Ce que j’ai appris de cette guerre en Syrie


Pas la nôtre, elle n’a pas eu lieu. Hollande ne l’a même jamais évoquée.

Je n’ai pas été surpris par la qualité de quelques critiques d’opposants, quand elles étaient simples et cohérentes, sur un sujet précis, l’embrasement. Je ne critique pas non plus celles et ceux qui pensent sincèrement qu’une riposte serait inutile.

Il y a une qualité de débat, parfois, avec certains, qui est réjouissante. On peut être en désaccord, ce n’est ni grave, ni sale quand l’échange est bien mené. Je ne pense évidemment pas aux quelques pro-Bachar qui pensent que l’homme est un rempart laïque qu’il faut défendre à tout prix. Cette thèse, défendue dans les rangs de l’ignoble Front national, ne fait pas partie du spectre de l’échange.

Ceci étant posé, j’ai été terrifié par ce que j’ai appris

Je récuse, même si c’est risqué, le légalisme onusien à tout prix. Il revient à accepter qu’un pays viole la légalité internationale (par exemple ne pas utiliser d’armes chimiques) du moment qu’il n’a pas validé cette légalité internationale (par exemple s’il n’a pas ratifié les accords interdisant l’utilisation d’armes chimiques). Imaginez les dégâts de ce genre de raisonnement dans notre vie commune.

J’ai été amusé des couinements anti-américains « de principe ». Cette réaction primaire est contre-productive, à défaut d »être intelligente. Passons.

J’ai été amusé de voir que certains qui nous « raisonnent » à longueur d’année sur combien il est facile de « renverser les tables », « changer le cours du monde, de l’Europe et que-sais-je encore« , ces mêmes-là sont les premiers à expliquer combien il ne vaut mieux rien tenter, que c’est dangereux, pas évident, pas forcément légal, impopulaire, franchement inutile, etc.

J’ai été surpris de la véhémence de certains contre une opération DONT ILS N’AVAIENT AUCUNE CONNAISSANCE puisque rien n’avait été décidé, précisé, présenté: bombardements ou troupes au sol, frappes courtes ou longues, etc. ON N’EN SAIT RIEN mais ça râle fort quand même.

J’ai été surpris, choqué, terrifié par cette révélation soudaine et évidente: la trouille s’exprimait tous azimuts. Non pas que tous les opposants à une réaction réagissent ainsi par peur. Mais l’impression générale est celle-là. Notre pays a peur de tout, mais il le cache souvent. J’ai un truc pour détecter la peur: c’est quand les arguments sans rapport s’accumulent. Cela me fait penser à quelques collègues qui cherchent l’excuse pour éviter d’aller au front – c’est-à-dire une décision difficile. On se cherche TOUTES les excuses possibles.

Je n’ai pas envie qu’on intervienne en Syrie. Je verrai, le moment venu, s’il faut soutenir ou récuser. Il faut, on doit, se laisser toutes les options sur la table.

 

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20 réflexions sur « Ce que j’ai appris de cette guerre en Syrie »

  1. « je verrai, le moment venu,….  » mais majorité de français « n’attendent » pas le moment venu pour être contre cette guerre. Mediapart a publié une lettre de Pierre Charasse -ancien ambassadeur- elle rappelle le sentiment que nous avons en majorité. Hollande est-il obligé d’être le petit télégraphiste de Obama qui, apparemment, se retire sur la pointe des pieds vu l’état d’esprit des américains. Il est vrai que ça la fout mal pour quelqu’un qui a reçu le prix nobel « de la paix ». Le peuple anglais et le Parlement ont fait de même. On va nous faire croire que la majorité des français sont pour ? les français se disent que le fric dépensé à aller jouer les soldats dans le monde pourrait servir aux français dans le besoins. Et ça je n’ai pas eu besoin de la lettre l’ambassadeur pour le dire.

