Paul-Marie Coûteaux, recruteur-menteur du Front national

Il s’est fait piégé par le Supplément de Canal+. Dans un reportage qui était consacré à ses recrutements de personnalités de droite ou d’ailleurs, Paul-Marie Coûteaux avait « bluffé », c’est-à-dire menti en expliquant être parvenu lors d’une réunion avec des élus et des militants à Brest à « débaucher » deux anciens RPR.

Un pur mensonge, relayé en direct et devant un Florian Philippot gêné au entournures.

Le lendemain, son explication fut un peu courte, très courte même pour cette intoxication publique qui voudrait que le Rassemblement Bleu Marine recrute plus largement que l’habituel cercle.

« On sait très bien qu’avec Canal +, on s’expose à des chausse-trappes, ils sont là pour ça, confie-t-il, c’est adjacent à la politique. On transforme la politique en cirque et cela va d’ailleurs très bien avec l’esprit du temps où l’on dissout la politique comme un sucre dans une mare. (…) Comme je leur avais expliqué depuis le début, je n’avais pas à leur donner de renseignements précis sur les gens que je voyais. En réalité, je rencontrais un couple d’adhérents du MPF (Mouvement pour la France de Philippe de Villiers) et je voulais les protéger. La liste de mon ami Alain Rousseau sera annoncée en janvier. »

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Critiquer Hollande, Mélenchon et les autres.

C’est un résultat plus grave qu’il n’y paraît: la campagne de 2012 est enfin terminée.

Electoralement parlant, elle s’est achevée il y a des lustres, en juin 2012. Mais dans la blogosphère politique, nous avons longtemps (sur)vécu dans une « queue de comète » parfois inefficace et troublante: chacun surfa en effet plus ou moins longtemps sur son activisme de campagne: les soutiens du FDG ont poursuivi la troisième mi-temps. Les soutiens de #FH2012 ont également prolongé leur pro-Hollandisme jusque tard après l’élection. Ceci donna l’occasion de nombreux combats verbaux souvent violents entre opposants de gauche et soutiens du gouvernement.

Ces temps sont révolus.

Non pas que les désaccords aient disparu. Ils sont encore là, peut-être moins nombreux, mais réels. Mais je ne sais plus combien de billets critiques ou négatifs contre le gouvernement Hollande je lis chez d’anciens ou d’actuels supporteurs. En vrac, j’ai lu dans la blogosphère dite de gouvernement, des billets contre Manuel Valls, contre la loi bancaire, contre le CICE, contre la réforme des retraites, contre les économies budgétaires, contre les hausses de TVA, contre Pierre Moscovici, contre l’ANI, etc …

Mais il y a désormais comme une indifférence réciproque qui s’est développée au sein de la gauche.

La faute au manque de renouvellement des arguments, sans doute. Ou à la lassitude.

Si j’observe « de mon côté » (je laisserai à d’autres s’exprimer si bon leur semble), je réalise que la « prévisibilité » de la critique de gauche (violente et sans nuance), a fini par me lasser. Les talents d’écritures ne suffisent plus à attirer l’oeil ou le commentaire. Parfois, un document m’inspire, comme ce contre-budget du Parti de Gauche. Souvent, c’est plutôt un échange avec un camarade qui m’élève. Mais l’actualité « à la gauche de la gauche » a fini par m’emmerder au plus haut point. J’attendais mieux, j’attendais plus simple. Tenez, j’ai failli oublier le meeting d’hier, alors que le sujet de la réforme fiscale me tient à coeur.

Autre exemple, la TVA. Bien sûr que la hausse de la TVA est une mauvaise chose « per se »; que la TVA est un impôt injuste en soi. Mais ces hausses de TVA sont restées caricaturées au point de noyer le poisson: entendre un homme intelligent comme Mélenchon clamer encore dimanche dernier que les ménages modestes vont raquer en moyenne 428 euros de hausse de TVA par an l’an dernier relève, au choix, de l’imposture intellectuelle ou de la mauvaise foi. Il fallait distinguer suivant les secteurs, analyser les impacts, mesurer si chez certains la hausse ne sera pas prise sur les marges des entreprises plutôt que répercutées sur les clients. Bref, il fallait nuancer et bosser.

Ce qu’il y a d’intéressant dans la chose politique – outre que parfois elle sert quand même à changer la vie et les esprits – c’est la richesse du débat. Or le grand échec « des » oppositions de gauche depuis des décennies est de ne pas savoir organiser le débat en leur sein avant la mobilisation nécessaire pour la conquête du pouvoir. Hier au PS, après 2002 puis après 2007; aujourd’hui à la gauche de gauche. On cherche à comprendre cette incapacité collective.

La campagne de 2012 est enfin terminée.  Chacun est retourné, comme en 2008/2009, dans sa chapelle, avec ses doutes et ses espoirs. On tape à gauche ou à droite. Quelques malencontreux militants croient qu’il y a du complot politique derrière nos attaques contre Hollande ou Mélenchon.

Non, tout ceci est gratuitement sincère. On critique à nouveau sans autre enjeu que de dire ce que l’on pense. 

A vos claviers.

La pêche prehistorique d’Intermarché

Elle est subventionnée et encore déficitaire. Elle ramasse tout, détruit en profondeur et pour longtemps. C’est une pêche « préhistorique », en ce sens que ses promoteurs et acteurs n’ont cure de renouveler le « vivant » qu’ils ponctionnent et exterminent à coup de chalutage massif.
Gilles Bœuf, océanographe, participait aux Matins de France Culture. Il nous expliquait tout cela.

