L’appel du 1er février 1954


L’hiver est doux. A l’époque, il y a 60 ans, il ne l’était pas. Il était glacial.

A l’époque, il y a 60 ans, on mourrait de froid dans les rues de Paris et ailleurs. La moitié du pays était encore mal logée.

Hier, le 31 janvier, la Fondation Abbé Pierre a publié son habituel et terrifiant rapport sur le mal logement. C’est l’un de ces constats, massifs, que j’affectionne car il nous rappelle la réalité, la vraie, au-delà de l’anecdote et du vacarme.

13 réflexions sur « L’appel du 1er février 1954 »

  1. Ayé ! La Fondation Abbé Pierre rend un énième rapport sur l’état du mal-logement en France. Le 19ème. Comme tous les ans, à la même période la Fondation organise un événement/repas/blablabla pour nous dire la même chose que l’an dernier et les années d’avant, en avançant des propositions qui ne seront pas retenues par les politiques, et en trouvant un angle nouveau pour faire vivre cette journée. Cette année ce sera sur le lien entre emploi et mal-logement.

    On applaudit des deux pouces, soyons modestes d’enthousiasme.

    On trouvera aussi l’occasion de fêter les 60 ans de l’appel de l’Abbé, d’inviter Anne Hidalgo (PS), Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), Danielle Simonnet (FdG) et Christophe Najdovski (EELV) en campagne pour le trône parisien mais pas le candidat FHaine Wallerand de Saint-Just, ce qui est le bon point de cette journée qui de toute façon ne servira à rien puisque le 20ème rapport est d’ors et déjà en cours d’écriture. Il faudra juste trouver un autre angle de présentation original.

    8 à 10 millions de personnes sont mal-logés, la taux de chômage explose et la principale préoccupation hexagonale est de savoir si Julie Gayet avale ou si Pépère Hollande retire son casque pour le cunni.

    On va parler mal-logement donc, durant une journée et demain…

    Demain est un autre jour. Avec sans doute un nouveau mort de la rue recensé.

    (désolé pour la tartine)

      1. @ waroutcho
        🙂 hum j’ai déjà lu ça quelque part… Sauf pour « ni à retirer » je crois qu’il s’agit de : « ni à y retrancher… » Mais c’est un détail. J’abonde dans le même sens.

    1. Le problème c’est que çà dure depuis 60 ans, que çà se passe dans le pays qui brasse des milliards en tant que 5 e puissance économique mondiale et qu’on est bientôt plus radin du social que sous l’époque de la reconstruction. Le problème de ce pays, c’est qu’il n’arrive pas à se donner un gouvernement socialiste depuis la guerre, quoi. ARAMIS

  2. La « solution » se trouve dans les H.L.M…

    Références : Le livre « French Corruption » écrit les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme (grands reporters au Monde) chez Stock

  3. J’avais 5 ans , trois générations (4 adultes , 3 enfants) se serraient comme elles pouvaient dans un deux pièces insalubre. Nous pratiquions déjà la solidarité entre générations. Actuellement on se « débarrasse » plutôt des vieux pour être soi-disant « libres »…. d’oublier qu’un jour ce sera notre tour. Actuellement on considère la vue de la misère comme un spectacle dérangeant . Alors on préfère la mépriser, la rendre responsable de tous nos maux et l’éviter comme on évitait autrefois la peste ou le choléra. On ne sait jamais, elle pourrait être contagieuse !

    J’habite tout près de la côte atlantique et lorsque je m’y ballade en hiver , ces nouvelles villes-champignons ressemblent plutôt à des villes-fantômes. Presque partout les volets sont fermés, des pancartes volontairement agressives indiquent « attention pavillon piégé »…et cerise sur le gâteau, des maires bien « intentionnés » ont même pondu des arrêtés interdisant la mendicité !

    Non seulement l’abbé Pierre n’a pas été entendu mais au soi-disant pays des droits de l’homme on cache de plus en plus la misère sous le tapis.

