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Donc j’ai voté…


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Comme des millions de Françaises et Français, quelque part vers 13h30 quand il n’y avait plus trop grand monde. L’urne était à moitié remplie, les assesseurs semblaient satisfaits.

Ce fut très facile et très difficile. Facile puisqu’il fallait voter. Difficile parce que les uns et les autres cachaient les enjeux dans ma commune. La liste socialiste cachait son étiquette, tout comme celle d’EELV.

Un peu avant d’aller voter, nous avions retrouvé quelques amis au bistrot, café pour les uns, bière pour les autres. « Et toi, tu vas voter pour qui ? » se demandait-on les uns les autres. On sentait le malaise, l’hésitation, et en même temps, la farouche envie de dégager l’autre.

Il parait que localement, il y avait d’autres enjeux: la compétence des opposants – redoutée car néophytes, le prix du mètre carré qui s’envole à cause de constructions luxueuses; l’absence de police municipale alors que c’était une promesse de 2008, etc.

Finalement, une fois devant l’urne, l’évidence est venue.

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45 réflexions sur “ Donc j’ai voté… ”

  1. j’ai gagné du premier coup ! (dimanche prochain.. bbq si y a du soleil)
    retourner ma veste.. jamais ! (après ma mort et encore)

  2. … CATA !
    Mon maire PS à perdu 14 points par rapport au candidat UMP et se retrouve donc relégué à la deuxième place !
    Ses chances d’être reélu sont très minces, car les réserves de voix se situent chez les abstentionnistes !😦 !
    C’est une claque qui risque de nous coùter TRES, TRES chere !

    1. Il faut quand même dire que les grands médias et pire, les grands médias publics, ont passé leur temps à se pâmer dzvant le FN . Je sais bien que la grande gueule de Mélenchon peut déplaire mais, à Paris par exemple, c’est pas le temps d’antenne de Danièle Simmonet, tête de liste du FdeG autonome, qui risquait de faire chavirer les foules . Le PS ne pourra plus, très longtemps, compter sur le « front républicain » pour sauver les meubles . A trop se foutre du monde…!

  3. .. pas compris.. mon bled, le « Neuilly » du coin (dit à la tv) malgré les flopées de pétitions, réunions tsoin-tsoin, les commerçant, sympas mais remontés (hein..) apéros d’voisins..
    ses retraités (de suisse/) réacs et racistes
    savent-ils que je suis un traitre.. héhé..
    reste à gauche ! 54 brouettes (très bon cru !)

  4. Chez moi, le maire sortant PS-PC a fait 55%, donc pas de second tour, mais ce qui est inquiétant, c’est que le FN a quasiment fait 20%, dans une ville où il n’a aucune implantation et où il n’avait jamais fait de scores extraordinaires jusqu’ici… Personnellement, j’ai choisi de voter blanc, après avoir hésité avec l’abstention.

  5. Je reste persuadé, qu’il suffirait que Mélenchon ne mette plus en avant tous les problèmes liés avec l’immigration (fond de commerce du FN), il y a quelques mois qu’il aurait doublé le FN. Le problème est là et nulle part ailleurs pour les électeurs ayant plus peur de se voir concurrencer, de se voir envahir par les rom (je sais il ne faut le dire, c’est caca, mais c’est pourtant ce qui fait que les gens votent FN en masse. A tort ou à raison). Qui a favorisé l’immigration en masse dans les années 60 ? La droite patronale pour casser le marcher du travail. Qui a procéder au regroupement familial pour faire durer le plaisir ? Giscard. Qui a fait tomber les frontières en vue de favoriser le dumping social et les manipulations de fric ? Les ultralibéraux de vraie droite et de fausse gauche et qui bénéficie du contrecoup de tout çà ? Le FN; VRAI OU FAUT ?

