Trappes: le curieux témoignage de Mickael

Chacun sur l’affaire de Trappes est en train de se faire son avis.

A force de lire, d’écouter, de voir, divers témoignages de ce qui s’est passé – l’interpellation de la femme voilée, la réaction de son mari, les rassemblements qui ont suivi, etc – on est forcé de réagir.

Mon avis, ici développé, sujet à modification ultérieure en fonction des évènements, révélations, et autres, est simple. Je suis mal à l’aise.

J’ai l’impression d’une belle opération de victimisation d’un côté (le mari mis en cause, les « Trappistes », etc, et d’une sur-réaction de l’autre (police, Valls, et tout le toutim).

J’ai notamment écouté comme d’autres cette incroyable interview du mari Mickael, celui par qui tout a commencé, le mari de la femme voilée qui fut verbalisée à Trappes.

1. Le gars explique qu’il n’a pas vu ce que les policiers ont dit/fait à son épouse, sauf l’absence de « Bonjour« , signe effectivement d’un manque de courtoisie élémentaire. Puis il décrit la tension et « l’agression ». Il n’était pas seul, accompagné de sa belle-mère. Voici pour se convaincre que les policiers n’ont pas été corrects (euphémisme).

2. Le même gars se montre d’ailleurs très zen: la loi interdisant le voile intégrale ne le dérange pas. Il l’explique placidement: « on a toujours eu des contrôles, (…)  on a déjà eu des amendes et ça c’est toujours bien passé ». On se pince… On comprend que cette loi, belle instrumentalisation UMPiste, ne sert donc à rien. L’ignoble voile intégral se porte contre le paiement de quelques PV.

3.  On croit quand même que l’on va apprendre la version du mari. Le journaliste l’aide un peu:  « alors Votre épouse constate un geste un peu particulier de la part de la police… »

Mickael reprend, puis au moment crucial de dire s’il a vraiment frappé, étranglé, bousculé un policier, il s’interrompt (3 minutes et 56 secondes). Le journaliste reprend la lecture de ses notes. Curieuse démarche de témoignage.  Allez, vas-y, souffle lui les réponses tant que tu y es ! Le mari enchaîne enfin. C’est presque un « ravi de la crèche », les contrôles de police, il adore, jamais de problèmes. Tout va bien.

4. Mais cette fois-ci, « l’élément déclencheur, c’est que les policiers ont bousculé ma elle-mère ». Là est la vraie information. Les policiers sont mis en cause une première fois. Puis il déroule l’escalade. Croyons-le sur parole, ou exigeons une enquête.

5. Il a aussi ces détails qui troublent et fâchent le laïc: « j’ai demandé à ma femme de prier, qu’elle demande de l’aide à Dieu pour l’injustice qu’on venait de subir« . Demander de l’aide à Dieu en priant dans la rue devant des flics déjà jugés agressifs…

On reste coi, on saigne tellement on s’est pincé.

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As-tu retrouvé ta rage ?

Lui: « Tu écrit sur quoi, demain ? »

Moi: « Je ne sais pas. J’ai retrouvé une forme de colère, mais tous azimuts. »

Lui: « Ah… Il faut quand même se concentrer. »

Moi: « Oui, sinon, ça ne sert à rien sauf à se faire plaisir.  »

Je l’aime bien cette Keny, même si elle cache sa tête.

« Leur système n’est qu’un sable mouvant. »

« Papa est homo »

« Joliment illustré et surtout sans chichi ou propos contre l’ordre moral lourdement appuyé, ce livre s’adresse en gros aux 3 à 7 ans. Oscar ne comprend pas pourquoi sa copine de classe a deux papas. Mais Lilou ne sait pas lui répondre parce qu’elle découvre le problème. Pour conclure, toutes les familles ne se ressemblent pas. Et c’est la vie. » (Clémentine Autain, à propos de « Mes deux papas », de Juliette Parachini-Deny et Marjorie Béal, Des ronds dans l’O éditions, 24 pages, 10 euros)

C’est un livre que je dédicacerai à mon voisin, celui qui était inquiet qu’un enfant puisse avoir des « sodomites » pour pères deux fois. L’expression est de lui, et je me souviens être resté tétanisé par la question suivante: « et comment j’enchaîne avec diplomatie mais fermeté ? »

Il est facile de s’envoyer des invectives sur Twitter. Mais quand il s’agit de convaincre celui que vous croisez tous les jours, qui vous invite au 1er de l’an, vous donne des conseils de voisinage, invite votre fiston jouer avec le sien, là, c’est une autre paire de manches.

Nous enchaînâmes donc avec le sourire: « tu sais, je suis au mariage gay. Tu le sais, n’est-ce pas ? »

Un débat atterrant

Difficile de savoir qui a signé cet éditorial du Monde, ce jeudi 25 juillet 2013 dans l’édition datée du lendemain. Mais il est rare, foi de lecteur quotidien depuis bientôt 28 ans.

C’était un coup de gueule. Il exprimait parfaitement notre sentiment de ras le bol.