  2. Quelle opération militaire occidentale depuis trente ans a été positive ? ( Le Mali n’a été que la suite logique de l’intervention Bhlienne-sarkosiste ) . Somalie , Irak , Kosovo , Afghanistan , Libye ? Ce dernier pays est devenu le terrain d’entrainement de tous les fascistes verts de la planète . En Afghanistan , après dix ans de guerre , les talibans reprennent du service , et combien de morts civils ? En Irak , les attentats font des centaines de morts par mois , c’est devenue la routine et les médias n’en parlent même plus !
    Les opinions publiques occidentales commencent , enfin , à y voir clair , et comprennent que ces guerres d’ingérence soi-disant à but humanitaire , ne servent en fait que le rêve fou des néo-conservateurs : déstabiliser le proche et moyen orient pour in fine en prendre le contrôle .

  3. Avant, quand le patronnat entendait caviarder le marché de l’emploi français en injectant massivement de la main d’oeuvre issue des ex colonies « libérées » corvéable à merci et payable à coup de pas grand chose, la formule consacrée c’était : « normal qu’on fasse venir de la main d’oeuvre puisque le français ne veut pas le faire », alors que ledit français réclamaient des augmentations et de la sécurité pour pouvoir le faire.

    Et là, il semblerait que les mêmes décideurs occidentaux utilisent le même procédé en l’appliquant sur les pays arabes qui, à leurs yeux de sciences infuses », seraient incapable de se libérer de leurs tyrans (ces fameux tyrans reçus jusqu’alors en grande pompe par les gouvernants desdits pays).

    Ils seraient donc « obligés » d’accepter la tutelle guérrière des occidentaux qui risquent, du coup,de se retrouver entraînés dans une troisième guerre mondiale généralisée. Et que font les instances arabes correspondant à l’OTAN côté arabe ? Ils comptent les points en attendant que çà se libère tout seul ? Par l’intervention du saint esprit ?

    Le problème il est là et pas ailleurs : que les pays arabes se réunissent et montent une coalition arabe pour aller virer Assad et ni les russes, ni les américains, ni les européens n’auront rien à y redire . Pourquoi ? Ils ne savent le faire çà, les arabes ? ARAMIS

    1. laissez les pays arabes s’entre-tuer me semblent compliqué à plus d’un titre: (1) une régionalisation du conflit qui empêcherait une solution durable; (2) le manque de moyens militaires car ces pétro-Etats sont riches de dollars mais pauvres en armées.

      1. Tout pays croulant sous les petrodollars peut se payer l’armée qu’il veut. Seulement voilà, la clique des bédoins archimilliardaires préfère laisser ce sale boulot au grand Satan depuis la seconde guerre mondiale, pour pouvoir en appeler hypocritment à allah et se justifier de sa non intervention en jouant les arbitres… Inch allah ! Et ce serait les occidentaux qui auraient à aller faire le ménage, ben voyons. c’est fini aussi çà et pépère l’ignore encore… ARAMIS

  4. Mais tout cela donne vraiment l’impression que l’Europe ne sait pas s’unir (mais on a déjà pu le constater!!)…..et que l’avenir des peuples, elle s’en fout (j’exagère peut-être)…..
    Parfois on n’arrive plus à être dans le camp des « non » quand il n’exprime plus la souffrance d’un peuple et qu’il ne cherche pas de solution…..
    Mais contrairement à certains je trouve que Hollande montre, dans ce flou dont il n’est en rien responsable, bcq de courage.

  5. « Il revient à accepter qu’un pays viole la légalité internationale (par exemple ne pas utiliser d’armes chimiques) du moment qu’il n’a pas validé cette légalité internationale (par exemple s’il n’a pas ratifié les accords interdisant l’utilisation d’armes chimiques) » (tant qu’à faire soyez précis….. : Israel non plus n’a pas « ratifié »….!)