    Un parti de gauche réelle qui empêcherait au FN de se servir de ce système, en restant dans la logique sociale du FRONT DE GAUCHE recentré sur le peuple français, détonerait la famille Lepen (qui sont prêts à finir de désocialiser le pays) sans problème… mais voilà, personne ne veut le voir ou le faire, alors… ARAMIS

    1. Aramis,

      Le marketing du FdG est bon, je trouve. En politique, il y a trois choses importantes: l’organisation, l’action militante (dont le discours) et la doctrine.

      Côté organisation, le FdG est une coalition hétéroclite, ce qui lui permet une certaine adaptation à l’échelon local (à condition de pouvoir se reposer sur une base militante ou un vieux fonds électoral favorable, type « vieux fief de gauche ») et, en raison de sa diversité, de ratisser large au niveau national. Normalement, cette structure doit lui permettre de bien s’en tirer aux élections locales, ce qui, je crois, a été le cas au premier tour de ces municipales. A l’échelon national, en revanche, le FdG n’a pas l’image ni l’organisation d’un parti de gouvernement. Et il est trop bordélique pour ça.

      Côté discours militant, c’est du bas de gamme, mais ça suffit pour remplir l’objectif. Le discours est fondé sur trois clés:

      – L’antique opposition avec la « fausse gauche » (les sociaux démocrates, les soc-lib, la gauche caviar, les bobos, etc) qui a trahit l »idéal social et politique de la vraie gauche. C’est du re-sucé, mais ça marche bien.
      – Le discours performatif (yakafokon). Rien de grave, de toute façon, même le PS fonctionne au performatif, sauf qu’il l’enrobe dans un discours technocratique qui fait à peine illusion.
      – Le discours de l’imputation des torts personnels: si le monde est tel qu’il est, c’est la faute à… (et là, on remplit le blanc sur le formulaire et on met tout ce qu’il y a sur la liste homologuée des ennemis préférés). Votre com en est d’ailleurs une parfaite illustration, comme d’habitude. Ce discours subjectif a des inconvénients immenses sur le plan de l’analyse, mais en pratique on s’en fout, car l’action militante est distincte de l’analyse dialectique du réel: elle n’est pas là pour penser le réel, mais pour le transformer. Plus le slogan est simple, mieux c’est.

      Côté doctrine, c’est du vieux modèle marxiste à la française (et pas à l’allemande), gangrené par ses vieilles phobies et complètement obsolète, mais on s’en fout, car plus personne ne regarde la doctrine. Toujours est-il que c’est de la doctrine de gauche, ce qui permet donc au FdG et à son principal animateur, Méluche, de bénéficier d’un capital sympathie, en dépit de ses outrances et de ses approximations. C’est ce qui compte!

      Ce qui fait que ce « parti » est intéressant, c’est son positionnement en tant qu’alter ego du FN à gauche. Ce fait est dénié par les gens de gauche, mais quand on sort de la bulle de la pensée de gauche, on s’en rend tout de suite compte: c’est un parti réactionnaire et démagogique qui reprend en les gauchisant les thèmes du FN.

      Je sais bien qu’affirmer cela fait de moi un séide de l’UMP qui justement joue cette carte, pour diviser à gauche. On dira donc que je suis un séide de l’UMP. Mais il serait dommage de limiter l’analyse à cela, car il faut aussi voir tout ce qu’il y a d’utile à chasser sur les terres du FN pour un parti de gauche.

      Contrairement à vous, je crois que Méluche a raison de faire du Le Pen sans le dire, parce que les voix des électeurs frontistes, il faut bien les capter d’une façon ou d’une autre. La question est simple, et Sarko s’est posée la même: est-ce que vous voulez laisser champ libre à Marine sur cette partie de l’électorat, ou est-ce que vous voulez en capter quelque chose?

      La morale de l’expérience Buisson, c’est qu’on peut capter cet électorat en ajustant le discours. Et on gagne des élections en faisant cela. Bon, ok, faut accepter de vendre de la lessive, mais la politique c’est ça, aussi.

