Je suis à droite

Vous êtes-vous posé la question ?

Moi pas vraiment. Depuis que j’ai du avouer à mes parents que j’aimais Charles Bronson (poke!), Steven Seagal, Jean-Claude Vandamme, Bruce Willis, Arnold Schwarzenerg et même, parfois, Sylvester Stallone, il a fallu se résoudre que je n’étais pas vraiment à gauche. « Hasta la Vista, baby » est ma phrase fétiche. « Make my day » l’autre réplique que je murmure en lisant les aigreurs twittosphériques de quelques-uns.

Je ne suis pas de gauche.  Pas de la « Vrauche« … De droite, donc. 

Soutenir Ségolène Royal, ses camps de redressement, ses sorties contre les 35 heures, entre autres, c’était déjà pas mal pour l’époque. Nous avions choqué. La taxe carbone, cette « aberration » qui taxe le pauvre pour l’inciter à cesser de rouler en diesel subventionné, était une autre hérésie.

La gauche, la vraie, c’est quoi ? Je me suis fadé le bouquin de Julliard, un autre droitiste qui m’insupportait déjà il y a 320 ans.

Voter Oui à un référendum (je voterai non aujourd’hui, mais ça, c’est trop tard), c’était aussi trop.

Bref, il fallait s’y résoudre, je suis à droite.

Sans rancune.

Sous Sarkofrance Saison 1, comme pendant la grande campagne de 2007, nous étions Bisounours. La grande alliance, de l’extrême gauche pour l’exigence sociale au centrisme modémiste et son impératif éthique. Quelle belle époque ! Elle est révolue pour certains.

Pour d’autres, que j’espère nombreux, les portes sont ouvertes pour trouver ces « voies de passage » qui nous permettent d’améliorer l’existant.

L’existant.

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Marignane: faire justice soi-même ?

Il y a donc eu une marche blanche, un défilé émouvant en hommage au retraité qui avait pris en chasse deux malfrats après un braquage d’un bureau de tabac à Marignane. L’homme percuta les bandits, les aspergea de gaz lacrymogène, et fut tué d’une balle. Le ministre de l’intérieur, samedi dernier, a salué le courage et appelé au « réveil des consciences ». Le maire de la ville aussi. Cette situation provoque un malaise.

Ce retraité a fait preuve de courage, d’un courage rare, imprudent peut-être. Je n’en sais rien. Est-ce un réflexe citoyen ou un imprudent réflexe ? Il ne s’agissait pas d’une agression de personne, mais d’un braquage. Nulle envie de commencer à dresser de sinistres comparaisons, mais, mais, mais…

Peut-on distinguer que le réflexe citoyen qui consiste à s’interposer quand une personne est agressée et celui qui consiste à pourchasser en voiture deux malfrats en scooter qui ont dérobé la caisse d’un tabac ? La mort de cet homme est une chose terrible, horrible, irréparable.

Ce retraité est un héros anonyme. Mais permettez que l’on explique qu’il faut éviter l’amalgame. Le maire du coin n’a pas hésité à l’amalgame.

L’AMALGAME.

«Il y a eu un braquage comme il y en a tant partout en France, et l’acte d’un homme qui, pour une fois, s’est levé. C’est ce fait exceptionnel que nous voulons saluer et honorer par cette marche blanche», commente Éric Le Disses, le maire divers droite de Marignane. «Cet homme était exemplaire, très engagé dans la vie de la cité. S’il avait arrêté les deux malfaiteurs, on dirait que c’est un héros, alors qu’on parle beaucoup d’agressions, dans le métro notamment, devant des témoins baissant la tête», poursuit l’élu. (Source: Le Figaro)

Les circonstances du drame sont mal connues. Les deux auteurs des faits sont des racailles comme on en voit ici ou là. L’une d’entre eux, âgé de 18 ans, a été arrêtée depuis. Il est un « multi-récidiviste« , proclame le Figaro qui, par ailleurs, lâche vite nom et prénom. L’autre agresseur a été également interpelé. Cette affaire ressemble à ces séries B des années 70. Mais cette fois-ci, Charles Bronson est vraiment mort.

Il faut être plus violent

Tout nous y contraint.

Nous avons consacré trop d’attention à l’exégèse de la Hollandie triomphante puis contestée. Des débats, utiles mais trop nombreux, sur qui est à gauche, plus à gauche, moins à gauche. Comme un clin d’oeil moqueur, j’appelle mes camarades donneurs de leçons de gauchitude, les « vrauchistes ». Car la Vrauche, la « vraie gauche » me paraît obnubilée à convaincre celles et ceux qui comme moi sont à la frontière, par défaut, de plusieurs confluences gauchistes: écolo, ségoléniste, ancien trotskyste, etc.