Intermarché, l’un de ses pays ou la vie est moins chère, arme l’une de ses flottes de grand fond qui éradique tout sur son passage. L’entreprise a du se défendre. La polémique prend enfin.

Dans 7 jours, le Parlement européen doit voter pour ou contre l’interdiction de la pêche en eaux profonde. Plus de 600.000 citoyens ont signé une pétition de l’association Bloom en faveur de la dite interdiction.

La Scapêche, premier armateur de France, qui appartient au groupement d’Intermarché, fait à demi-mot son mea culpa, admettant « des exagérations et des erreurs dans les années 90 », selon Fabien Dulon, directeur de la Scapêche. Avec l’appui de l’Ifremer, il assure que, depuis, la pratique est strictement encadrée, grâce à la fermeture momentanée de zone de pêche et au strict contrôle des bateaux et de leur pêche, ce qui a permis des quotas à la hausse pour les trois espèces les plus pêchées (sabre, grenadier et lingue bleue). L’impact sur les sols reste, en revanche, moins évident. « Bien sûr, il y a un impact, car le bourrelet du filet touche le sol, mais on ne les saccage pas. Nous pêchons sur des sols sablo-vaseux pour ne pas abîmer nos filets », précise Fabien Dulon. (source)

L’entreprise a perdu la semaine dernière la caution de l’Ifremer. L’un des directeurs de cette dernière a fustigé la prétendue « durabilité » des pêches profondes au chalut.

C’est déjà ça.

 

Chômage: le faux couac de François Hollande

Tiens, nous n’étions pas seuls à penser qu’une certaine presse s’était vite emballée sur un prétendu couac de François Hollande à propos du chômage. Une phrase, la semaine dernière, chopée/chipée lors d’un déplacement en Espagne de la bouche du président, avait suffit à générer quelques trop longs articles, y compris dans le Monde, sur un thème improbable: Hollande ne croirait plus lui-même à l’inversion de la courbe du chômage en cette fin d’année.

1. On peut reconnaître à Hollande qu’il est moins sur-vendeur de son action que son prédécesseur. Sarkozy nous vendait des vessies pas même livrées pour des lanternes pas éclairées. Le chômage, même quand il montait, ne cessait de descendre dans ses discours. Hollande, à l’inverse, est incroyablement prudent.

2. Qu’Hollande déclare que la baisse du chômage prendra du temps est tout aussi (tristement) réaliste que prudent. Est-ce un tort ? Non. Peut-on critiquer qu’Hollande s’y prend mal contre le chômage ? Bien sûr, la chose n’est pas incompatible.

3. Bruno Roger-Petit, dans un récent billet contre le « cafouillage sur le cafouillage » démontre comment cette machine à faux buzz se met en marche: quelques accrédités, ensemble, qui suivent le président; s’échangent leurs impressions. Cela fonctionnait déjà ainsi du temps de Sarkozy. Ces journalistes se sont plantés: il n’y avait qu’à lire la surabondance de prudence dans toutes les autres déclarations de proches du gouvernement (Michel Sapin, Harlem Desir, Matignon, etc). Le nombre de sans-emplois a bien fléchi à l’automne, une évolution somme toute normale si l’on en croit les dispositifs d’emplois aidés lancés voici un an.

EELV le cul entre deux chaises.

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Le Congrès de Caen est terminé.

On n’a pas fini de descendre dans le tunnel. D’ailleurs, nulle trace du fond, pour l’heure.

EELV s’est doté d’une nouvelle secrétaire nationale, Emmanuelle Cosse, sur fond de scrutin plus divisé que d’habitude. La photo de famille est belle, mais Emmanuelle Cosse a regretté le relatif éparpillement.

MOTION 1 – Pour un cap écologiste + Via Ecologica : 55,35 %

MOTION 2 – Là où vit l’écologie (LOVE) : 8,12 %

MOTION 3 : La Motion Participative (LMP) + Avenir Ecolo + Objectif Terre : 36,53 %

EELV est toujours dans la majorité présidentielle, mais bon. ça tangue. Le résultat est improbable. On manifeste le 30 novembre contre le racisme, avec le PS et quelques autres. Mais mon fustige le même PS lorsqu’il vote un budget austéritaire au Parlement européen.

« Avec le soutien des socialistes, conservateurs et libéraux, le premier plan d’austérité de l’histoire du budget européen (- 85 milliards, 9 % du montant total) vient d’être voté ce mardi à Strasbourg. Engageant l’Europe pour les sept prochaines années, cela revient à lier les mains de la prochaine Assemblée qui sera élue en mai 2014. Imaginons un instant que le dernier budget voté sous Sarkozy ait engagé celui de François Hollande pour l’ensemble de son quinquennat, n’aurions-nous pas crié au déni de démocratie ? C’est toutefois ce qu’a fait la majorité du Parlement européen. »
(source: communiqué de presse d’EELV le 28 novembre 2013).

Et pour les Européennes, on fait quoi ?

Quelle est l’alliance là-bas ?

Chanson du dimanche: Serge Reggiani nous parle …

… ne trouvez vous pas ? Quand j’étais petit, je n’aimais pas plus que ça le Reggiani. Puis le temps a passé, mes goûts ont changé. Et voici cette chanson qui se téléscope dans une actualité curieuse et excitée.