      Le grand service que Méluche rend à la gauche est qu’il évite de demander à un type comme Valls de trop faire du Buisson, ce qui déclenche des ruptures de soutien au gouvernement au sein de l’électorat modéré. Et puis on n’a pas toujours des Roms sous la main. Ce que vous appelez la « fausse gauche » peut ainsi rester intègre. Elle n’a pas à se salir les mains avec ce populisme de bas étage dès lors que Méluche accepte de s’en charger, ce qu’il fait avec une abnégation certaine et un sens des rapports de forces lucide.

      Maintenant, il faut convenir qu’il n’est pas aussi efficace que Marine sur ce segment du marché électoral et je pense que ça vient de son ancrage à gauche: Méluche reste un type de gauche. Dans le fond, il reste un homme du « système gauche », alors que le FN a su se créer une image de parti politique à la fois conventionnel, donc fréquentable, mais anti-système, anti-élite, anti ceci ou cela. Dans l’air du temps.

      Bizarrement, le FN s’est fait une image de parti politique « apolitique », qui dépasse les clivages gauche/droite et j’attends le jour où Marine nous dira « le FN est apolitique ». Elle a d’ailleurs commencé à le dire en affirmant que la bipolarité gauche/droite n’existait plus.

      Faut-il que le FdG modifie son marketing pour l’ajuster à cette donne? Ou faut-il qu’il rompt avec sa stratégie inavouée de mimétisme avec le FN pour inventer un populisme moderne, plus spécifiquement de gauche?

      Et, question plus importante que tout: la question des frontières de la réflexion. Faut-il limiter la réflexion à une simple question de packaging (donc juste adapter le discours militant) ou faut-il fouiller le côté obscur de la gauche pour aller trouver de nouvelles bases doctrinales dans les ramifications fascistes des racines de la gauche (donc changer la doctrine).

      Les enjeux sont considérables: on sait qu’on est entré dans une phase populiste de notre histoire politique. Alors, veut-on un populisme de droite, incarné par le FN, et dont on sait qu’il sera facho, ou veut-on un populisme de gauche, dont on espère qu’il sera capable de transcender son vieil héritage facho, et qui serait incarné par un FdG plus moderne, porté par des électeurs comme Juan?

      Puisque, si je comprends bien, c’est son vote.

    2. @ARAMIS

      C’est aussi mon ressenti.

      Autrement dans mon patelin : participation à 80% (pas loin de 2000 habitants) la liste sortante (assez à gauche) renouvelée (le maire arrête après trois mandatures) est reconduite avec 55% devant des « outsiders » plus « conservateurs » mais aucune étiquette affichée. Ici, les électeurs, malgré leur raz-le-bol, ne se sont pas trompés d’élections…

  6. Chez moi réélection au 1er tour à 61% (+ qu’aux dernières 55%)…..mais avec 3 sièges FN (GRRRRRRRRRRRRRRRRR!!!!!)
    @Aramis : complètement d’accord avec toi

      1. @ou se gratter les testicules!!!. Déjà hier soir en mairie ils sont arriver en bombant le torse pensant avoir fait un score inégalable et en découdre au 2e tour ….ils se sont fait conspuer.

  7. Et bien cher Juan, je ne peux que vous féliciter de cesser de soutenir un parti socialiste qui n’a plus rien de social depuis longtemps🙂 Si ça peut vous consoler, c’est la même chose chez nous. Et notre front de gauche à nous, n’est pas assez solide, organisé et charismatique hélas pour faire le poids. Il doit nous manquer un « chonchon » pour faire bouger tout ça.

    1. Si vous voulez, on en a un en stock. Bon état, peu servi (il n’a pas fait bouger grand chose).

  8. C’est bien entendu une défaite pour le PS, mais l’UMP ne devrait pas trop se réjouir. En particulier Coppé, en effet s’il a gagné avec 64,32% des exprimés cette année, il avait gagné avec 67,78% en 2008. Il avait obtenu en 2008 : 9433 voix soit 37,13% des inscrits, il n’a obtenu que 8911 voix cette année soit 32,5% des inscrit. C’est donc loin d’un grande victoire.

