout pourquoi ne pas essayer….

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