    On peut vous retournez la remarque…. allez à cette guerre sans l’aval des instances crées à cet effet (la légalité internationale !) en compagnie de l’Arabie saoudite, du Qatar, d’Israel et des Etats unis revient à accepter la violation de la légalité internationale (en plus de valider les thèses conspirationnistes qui ont tjrs pointé qu’Al Qaida etait une création de la CIA….) puisque voilà la puissance financière du monde utilisatrice elle même d’armes e destruction massives, à ses côtés pour démembrer la Syrie, pays souverain…

    Quand je vous lis réduire ceci à « pour ou contre un dictateur », ou encore « pour ou contre le FN » …. j’ai juste l’impression désagréable que vous vous foutez de vos lecteurs…. Et, vous connaissant tout de même un peu Juan, c’est un deuil vraiment difficile à faire !

    En effet, et vous le savez, pratiquement tout le monde utilise des armes chimiques d’une manière ou d’une autre, et, la plupart du temps, personne ne réagit. Crier aux « armes chimiques », c’est du sentimentalisme plus destiné à annihiler la pensée, pas à l’éclairer.

    L’uranium appauvri, comme vous le savez aussi, est un métal lourd toxique dont les effets peuvent entraîner la mort. Les États-Unis et d’autres pays ont utilisé et n’ont pas à ma connaissance interdit l’utilisationr des armes à l’uranium appauvri. (qui contamine encore certains pays , des Balkans jusqu’à l’Irak.)

    Logiquement, d’après vous, Les Etats Unis auraient donc du se bombarder plusieurs fois de missiles Tomahawk au cours de ces vingt dernières années pour se « donner une leçon »ou  » se punir » ?! Israel également après le déluge de phosphore blanc sur Gazah !

    Et donc, la pseudo-moralité démocratique et humanitaire (quasi hystérique) de tous ceux qui trouvaient que la guerre illégale en Irak était une bonne idée, quelle fourberie ! ? (F Encel ou BHL, par exemple). Quand Kerry traite les armes chimiques en Syrie d’ »obscénité morale » (le 26 août), rappelez-vous que lui non plus n’a jamais contesté l’utilisation de l’uranium appauvri…. c’est aussi le cas de la plupart de ces belles âmes si « gentilles » si « humanitaires » si en pointe « contre Assad » le si « méchant » dictateur….

    Enfin, et pour en finir dans cette querelle épistolaire inutile (puisque les dés sont déjà jetés….! c.f. le protocole de Doha du mois de décembre 2012 (*) et puisque vous êtes définitivement « pour » la guerre derrière le courageux (c’est votre qualificatif) BHL, pendant la guerre de Libye) voici une lettre d’un homme plus « autorisé » que vous ou moi….
    —————————
    Syrie : la lettre d’un ancien ambassadeur de France à François Hollande

    Pierre Charasse . Diplomate de carrière de 1972 à 2009, fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d’adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne.

    Monsieur le Président de la République

    Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une intervention militaire chirurgicale en Syrie.

    Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger » s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

    De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu’ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.

    Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.

    Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

    Quand aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre, et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.

    Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

    Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront la bonté de laisser aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

    Après cette victoire pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donnée la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

    Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, « ensemble gazeux et incertain » comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.

    Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le « Charles de Gaulle » rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses. Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.

    On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Khadafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur, serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction des moyens du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

    Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.

    « O tempora ! O mores ! » comme a dit Ciceron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

    Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Pétersbourg de changer de cap pour mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

    Une telle cohérence dans l’application de « l’obligation de protéger » honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

    Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.

