La véritable histoire des Français


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C’était mon livre d’histoire préférée. Pierre Miquel, « la véritable histoire des Français« , édition du 4ème trimestre 1977. Ma mère l’a retrouvée. Le titre, déjà, était tout un programme. On y parlait des Français, des habitants qui ont fait ce pays au cours des âges. Le livre m’avait été offert pour mes 9 ans, par ma tante, prof d’histoire, et mon oncle maternels.

Il y avait à la fin, ce dernier chapitre que j’avais oublié, « Français de l’an 2000 ». Quand je l’ai lu à notre aînée, elle s’est amusée.

Je vous en livre quelques-uns des traits saillants. Aujourd’hui, on semble craindre le progrès. Un scientifique et conférencier, dans les colonnes de Marianne, accuse la gauche ne plus y croire. L’avenir semble sombre alors qu’il ne l’est pas.

Relire, à près de 40 ans de distance, ces prévisions optimistes pour un futur de Français a quelque chose de réjouissant. Certaines choses n’ont jamais eu lieu, mais l’on comprend que l’aspiration vient de loin. Qu’il faut continuer d’y croire, que le progrès est un long chemin.

D’autres sont déjà des réalités, et cela redonne espoir.

En l’an 2000, nous prédisait l’auteur, « la population est jeune ». « Le désir de s’instruire va croissant, ainsi que la volonté de choisir son métier en fonction de ses compétences ».

« En l’an 2000, les maisons de culture ne sont plus des déserts. »

« Sur le marché du travail, on ne fait plus la différence entre les hommes et les femmes: ils sont toujours payés de la même manière et la mère de famille nombreuse qui élève ses enfants chez elle touche un salaire. Les métiers manuels sont payés autant, quelquefois plus, que les métiers intellectuels ou les emplois de bureau. Les usines, les entreprises sont gérées en commun par tous les travailleurs: aucune décision ne leur échappe. »

« Il n’y a plus de service militaire: il est remplacé par des stages de formation pour milices d’autodéfense ».

« Des trains à grande vitesse unissent les centres urbains à la périphérie ».

« Les Bretons et les Normands vendent les algues autant que les huîtres. »

« La France de l’an 2000 n’a plus de grands besoins en pétrole: l‘énergie solaire et l’électricité éolienne apportent une contribution croissante aux besoins. »

« Les progrès de la médecine ont permis le dépistage rapide et le traitement des maladies les plus dangereuses: le cancer a pratiquement disparu.« 

Le cancer, qui a emporté il y a quelques années, la tante qui m’a offert l’ouvrage, n’a pas disparu. La France a raté sa transformation énergétique. La mondialisation a mis à mal notre modèle social. Les salariés sont dépossédés de leur emploi par des décisions multinationales. Les algues vertes envahissent les plages bretonnes.

Gardons espoir.

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6 réflexions sur « La véritable histoire des Français »

  1. Le garçon a oublié un élément fondamental dans la projection de ses rêves : même sous Giscard 1er, le politique n’avait que pour seul et unique objectif, de faire prendre les vessies pour des lanternes, en promettant un avenir radieux et partageur pour mieux se maintenir au pouvoir en faisant une carrière formidable et « enrichissante ». L’avenir ? Un truc de droite : formidable ! ARAMIS

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