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De la difficulté d’être dans l’opposition à Hollande…


Je suis resté sur une phrase de Nicolas, confrère et ami que je ne retrouverai pas ce soir au KdB.

Dans un billet ou il commentait mon opposition plus affirmée à cette équipe gouvernementale, il laissait entendre qu’il était plus facile d’être opposant que supporteur. Il a raison et tort. Tout dépend du degré et du contexte. 

Il était facile d’être opposant à Nicolas Sarkozy. Je ne partageais rien ou si peu avec cet homme, ses pratiques, son discours. Il est bien plus difficile de s’opposer à quelqu un que l’on a soutenu. J’ai fait campagne (numérique) pour Hollande, lourdement. 

Facile ne veut pas dire insincère. Il était facile aux supporteurs de Melenchon, par exemple, de s’énerver contre Hollande dès la première minute de la première heure de la première journée. 

Constater deux ans plus tard qu’Hollande persiste dans une mauvaise direction dont je croyais l’issue proche n’a rien de plaisant. Absolument rien de plaisant. C’est même difficile, très difficile. Çar cela interroge pour l’avenir. 

C’est d’autant plus difficile que je ne peux pas dire que je pars par conviction pour un ailleurs politique qui m’aurait décroché. Je pars parce que Hollande m’a écorché.

Ce déclic d’opposition, ce n’est pas Manuel Valls qui l’a déclenché tout seul.

31 réflexions sur “ De la difficulté d’être dans l’opposition à Hollande… ”

  1. Je n’étais pas dupe en votant pour Hollande au second tour*, je n’étais pas sur de la stature du bonhomme mais je voulais dégager Sarkozy.
    Et là j’avoue être sur le cul à la fois concernant le gouvernement Ayrault mais aussi celui à venir (à 2/3 exceptions).

    Alors oui, quelque part je suis dans une certaine et amère opposition face à ce gouvernement.

    * Au 1er tour, j’avais voté Mélenchon qui m’a très vite fait déchanter.

    1. je vote depuis 2007 (j’avais promis à ma future femme, en 2000, que si Ségo se présente je prendrais ma carte d’élé) alors, d’Olivier B à Hollande; et petit prétexte pour te dire bonjour

  2. Je suis inquiet pour l’avenir : l’aveuglement de cette élite face à la montée de la misère , les mesures au minimum ridicules quand tout augmente, les décisions prises , le refus de dire a BXL qu’autre chose est possible… Tout ça m’a fait prendre la même décision que toi, mais je ne suis pas dans l’opposition frontale : ce sera dossier par dossier. Et je ne voterai pas pour le FDG aux européennes, mais autre chose… Quand à la vrauche, en IRL aucun souci , je connais des gens bien la dedans, pas comme les excités de twitter.

  3. « l’aveuglement de cette élite face à la montée de la misère ».Tout est dit.

  4. Toutes mes excuses pour ma phrase qui était mal branlée. Je sais que psychologiquement ce n’est pas facile.

    Pas le temps de commenter plus : en route pour kdb.

  5. Juan, Je suis mot pour mot d’accord avec ce que vous dites……..il était plus facile de se révolter contre Sarkozy…..c’était vital…..là il s’agit d’autre chose, çà fait mal…..ou alors on n’a pas tout compris…..j’espère encore me tromper….

  6. En tout cas je vous comprends parfaitement Juan.

    Ca m’est d’autant plus facile que je n’ai plus de conviction concernant les hommes politiques, puisqu’ils sont tous coulés sur le même moule.

    Il n’y avait que la France et les Français qui m’intéressaient (pardon si je heurte l’Européen que vous êtes, mais je savais que la France allait y laisser ses plumes dans le contexte où les choses se sont faites).

    Aujourd’hui, j’ai la quasi certitude que les Français ne sont plus qu’une « notion électorale » pour décider qui aura ou non le poste à pourvoir.

