Valls et mes obsèques


J’ai reçu une étrange proposition, un spam électronique, un truc pour mes obsèques. Je sais bien que mon âge est truqué sur les reseaux sociaux. Mais quand même. J’ai pensé à un coup du destin. La coïncidence fut de recevoir la chose le jour même où je passais de l’autre côté de la barrière.

osèques

 

J’ai lu les copines, telles Elooooody et Cycee. Comme d’autres, elles ont été agréablement surprises par Valls.

Notre propension collective à entrer dans le jeu de la personnalisation extrême de la politique, y compris dans les colonnes de ce blog et sous ma plume, est assez inutile. Comme dirait Cécile Duflot, je n’ai rien de personnel avec Manuel Valls. Il est la goutte d’eau d’un vase qui s’est rempli depuis un an.

L’autre soir, je retweetait Jegoun et un con m’est tombé dessus sur Twitter en nous traitant, Nicolas et moi, de « putes socialolistes ». Outre sa vulgarité crasse, le pauvre garçon ne voyait pas son erreur. Cette pratique politique là traîne encore ici ou là. J’ai bloqué cet abruti, pour nettoyer ma Tweet-Line.

J’étais gravement satisfait de voir Ségolène Royal, l’une des rares politiques que j’ai soutenu longtemps, parvenir enfin à un grand ministère. Puis, j’ai réalisé que ce n »était plus le problème. Ségolène Royal est une chic dame, qui fera peut être du bon boulot. Tout comme Najat (conservée) ou Fleur (virée). Le Foll est une forte tête qui dégagera Hortefeux d’un coup de menton.

Là n’est cependant plus le problème.

Valls n’est pas plus le problème.

Arrêtons de personnaliser.

On attendait grand et mieux.

On a pareil, en moins bien.

Que le casting du gouvernement nous occupe autant est assez incroyable.

Avez vous noté un quelconque changement ?

Moi pas.

Sauf la nomination d’un mec qui n’a plus sa place, à l’issue d’une trop longue séquence qui a fini par n’être plus la mienne.

 

 

38 réflexions sur “ Valls et mes obsèques ”

  1. Entendu hier, un journaliste : « Fleur Pellerin va sans doute devenir ambassadrice Google… » à suivre.

  2. Quelle impression çà fait d’être pris pour une viande grise avant l’heure ? Il est vrai qu’on est mortel à chaque seconde depuis le début, mais quand même. Et pour les gouvernements morts nés, çà n’existe pas encore, les services obsèques ? ARAMIS

  3. On est à peu près d’accord (mais on en tire évidemment pas la même conclusion).

    « Notre propension collective à entrer dans le jeu de la personnalisation extrême de la politique, y compris dans les colonnes de ce blog et sous ma plume, est assez inutile » Oui ! Mais ça a toujours été ainsi. Ce qu’il y a de nouveau, c’est la rapidité, à cause de l’information en continu, des réseaux sociaux,… Alors que ce qui compte, ce sont les actes et les résultats.

    La personnalisation est néanmoins intéressante pour Mme Lebranchu et Taubira qui portent des textes non satisfaisants (la loi Taubira sur la réforme pénale ne peut pas satisfaire Valls et la loi Lebranchu de réforme du territoire fera perdre toutes les collectivités locales à la gauche et n’a été votée que pour faire plaisir aux socialistes) et qui restent en place marquant que, si on peut l’adapter, on ne changer pas la route pour ces textes. (pourquoi je dis ça, moi, je devrais en faire un billet vu que je n’ai rien glandé ce matin ?).

    C’est donc la conclusion qui m’intéresse. Tu dis : « On a pareil, en moins bien. » Ben non. Il y a de belles différences, notamment avec le départ de Mosco et Peillon, ce qui ont le plus foiré. Notamment Peillon qui a foiré la réforme des rythmes scolaires alors qu’elle semblait facile (on a « toujours » été à l’école 4,5 jours par semaine sauf depuis Sarko, pourquoi rater le retour en arrière ?).

    « Avez vous noté un quelconque changement ? » Comment veux-tu voir un changement en deux jours ?

  4. Aucun changement la même ligne politique basée sur la sécurité et la chasse aux musulmans qui seraient responsables de la bascule à droite. Pourtant c les mêmes causes qui auraient permis au PS de se retrouver au gouvernement parce qu’ils avaient promis un changement. S’ils tiennent 2 ans ce sera un miracle, nous allons droit vers une cohabitation . en 2017 imaginer que PS puisse récupérer son électorat relève de l’utopie avec de telles trahisons…

  5. D’accord sur tout….on a changé le casting….pas la politique…..Hollande a choisi des personnages plus aptes à supporter les critiques qui ne font pas tarder face aux « efforts à fournir »…il faudra bien justifier les milliards d’économie tout en nous faisant croire que c’est pour notre bien.

