Lampedusa: de Koz à mediapart


Le dernier conseil européen n’a servi à rien pour résoudre les prochains drames de Lampedusa. Mediapart s’en est indigné le 25 octobre dernier.

« Les promesses de solidarité avec l’Italie, l’Espagne, la Grèce et Malte, en première ligne, ont été oubliées. L’appel de la maire de la petite île italienne, Giusi Nicolini, à réformer les politiques d’accueil de l’UE « pour cesser de faire mourir des innocents », n’a pas été entendu. Pas plus que celui des survivants érythréens, empêchés de participer à la cérémonie en hommage aux victimes à Agrigente en Sicile, qui ont montré qu’ils étaient prêts à risquer leur vie pour fuir les persécutions ou la misère. »

En cause, l’absence d’assouplissement des règles d’accueil des immigrés en Europe. Je n’ai pas compris l’article. L’auteure s’énerve que l’objectif des Européens vis-à-vis de ces clandestins soit « de les intercepter avant qu’ils ne débarquent en Europe et, si possible, de les inciter à rester chez eux. »

Que faudrait-il ? Mediapart se lance: « La possibilité de modifier la politique d’immigration et d’asile européenne afin de la rendre plus hospitalière n’est pas évoquée. La question est renvoyée au mois de juin 2014, après les élections européennes programmées entre le 22 et le 25 mai. »

Permettez moi cette remarque, potentiellement explosive: n’y a-t-il donc que l’ouverture des frontières comme solution alternative ?

Début octobre, le blogueur Koz en appelait à une charité qu’il estimait nécessaire chez les chrétiens: « Le pape a dénoncé une « mondialisation de l’indifférence« , et il a bien fait. » Il poursuit avec la description précise d’une attitude nécessaire: « Oui, je pense que l’émotion est première, la compassion, la bienveillance. C’est le premier ressort de notre humanité. Oui, se laisser toucher, comme un doigt qui vient toucher ta poitrine, à toi. Cela ne veut pas dire que l’on a des solutions, des propositions. »

A Lampedusa, en quelques semaines, plus de 400 clandestins sont morts noyés en octobre 2013.

Koz n’est pas de gauche. La question, en l’occurrence, n’a d’ailleurs pas grande importance. Nous ne sommes pas proches, loin de là. Mais son propos résonne.

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5 réflexions sur « Lampedusa: de Koz à mediapart »

  1. Si le Conseil Européen des chefs d’Etats et de gouvernements n’est pas fichu de n’engager, ne seraiit-ce qu’un début de solution au problème qui se pose à Lampedusa, Il y aura encore pas mal de noyés d’ici le mois de juin . Pire, comment peut-on espérer dans l’Europe avec des branques pareils aux manettes, ces mêmes branques qui se défaussent sur la Commission de Bruxelles laquelle n’est que l’exécutante de leurs décisions, de leurs atermoiements, de leur incompétence et de leur soumission aux lobbys qui gravitent dans les couloirs de Strasbourg et de la Commission !

  2. Qu’ils permettent au moins à ceux qui sont pour les accueillir, de le faire chez eux.Déjà, rien qu’avec le Vatican il y a quelques milliers de places disponibles et toutes ces propriétés entourées de centaines d’hectares inoccupés… y en a de la place… ARAMIS

  3. nombre de migrants morts en essayant de rejoindre l’Union européenne entre janvier 1993 et mars 2012: 16252…(source: alter.éco de nov 2013)

  4. Tant qu’on priviligiera la finance et les intérets des multi-nationales au détriment de l’intéret des peuples d’Afrique en particulier et de ceux du monde en général, le débat sur l’immigration a de beaux jours devant lui !

  5. C’est bien que Koz ait dit une chose pareille. Il ne se signale pas par sa modernité d’esprit, mais il reste un catho, donc quelqu’un d’ouvert et de sensible à la détresse humaine. Cela dit, je garde de lui un souvenir plutôt… mitigé. Sur le plan du débat d’idées.

    Quant à vous, qu’entendez-vous précisément par « charité »?

    Les européens ont crée une sorte de « machin »: FRONTEX. Ce machin a été conçu comme une institution autonome chargée de régler le problème pour que les Etats membres puissent se défausser sur lui en cas d’emmerdements.

    Parmi les emmerdements, le naufrage d’un esquif transportant plein de gens, qui vont mourir selon un mode opératoire connu et identifié jusque dans ses moindres détails (c’est pas très compliqué, à vrai dire, une noyade).

    FRONTEX doit donc normalement être doté d’un budget lui permettant d’acheter des navires de secours, alors que les différentes marines des pays impliquées en possèdent déjà (France, Italie, Espagne, Grèce). C’est un petit budget. ici, il faudrait rentrer dans des considérations techniques, politiques et géographiques. Pas trop le temps.

    La zone géographique à surveiller est pour l’instant limitée au détroit de Sicile. Ca peut être très bien fait par les marines des différents Etats. Mais, problème, FRONTEX n’en veut pas. FRONTEX n’en veut pas car c’est un machin – qui n’est pas nous, mais un truc européen sur lequel on peut se défausser en cas d’emmerdes: c’est son principe fondateur – et ce machin ne veut lui-même pas d’emmerdes, donc pas de moyens de les traiter (c’est son autre principe fondateur).

    Donc, côté charité, on est plutôt mal barré.

    Restent les marines des pays impliquées. S’agissant de la nôtre: on a UN, pas deux, trois ou quatre, mais UN navire capable d’accomplir la mission: c’est l’Adroit, de la DCNS. Un vrai petit bijou. Son opérateur, la Marine Nationale et son propriétaire, la DCNS, ne tarissent pas d’éloges à son sujet. A mon sens, ils sont mérités.

    On a de vieux patrouilleurs P 400 en cours de retrait du service et deux, trois trucs qui trainent (des frégates légères au nom révolutionnaire et des avisos type d’Estienne d’Orves) mais mal adaptés à la mission.

    Bon, où se trouve l’Adroit aujourd’hui? Je ne sais pas. La dernière fois que j’ai eu des nouvelles, il était parti en Asie faire une démo. Il n’est en tout cas pas question de l’affecter à cette mission là.

    Tout est dit, côté charité.

    Reste quoi?

    Ben la politique.

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