Le coup de gueule de ma femme

Juan: « On n’est pas gâté. Putain, merde, mais quelle génération… »

Olive : « Tu préfères être en Italie »

Juan: « … »

 

 

 

La politique du pire et du primaire

« Les alliances se composent et se décomposent en fonction des sujets. »

Dans une réponse à Elie Arié, en marge d’un précédent billet, je voulais expliquer qu’on peut s’allier sans être d’accord. Elie défendait l’idée que la gauche est irrémédiablement découpée «  entre ceux qui veulent continuer à construire une Europe fédérale fondée sur la « concurrence libre et non faussée » et ceux qui veulent poser des limites au libéralisme et redonner davantage de pouvoirs aux Etats » . Ce n’est pas le seul clivage. Et il y a bien d’autres convergences, et pas seulement sur des sujets sociétaux. Penser qu’il faut que nous soyons d’accord sur tout pour avancer est une aberration que personne ne partage, pas même Elie. On admet qu’il y ait des alliances circonstances, qui ne valent pas accord sur tout, loin s’en faut.

Ces évidences sont aujourd’hui négligées. Celles et ceux qui se sont éloignées de la politique hollandaise doivent ressentir ce malaise plus fortement que d’autres. Nous souffrons de cette politique du pire et du primaire. L’injonction « rejoins-moi ou crève » frappe les esprits et parfois les coeurs. L’échec électoral socialiste ne vient pas d’un élan sur sa gauche, poussé par des propositions ambitions et une adhésion populaire manifeste. Il vient de l’échec politique de François Hollande. Cela ne me fait pas plaisir d’écrire cela.

Je pense aux autres comme moi, à ceux qui y croient encore, à ceux qui pensent qu’ils croiront demain. Je n’ai nulle envie de les taper, de leur hurler dessus, de les accuser de je-ne-sais-quoi.

J’espère qu’ils réussiront à me convaincre. J’espère que nous réussirons à les convaincre.

Après Hollande, il y aura quoi ?

Il y a à gauche, dans ce qu’on appelle la gauche politique ou institutionnelle, une véritable césure entre la révolution et la réforme. Elle n’est pas nouvelle, nos éditocrates la commentent depuis des lustres. L’extrême gauche l’analyse tout autant à longueur de bouquins.  On a pensé un temps que ce débat s’était clos avec la chute du mur de Berlin, le triomphe du libre-échange, etc, etc.

Cette réalité, qui nous est tombée dessus quand je franchissais la vingtaine, m’a éloigné durablement des analyses systémiques, des grands débats théoriques sur le sens du monde et les logiques sociales. Je ne crois pas être le seul, malgré une envie répétée de saisir les réalités sous un angle essentiellement politique.

Il ne reste plus que la logique des alliances, la tactique du compromis, le besoin de la négociation. A défaut de solution unique, il faut préférer le pragmatisme politique ponctuel. Qui peut nous aider à améliorer non pas les conditions sociales dans leur ensemble mais telle ou telle situation ? Le mal-logement (thème qui revient à la mode avec la fin de la trêve hivernale), la précarité des chômeurs partiels, ou les chômeurs en fin de droit ? Le déficit de l’Etat, la tutelle des grands bailleurs, la concurrence par le bas des pays émergents ? La pollution dans nos grandes villes, la malbouffe dans nos assiettes, l’homophobie ou le sexisme dans nos écoles ?

Sur ces sujets, pris un à un, on trouvera des convergences très facilement. Le blocage vient plutôt d’ailleurs, de cette envie si archaïque ou inappropriée de persister à pratiquer le « tout ou rien ».

Vous voulez tout, vous n’aurez rien.

 

 

 

La dame de San Francisco

Mon épouse Olive va se demander ce que j’ai fait là-bas pour photographier pareille dame en maillot de bain.

La dite dame était dans une vitrine. Grandeur nature, bikini et concentration, les yeux fermés et la chair visiblement ferme.

20140329-222828.jpg

Cette dame était figée, elle était en plastique ou en résine, une œuvre d’art dans une galerie.

Il est temps de repartir.

San Francisco se couvre de pluie.

20140329-222854.jpg

20140329-222933.jpg

Chanson du dimanche: « San Francisco »

Et voici un live bien ancien.

J’adore leurs cheveux.

Être pauvre à San Francisco

20140329-012618.jpg

Même quand on est habitué, on est surpris. Dans le centre-ville de San Francisco, juste à coté d’Union Square, à quelques encablures du quartier des affaires, on rencontre beaucoup de sans-abris ou mal logés. Il paraît qu’il s’agissait de les insérer au cœur de la cité.

Dans nombre de rues, on en voit qui ramassent canettes et bouteilles vides, pour se faire quelque argent.

Pour une opposition de gauche constructive

Je comprends la rage, pas l’obstination inefficace.

Je comprends l’énervement devant le piège médiatique qui enferme l’opposition de gauche dans un faux tête à tête avec le FN, contre ces éditocrates dérangés qui la caricature en « populisme » frontiste.

Je comprends l’envie d’en découdre devant le silence des uns (Hollande), le mépris des autres (Valls).

Je comprends cette rage contre le système, cette sensation d’étouffement que j’ai moi-même ressentie en mai 2007. Mais je ne comprends pas pourquoi certains pensent encore que l’invective finit par rallier qui que ce soit.

Ces élections municipales ont révélé quelque chose d’assez formidable: les électeurs sont intelligents. Certains au Front de gauche voulaient un front uni. Ils ont raillé le ralliement des communistes aux listes socialistes à Paris, Grenoble ou ailleurs. Ils ont déploré, en termes parfois violents, cette explosion temporaire du FDG.

Mais finalement, observez le résultat: d’autres alchimies se sont faites jour, des alliances PC/PS, PS/FDG, PS contre FDG, etc. L’exemple grenoblois est révélateur: EELV s’est décrochée du PS pour s’allier au Parti de gauche, avec succès. Loin des invectives et des haines au sommet, les électeurs ont célébré ces alliances que d’aucuns jugeaient impures ou contre nature.

Certes, la médaille a son revers. La gauche a globalement perdu ces élections, l’alternative à François Hollande, à gauche, reste faible et éparpillée. Mais qui peut croire que les résultats auraient été meilleurs bloc contre bloc ? Personne.

Je comprends la rage, mais pas la bêtise. Car il faut être bête pour continuer encore à faire le tri dans cette blogosphère de gauche entre les opposants de 2012 et les déçus de 2014. Cette attitude, je la lis ou l’entends encore, plus rarement heureusement. Ces quelques rares crétins n’ont pas compris que le combat politique, surtout sur le Web, se gagne par la conviction et l’adhésion.

Le Web 2.0 est un espace disruptif où l’échange est direct, par-dessus les appareils politiques ou médiatiques.

Il faut s’en saisir et construire autrement.