Pourquoi la politique sera donc violente


« Je note que la violence verbale est aussi toujours plus forte quand la gauche est au pouvoir. L’opposition entretient en effet l’idée que celle-ci est illégitime, ce qui tend les rapports. » Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

La violence verbale dont nous souffrons en politique nous surprend parce que nous croyons au progrès.

1. Elle n’est pas nouvelle. Rappelez-vous les années 30, le 19ème siècle, l’affaire Dreyfus ou même les violences de l’OAS. La France politique des années 2010 ressemble à ces moments de trouble.

2. La droite est secouée par l’extrême droite, de l’intérieur et en grande largeur. Ces craquements la font souffrir, nous souffrir.

3. La gauche est tout autant craquelée, pour ne pas dire pire. On a déjà glosé sur cette affaire ici. C’est à la hauteur de l’incompréhension et de la rage des uns comme des autres.

4. La surexcitation médiatique (chaînes d’info, réseaux sociaux, etc…) joue à plein.

5. Impossible d’éviter le contexte, la crise et tout le reste…

Ah, j’oubliais. Certains accuseront l’antisarkozysme d’antan, d’avoir participé un moment à cette excitation générale. On répliquera qu’il fut bien tendre, bien doux. La gauche politique, de gouvernement et d’ailleurs, a surfé sur le phénomène.

 

Publicités

7 réflexions sur « Pourquoi la politique sera donc violente »

  1. Des luttes de pouvoirs qui ne seraient pas violents c’est le rêve des bisounours qui détiennent le pouvoir en voulant y rester. En ce qui concerne la gauche craquelée : c’est toujours de la faute des pièces rapportée minoritaires qui détournent les idées du programme pour aller vers la droite, comme les Rad-soc entrés au gouvernement du FRONT POPULAIRE qui ont laissé passer l’année 36 pour commencer à faire du pied sous la table à la droite dès 1937, pour finir avec l’extrême droite Pétain (issu de la Cagoule) qui aura les pleins pouvoirs…. ARAMIS

  2. On confond la violence entre les oppositions d’idées politiques, qui n’ont rien d’illégitime ni de gênant, et la violence sur les individus au pouvoir (Hollande-bashing, Sarkozy-bashing), qui infantilise les débats (les « bons » contre les « méchants ») et, à la limite, les dépolitise; les virées en scooter de Hollande ou le « Casse-toi pauv’con » de Sarkozy n’avaient rien à faire dans le débat politique..

  3. D’accord avec Elie pour les virées en scooter puis qu’elles relèvent de la vie privée il n’était pas en représentation, mais le « casse-toi pov’con » de sarko en visite officielle au Salon de l’Agriculture NON!!! là il y a violence verbale.
    Il y a l’exaspération du français « d’en bas » lorsqu’il voit celui qui l’a élu faire le contraire de son programme électoral… Il faut reconnaître que c’est le PS parce que la droite a bien fait comprendre à chaque fois qu’on allait en baver

  4. Les événements historiques se produisent pour aussi dire deux fois, la première comme tragédie (Blum-Salengro et la trahison de la gauche par le Front Populaire), la seconde comme farce (Hollande-Valls et l’acceptation de faire intégralement le programme de la droite, après les grands discours contre la finance).

  5. Juan,

    Je ne sais pas trop ce que vous voulez dire.

    Vous mettez en liens deux docs, un écrits, l’autre audio, et les deux convergent vers l’idée que lorsque la gauche est au pouvoir, le droite déchaine une violence verbale – historique et maurassienne, ivre de vengeance contre la révolution de 1789, contre Mai 68 ou que sais-je encore – qui montre qu’elle ne supporte pas l’alternance démocratique, parce qu’elle conteste la légitimité même de la gauche à être un parti de gouvernement, comme si la France lui appartenait et qu’elle était seule juge de ce qui doit se faire, ou pas se faire, quand le peuple élit ses gouvernants, du moment qu’il s’agit de la France.

    Les élections locales, ça se discute, mais la France, non.

    De fait, la droite a adopté le même positionnement sur la famille: que des pédés couchent ensemble, on veut bien, mais vous ne touchez pas à la famille, c’est notre truc. C’est le message.

    Mais de son côté, la gauche est tout aussi violente et, elle aussi, défend ses monopoles (dont le fameux monopole du cœur) avec un férocité qui n’a rien à envier au camp d’en face.

    Sur votre blog même, les appels aux meurtres, à la haine ou à la discrimination sont incessants.

    Je vous rappelle que Brice Hortefeux avait été jugé, puis relaxé, pour son fameux « quand il y en a un ça va », mais que le premier venu de vos commentateurs (Alain Bobard), à propos de la publication d’un classement de fortunes mondiales, a, sur le ton de la plaisanterie, suggéré qu’on ferait mieux de leur « serrer le kiki » et surtout – et pas sur le ton de la plaisanterie cette fois – soutenu que cela serait une bonne solution pour le genre humain.

    L’un dans l’autre, ça se vaut. Entre le xénophone et le richophobe, même combat.

    Deux beaufitudes qui se regardent, se comparent, se méprisent et s’envoient au visage leur indignation. Mais il n’y en a pas une pour rattraper l’autre.

    Alors, la violence verbale, qu’est-ce que vous voulez qu’on y fasse?

    C’est le jeu. C’est tout.

  6. vous évoquez les dérapages dans les commentaires sur mon blog hébergé par Marianne. C’est effectivement incessant. Je n’ai pas trouvé la solution…

  7. Pas seulement sur Marianne.

    En fait, je crois qu’il y a des solutions, qu’elles ne sont pas morales, mais qu’elles marchent: il suffit que chacun exprime sa violence sur un blog où ses propos ne seront pas considérés comme violents, parce que l’entre soi du blog partagera cet avis.

    Par exemple, si je veux me défouler contre les pédés ou les féministes de gauche, je vais chez Didier. Et je largue mon étron. Là bas, c’est chez les réacs, donc ça le fait.

    Si, au contraire, je veux me faire des patrons ou zigouiller du riche, je viens ici et je pousse ma petite crotte. ici, c’est chez les gauchistes, donc ça le fait aussi. Faut choisir ses victimes avec soin.

    C’est la diversité du choix des blogs qui me permet cela, mais en même temps ce n’est pas très moral et, accessoirement, cela revient à considérer un blog comme le récipient de notre fiel quotidien, ce qui n’est pas rendre justice au blogueur, quel qu’il soit, qui se donne souvent du mal pour dire et être autre chose.

    Normalement, les blogs ne devraient pas être les pots de chambre du mécontentement quotidien, ou alors il faudrait considérer les blogueurs comme des dames pipi modernes.

    M’enfin bon, toujours est-il que ça marche, mais à la condition d’être très respectueux des codes: pas faire du bashing anti féministe sur un blog de gauche! Par exemple (j’ai testé Euterpe et ça marche pas, mais alors pas du tout du tout).

Les commentaires sont fermés.