    Pierre Charasse, Français de l’étranger, contribuable et électeur.
    ———————-

    (*) formulé en treize points qui se détermine comme suit:
    1- réduction du nombre des soldats de l’armée syrienne à 50 000;
    2- la Syrie ne pourra faire valoir son droit à sa souveraineté sur le Golan que par les moyens politiques. Les deux parties signeront des accords de paix sous l’égide des Etats-Unis et du Qatar;
    3- la Syrie doit se débarrasser, sous la supervision des Etats-Unis, de toutes ses armes chimiques et bactériologiques et de la totalité de ses missiles. Cette opération doit se dérouler sur les terres de Jordanie;
    4- annulation de toute revendication de souveraineté sur Liwa Iskandaroun et désistement au profit de la Turquie de certains villages frontaliers habités par les Turkmènes dans les «mouhafadhas» d’Alep et d’Idlib;
    5- renvoi de tous les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan, ceux recherchés par la Turquie lui seront livrés. Inscription de ce parti sur la liste des organisations terroristes;
    6- annulation de tous les accords et conventions signés avec la Russie et la Chine dans les domaines des forages du sous-sol et de l’armement;
    7- permettre le passage à travers le territoire syrien d’un gazoduc qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe;
    8- permettre le passage à travers le territoire syrien des conduites d’eau en provenance du barrage Atatürk et à destination d’Israël;
    9- le Qatar et les Emirats arabes unis s’engagent à reconstruire ce qui a été détruit par la guerre en Syrie à la condition que leurs sociétés aient l’exclusivité de la reconstruction et de l’exploitation du pétrole et gaz syrien;
    10- gel des relations avec l’Iran, la Russie et la Chine;
    11- rompre les relations avec Hezbollah et les mouvements de résistance palestinienne;
    12- le régime syrien sera islamique et non salafiste;
    13- le présent accord entrera en application dès la prise du pouvoir» (par l’opposition, Ndlr).

    …  » Ainsi, chacun des parrains de la «révolte du peuple syrien» s’est servi selon ses voeux et demandes. Les Etats-Unis en désarmant la Syrie et en l’éloignant de ses amis, la Turquie en récupérant des villages syriens et en rectifiant à son profit la frontière, le Qatar en s’octroyant la «reconstruction» du pays et l’Arabie Saoudite par la mise en place d’un régime islamiste à sa dévotion. C’est là en réalité une castration en règle de la Syrie, dépouillée de sa souveraineté dans le même canevas qu’ont été pour l’Egypte les accords de Camp David en 1979. De fait, c’est à peine si on n’exige pas de «l’opposition» – portée à bout de bras par le Qatar – la reconnaissance immédiate d’Israël, dont on prévoit cependant (article 2 de l’accord de Doha), un règlement négocié. Un partage du magot syrien.

    Nulle part il n’est question de démocratie, de liberté, de droits de l’homme, de construction d’une nouvelle Syrie où les Syriens, quelles que soient leur ethnie, religion et croyance, jouiraient des mêmes droits. Or, chacun des «parrains» s’est d’abord servi et a pris ce qu’il voulait. Pour ceux qui connaissent l’histoire mouvementée du Proche-Orient ottoman, tout s’explique et Doha n’a été que le point de non-retour d’une opposition syrienne qui n’avait pas voix au chapitre. Elle n’était là que pour justifier la «syrianité» des événements. On l’a bien vu au Caire avec le nouveau «patron» de la «coalition» Ahmed Moez al-Khatib venu dans les bagages de Cheikh Hamad bin Jassim bin Jaber al-Thani à la réunion de la Ligue arabe qui eut lieu à la mi-novembre. En Syrie, le processus activé pour la Libye est dépassé et fait désormais craindre une déstabilisation générale du monde, voire sa fragmentation comme des «experts» civils et militaires américains y travaillent sans désemparer.
    http://www.lexpressiondz.com/edito/165133-syrie-le-protocole-de-doha.html

    1. Marie-Anne, merci pour une réponse aussi longue et dense. Non, je ne me moque pas de mes lectrices et lecteurs. Vous avez remarqué que j’ai tenté de publier tous les arguments que j’avais lu contre cette guerre. Parfois, on n’est pas d’accord. Je vous accorde bien volontiers que certaines de mes formules, ici ou ailleurs, sont trop raccourcies pour éviter la caricature. Mais nous nous lisons mutuellement « dans la durée » pour savoir détecter ces caricatures.