  9. Même constatation pour Juppé, en 2008 il avait 46087 voix soit 34,45% des inscrits, en 2014 il a 46489 voix mais 33,12% des inscrits. Donc il fait un moins bon score ! Et pourtant c’est de lui qu’il est dit qu’il « triomphé » !

  10. L’UMP a dédiabolisé le FN et vient se la jouer anti FN sur les plateaux télé et compare le FN au FdG…..écoeurement total !!

      1. Peut-être….mais là c’est l’UMP qui manipule et triture le discours du FdG…..alors oui le Fdg doit trouver une autre façon de communiquer ou pas…

    1. Une fois l’écœurement passé, regardez simplement ce qui est.

      Il y a une symétrie du paysage politique français qui place le FN et le FdG aux deux bouts de l’échiquier politique, sur la même diagonale du fou.

      Il y a un enjeu sémantique qui tourne autour de la thématique de l’extrême: le FN ne veut plus être « d’extrême droite », alors que le FdG ne veut pas être « d’extrême gauche ».

      Le sujet est très controversé (allez voir la fiche wiki du FdG): en parlant du FdG, on ne dit pas qu’il est d’extrême gauche, c’est le meilleur moyen de se faire envoyer au goulag, on dit plus pudiquement qu’il est « à la gauche de la gauche », ce qui est de bon ton.

      De son côté, le FN poursuit en justice ceux qui soutiennent qu’il est un parti d’extrême droite.

      Il y a donc lieu de comparer les deux, parce que leur positionnement par rapport à l’extrême est une construction symétrique, sachant par ailleurs que leurs discours respectifs ont des packaging très proches, mais des doctrines évidemment différentes.

      Lisez simplement Aramis: les trois quarts de ce qu’il dit pourrait être dit par un électeur FN sans que cela ne jure. Vous remplacez le pseudo « Aramis » par le pseudo « Corto », ça passe sans problème.

      Je vous dis cela, mais je sais que ça ne sert pas à grand chose: quand on est dans la bulle de gauche, l’idée même que le FN et le FdG puisse avoir quelque chose en commun est souvent insupportable ou simplement inconcevable. C’est pas une question de QI, c’est une question de culture. C’est comme expliquer à un curé du XVIième siècle que la Terre tourne autour du Soleil.

      Gardez juste à l’esprit que ceux qui sont à l’extérieur de la bulle de gauche ont un point de vue différent et que, pour certains d’entre eux, la gémellité du FN et du FdG est sinon une évidence, du moins une vraie question.

      Placer le FN et le FdG sur le même plan ne fait donc pas naître l’écœurement pour tout le monde, sans pour autant qu’il y ait nécessairement adhésion aux thèses de l’UMP.

  11. Bravo Juan (même si ce n’est pas un exploit) d’avoir voté pour le Front de Gauche. Je suis d’accord avec ta conclusion, car j’y suis arrivé au même point il y a 3 ans : l’évidence. Face à un PS complètement dé-socialisté (ça existe comme mot ?), acquis à la doxa libéral, je ne vois plus que le Front de Gauche (et une partie de EELV, je le reconnais) pour porter les valeurs et programmes réellement socialistes et écologiques.
    Les débats sur Méluche, sa grande gueule, son ci-, son ça, ne sont que des distractions pour éviter que chacun à gauche se pose la vrai question : comment faire disparaitre l’aura de gauche héritée de l’histoire qu’a encore le PS dans l’opinion publique et faire émerger une véritable alternative socialiste, écologique, républicaine, anti-mondialisation financiarisée.

    Bref, y a du boulot

    1. « comment faire disparaitre l’aura de gauche héritée de l’histoire qu’a encore le PS dans l’opinion publique et faire émerger une véritable alternative socialiste, écologique, républicaine, anti-mondialisation financiarisée. »?

      C’est l’option qui a été prise par le FdG: dire que le PS n’est plus un parti de gauche et que par conséquent le PG incarne à lui seul, avec ce qui reste du glorieux PCF, la « vraie gauche » (et pas l’extrême gauche).

