Media-bashing: halte au feu ?

Il est de bon ton de taper, taper, taper sur nos médias nationaux ou locaux. Sur les médias en général. On pourrait appeler cela du media-bashing.

J’y participe comme d’autres.

1. Il faut trier. Tous les médias ne se valent pas, c’est heureux. Il faut taper sans relâche quand le média est fort et puissant. Sur Sarkofrance ou dans les Chroniques qui ont pris la relève, on tacle les « éditocrates ». Il m’est impossible de mettre sur le même pied de puissance un Jean-Michel Aphatie qui truste RTL et CANAL+ et l’éditorialiste de Politis.

2. La liberté d’informer suppose d’accepter la diversité des positions. Prenez le Figaro. C’est objectivement le meilleur journal d’informations de droite du pays. Son passage dans l’opposition lui a même redonné un peu d’oxygène intellectuel.

3. Plus le journal est petit, plus il faut faire preuve d’une patience indulgente: soulever les points qui clochent vite et bien, attendre un éventuel mea culpa des patrons, ajuster la critique en conséquence.

4. le media-bashing est facile. Il est l’extrême conséquence de nos activités de blogueurs ou de Twittos. Nous nous exprimons souvent parce que les médias ne nous ne conviennent pas. Mais je suis tétanisé parfois par le mépris qui s’exprime chez certains à l’encontre d’une profession qui  la noble possibilité, en France, d’exercer son métier.

La même virulence obstinée devrait être dérivée pour soutenir des causes plus graves et si proches. Ces dernières ne manquent pas.

Vraiment pas.

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Merci Delphine Batho

François Hollande nous a-t-il rendu service ?

Je ne dis pas cela par provocation. Juste une idée, un constat. Le choc de simplification gouvernemental, ce coup de théâtre si imprévisible intervenu est peut-être une chance.

L’annonce du projet de budget – par ailleurs non voté, faut-il le rappeler ? – a suscité nombre de réactions prématurées et courtes de vue.

1. Non, l’écologie ne se résume pas à un ministère. Le départ de Batho permettra-t-il de comprendre cette évidence ? Les trop nombreux cris d’orfraie n’y changeront rien.  Les non-écologistes de gauche comme de droite veulent dissoudre ce mouvement. Il est difficile de résister, parfois.

2. Oui, tout le monde semble se ficher de l’écologie mais tout le monde y pense tous les jours: climat, pollution, malbouffe, gaspillage, on y pense tous mais l’écologie politique a disparu du radar collectif avec cette Grande Crise et la victoire contre Sarkozy. Ce licenciement expresse nous permet de replacer le sujet sur le devant d’une scène encombrée.

3. Je positive ? Bien sûr que je positive. Car sinon, c’est le suicide politique. Il y a 5 ans, l’écologie politique était un projet d’ensemble. C’est aujourd’hui une officine qui couine quand elle perd 500 millions des 7 milliards de son budget.

4. Merci Delphine Batho pour ce dernier coup d’éclat, sincèrement. Comme l’explique un confrère, hier matin «  elle a dit le truc. Le truc. Celui qu’on voulait entendre, ce qu’on attendait d’elle : qu’elle défende son ministère et l’écologie« . Et oui.

La situation est grave, pénible, stupide.

 

 

Egypte: la révolution bis repetita

On pourrait, on doit se féliciter des récents mouvements populaires en Egypte. Ils sont d’abord la preuve que la vigilance est encore complète. Que la pratique autoritaire d’un pouvoir fut-il élu ne s’excuse pas.

Si nous n’avions pas peur des poncifs, on écrirait que que le peuple ne se laisse pas faire quand ses libertés même nouvelles sont menacées. C’est évidemment sans doute plus compliqué et moins binaire que cela.

Mais il y a de quoi se réjouir.

1. Mohamed Morsi a été élu, on l’oublie trop souvent, il y a à peine un an.

2. La protestation en cours est assurément populaire: « entre 14 et 17 millions de personnes » (sur un pays de 80 millions d’habitants) relate le Monde. C’est gigantesque et fabuleux. Le mouvement Tamarrud qui a lancé le mouvement assure avoir réuni plus de 22 millions de signatures « pour une présidentielle anticipée« . Un ultimatum a été adressé au président égyptien: 48 heures pour dégager la place et permettre de nouvelles élections.

3. Les Frères Musulmans ont déçu. Leur échec est économique et politique. La protestation est laïque. « La Charia ne nourrit pas son peuple » s’exclame un intellectuel dans Courrier International. Sans rire…

4. L’armée, qui en 2011 avait précipité le départ d’Hosni Moubarak, joue encore aux arbitres de dernière instance. Ce lundi, elle a lancé un ultimatum aux forces politiques en présence. A toutes les forces politiques en présence. Qui peut se réjouir d’un coup d’Etat militaire annoncé à l’avance ?

5. Cette révolte massive pourra-t-elle donner des idées à d’autres ? En Tunisie, un mouvement « Tamarod », sur le modèle égyptien, a été créé.

Le nouveau Marianne est arrivé

Il était évident qu’il fallait acheter Marianne comme chaque samedi. Depuis des années, c’est le seul hebdo qui me convient malgré nombre d’articles et positions qui ne me conviennent pas.

Marianne fait peau neuve. Il paraît que Jean-François Kahn, le fondateur, y est pour beaucoup.

Khan fait partie de ces gens dont il me fait plaisir de partager la nationalité. Cela n’a rien à voir avec ses idées. J’ai souffert quand il a sorti sa sale formule sur le troussage de domestique, c’est-à-dire le viol d’une femme de chambre par un hiérarque du FMI qui pensait ensuite devenir président de la République. Mais Kahn s’est excusé, platement, longuement, régulièrement pendant des mois. J’ai compris qu’il avait compris.

Je m’égare.

Marianne n’est pas toujours à gauche, pas assez à gauche. Je ne suis lecteur de plaisir que de deux hebdomadaires, Marianne et Politis. Le second par fidélité et besoin. Le premier par plaisir et oxygène de l’esprit. J’ai rencontré quelques éminents journalistes de Marianne. Philippe Cohen, licencié l’an dernier à qui je fais un énorme clin d’oeil; Bénédicte Charles, partie également. Jack Dion, l’an passé. Jospeh Macé-Scaron plus récemment.

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Pour son numéro de nouvelle formule, que vous pouvez aller acheter en kiosque jusqu’au 4 juillet avant le numéro suivant, l’hebdo fait débattre Frédéric Lordon et Emmanuel Todd. Honnêtement, ça a de la gueule. J’ai souri en lisant Lordon expliquer que « le PS n‘est qu’une fraction de la droite« .

Les accroches sont simples, les titres interpellent, parfois ils font mouche.

Il y a aussi cet article sur Buisson, le grand pur d’extrême droite, coach des Sarkozy, Wauquiez et Pécresse. Si proche de ses sous également.

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Reste au nouveau Marianne d’intégrer quelque chose qui s’appelle Internet. Il a des blogueurs associés, des bonnes volontés qui veulent s’exercer ou débattre.

Tout est prêt pour oxygéner un débat vicié.

Merci donc.