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Oui, l’actuel débat politique est atterrant. Nous pouvions completer rt abonder ce billet du Monde. A droite, la récupération d’un fait divers malheureux à Trappes est atterrante. A gauche, l’insistance de certains à nier que l’accueil des Roms par ailleurs Francais depuis « le haut Moyen Age » pose problème (trouver, aménager, etc) est atterrante.
L’accusation d’angélisme de la droite contre le gouvernement à lencontre de la violence à Trappes est atterrante.

Atterrant, le débat politique de cet été est aussi nationalement nul.

Ce que je lis sur moi

Trois commentaires sur le blog principal Sarkofrance, parmi d’autres. Trois illustratifs d’une incompréhension persistante que je ne m’explique pas.

« Il n’en demeure pas moins que lorsque Nicolas Sarkozy se parjurait, on avait ici un réquisitoire en règle, désormais on est davantage dans la plaidoirie. »

 

Quel scoop ! Je suis plus indulgent avec Hollande qu’avec Sarkozy. Comment dire… Celui qui suit est plus ironique, comme son auteur. Mais sur le fond, il me permet de rebondir sur un point: il me paraît toujours aussi difficile de faire passer la complexité d’une position – tantôt critique, tantôt laudative – qu’elle concerne le pouvoir en place, ou l’opposition de gauche. A moins que sur ce blog, celles et ceux qui comprennent s’abstiennent finalement de commenter.

« Hollande est optimiste, Juan est admiratif et le soleil brille…Tout va au mieux dans le meilleurs mondes. »

La phobie sarkozyste revient régulièrement dans les critiques. C’est l’occasion de clarifier ce point: (1) Sarkozy m’a occupé l’esprit trop longtemps (2007-2012), donc forcément, je reconnais que cela laisse des traces; (2) Néanmoins, je m’étais fait à sa disparition après le 6 mai dernier; (3) Nous n’avons pas fini de payer son mandat; à l’instar d’une droite qui nous rappelle la retraite à 60 ans près de 30 ans après son adoption; ou les 35 heures plus de 15 ans après leur entrée en vigueur, je pense qu’on peut rappeler ce passé encore bien plus récent et le comparer avec ce que nous vivons; (4) notre microcosme est devenu amnésique, obnibulé par l’instant présent et la réflexion courte; rappeler d’où nous venons, ce que nous avons vécu, aide à éclaircir le présent. Enfin, last but not least, Nicolas Sarkozy me paraît être la meilleure des caricatures du monde politique actuel: narcissique, pressé, agité, inconstant, zappant, sans repère sauf sa classe et prêt à tout.
« Vous nous montrez vos limites de commentateurs de la vie politique française.
Vous faites une phobie constante sur Sarkozy (qui correspond à certains de vos adeptes) et qui vous empêche de voir les enjeux et surtout de l’incapacité de ce gouvernement socialiste à résoudre les problèmes des Français. »

Quand le Fig Mag parle des nouveaux mâles

« Je t’ai amené de la lecture » m’a t il dit. J’ai cru à une mauvaise blague. Mais non, mon pote m’avait bien amené le Fig Mag de retour du marché.

Le dossier était sur la disparition du mâle, photographie datée d’Alain Delon en couverture. Les mâles ont disparu, nous assure-t-on. Nous serions en pleine confusion des valeurs. L’éditorial signé de Guillaume Roquette était là pour nous donner quelques clés: « une majorité extrêmement efficace est à la manœuvre. Méthodiquement, elle met en œuvre les lois préparées avec les groupes de pression qui la soutiennent. Au début du mois, c’était la parité imposée autoritairement, depuis le congé parental jusqu’aux fédérations sportives, cette semaine, l’autorisation d’utiliser librement l’embryon humain comme matériau de laboratoire, (…); au nom de l’égalité et de la lutte contre les stéréotypes, une convention interministérielle va bientôt généraliser la théorie du genre. »

Ce Roquette racontait n’importe quoi. La loi sur l’égalité était largement moins « pire » que ce qu’il racontait. La recherche encadrée était légalisée sur l’embryon. Nulle « liberté » dans cela. Mais Roquettr exprimait le desarroi sincère d’un Reac mâle qui s’accrochait à ses repères.

Le reste de l’ouvrage hebdomadaire était amusant. C’était un effort de pédagogie bien fait à l’encontre du lectorat du Fig Mag. L’homme moderne, devait comprendre ce dernier, est mal parti. Certes, il y a heureusement des choses qu’il ne partage pas: le « pouvoir », le « CAC 40 », les « bagnoles », le tri des déchets, le bricolage. Mais il est déjà atteint.

Éric Zemmour nous l’assure: la femme « précipite sa fin ». L’homme moderne s’est mis à « s’occuper des enfants » (un peu), faire de la chirurgie esthétique ou la cuisine, lire des magazines féminins, utiliser son téléphone (mais seulement Si ce dernier est « smart »).

Le Fig Mag ajoutait ce titre: « les jeunes adultes sont paralysés par la peur de passer pour des machos ».

Quelle bande de cons.

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