  6. Totalement d’accord avec vous, à un bémol près : il est des peurs légitimes et respectables, parmi elles, la peur de l’embrasement régional, dont souffriraient en premier lieu les populations de ces pays ; non pas la peur pour notre petit confort personnel, mais la peur de faire plus de mal en intervenant qu’en ne faisant rien.

  7. Que ceux qui sont pour que la France aille guéroyer préparent leur paquetage et ceux de leurs fils en âge de le faire… ARAMIS

  8. Merci pour votre réponse Juan. Je reste malheureusement sur ma faim…. ( et B WEnd quand même….)
    ———————
    La paille et la poutre….

    10 Chemical Weapons Attacks Washington Doesn’t Want You to Talk About :
    http://www.infowars.com/10-chemical-weapons-attacks-washington-doesnt-want-you-to-talk-about/

    résumé (chaque fait est étayé dans l’article) :
    1. L’armée américaine a largué 80 millions de litres de produits chimiques sur le Vietnam entre 1962 et 1971
    ……
    2. Israël a attaqué les civils palestineins avec du phosphore blanc en 2008-2009

    3. Washington a attaqué des civils irakiens avec du phospore blanc en 2004
    (« A cette époque, la RAI italienne diffusa un documentaire titré: “Falujah, le massacre caché”, incluant des vidéos atroces et des photos horribles ainsi que des entretiens avec des témoins oculaires de la ville de Fallujah et des soldats américains révélant comment le gouvernement américain arrosa de manière indiscriminée le feu blanc chimique sur la ville irakienne et fit fondre femmes et enfants. « )

    4. La CIA a aidé Saddam Hussein à massacrer des Iraniens et des Kurdes avec des armes chimiques en 1988

    5. L’armée américaine a testé des produits chimiques sur les résidents de banlieues pauvres de la ville de St Louis dans les années 1950

    6. La police tire des gaz lacrymogènes sur les manifestants du mouvement Occupy Wall Street en 2011

    7. Le FBI a attaqué hommes, femmes et enfants avec des armes chimiques lors du siège de Waco en 1993

    8. L’armée américaine a couvert l’Irak avec de l’uranium appauvri toxique en 2003

    9. L’armée américaine a tué des centaines de milliers de civils japonais avec du napalm entre 1944 et 1945

    10. Le gouvernement américain a largué deux bombres nucléaires sur deux villes japonaises en 1945

    Wesley Wessamore
    url de l’article: http://www.infowars.com/10-chemical-weapons-attacks-washington-doesnt-want-you-to-talk-about/

    ~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~ :
    ———————–
    et…. aucun cris d’orfraies apres ce qui s’est passé en Egypte ! témoignage du (grand) journaliste R Fisk….: « Ils ont été littéralement cuits. C’était la première expression qui me vint à l’esprit – exactement dans ces termes – quand j’ai vu les restes de neuf des 34 prisonniers qui sont morts aux mains de la police égyptienne dimanche soir.
     » http://www.michelcollon.info/Egypte-Une-tragedie-nationale-se.html

    Enfin…. Le commentaire de Badia Ben Jelloun sur la convention sur les armes chimiques :

    « Il était fort inutile de consacrer plus de cinq pages sur les neufs à établir la possession d’armes chimiques par la Syrie qui n’a pu signer la Convention sur l’interdiction des armes chimiques de 1925 (1) puisqu’elle était encore une colonie française et qui n’a pas non plus ratifié sa nouvelle version en 1993 car une latitude a été accordée pour cette arme du pauvre face à l’armement nucléaire israélien. ».

