7 responsables socialistes

« 7 responsables du PS ont voté contre le texte de soutien du parti majoritaire au «pacte de responsabilité» annoncé le 31 décembre par François Hollande. »

L’information n’est pas anodine. On ne sait pas ce qu’elle déclenchera. Si j’ai bien compris, il n’y a qu’une quarantaine de responsables dans ce bureau national du PS.

L’un de ces 7 opposants de l’intérieur, le député PS Pouria Amirshahi, élu des Français de l’étranger, s’est livré dans les colonnes de Libération. Si le geste est ferme, l’argument est précis.

« ce pacte de responsabilité a été annoncé par François Hollande sans aucun débat dans la majorité parlementaire. Ce n’était pourtant pas un de nos engagements de campagne… Cette méthode a contaminé le parti : ce texte nous a été soumis au dernier moment sans aucune consultation. D’autre part, je n’accepte pas que le PS valide la baisse des cotisations sociales et celle de la dépense publique. Avec une telle politique économique et budgétaire, la France risque la déflation. »

Cette interrogation, double, appelle deux remarques. Primo, le Pacte de responsabilité, en l’état, n’existe pas. Il fait jaser. Il fait douter (ici aussi). Le député a raison. Secundo, la réduction des déficits publics est, à l’inverse, exactement dans le programme du candidat Hollande.

On retiendra l’essentiel: un député socialiste est entré dans l’opposition.

Vraiment ?

 

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Blog de droite…

Mon confrère Nicolas s’y colle régulièrement.

Il commente, moque, ou raille des blogs de droite qu’il arrive encore à lire. Je pourrais faire de même, mais l’envie fait défaut.

Nicolas riposte. Il a une patience qui l’honore. Ce mercredi, il tapait sur Corto qui venait de moquer le site collaboratif Stopbashing.

Corto ne racontait pas grand chose d’intéressant. C’est le billet de Nicolas qui m’a incité à le lire (je pourrais le maudire pour cette perte de temps). Je n’ai pas compris le message général de Corto. Il n’y en a sans doute pas.

Pour commenter, il faut une envie, un déclic, un intérêt.  Il faut aussi avoir quelque chose à défendre, ce qui n’est pas/plus mon cas.

Certain(e)s blogueuses/rs de droite publient pourtant des billets qui peuvent susciter des réactions argumentées. Comme par exemple sur le mariage gay, l’impopularité de Hollande, la politique économique du gouvernement . Ils suscitent des réactions, ils alimentent le débat ou la rage. D’autres, comme ce récent billet de Corto, ne suscitent rien.

Oui, Nicolas avait bien du courage.

 

 

 

 

Pourquoi je préfère Copé

Faudrait-il s’en réjouir ? Non. L’affaire qui frappe Copé n’a rien de réjouissant pour la démocratie, la droite, le pays, et nous.

Copé est certes horripilant. Il défend des thèses auxquelles je ne peux me résoudre. Mais, même vu de gauche, il est constant. « Face » à lui, nous avons Fillon. Un homme qui me paraît plus dangereux car prêt à tout pour conquérir un pouvoir qu’il enrage de ne détenir: gaulliste social ? Il devient ultra-libéral. Républicain ? Il estime possible de voter FN contre PS au second tour. Servile ou silencieux sous Sarkozy, Fillon apparaît aujourd’hui inconstant. Il m’évoque Nicolas Sarkozy, capable de toutes les triangulations idéologiques (vers la gauche, puis l’extrême droite) pour conquérir l’Elysée.

On peut, on a le droit, presque le devoir de juger ses opposants. A tout choisir, Copé m’apparaissait avec des principes qui ne sont pas les miens, mais des principes.

Alors que les deux autres…

 

 

Pourquoi les écolos sont tolérants avec Hollande

VISUEL JUAN AYRAULT TOP CHEF 02

 

Que faut-il comprendre de cette improbable question posée en titre d’un article du Monde ?

« Pourquoi Hollande est si tolérant avec les écolos »

Le journaliste David Revault d’Allonnes s’en explique.

1. Hollande serait convaincu de la nécessité des alliances, au-delà des hauts et des bas: « les socialistes ne sauraient détenir et exercer seuls le pouvoir. » EELV est le seul parti digne de ce nom dans la coalition actuelle. « L’apparence de l’union vaut bien quelques dissonances, voire quelques dissensions. » De surcroit, tout le monde a compris combien Hollande avait besoin d’eux. Notre confère Nicolas l’exprime pareillement: « les écolos ont toute leur place au gouvernement parce que le PS ne peut pas gouverner tout seul, sa majorité est trop faible et ce n’est pas sain de gouverner seul. »

2. Cécile Duflot est épargnée de reproche présidentiel, après son clash avec Manuel Valls, ou son récent soutien aux anti-NDDL. On devrait s’interroger sur les dégâts politiques si Ayrault/Hollande avaient sanctionné la ministre écolo d’un limogeage expresse pour l’un ou l’autre de ces clashs internes. Les ravages politiques auraient été détestables.