  6. En effet rien ne change pour ces animaux politiques ainsi il aura fallu plusieurs heures à Ségolène Royal pour comprendre et finalement accepter qu’elle ne pouvait cumuler les fonctions de ministre et de présidente de région. A peine désignée et déjà à coté de la plaque. L’écologie 20 ans après…

    1. Pas plus qu’elle ne pourra cumuler les fonctions d’administratrice à la BPi et le portefeuille ministériel

  7. alors ? obsèques avec ou sans fleurs ? avec ou sans musique ? incinéré ou enterré ?

  8. Je ne suis pas d’accord avec toi. Tu dis qu’il ne faut pas personnaliser et c’est ce que tu fais pourtant, comme d’autres d’ailleurs. Valls est à peine installé à Matignon que tout le monde lui tombe déjà dessus et lui prête les pires intentions du monde.
    « On » dit que Valls est de droite. « On » doute de sa sincérité. « On » estime que c’est un social traitre. « On » dit que c’est un mauvais ministre. « On » dit qu’il est intolérant. Qui est ce « on » derrière lequel se coalise déjà une partie de la gauche bien propre sur elle, celle qui passe le plus clair de son temps à s’ériger en juge des actions qu’elle est incapable de mener ? C’est tellement plus facile, par purisme idéologique, de renouer avec le confort douillet de l’opposition systématique. C’est ce que les Verts ont décidé malheureusement. J’imagine même qu’ils sont nombreux ceux qui, à gauche, regrettent le temps de Sarkozy où ils pouvaient s’en donner à cœur joie dans la critique et la personnalisation à outrance.
    Valls ? C’est le prétexte commode que beaucoup ont trouvé pour quitter le navire sans coup férir.
    Tu vas pouvoir – enfin – te lâcher comme au temps de Sarkozy. Je sentais que ça te démangeait et que tu attendais simplement le bon moment. Voilà, c’est fait. J’en suis heureux pour toi.

    1. Je crois que j’ai complété par le second billet du jour. Sur le fond, je n’assimile pas Valls a Sarko, etc. Reconnais stp, comme je le fais déjà, cette différence.

  9. Le speetch d’Hollande sur TF1 était clair : on ne change rien, sauf le papier d’emballage ! A partir de là, les ministres et le 1er d’entre eux n’ont qu’une importance relative, puisque la ligne est définie avant leur nomination . Pire, on est quasiment sûr de leur adhésion à cette ligne, sinon, ils n’auraient, probablement, pas donné suite à ces propositions de portefeuille .
    Plus crûment, la soupe ministérielle est plus alléchante que le brouet des convictions personnelles .

  10. c’est vrai que la personnalisation ne sert à rien mais cette seule réflexion si elle est utile, n’est pas forcément suffisante. J’ajouterai qu’il faut aussi regarder ailleurs….

    Par exemple, en ce moment, tout le monde est fixé sur le remaniement de Paris, mais je tiens à signaler expressément qu’il ne s’est rien passé à Bruxelles……

    je me suis permis d’introduire ce détail à l’heure du déjeuner, je vous prie de m’en excuser…

  11. si vous mettez de la graine dans une petite maison à oiseau, au bout d’un certain temps vous observez que les pies viennent manger ne laissant aucune place aux petits (roues gorges, bergeronnettes, moineaux….)

    observations :
    1° une pie bouffe beaucoup plus qu’un petit oiseau et même on peut dire que plusieurs petits ne mangent pas autant qu’une pie.

    2° si vous venez réguler, les pies sont trouillardes et se plient à la loi du plus fort…en dégageant le secteur, ensuite vous vous arrangez pour laisser picorer les petits oiseaux qui peuvent dès lors venir nombreux profiter de la masse de graine à leur disposition

    moralité :

    1° quand une puissance régule entre les forts et les faibles, la répartition est plus équilibrée

    2° si une puissance ne régule pas, la masse à verser au final pour que tout le monde profite est plus importante que s’il y a régulation..

    dans le premier cas, c’est la régulation d’un pouvoir fort qui oriente la proportion afin que chacun puisse profiter à proportion
    dans le deuxième cas les prédateurs bouffent plus que la normale et ils empêchent les petits d’accéder à un minimum

    mais ce ne sont que des oiseaux……………

  12. Le seul bémol est le maintien de Marisol Touraine qui ne comprend rien à rien. Moscovici s’en sort bien il a un poste de commissaire européen. La Commission Européenne n’Est-ce pas « le nid » des incapables de la politique ?

