Chanson du dimanche: American daydream – Electric Guest

C’est une chanson oubliée, pas si vieille, retrouvée au fond de mon iPod. Electric Guest a même sa chaîne YouTube, et un site Web.

C’est un mélange joyeux et mélancolique.

Comme l’époque.

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L’année 2013 des blogs politiques en France

Le titre est trop vaste pour l’ambition de ce billet. Mais bon, il faut s’y coller. Ne serait-ce que pour comprendre pourquoi cette année 2013 fut merdique pour l’actualité politique en version numérique.

Je ne fais plus ici et depuis longtemps de différence entre celles et ceux qui tweetent, écrivent des billets de blogs, commentent des blogs politiques. Tout cela participe de la même démarche – exprimer son ressenti politique sur des réseaux 2.0.

Pessimiste, mon confrère Nicolas expose quelques points que je partage sur les blogs politiques stricto-sensu: (1) trop de futilité dans les sujets; (2) trop d’agressivité réciproque; (3) moins de travail dans les arguments.

Le plus grave, sans conteste, est cette furieuse impression que le pays est incroyablement éparpillé. On s’écharpe pour un rien, il faut s’en habituer. Et cela s’en ressent dans les échanges blogospheriques. L’année 2013 fut sans conteste marquée par d’innombrables mises au point de toutes natures sur le sujet.

Plus réjouissant est que le débat finalement ne se rompt pas. Certains continuent de commenter ou d’écrire. On finit par s’habituer de ces joutes trop violentes. Twitter en tant que réseau d’échanges et de découverte est déjà mort pour nombre d’entre nous. Il ne sert plus qu’à échanger entre amis, même en désaccord.

2013 a permis de clarifier pas mal de choses. Il faut parfois exprimer des désaccords avec des ami(e)s pour repartir du bon pied. Je me suis toujours politiquement engueulé à un moment ou à un autre avec un proche.

Rappelez-vous 2008 pour celles et ceux qui y étaient. Quand j’ai démarré Sarkofrance en 2007, j’écrivais tétanisé par ce que je voyais. En 2008, j’ai compris où on allait, une présidence Bling Bling, agitée mais immobile. Sarkofrance est devenu plus violent cette année-là. 2013 est similaire à 2008, une année de lucidité personnelle et collective. On comprend mieux où l’on va. On s’est dit les choses entre nous.

Nous avons chacun nos désillusions. Les miennes sont globales: Hollande est décevant, il a trahi nombre de promesses dans lesquelles je croyais. Non pas ce machin sur la séparation des banques, ni même sur le traité européen (la réussite d’une renégociation ne se décrète pas). Il m’a trahi via Manuel Valls, la réforme des retraites et l’ANI.

Mélenchon m’a déçu. J’ai cru un temps rejoindre son mouvement. Ses outrances rendent la chose impossible. Le nombre de conneries qu’il raconte aussi. Je crois en la lutte des classes, pas dans la lutte des cons.

Je sais que je ne suis pas seul. Les « blogueurs de gouvernement » ont disparu. Non pas qu’il n’y ait plus de soutiens à cette équipe gouvernementale. Il y en a. Mais ces filles et ces gars, quand ils écrivent encore, émettent des critiques plus précises et régulières que nombre d’opposants de salon. Elles/Ils sont les premiers à souffrir des bêtises de leurs patrons.

J’attends des supporteurs du FDG et d’ailleurs qu’ils s’autorisent un millième de lucidité équivalent sur le mouvement qu’ils soutiennent. Il y en a qui le sont déjà. L’exercice, s’il était plus général, serait salutaire et rafraichissant, pour tout le monde. Autrement, ils se destinent à de graves désillusions.

Bref, pour 2014, je nous souhaite tous une réelle lucidité courtoise mais animée.

 

 

 

Ciels de France, à Noël

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Ton voisin qui paye l’ISF

Le gouvernement a-t-il donné un nouvel élan au data-journalisme ? Le site data.gouv.fr, dans lequel nos administrations déversent quantité d’informations statistiques et de rapports est précieux. Il y a quelques jours, l’émission Des Clics Et Des Claques sur Europe1, animée par David Abiker et Guy Birenbaum, avait invité Henri Verdier en charge de la refonte du site.