    Et pourtant l’argent coule à flots pour construire et entretenir des ports artificiels pour bateaux de « plaisance » qui ne sortent que le temps d’un week-end pour épater la galerie, pour remblayer à grands coups de rochers les côtes qui menacent ces musées maritimes pour nouveaux-riches pendant que les autres ( côtes) s’érodent petit à petit et que des habitations d’autochtones sont menacées, quand ce ne sont pas par des marées noires comme celle de l’Erika.

    L’argent coule à flots à La Baule par exemple pour déplacer des milliers de tonnes de sable que la mer aura enlevés après chaque marée, pour nettoyer les saloperies que les estivants indélicats et irresponsables ont laissé traîner ( mégots, vieux papiers, tongs cassées, préservatifs, briquets, et autres trognons de pommes pourries et bâton de sucettes et sacs plastiques en tous genres , etc…) ,pour bétonner le rivage, pour goudronner les chemins piétonniers, pour entretenir l’illusion de stations balnéaires bien propres sur elles et bien « encadrées » pendant que les SDF dorment dans des granges pour animaux, loin, très très loin de ces vitrines attrape-nigauds.
    On pourrait sans doute faire le même constat dans les stations de sport d’hiver mais je n’y vais jamais.

    60 ans après non seulement c’est pareil mais c’est peut-être bien pire car on n’a plus l’excuse du manque de moyens, la crise ,n’a pas les mêmes conséquences pour tout le monde! .
    Je salue au passage le commentaire de Croisepattes.

  4. Le logement , voilà ce qui plombe la France : trop cher et pas assez nombreux . Et on va donner 35 milliards à Gattaz en pure perte . Avec cette somme , combien de logements sociaux ? Combien d’embauches pour les construire ?
    Voilà la différence entre la droite et la gauche .
    Put1 de droite !

  5. Le pessimisme est de mise car il n’y’a strictement aucune différence sur le plan économique et social entre une politique de gauche et de droite.La droite à travers diverses personnalités comme Pompidou,VGE ou Sarkozy a toujours chanté la réussite individuelle,la gagne et la survie des plus forts.Ils sont de plus passés maitres dans la calinothérapie du CAC 40 et des évadés fiscaux.A l’inverse ils ne manqueront jamais de fustiger les « assistés » montant en épingle la fraude d’en bas et cachant sous le tapis la fraude d’en haut.Il n’y’a rien à éspérer d’eux que ce soit Wauquiez,Lemaire,Fillon et consorts.Les gaullistes sociaux sont morts et les centristes sont d’abjects eurobéats chantres de la compétitivité.Quant à la gauche ce n’est guère mieux,la conversion au capitalisme mondialisé a bien eu lieu et depuis fort longtemps nos élites de gauche ne cessent de nous enjoindre à nous adapter à la barbarie économique généralisée.Pour nous faire passer l’amère pilule de la mondialisation ils amusent la galerie avec des lois sociétales qui ne remplissent pas le garde manger.De plus ils nous méprisent et se gargarisent de « care » plutot que de lois sociales contraignantes pour le MEDEF.Les années passent et les grands patrons qui ne sont pas exactement des humanistes reprennent tous les droits chèrement acquis avec la complicité des réformistes mous du genou à la sauce Delors.La gauche est dans la compassion,la droite dans l’action et il est assez rare d’entendre ou de lire que l’élite économique mondiale est intelligente et perverse et qu’elle n’hésitera jamais à écraser celles et ceux qui sont déjà dans la dèche.La gauche se meurt de n’avoir pas lu George Orwell(Dans la dèche à Paris et à Londres par exemple) et d’avoir trop écouté les soixante huitards(« Ils ont troqué leur col Mao contre un cosume 3 pièces »Jean Ferrat).Par ailleurs la Commission Européenne de Bruxelles ne manquera pas de faire la peau du logement social français,je remercie également les nombreux maires de gauche de ne pas avoir respecté les 20 pour 100 de logements sociaux par commune(loi SRU).Comment voulez vous faire confiance à des gens qui foulent aux pieds les lois qu’ils ont votées?Ca a toujours été le 1 pour 100 contre les 99 pour 100 avec pour immuable conclusion la défaite de la majorité.J’ai bien tartiné aussi désolé.

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