  13. Je n’y comprends plus rien : si Hollande fait quelque chose, c’est mal et si Hollande ne fait rien c’est mal …On dirait qu’il n’y a plus de juste milieu parmi les opinions éclairées…peut être faudrait-il réapprendre à raison garder.

    1. @ G.Rare dire qu’on a compris la colère des français et faire de telles bourdes ça s’appelle se foutre de l’opinion des électeurs et n’en faire qu’à sa tête quitte à aller dans le mur. Surtout avec Valls qui rajoute « les citoyens ont montré dimanche qu’ils voulaient plus de sécurité » ça veut dire qu’ils n’ont rien compris et c’est très grave

  14. vous faites le choix, qu’on sentait venir, de hurler avec les loups…dommage
    au revoir.

  15. cool Juan.. je veux dire tu poses ton opinion (et déception) et Nicolas (même si je n’ai pas vu Peillon pareil, mais j’ai quitté l’école y a longtemps/hélas)
    Est-ce vraiment sans espoir (expression) ?

  16. J’ai la sensation Juan, que vous êtes surtout fâché avec vous-même d’avoir fait un mauvais choix et d’avoir incité à le faire, au moment des élections par peur d’un géant de papier. Tout ceci était prévisible et rien ne sert de culpabiliser, mieux vaut assumer ses décisions. C’est juste une expérience malheureuse, il y en aura d’autres, peut-être des bonnes aussi. Cette société part à veau l’eau, partout, pas seulement en France. Elle finira bien un jour par toucher le fond pour pouvoir remonter, comme dans un tourbillon.

    En attendant, voici de quoi soigner votre déprime LOL

    Avec cette magnifique interprétation de la marche funèbre de Chopin. Je vous ferais remarquer que j’ai volontairement choisi en plus de l’interprétation une très jolie dame :-)))

    Allez, la vie continue, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul être vivant sur terre, bactéries comprises.

    1. sympa, merci pour ce piano, Chopin pas mon préféré/ »pas grave ».. aussi, ce n’est pas ce que je commanderais pour mon enterrement (?) rassure moi, il nous/me reste qqls années..
      certes, moins politique (investit) que Juan par ex (no comparable) mais comme tout le monde: chaque jour sa peine.. on n’y échappe pas.
      D’être plutôt positif et fataliste (slavitude) ..on sait d’où l’on vient pas où l’on va/connu pire, le reste à venir..
      n’empêche pas, au contraire ! quelque exigence
      pourrait-on m’en rappeler qqls’unes /sans cacophonie (aïe qu’ais-je dit) l’idéal je m’en occupe, merci
      en attendant (ce gvt plutôt qu’un autre/à 25 mois d’écart) je puise (et mes mots) dans la confiance
      what else
      ps, si y a une révo, ce truc printanier/de saison, je suis sur le pont.. qu’importe si je n’ai pas de sœur et qu’elle ne s’appelle pas Anne (/hésité à poster ce mot Juan, mais trop de respect pour le libre arbitre et tes propos)

      1. tit suisse, ce n’est pas non plus le morceau de musique que je choisirais pour mon enterrement, c’était une boutade. J’ai déjà fait ma liste, il y en aura 2. Sais pas s’il vous reste quelques années, à moi, pas grand chose. Mais ce sera debout, le moment venu, même si alitée, jusqu’au dernier souffle.

        Quant à la confiance et sa signification réelle, elle pourrait faire l’objet d’un long débat sur lequel hélas, je n’ai pas le temps de me pencher, juste maintenant.

        Mais j’aime bien vous lire et lire Juan et d’autres commentateurs aussi.

  17. Je suis déçu par toi Juan et j’ai décidé de cesser ma lecture au moins bi journalière de tes blogs. Mais avant j’attends que tu nous présente le gouvernement qu’aurait du, pour toi, proposer Hollande, dans la même configuration 16 ministres et la parité, sans oublier ton premier ministre. Je suis gentil, je ne te demande pas de nous présenter ton programme de gouvernement.
    Ceci dit, supporter de Ségolène Royal depuis 2006, je suis ravi de sa nomination.