      Cette option a pour gros inconvénient de diviser la gauche en petits bataillons que la droite conventionnelle et l’extrême droite pourront aisément tailler en pièces, dès lors qu’elles auront constitué leur unité (c’est d’ores et déjà le cas du FN, ça se produira un jour ou l’autre avec l’UMP, peut être autour de Sarko).

      L’autre gros inconvénient, c’est qu’elle ne tient pas compte de ce qu’est la gauche: historiquement, c’est une usine à compromis. C’est pas un bloc dogmatique monolithique dont l’unique volonté est de persévérer dans l’unicité de son être, vous comprenez?

      Pour vous, la messe est dites, le PS n’est pas de gauche. Soit. La vraie gauche, c’est le seul, l’unique Méluche. Soit.

      Il n’en reste pas moins qu’il y a une autre gauche, qui vit en dehors du périmètre restreint du FdG, et qui se vit en tant que gauche, elle aussi, sans pour autant revendiquer une exclusivité de l’incarnation de l’authenticité du message de gauche, comme on le fait de façon assez puérile et obsessionnelle au FdG.

      Vous aurez beau dire que cette gauche là n’en est pas une, elle existe. Alors, que faire?

      1. tschok => Vous semblez persuadé qu’il y a une similitude nette entre FN et FdG. Vous êtes le seul à le croire. C’est exactement le discours de l’extrême-droite que d’essayer de nier l’échiquier politique dont tout le monde se sert.

        Prenons les choses simplement : le FN n’a pas de préoccupations économiques réelles, contrairement au FdG dont l’argumentation tourne sur la dénonciation de l’austérité. Le FN se contrefout de l’austérité. Il bricole un discours sur la souveraineté à partir de ce qui lui semble subversif et simple à saisir pour le péquin lambda. Lisez les documents internes de chez eux qui circulent, ou faites un tour sur les blogs d’extrême-droite, vous verrez que toutes les questions économiques brillent par leur absence. Ce sont de purs opportunistes dont les préoccupations sont identitaires, et pas économiques.

        Quant au FdG, lui a une doctrine économique/politique : le néo-keynésianisme. Il suffit de lire J. Généreux pour s’en rendre compte. Évidemment, à partir du moment où on prétend refaire l’État-Providence et améliorer le parlementarisme, on plonge dans un réformisme assez inoffensif. Et même des propositions (de gauche) aussi modérées ne triomphent pas électoralement, c’est le moins qu’on puisse dire. Une bonne partie du PCF en conclut qu’il faut se rallier au PS, officiellement pour peser politiquement, en réalité pour conserver quelques sièges.

        Alors, que faire ? Comme de coutume, tout dépend du point de vue. D’un point de vue opportuniste, l’alliance avec le PS est rentable pour encore quelques temps. Du point de vue réformiste, la tactique FdG de rassemblement avec les écologistes et parfois le NPA permet un ancrage pour les années à venir. Du point de vue révolutionnaire, le champ de bataille n’est pas électoral : il y a mieux à faire.

        1. @ JR Razorback,

          Il est clair qu’en affirmant, sur un blog de gauche, que FN=FdG, je serais renvoyé du côté des affreux de service. Il n’y a pas de surprise là-dessus. Dire que je suis bien le seul à le croire relève également de la prévision certaine, mais à la condition de se situer à l’intérieur de la bulle de gauche.

          Dans la bulle de gauche, c’est clair, cette affirmation n’a aucun sens (Cf le dernier billet de Juan qui, ayant lui-même voté FdG, interpelle l’électeur « frontiste » pour lui reprocher son vote, ce qui est assez croustillant).

          Mais en dehors de la bulle de gauche, le sujet est sur la table et on en discute. A vrai dire, la messe est dite: le FdG et le FN partagent un discours commun. Ce n’est plus une hypothèse, c’est un constat. Ces deux partis incarnent un populisme, l’un de gauche, l’autre de droite. Leurs discours commun est fondé sur:

          – La haine de la sociale démocratie incarnée par le PS. Ce sentiment de haine repose sur un ressort unique: l’accusation de traitrise. Mais attention, les deux discours divergent à un endroit précis: pour le FdG, le PS est un traitre à la cause du peuple, alors que pour le FN, le PS est un traitre à la nation française. Pas la même mythologie.