3. La vraie question est ailleurs: pourquoi EELV devrait-elle rester au gouvernement ? Il y a deux réponses au moins. Primo: pour améliorer le rapport de forces, pour après ou plus tard. Je ne sais si EELV saura saisir cette « opportunité« . Secundo, pour servir à quelque chose dans l’action politique au gouvernement. On dressera le bilan le moment venu. Les sujets écologistes « per se » dans cette alliance ont « l’avantage » de se juger sur la durée.

4. Mais cette question finit par avoir avoir une autre acuité. EELV n’a pas pesé sur les retraites ni l’ANI, deux des réformes que l’auteur de ces lignes n’a pas apprécié (sic!). Que dire aussi de l’impasse de la politique migratoire du ministre Valls ? La formule est faible.

Pourquoi les écolos sont-ils tolérants avec Hollande ?

Pour peser dans un rapport de forces, il faut aussi tenter de le construire. EELV devrait donc travailler avec « l’autre gauche », celle qui dit détester le PS au pouvoir.

Et voir.

« L’autre gauche«  n’est pas condamnée à l’opposition.

 

 

 

Crédit illustration: DoZone Parody

 

EELV au gouvernement ? Encore ? Et oui.

Sympathisant écologiste, je suis partagé.

1. N’en déplaise à la vrauche, EELV n’a jamais été aussi fort face à la majorité socialiste. Cette majorité issue des urnes de 2012 est faible dans les sondages. On verra plus tard, dans les nouveaux scrutins. Le pays réel parfois livre des résultats que le pays médiatique a négligé. Mais cette majorité se révèle faible, elle a besoin de toutes ses forces.

2. N’en déplaise à mes amis écologistes, ils pèsent peu dans les arbitrages réels de l’actuelle gouvernance: transition écologiste ? Manuel Valls ? GPA ? Loi famille ? Roms ? On continue ?

3. N’en déplaise à tous, la gauche s’est tant fracturée qu’elle est incapable de se retrouver. Trop de haines, trop de mots de trop. Chacun dans son coin et allez donc voir ailleurs. Car la politique est ainsi faite qu’entre quelqu’un qui vous ressemble beaucoup mais vous hurle dessus et quelqu’un qui vous ressemble moins mais vous tend la main, le coeur balance vers le second.

EELV au gouvernement ? Encore ?  Et oui.

La véritable histoire des Français

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C’était mon livre d’histoire préférée. Pierre Miquel, « la véritable histoire des Français« , édition du 4ème trimestre 1977. Ma mère l’a retrouvée. Le titre, déjà, était tout un programme. On y parlait des Français, des habitants qui ont fait ce pays au cours des âges. Le livre m’avait été offert pour mes 9 ans, par ma tante, prof d’histoire, et mon oncle maternels.

Il y avait à la fin, ce dernier chapitre que j’avais oublié, « Français de l’an 2000 ». Quand je l’ai lu à notre aînée, elle s’est amusée.

Je vous en livre quelques-uns des traits saillants. Aujourd’hui, on semble craindre le progrès. Un scientifique et conférencier, dans les colonnes de Marianne, accuse la gauche ne plus y croire. L’avenir semble sombre alors qu’il ne l’est pas.

Relire, à près de 40 ans de distance, ces prévisions optimistes pour un futur de Français a quelque chose de réjouissant. Certaines choses n’ont jamais eu lieu, mais l’on comprend que l’aspiration vient de loin. Qu’il faut continuer d’y croire, que le progrès est un long chemin.

D’autres sont déjà des réalités, et cela redonne espoir.

En l’an 2000, nous prédisait l’auteur, « la population est jeune ». « Le désir de s’instruire va croissant, ainsi que la volonté de choisir son métier en fonction de ses compétences ».

« En l’an 2000, les maisons de culture ne sont plus des déserts. »

« Sur le marché du travail, on ne fait plus la différence entre les hommes et les femmes: ils sont toujours payés de la même manière et la mère de famille nombreuse qui élève ses enfants chez elle touche un salaire. Les métiers manuels sont payés autant, quelquefois plus, que les métiers intellectuels ou les emplois de bureau. Les usines, les entreprises sont gérées en commun par tous les travailleurs: aucune décision ne leur échappe. »

« Il n’y a plus de service militaire: il est remplacé par des stages de formation pour milices d’autodéfense ».

« Des trains à grande vitesse unissent les centres urbains à la périphérie ».

« Les Bretons et les Normands vendent les algues autant que les huîtres. »

« La France de l’an 2000 n’a plus de grands besoins en pétrole: l‘énergie solaire et l’électricité éolienne apportent une contribution croissante aux besoins. »

« Les progrès de la médecine ont permis le dépistage rapide et le traitement des maladies les plus dangereuses: le cancer a pratiquement disparu.« 

Le cancer, qui a emporté il y a quelques années, la tante qui m’a offert l’ouvrage, n’a pas disparu. La France a raté sa transformation énergétique. La mondialisation a mis à mal notre modèle social. Les salariés sont dépossédés de leur emploi par des décisions multinationales. Les algues vertes envahissent les plages bretonnes.

Gardons espoir.