    (pas encore eu le temps d’approfondir cette « latitude »…
    : http://www.opcw.org/fr/convention-sur-linterdiction-des-armes-chimiques/la-convention/)

  9. Sans compter que les U.S.A. ont largué la bombe atomique en 1945 sur Hiroshima.
    J’ai lu tous vos commentaires et je me retrouve, dans l’ensemble, sur ceux de Aramis.
    Je suis sûre que les politiques ne savent plus comment s’en sortir de cette mélasse et ils se refilent « la patate chaude »

  10. Aurore : les grands esprits se rencontrent. Extrait de mon bouqun « Sale temps pour les faisans » sur youscribe.

    Chacun se refilant le mistigri qui se transformait en patate chaude à chaque nouvelle échéance, le système fonctionnait désormais en circuit fermé. Il s’agissait sans doute ainsi, de maintenir en place une sorte d’arrangement tacite instauré par une tactique devenue bien rôdée et gravée dans le marbre des certitudes.

  11. Je crois qu’on est tous contre l’envoi des troupes françaises mais chacun « éponge » les informations de diverses façons. L’expérience des guerres en Irak et en Afgh. doit nous faire réfléchir et faire infléchir nos politiques. Si les USA veulent y aller qu’ils y aillent De toute façon que ce soit un Pdt démocrate ou républicain ils ont le « war game » dans la peau

  12. C’est surtout le seul vrai moyen pour cette coalition de pays de produire des « richesses »et de faire du business, alors…

  13. ah oui c’est dense.. (merci !) le sujet le réclame (publicité ? clamer ?) alors le mérite (valoir ? procurer ?)
    bref, le sujet dépasse la syrie et les syriens (..?) comment arrive t-on à écrire une-chose pareille !
    plus que le tomahawk, lance-pierre, rocket ou chimie (tant pis pour la torture) je trouve que
    le pervers-narcissique-manipulateur a de beaux jours devant lui.. de St Peter’bg à Washington en passant par xx capitales, il réussit là où tant de dictateurs ont échoué: c’est nous-tous les méchants
    .. désolé, mais pas de preuve
    rien à rajouter (vos post) peut-être ce-bout d’info: N Sarko aurait dit (au pote du pote) « il souhaite une intervention depuis l’année dernière » et aussi, ‘défavorable’ à un vote préalable au Parlement, une telle mesure serait « contraire à l’esprit de la modification constitutionnelle qu’il a fait adopter en 2008 »
    à vous de ‘voir’
    je connais depuis peu Aurore et Aramis (Claude C, c’est ça/merci pour mes prochaines lectures !) cool.. et un partage « d’éponge » (le mode d’emploi, on connait.. hélas)
    bon dimanche.. une meilleure idée ? biz

  14. Bien déduit tit suisse (oui c’est bien Claude C : le démouleurde meurtrissures à con), bon dimanche à vous aussi. Un petit polard déjanté gratos très années cinquante ? Mon petit dernier en extrait sur monbestselle.com : « Et un poulet rouennais sauce pruneaux, un !  » Si les pro du suppositoire à occire les foules pouvaient se contenter de lire ce tuye mouches, on serait sauvés…

  15. dites moi, je sais que d’avoir un rencard avec/chez l’ophtalmo, c’est la croix et la bannière (…) mais en l’occurence, c’est bien lui l’opticien qui est le dalton-ien..
    son nerf optique est atteint, carrément myope, nettement aveugle (paupière scellée?)
    son orbite (spatial?) et vision globale (globule rouge?) battent du cil..
    c’est cristallin (rien de cornélien): son champ visuel fend nos glandes lacrymales
    faut opérer ! (exciser, amputer.. suis pas chirurgien) redonner des couleurs, lumière et rayonnement, le spectre ignore le monopole, l’arc-en-ciel appartient à tout le monde !
    la guerre.. une vision, une optique, une perspective.. si le-mot modifiait, altérait le panorama, le paysage, ça se saurait (je passerai te ‘voir’ Aramis)

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