          – Le yakafokon performatif: on le retrouve bien dans les deux discours, à propos de sujets identiques. Et les solutions apportées par les deux parti sont également déconnectées du réel et, en fait, ont d’autres finalités que d’être des solutions. Le yakafokon n’est pas là pour apporter une solution concrète à un problème réel, mais pour générer l’unité. C’est ça la fonction du yakafokon: créer l’unité dans le naufrage.

          – Le célafota (l’imputation de torts personnels): notre malheur n’est pas lié à des causes objectives, diffuses et systémiques, mais à des coupables que nous pouvons précisément identifier, stigmatiser et punir. Là encore, identité de traitement, mais avec des divergences liées aux différences de listes homologuées de victimes ou d’ennemis préférés: chaque camp a sa propre liste de victimes (CF Alain Bobards: les 85 plus riches du monde à qui il faut serrer le kiki, mais sur un blog de droite, la tête de Turc à qui il faut serrer un organe seront par exemple les féministes).

          Précision: il existe une liste commune de victimes préférées: les Américains, l’Europe, le grand capital, la sociale démocratie parlementaire, les élites, etc.

          Si les deux partis ont bien leurs propres boucs émissaires préférés spécifiques, ils partage aussi, et sans jalousie, une série de boucs émissaires communs. On aurait pu penser qu’ils allaient s’entredéchirer là-dessus, et ben non: ils en font chacun leur choux gras en bonne intelligence.

          Rajoutons à cela que ces discours, dont la structure est quasi identique, s’adresse au même électorat, mais avec des ciblages spécifiques à l’échelon local (le péri-urbain n’achète pas la même lessive que le centre ville, par exemple, donc il faut ajuster le marketing).

          Cela dit, leurs doctrines respectives, leurs mythologies internes sont bien évidemment différentes et j’ai bien pris soin de le rappeler.

          Sur ce plan-là, je vous rejoins complètement, surtout dans le domaine économique: le FN se caractérise par la vacuité de sa théorie économique, domaine qui n’a jamais intéressé son père fondateur, Jean Marie Le Pen, même si sa fille a bien tenté de doter son parti d’un corpus théorique économique, pour donner de la crédibilité à son discours, mais en vain.

          Alors que le FdG est marxiste, mâtiné keynésien. Quand on a dit ça, on a tout dit: Marx est l’éponyme d’une théorie économique qui a joué un rôle central dans le développement humain du siècle dernier, c’est peu de le dire. C’est une théorie qui a coupé le monde en deux, à défaut d’avoir coupé l’histoire en deux, comme elle en avait l’ambition. Et Keynes est l’autre gros morceau.

          Donc, un poids plume d’un côté, un poids super lourd de l’autre: fin du match. Même pas la peine d’en discuter.

          Sauf que, et le bémol est là, si le programme économique du FN est simplement nul, le programme économique du FdG est simplement irréaliste. Alors, entre la peste et le choléra, que voulez-vous qu’on choisisse? Pour ma part, je n’hésite pas: aucun des deux, mais chacun son truc.

          Donc, au final, une grande proximité/similitude: un populisme démagogique et simplificateur qui s’adresse à la même clientèle, un programme économique inapproprié dans les deux cas, des haines communes et partagées en bonne intelligence, MAIS: des doctrines différentes et des mythologies antagonistes: le Peuuuuuple prolétaire du FdG est à l’opposé de la Nâââtion française du FN.

          Non seulement les concepts sont différents, mais ils sont contraires.

          Et, of course, la religion est un sujet d’engueulade, bien qu’il y ait des passerelles entre les deux au sujet de l’islam.

          Voili voilou.

          Non, le vrai problème c’est pas ça.

          Le populisme est par nature contraire aux idéaux de la gauche.