  7. Ce n’est pas tant l’élection d’Hollande qui est en cause – il n’y avait pas d’illusions à avoir sur l’ex 1er secrétaire du PS- , c’est les institutions de la Veme qui sont en cause . . Elles sont obsolètes depuis le départ, en 1969, du grand Charles .

  8. JUAN, j’apprécie particulièrement ce qui s’appelle l’hônneteté intellectuelle, vous qui êtes devenu un homme public quelque part..
    être dans une opposition constructive est parfois plus important que de soutenir une politique économique qui soutient le marché et l’UE (siège social des réseaux financiers et des multinationales…)les conneries ça suffit.

    quand on voit comment est interprété le message des municipales, il est clair que quoi qu’on fasse on l’aura toujours dans le cul….
    gauche droite même combat avec quelques nuances à la marge sur l’empressement de casser les contrats sociaux….

    vivement que les martiens débarquent pour apporter un peu de régulation à ce monde devenu psychotique

    il n’y a rien à soutenir quand ce n’est pas réciproque…

    JUAN je pars avec vous (ça me coûte moins , je n’étais pas dedans) mais sans aller chez l’UMP qui est maintenant une association bancaire….

  9. JUAN si vous vous sentez momentanément orphelin, attaquez le sujet de l’UE, il y a du grain à moudre….

    la devise : NON VIOLENTE NON COOPERATION;;;;;

    « l’une des causes de nos maux est que nous vivons en essayant toujours de suivre l’exemple d’autrui » inconnu oriental

  10. À quoi bon nous lamenter, nous n’avons que le choix d’attendre qu’ils se mettent au vrai boulot pour le vrai peuple…
    Ils ont intérêt à ce que ça marche ! Résignation.

    ***

    1. je suis là, courage….

      pas résignation…..non violente, non coopération…comme avec Gandhi quand il va fait prendre conscience à son peuple de ses qualités

  11. D’autant que, si on donne le tourisme au ministre des affaires étrangères, c’est que l’on compte en faire la principale source de notre économie, impossible de le comprendre autrement.

    Quand certains politiques le disaient il y a quelques années, je croyais qu’ils se moquaient … mais non.

  12. Souvent je ressens la solitude d’un ver au fin fond d’une bouteille de Mezcal… comme en ce moment.

  13. C’est peut-être est-ce parce que je suis un provincial, un terrien, un « bouseux », mais je m’attache plus aux décisions concrètes qu’aux grandes déclarations . Les rêves d’adolescent du grand soir chez moi sont très loin.

    C’est sans doute pour avoir pris beaucoup trop de coups durs personnels ( ça compte aussi) et pour avoir constaté que dans un monde tel que le notre, presque fait uniquement d’images et de faux-semblants, il était beaucoup plus facile d’être critique plutôt qu’acteur.

    Si je déserte de plus en plus ce blog c’est que je ne ressens plus cette espèce de ferveur à défendre des idées comme il y avait au début, je ne sens plus l’écoute mais j’ai plutôt l’impression d’être dans un autre monde, un monde où on se contente d’affirmations péremptoires et où la subtilité des raisonnements n’a plus cours. On peut citer toutes les belles phrases et toutes les références des plus « grands » , elles ne seront jamais que des théories jamais démontrées.

    Les formules toutes faites lues dans les manuels des « plus à gauche que moi tu meurs » ont fait fleurette , oubliant que la réalité est beaucoup plus complexe qu’on veut bien l’affirmer. On n’a jamais gouverné avec des « yaka » et des « pov’con »

    On peut toujours dire à celui qui se noie « attend qu’on aie tout changé pour qu’on t’envoie la bouée », et puis « si tu en es là c’est que tu l’as bien mérité », t’avis qu’à mieux voter , en attendant il faut prendre des décisions concrètes et rapides sinon il coulera épuisé .

    J’entends tout le monde parler au nom de ce qu’on voulu dire les Français aux municipales . qu’ils voulaient ceci….ou bien le contraire, Ils ont surtout soit voté à droite ( quelquefois même à droite toute) ou se sont abstenus en laissant faire les autres à leur place.