Pourtant, il y a devant nous, de l’autre côté du mur, une évolution plus terrifiante, plus grave, plus forte. La disparition de la droite républicaine. Il ne s’agit pas de caricaturer la position d’un adversaire. Il s’agit de mesurer jusqu’où il reste un adversaire, et quand il devient un ennemi.

Expliquons-nous.

Il est normal de perdre des élections, il est plus anormal – en République – d’en contester le résultat. Au pire moment de notre antisarkozysme, nous n’avons jamais instruit ce procès-là. Il est normal de voir voter des lois que l’on n’aime pas. Jamais nous est-ils venu l’idée d’une violence contestataire comme certains de ces « veilleurs » et autres « fous de Dieu« . Une fraction de la droite – j’utilise le mot fraction pour tenter de croire que le phénomène n’est pas encore majoritaire là-bas – s’obstine même à lancer quelques idées qui n’étaient plus défendues depuis quelques dizaines de décennies. Il y a cette atmosphère d’années 30, alors que le pays ne vit pas une situation aussi grave.

Bref, comment de ne pas voir qu’une droite se radicalise ?

Il faudra être plus violent, appeler un chat un chat, et Satan, le diable.

La République est un corps social et solidaire, certains l’ont oublié.

Nous leur rappellerons.

#KDB: quand les blogueuses/rs se voient pour de vrai

On écrit souvent, parfois quotidiennement, parfois plusieurs fois quotidiennement.

On s’engueule dans les commentaires, dans nos Google groupes secrets/cachés , par mail, via Twitter. Les invectives peuvent fuser, on peut se brouiller. Certains utilisent un vocabulaire qu’ils n’oseraient pas en public, de visu.

Et puis, parfois, on peut se voir, pour de vrai, dans un bistrot. On peut s’expliquer avec des phrases plus longues que les 140 caractères imposés par Twitter, devenu ces dernières années la quintessence de l’échange politique 2.0. On se voit, donc, pour de vrai.

Nicolas avait organisé l’un de ses « KDB« , pour la venue d’une consoeur provinciale, discrète, première de mes inspirations antisarkozystes lors de l’été 2007, Cycee. En 2007, elle écrivait, avec talent, la citation sarkozyste du jour.

J’ai pu rencontrer Dadavidov et Babelouest, qui venait de loin. « Je ne t’imaginais pas comme ça« . « Moi, je t’imaginais comme tu es » m’a-t-il répondu. Il venait de Nantes, chapeau !

C’est ouvert à tous. C’est en banlieue parisienne.

Cette fois-ci, un vendredi d’août, nous étions une quinzaine. Il y avait même une star récente des polémiques version Lab d’Europe1, la copine Blonde sans filtre. Il faisait chaud. Nous pouvions débattre de Valls (« Tu étais sévère avec lui » m’a dit l’un d’entre eux), du Parti de Gauche, des fous de Dieu de l’anti-mariage gay (« guerre aux bigôts!« ), nos alliances et mésalliances à gauche, le départ de Delphine Batho, nos désertions militantes, la rencontre avec Hollande, notre hostilité à l’UDI (M’enfin !), et d’autres choses encore.

Ces rencontres sont essentielles, ouvertes à toutes et tous. Y compris à celles et ceux qui sont en désaccord.

J’en fait le compte-rendu non pas pour exclure, mais pour donner envie à celles et ceux, commentatrices/teurs, twittos ou blogueuses/rs avec qui nous échangeons d’y passer. On boit, on discute, on mange, on se quitte après.

La spécificité de nos échanges 2.0 est que le contact doit rester facile quand il est sincère et désintéressé.

Merci donc à la sympathique équipe de vendredi !

@jegoun @PGildan @fabien_lorch @sebmusset @SophiaIfigha @dadavidov @Mipmip @politeeks @Sarkofrance @elc95 @CyCee @Elooooody @MllePeg_ @LaBuse12, @petitmorveux, et babelouest !

 

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Chanson du dimanche: « Les gentils, les méchants », Fugain

Elle a 40 ans, tout juste. Elle est si vraie.

 

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As-tu changé ?

L’actualité se ressemble, ou pas. Elle nous fait évoluer, ou pas.

En relisant quelques anciens billets d’il y a 6 ans, je réalise le chemin parcouru. Certains de mes confrères, comme Politeeks ou Seb, se mettent en pause, faute d’inspirations contre une actualité qui en deviendrait lassante à force d’être répétitive. Puis ils reviennent. D’autres ne cessent d’écrire. Ils tracent. Ils sont sûrs.

L’actualité est peut-être répétitive, mais nous pouvons avoir nous-même une autre façon de la voir, de la comprendre, de l’analyser. Depuis 15 mois que Hollande est élu, les accusations contre votre serviteur d’avoir changé ont été nombreuses.

Avez-vous changé ?

Avons-nous changé ?

Certainement.

Et ce n’est pas fini.

L’important est de ne pas changer sur l’essentiel.