Pascal Lamy contre Pierre Moscovici… #Ohwait

Le patron de l’OMC quitte ses fonctions. Hollande l’a décoré de l’un de ses hochets républicains qu’on réservait hier aux résistants, aux scientifiques, et braves gens.

Lamy a été membre du parti socialiste. Il y a longtemps. Pendant 8 ans, il a dirigé l’Organisation Mondiale du Commerce. Deux mandats pour expliquer combien la France devait s’adapter.

« Tout au long de son mandat, Pascal LAMY a porté une attention particulière aux pays en développement pour en faire des acteurs à part entière du commerce mondial. Constatant que la libéralisation commerciale ne suffit pas toujours aux pays en développement pour développer leurs échanges, il a promu une politique d’aide au commerce qui témoigne de notre solidarité. » Communiqué de la Présidence, vendredi 30 août 2013.

Hollande a de l’humour.

Je ne vais pas jouer au protectionniste étroit. Je vis et travaille grâce aux échanges mondiaux. La régulation de la mondialisation est une chose grave et sérieuse, compliquée et de compromis.

Mais je n’ai de souvenir de Pascal Lamy que lorsqu’il donnait ses (mauvais) conseils à son pays d’origine. Il assume son libéralisme social. Juste avant de quitter son poste, il a fait un aveu: « la matrice intellectuelle et idéologique du système de gouvernance qui progressait était une matrice occidentale » qui n’est plus adaptée.

Quelle lucidité…

Le voici qu’on murmure qu’il rejoindrait le gouvernement. On imagine que Pierre Moscovici serre les fesses.

Moi qui imaginait que Benoit Hamon allait être promu…

Quelle semaine !

 

Syrie: et le Parlement dit non

Le Parlement britannique a refusé l’intervention militaire en Syrie. C’est une grande nouvelle, et une leçon.

1. En France, le parlement sera informé la semaine prochaine. Le 4 septembre nous a-t-on dit. Mais nos députés ne sont pas en mesure de bloquer une guerre. Hollande applique des institutions. On peut penser qu’il respectera quand même davantage un éventuel refus que son prédécesseur qui nous avait emmené en Libye sans attendre.

2. Le Royaume Uni nous a donné une leçon de démocratie moderne. David Cameron a commis une belle erreur en tentant cette validation parlementaire sans attendre la fin de l’étude onusienne. Il paye aussi et surtout les mensonges officiels de la guerre en Irak de 2003. Cette sale guerre, sur des mensonges d’Etat, a cassé une confiance.

« Ce n’est pas David Cameron, l’actuel chef de la coalition conservatrice-libérale qui a été battu. Ou, plutôt, il paye pour Tony Blair, comme M. Cameron l’a reconnu lui-même, durant le débat, en constatant « l’héritage empoisonné de l’épisode irakien ». (Le Monde)

3. Dans ce débat pro- et anti- guerre, les échanges se focalisent sur (1) les preuves du massacre chimique, (2) le risque d’embrasement (real-Politik) et (3) l’absence de solution politique. Il en manque un: nous avions soutenu la guerre contre Khadafi, la destitution des autocrates car il faut que ces gens ne sentent pas impunis.

Encore faut-il que la punition soit … Efficace.

 

 

Le cash de Boris Boillon

Vous vous rappelez de lui ? L’homme était beau gosse, ambitieux, et peu diplomate.

Il s’était déclaré proche de Kadhafi à la télévision française quelques mois à peine avant la guerre.

Il était devenu la risée du Web à cause de ses multiples photos, habillées ou pas; et la tête de turc de la presse tunisienne qu’il malmenait de remarques désobligeantes peu de temps après le renversement du régime de Ben Ali, alors qu’il était ambassadeur nommé par Sarkozy.

Il fut conseiller de Sarkozy à l’Elysée.

En juillet 2012, le gouvernement Hollande l’avait rapidement viré.

Ce délicieux garçon a été arrêté, sans papier, pas les Douanes françaises, à la Gare du Nord, à Paris, avec 350.000 euros et 40.000 dollars en liquide. Il partait pour Bruxelles.

La révélation est de Mediapart.

« Selon des documents consultés par Mediapart, Boris Boillon, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée et ancien ambassadeur de France en Tunisie, a été interpellé par la douane à la gare du Nord le 31 juillet, alors qu’il s’apprêtait à embarquer à bord d’un Thalis en direction de Bruxelles.

Sans document d’identité ni téléphone portable, vêtu d’un jean et d’un polo, ce diplomate de 43 ans à la personnalité fougueuse transportait dans un sac 350 000 euros et 40 000 dollars en espèces, raconte Mediapart, qui a pu accéder au procès-verbal. » (source)

Il y a décidément beaucoup de cash qui circule en ex-Sarkofrance.

 

La rupture, est-ce maintenant ?

Petit constat, comme cela, au passage.

Objectif et subjectif.

Objectivement, on peine à trouver les alternatives. Les limites de l’opposition braillarde/vrauchiste sont évidentes jusqu’à certains de ces supporteurs.

Objectivement, il y a chaque semaine ou chaque mois, la mesure qui au mieux agace, au pire énerve, voire enrage.

Objectivement, la droite est pire qu’avant. Sa fraction centriste est inaudible. Ne reste que cette surenchère libérale/sécuritaire, par ailleurs abjecte, qui voudraient nous faire prendre Bayrou pour la relève révolutionnaire.

Subjectivement, le tri est venu, intuitif et réactif. Des coups par ci, par là.

Sale période où tout le monde a tort.

 

Les Grincheux 2.0

Agacés ou déçus, nous pouvions l’être. Écrire contre une mesure défendue par une équipe que l’on soutient est une démarche plus fréquente dans ce colonnes ou dans le blog principal.

Ces critiques (Valls, l’Ani, et maintenant les retraites) en rejoignent d’autres, émanant d’opposants de gauche plus voraces. Nous ne les écrivons pas pour faire plaisir à ces derniers. On peut même raisonnablement pensé qu’il nous en coutent plus qu’à d’autres.

Agacés mais surtout déçus, nous pouvions donc l’être quand nos critiques sont à leur tour critiquées par l’étrange argument selon lequel une critique ne vaut que si elle est totale ou, variante temporelle, dès l’origine.

C’est ce que j’ai entendu depuis hier, dans des termes parfois moins polis, de la part de quelques marginaux.

J’en déduis deux choses: primo, ces gens là n’ont rien compris à l’efficacité politique. Sous Sarkozy, nous nous réjouissions de n’importe quelle critique venant du propre camp de l’ancien monarque. Secundo, ces gens là sont égarés dans une hargne qui finalement les dessert, et c’est tant mieux.

A bon entendeur…

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Ma retraite à 65 ans

C’est un document assez ennuyeux, comme toujours dans pareil cas. La présentation de la réforme des retraites de Ayrault tente la pédagogie. Je me suis précipité sur ce tableau, très concret.

Né en 1970, au boulot depuis 1993, je cherche à connaître mon âge de départ à la retraite.

La réforme Fillon de 2003 m’avait placé à 63 ans.

Celle de Sarkozy en 2010 avait porté mon départ à 64 ans et 3 trimestres (41 ans et 3 trimestres de cotisations). La réforme Ayrault annoncé hier m’ajoute une année pleine de cotisations à assurer.

65 ans et 3 trimestres…

Mon dieu.

Sans chômage ?

 

duree