    Beaucoup de ces gens de gauche à qui on a tellement dit de rester chez eux ou de « punir » ce gouvernement de « traîtres » à la noble cause de la « vraie » gauche se retrouvent maintenant avec des maires dont les idées ou les pratiques ( on a vu revenir des vieux briscards de la magouille) sont opposées à ce qu’ils pensaient être juste . C’est ballot, non ?

    Car certains maires de gauche n’ont certainement pas mérité d’être évacués sous prétexte que le gouvernement dit socialiste n’a pas réussi en deux coups de cuillère à pot à redonner du pognon à chacun d’entre nous.

    C’est un peu comme si on avait demandé de punir les enfants pour les errements de leurs parents. Et dire qu’on accusait la droite de se tromper d’élection!

    Alors si c’est cela la politique, c’est à dire la défense de petites chapelles opportunistes qui surfent sur la vague du moment, ce sera désormais sans moi .

    Ma seule vraie consolation c’est de revoir madame Ségolène Royal à un poste qu’elle aurait du avoir dès le début . J’attends donc de sa part qu’elle secoue le cocotier , qu’elle démontre enfin que le vrai pragmatisme, pas l’opportunisme juste au moment des élections, peut encore changer quelque chose à notre vie.

    Au revoir donc. Cette fois c’est définitif . J’attends de voir où est la contestation « constructive » . J’ai peur d’attendre longtemps.

    1. @ Coup de Grisou,

      Ben pourtant je vous lis bien, moi.

      Tenez, je vous raconte un truc rigolo: dans mon quartier, à Paris, au deuxième tour, la liste Hidalgo affichait des PS, bon ça c’est normal, mais aussi des écolos et des… FdG.

      Si bien que pour la première fois de ma vie j’ai voté… FdG. Et écolos. Double dose sur un même ticket.

      Siiiiiiiiiiiii.

      (depuis, je suis sous perf à Garches, service grands brûlés, mais bon, ça cicatrise doucement)

      A part ça, si je saisis bien ce que vous racontez, il y a comme une sorte de désintérêt pour les choses du monde, non?

      Mais la subtilité des raisonnements, elle a encore cours. Simplement, il faut sonner à la bonne porte. C’est pas elle qui va venir toute seule comme une grande, faut aller la chercher. Faut sortir de chez soi, quoi.

      Et là, tel que je vous vois, vous êtes dans le mouvement de repli. Vous vous casematez.

      Comme d’autres internautes, vous dites au revoir. Un truc s’est passé, qui ne vous a pas plu, et blong! Le lien se casse. Vous retournez dans votre caverne, comme l’ours bourru qui s’est fait piquer par les abeilles.

      Ralala.

    2. de bouseux à bouseux (pas d’gène entre nous) hier j’ai lu qqls ‘adieu’ à Juan, je dois dire que je n’ai pas bien compris (ch’uis pas une flèche) et j’voulais lui dire (tu ne m’en veux pas, je profite de l’occase, j’me mets là) que je l’aime depuis le premier jour (oui, sentimental aussi) avec ces qqls inévitables disputes (ah làlà)
      qu’il faffe gaffe.. je suis fidèle

    3. je profite de l’occase, j’me mets là (tu ne m’en veux pas hein, de bouseux à bouseux, pas d’gène entre nous) hier j’ai lu qqls ‘adieu’ à Juan.. je n’ai pas bien compris (ch’uis pas une flèche) je voulais lui dire donc.. je l’aime depuis le premier jour (oui, sentimental aussi) et/avec ses inévitables disputes
      qu’il fasse gaffe ! .. je suis fidèle

  14. Si on voulait trouver des circonstances atténuantes……dès lors que les personnes entrent au gouvernement, on a l’impression que le piège se referme sur eux……le piège des institutions qui les enferment dans une forme d’organisation monarchique…..sous une pression médiatique devenue omniprésente interprétant chaque fait et geste…..de quoi tout de même perdre le sens des réalités que rencontrent la majorité des français….