    1. J’aurai aimé Delanoë ou même Aubry. Valls dehors, comme Mosco. Pinel dehors. Et suprême plaisir, un communiste ce qui aurait nécessité une sacrée nego…

      1. Pourquoi une sacré négo ? Il suffisait de demander poliment à Pierre Laurent et ça se serait passer en deux coups de cuillères à pot . Hidalgo avait donné l’exemple .

      2. C’est vraiment un gouvernement « resserré » ! Vous êtes devenus, les blogeurs politiques, comme les éditocrates.
        Adieu

  18. Aubry ? Vous semblez avoir un goût prononcé pour les traitres :-))) J’aurais presque envie de vous dire Adieu aussi, mais je vous aime trop, alors je reste LOL

  19. Je ne suis pas pessimiste mais plutôt soulagé que les sosslib se dévoilent enfin tels qu’ils sont à l’occasion du suffrage municipal et de celui des européennes à venir . Ces événements les contraignent à se positionner de + en + clairement face aux enjeux sociaux économiques et décillent les yeux de bon nombre d’entre nous . Regardez cette vidéo surtout de la 19ième à la 23iéme minute qui est édifiante où le grand mamamouchi de l’économie et soutien des solfériniens Elie Cohen est dithyrambique à l’égard de Valls, je cite  » J’espère que ce grand réformateur aura le courage de s’attaquer au mille feuilles territorial, à ,la réforme fiscale, aux rigidités du marché du travail et des biens  » etc…etc… : http://pluzz.francetv.fr/videos/c_dans_lair_,99438097.html . Mais , la messe n’est pas encore dite, les moutons peuvent devenir enragés…

  20. Juan, c’est quand même marrant cette façon de toujours relier la politique et la mort.

    Je ne me souviens plus des autres post où vous avez établi ce lien, tant les références sont nombreuses, alors je vais prendre ce post comme si c’était le premier, pour voir la structure.

    Au début, il y a un événement fortuit: le spam, qui vous impacte personnellement. Il pénètre votre intimité par sa mise en rapport avec un événement plus personnel et mystérieux (« le jour même où je passais de l’autre côté de la barrière »).

    On peut appeler ça le premier cercle.

    Ensuite on trouve votre rézo de socialisation: là, se nichent les références aux autres blogueurs (Elody, Cycee, Jegoun) dans le rappel de l’entre-soi, à la fois fédérateur et confortable, mais menacé par une autre forme de pénétration: la violence verbale des twittos haineux qui ne comprennent rien.

    C’est le deuxième cercle.

    Enfin, on trouve quelque chose de plus métaphysique qui exprime une tension interne sur le mode de l’aporie: en partant d’un événement qui vous a satisfait, l’entrée de Ségolène Royal au gvt, vous vous confrontez à une réalité qui vous frustre de quelque chose, mais on ne sait pas trop quoi, et vous en concluez que ce n’est plus le problème et que rien n’a changé. Comme un soufflet qui se dégonfle.

    Donc, pas de solution.

    C’est le dernier cercle, central.

    Là, vous faites penser à Bertrand Labévue, dans Lagaffe. Le dépressif chronique que Gaston n’arrive pas à réconcilier avec la vie joyeuse et insouciante.

    Mais dans le fond, tout cela est assez drôle, non? D’autant plus que dans l’intervalle, deux internautes divorcent: Castor vous dit au revoir et Brassus, déçu, vous dit adieu.

    Ya de la charge affective dans tout ça! On sent les grandes ruptures. et en même temps je serais complètement infoutu de dire pourquoi ces deux internautes vous font la gueule. C’est la part de mystère.

    J’adore les blogs, parce qu’il y a matière à pièces de théâtre. On pourrait imaginer un scénario: un dépressif chronique, donc quelqu’un d’assez inoffensif, se fait larguer par deux amis pour une faute inexpiable, et pendant toute la durée de la pièce les personnages en parleraient sans que le public arrive à comprendre vraiment les raisons: tout serait dit, mais rien ne serait verbalisé. Les personnages deviseraient de choses et d’autres, parfois profondes, parfois superficielles, mais sans qu’on puisse vraiment comprendre le pourquoi du comment du seul truc qui intéresse: la rupture.

    Non seulement la rupture des personnages entre eux, mais au-delà, leur rupture avec le public: ces personnages sont en rupture avec la société. Ils ne sont pas d’accords avec la société et sa politique. Mais on ne comprendrait pas pourquoi nous plus, alors que tout serait dit.

    Kezen pensez?

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