Fisc-fucking, la défaite de la pensée de gauche

En ces temps d’excitation médiatique et d’outrances politiques, l’expression n’est pas seulement ridicule, elle est aussi affreuse et contre-productive. « Fisc-fucking » est le pseudo-slogan mis en scène une poignée de militants.

Car nous partageons un point d’accord avec le Parti de Gauche et le Front de gauche en général: la France ne souffre pas de trop d’impôt mais d’une fiscalité mal répartie. Que quelques militants du FDG n’aient pas compris qu’ils faisaient là le jeu des Bonnets rouges et autres UMPistes anti-fiscaux en dénonçant la fiscalité dans son ensemble ne lasse pas de surprendre. Elle témoigne, de la part de ces quelques militants qui n’avaient pas reçu d’approbation – paraît-il – de leur direction, d’une ignorance ou d’une incompétence assez incroyable et politiquement terrifiante.

Puisque la parole se libère, que tout est permis, nous pourrions conclure par un sobre: « allez vous faire foutre! ».

Je reste poli.

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Mosco, et le travail le dimanche

Ah… Comment dire… Fus-je surpris ? Non.

Pierre Moscovici, invité de France 2, jeudi 28 novembre, à propos du travail le dimanche.

« Je pense qu’il est important de donner plus de liberté en la matière ».

Il a vite complété qu’il fallait « plus de droits aux travailleurs« .  Ah ! Ce réflexe de gauche quasi-pavlovien… Ne croyez pas que je pense Mosco à gauche. J’aime bien les centristes, c’est-à-dire certains gars de droite. Mais, s’agissant de Mosco,  reconnaissez que cette dernière addition était comme pour nous envoyer un signal. Quelque chose comme l’envie de ne pas couper totalement les ponts.

Trop tard !

Mosco pense que le travail du dimanche « mérite davantage de liberté« .

Je me fiche pas mal de pouvoir acheter le dimanche ou pas. Je ne pense qu’à ceux qui n’auront pas le choix: « viens bosser le dimanche sinon je te vire ».

On en va réouvrir le débat ici. Je constate juste que Mosco est ailleurs, pas chez moi.

A quoi sert le PS…

… à part gagner des élections, le moment venu ?

Mais est-il encore cette machine électorale ? Peut-être un peu. Après tout, le PCF est resté un formidable outil politique (je parle de l’outil, pas du fond, hein !) malgré des scores électoraux très médiocres. Le constat est factuel, ne tapez pas.

Le PS suscite une détestation à gauche chez ceux qui sont outrés, scandalisés, déçus par (1) sa conduite des affaires depuis sa victoire en mai puis juin 2012 et, (2) la désagrégation politique de Solférino depuis un an, (3) l’absence d’ouverture politique envers d’autres forces de gauche (quand on est affaibli, on devrait s’ouvrir davantage).

Fakir a publié un bien joli échange avec Gérard Filoche qui dresse quelques constats simples: la direction du PS se goure en tentant un revival de l’antiracisme politique pour lutter contre l’extrême droite; que la même direction est déchirée par les postures de Manuel Valls; qu’en Grèce, Syriza a appelé les militants et dirigeants du Pasok à quitter leur parti sans les traiter de « pourris/vendus ».

On peut comprendre que Filoche ait quelque difficulté à gérer cette opposition frontale de la vrauche.

A quoi sert le PS, donc ?

Un nouveau parti s’est créé ce jour. Nouvelle Donne, une démarche autonome du PS comme de la multitude d’autres formations à gauche. Ces fondateurs, Pierre Larrouturou en tête, n’en peuvent plus du PS et de ses affiliés du gouvernement, mais ils ne sont pas davantage séduits par la rhétorique violente d’une certaine gauche de gauche.

Nouvelle Donne ?

On verra.

 

La Marche: ce film est-il anachronique ?

Vous en avez entendu parlé, comment y échapper. La Marche de Nabil Ben Yadir est un chouette film, un film « nécessaire » si l’on pense que le cinéma est aussi là pour raconter l’Histoire, notre histoire.

Mais ce film n’est-il pas anachronique, daté, obsolétisé par l’évolution accélérée de nos moeurs politiques ?

En 1983, cette marche a permis une prise de conscience: l’immigration des décennies précédentes était devenue partie intégrante – ce qui ne signifie pas intégrée – de notre histoire nationale. Il fallait comprendre qu’elle n’est pas passagère, mais durable, comme d’autres avant elle.

Hier à Paris, les premières entrées ont été timides. Sur Twitter, quelques réac de la fachosphères s’en sont félicités. Quelle surprise…

La Marche arrive à un drôle de moment, comme à contre-courant d’une époque sur-excitée par la crise et ses haines, ces outrances médiatiques hebdomadaires anti-Islam, anti-immigration ou anti-Rom; ces déferlantes incessantes sur Twitter et ailleurs. La période est incroyablement intolérante, peu portée au partage simple et engagé.

 

Charline Vanhoenacker, celle qui nous sauve

« Faut bosser, Nathalie, hein, il faut se départir de cette image de Bernadette Chirac qui aurait avalé Arielle Dombasle au petit-déjeuner »

L’interpellation émane de Charline Vanhoenacker, brillante journaliste qui fleurit nos réveils le matin, très tôt le matin, sur France inter. Sa belgitude lui apporte peut-être ce recul et cette légitimité qui fait tant défaut à nombre de ses collègues franco-parisiens. Tous les matins, elle nous observe avec malice et sourire, sans méchanceté ni aigreur.

Bref, ce mercredi 27 novembre, juste avant de rendre l’antenne à l’affreuse matinale de Patrick Cohen (désolé Patrick, je ne t’aime plus), Charline lâcha son coutumier édito sur la campagne ratée de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris.

En une (trop) courte séquence, tout était dit: le ton hautain de ses propos, les gaffes sur une vie parisienne qu’elle ne connaît pas, la « sur-nationalisation » des enjeux par la candidate, NKM était passée au crible, trouée, transpercée, défoncée.

Ecoutez plutôt:

Charline

La chronique se termine. Il était alors 7 heures, le temps de laisser le flash se dérouler sans nous, et d’embrayer sur France Culture où, là-bas, les gens s’écoutent et se parlent même quand ils sont en désaccord.

Merci Charline.

Pierre Toussaint, born slave

Vu à New York, un de ces jours. L’église est en travaux, du coup on affiche des panneaux célébrant d’illustres ancêtres. Pierre Toussaint en fait partie. Il est passé par New York quand les Noirs étaient considérés comme des bêtes. Il a été affranchi 20 ans plus tard, en 1807, cinquante-huit ans avant la fin de la guerre de Sécession.

 

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