  15. Quand on lit, quand on analyse les déclarations des parlementaires EELV au sujet de la non-participation au Gouvernement, quand on regarde les résultats tandancieux du vote du Bureau politique…EELV ça implose quand ?
    Y en a-t-il qui sont sensibles au charme des vociférations solitaires de Mélenchon pour aller le rejoindre ?…

  16. La vraie question n’est elle pas : « Comment en est on arrivé à voter pour Hollande pour virer Sarkozy? » Parce qu’à ne pas se la poser, on va revivre la même chose en 2017 de manière inversée. Et à force de voter contre, autant ne plus voter du tout puisqu’on perd le sens du vote….
    Il va enfin falloir que les électeurs deviennent un peu adultes et participent à proposer une alternative crédible, à déboulonner ceux qui déboulonnent à tour de faux débats et de vrais mensonges tous les opposants un tant soit peu honnêtes et modérés dans ce pays.
    Dés l’avant primaire, j’ai vu la manipulation qui a porter ce piètre président aux manettes. Evidemment, après il n’y avait plus de choix. La vraie défaite a été celle de 2007 et le pire c’est qu’on a mis les responsables de cela aux commandes. Maintenant il reste 3 ans. 3 ans pour ne pas griller ceux qui méritent mieux que la vindicte, pour démonter par du bouche à oreille tous les mensonges de la droite, l’extrème droite et cette « gauche de pouvoir » qui s’autodétruit. Juan a raison de dire qu’il ne faut pas trop s’attacher à la personne. Mais malheureusement, tant que ce système de présidentialité aura cours, il faudra trouver à chaque fois une personne qui incarne des idées.

    Cela dit, il faudra bien réformer le système politique en interdisant la professionalisation de la politique, en mettant en avant les idées plutôt que les moyens marketing, en dénonçant les liens médias-politiques qui décrédibilisent finalement autant les politiques que les journalistes. Je sors du débat mais pourtant c’est bien dans les racines du mal qu’il faut se plonger.

    1. Pour réformer un système politique verrouillé par les politiciens, ça ne sera pas de la tarte . Ce sont les politicards qu’il faudrait, d’abord, mettre au pas . Mais le problème reste entier : comment mettre au pas des politicards qui tiennent les manettes, sont satisfais -pour la plupart-du système et donc, n’envisagent pas, malgré la grogne populaire, d’y changer quoique ce soit

  17. « Constater deux ans plus tard qu’Hollande persiste dans une mauvaise direction dont je croyais l’issue proche n’a rien de plaisant »

    Dites, Juan, vous ne pourriez pas faire une petite fiche synthétique qui ferait le point de tous vos griefs à l’encontre de la politique de Hollande depuis deux ans?

    Pour ma part, j’ai deux difficultés:

    Primo, j’ai du mal à dire, quand j’observe Hollande, pour lequel j’ai quand même voté, que ce qu’il semble faire, ou donne l’impression de faire, est ou non une politique. Je retire plutôt une impression de flou. Ce qu’on pourrait appeler la « politique Hollande » serait aussi bien une suite indistincte d’événements qui se succèdent dans un ordre simplement chronologique, que ce qu’on appelle habituellement une stratégie (une suite d’événements provoqués par la volonté).

    Deuzio, j’ai du mal à faire la synthèse du message très dense, divers et multiple, de ses opposants, même en me centrant uniquement sur la gauche. En fait, dès que j’écoute un opposant à Hollande, je constate que ça part dans tous les sens. Mais vraiment. On a l’impression d’une somme de griefs qui s’accumule depuis le commencement du monde et qui est omnidirectionnelle.

    Centrer la discussion sur quelques thèmes opérationnels peut sembler réducteur – et le sera forcément – mais ça permettrait de remettre un peu de… comment dirais-je? d’ordre.

    Le truc con, quoi. Faire une liste d’items.

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