          Le problème est donc le suivant: comment un parti de gauche peut-il porter un discours populiste tout en restant de gauche? Si le populisme va très bien au FN, il comporte des risques évidents de perversion pour le FdG qui est confronté à une hypothèse de dénaturation de son essence doctrinale.

          Pour l’instant, dans la bulle de gauche, ça vous passe complètement en dessus de la cafetière, parce qu’il n’y a pas modification de la doctrine, mais instrumentalisation de la figure du tribun: le tribun, comme un Georges Frêche à Montpellier, peut se permettre d’être populiste, tout en restant rattaché aux idéaux de gauche, du moins officiellement.

          Le tribun fait écran.

          Du moins un certain temps…

          1. Je me sens insultée je suis PC mais en aucun cas je me sens FN, donc merci de ne pas faire d’amalgame

            1. Faut pas vous sentir insultée.

              FdG=PG+PCF+ divers trucs (les fonds de tiroir de la gauche). C’est une coalition hétéroclites et polyvalente.

              PCF, c’est différent de FdG. Il y a une tradition PCF avec ses formes de populisme spécifiques, qui ne tournent pas autour de la figure du tribun, mais du culte de la personnalité et du parti (« petit père du peuple »+ »ligne du parti » définie par le comité central qui permet d’éjecter les dissidents), même si un type comme Maurice Thorez était un tribun et que le PCF fonctionnait localement comme tous les partis à tribun: par clientélisme (il y a toute une littérature sur le clientélisme du PCF dans les banlieues ouvrières de Paris, si le sujet vous intéresse, ce dont je doute, d’autant que c’est vieux comme mes robes).

              Par ailleurs, le PCF a été capable, et reste capable de se concilier avec le PS: dernièrement, Robert Hue est monté au créneau pour prendre la défense de Taubira, par exemple. Il y a une vieille tradition de discipline de groupe, de bloc, qu’on ne retrouve pas au FdG, plus bordélique de ce point de vue (tradition communarde du bordel: inefficace, sur un plan trotskiste-léniniste, mais ludique et revancharde donc satisfaisant pour l’ego). Pour le FdG, la révolution est un jeu de playstation, alors que pour le PCF, c’était un truc sérieux, quand même.

              Il y a donc des différences entre le FdG et le PCF qui sont suffisantes pour justifier une différence d’approche.

              Donc, ne m’accusez pas de faire un amalgame que vous êtes la seule de nous deux à faire.

          2. « Le programme économique du FdG est simplement irréaliste. »

            Moi je ne le trouve pas irréaliste, mais trop modéré. Mais admettons: en quoi est-il irréaliste? Hausse du smic, fiscalité, financement…?

            1. il mène droit la France à la faillite et rend les intérêts de la dette encore plus élevés
              le FDG revendique de nous amener à la situation de la Grèce , et ensuite vive l’austérité

  12. Bonjour Juan….fidèle lectrice de votre blog, je dois reconnaitre que je vous avais un peu délaissé ces derniers temps….aujourd’hui, j’étais assez curieuse d’avoir votre réaction sur le résultat du 1er tour…je ne suis pas déçue de votre message….ce qui est très interessant dans ce 1er tour, c’est le résultat de la liste citoyenne de Grenoble et curieusement personne n’en parle silence dans les médias!!!!!à part l’excellent billet du 9h15 de ASI de ce matin….comme on dit wait and see…..bien à vous Nanougk33

    1. oui, la situation à Grenoble me plait, mais elle est marginale. L’éparpillement des pensées est incroyable… Mais ne vous trompez pas. Je suis convaincu que le FDG va dans le mur s’il ne change pas, s’il ne s’ouvre pas. Dans un mur différent que celui de Hollande, mais dans un mur quand même.

  13. merci, sympa et éclairant vos commentaires (k’est-ce qu’on est bien ici..) oui, plutôt dilettante (même pas honte) je peux paraitre gauche mou (libéral.. aïe) lunatique (étourdi) mais inflexible: gauche c’est gauche !
    Vrai Aramis, oui tschok, et Johnathan.. et les camarades
    no négociable. Croyez le, je défendrais La Gauche, en train et en thousiame

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