Juste avant Noël, deux contributions ont été postées sur l’ISF. Elles figurent des cartes de France des foyers ISF, sur la base des séries statistiques des communes de plus de 20 000 habitants ayant plus de 50 redevables à l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). On y trouve le nombre de redevables, le patrimoine moyen et la cotisation moyenne.

Nous nous étions déjà intéressés dans ces colonnes sur une autre carte de France, interactive, sur la répartition des Français par revenu.

Dans la première, déjà publiée en 2012 à l’occasion de la présidentielle, je ne voyais rien, mon quartier étant trop petit. Dans la seconde, actualisée grâce aux nouvelles données de data.gouv sur le sujet, on découvrait quelques bulles plus ou moins grosses en fonction du nombre de redevables de l’ISF. Plus elles sont foncées, plus ces redevables acquittent d’un ISF élevé (et donc sont riches).

Dans mon ancien 18ème arrondissement, il y avait, en 2011, près de 1200 contribuables ISF, Montmartre oblige. Mais ce n’était rien à côté de Neuilly-sur-Seine, où le rose virait au fushia foncé quasi-noir: 5374 redevables, environ 4,6 millions d’euros de patrimoine moyen, et, seulement, 37.000 euros d’ISF.

C’est l’autre vertu de cette cartographie: on réalise combien est versé au titre de l’iSF: finalement assez peu au regard des patrimoines en jeu. La légende (urbaine) d’un ISF qui spolie en étant supérieur à la richesse détenue est pourtant encore répandue.

 

La blogosphère politique et le reste

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C’est un chouette bouquin, une Bd courte sans rapport avec la politique. Mais tellement drôle. La blogosphère n’est plus un microcosme depuis longtemps. Plusieurs années au moins. Mais elle se régit de codes et pratiques quasi-professionnelles et parfois surréalistes pour qui n’en n’est pas.

Cette BD rend hommage à notre obstination. Elle se moque de ses travers, de ses coutumes. Elle se moque de ses auteurs et de ses lecteurs. Elle fait du bien.

Bonne lecture !

 

Bloguer contre la morosité

« J’espère qu’on va rattraper le chiffre ».

La vendeuse d’un magasin qui pourtant semblait manquer de rie, samedi dernier en fin de journée, parlait à sa collègue en regardant l’entrée de la boutique. Un ami commerçant trouvait aussi que ce Noël ne faisait pas Noël.

« Non, ça ne fait pas Noël, cette année. »

Un ami qui manque de perdre sa fille fauchée sous ses yeux par un motard (elle va mieux et presque bien), une autre qui fait sa rechute de cancer, deux blogueurs de connaissance disparus.

Un ras-le-bol que l’on sent général, une presse excitée à exciter, des twittos entêtés à railler dans ce réseau anciennement social; des hommes politiques décevants (est-ce nouveau ?). Une réalité politique qui rend la politique décevante (est-ce nouveau ?).

Un pays riche, des gens pauvres. Des citoyens déçus, une mobilisation fragile. Des arguments débiles. Une réalité numérique qui nous échappe. Une culture politique qui s’affadit. Des amis qui lâchent l’éponge.

Bref.

La vie privée se télescope dans l’actualité citoyenne. Car les deux peuvent peser sur le moral si l’on n’y prend garde.

Dans l’ancien temps, nous écrivions comme de nombreux autres, pour convaincre de bazarder le Monarque d’alors. Cette période est révolue pour nombre d’entre nous. Certains ont lâché l’affaire, se sont mis en pause, en repos, à l’écart. D’autres, comme votre serviteur, n’écrivent plus que pour partager ou témoigner. Le combat politique s’est affadi, peut-être.

A force d’écrire, sur ce qui va et ne va pas, on dresse le portrait d’une curieuse époque, on éclaircit, on s’éclaircit. On s’embrouille parfois. Les arguments sont moins percutants qu’avant parce qu’ils ne cherchent plus à percuter mais à décrire y compris les troubles.

Certain(e)s l’ont compris, d’autres pas.

Haut les coeurs.