Retour sur les manifestations du 12 avril 2014


En France, quelques dizaines de partis et d’associations de gauche se sont mobilisées samedi pour défiler.

1. Sans surprise, on s’est disputé sur les chiffres, 25.000 contre 100.000 ? Plus surprenant, le spectre était (un peu) plus large que d’habitude. Du Front de gauche, bien sûr; mais aussi quelques socialistes, et des écologistes d’EELV.

2. Les mots d’ordre n’ont pas changé. L’opposition de gauche maintient son hostilité sans compromis contre Hollande. Comment fera-t-on l’unité ? Au-delà des partis en présence, pour qui demain pourrons-nous tous voter ensemble ?

3. Manuel Valls confirme qu’il concentre les feux. C’était attendu. Quoiqu’on dise du caractère droitiste ou pas de l’actuel locataire de Matignon, force est de constater que sa nomination fut et reste un mauvais signal que d’aucuns voudraient ignorer.

« La nomination de Manuel Valls est mieux qu’un tract pour manifester le 12 avril » Olivier Besancenot

4. Cette manifestation est apparue prématurée à quelques-uns. Défiler 5 jours à peine après le vote de confiance du gouvernement Valls, n’est-ce pas aller vite en besogne ? Non. Pourquoi faudrait-il attendre ? Les annonces de Manuel Valls sont-elles si révolutionnaires qu’elles méritent un peu d’attente ? Le mouvement a été lancé il y a quatre semaines, avec un appel de 200 personnalités. Les délais sont courts avant le prochain scrutin.

35 réflexions sur “ Retour sur les manifestations du 12 avril 2014 ”

  1. Pourquoi manifester contre Manuel Valls, qui ne fait qu’appliquer la politique décidée par Hollande?
    Ça s’appelle la technique du bouc émissaire, et Valls remplit parfaitement la fonction de « fusible » que la Vème République assigne au Premier Ministre.
    Hollande peut jouer à l’innocent :  » Il est terrible, hein, Valls? Je suis bien d’accord avec vous; si mon emploi du temps me l’avait permis, j’aurais été manifester avec vous ».
    Mais pourquoi les manifestants se prêtent-ils à ce jeu?

    1. Sauf que le « fusible » 1er ministre n’avait que très rarement une côte de popularité supérieure à celle du Président . Le style Sarkozy a plombé ( si j’ose dire ) cette notion de « fusible « 

  2. Pour pouvoir voter tous ensembles, il faudrait que les positions du PS, d’EELV et du FdG puissent se rapprocher Or, les choix du président et de son gouvernement sont à des années lumières de celles des autres partis de gauche . IL est, d’ailleurs’ significatif que la droite ne conteste que mollement les options gouvernementales .
    Lorsque les gens de gauche visent Valls, c’est parce qu’il est le symbole d’une politique dont ils ne veulent pas . Le type, en lui-même n’a qu’une importance relative . Ayrault subissait le même tir pour les mêmes raisons .

    1. Z’en avez pas marre de faire une fixette sur Mélenchon ? Il n’est pas le seul à porter des propositions différentes de celles de l’aile droite du PS et de la droite tout court .

      1. Ben là c’est justifié, tout de même, vu que la manifestation s’est réunie à l’appel du FdG…

        Il y avait aussi le NPA et deux-trois bricoles, c’est sûr.

        M’enfin, Méluche était en tête de cortège, bras dessus, bras dessous avec Pierre Laurent du PCF, et leur invité grec, Alexis Tsipras (ils ont dansé le syrtaki?)

        D’ailleurs on voit la tronche de Méluche sur toutes les photos.

        1. Bah, non ! Le FdeG, c’est le PC, le PG ( dont Mélenchon n’est que co-président avec Martine Billard ), la gauche alternative, ainsi que sept autres partis ; le NPA n’était qu’associé à la manif du 12 avril . Inutile de préciser que les composantes du FdeG, si ils tendent vers un même but, divergent parfois sur la méthode .

  3. @Alain bobards: tu réponds encore à tschok? Oui ils ont dansé le sirtaki, la carmagnole, etc, etc. Et oui nous étions bien 100000 (source sûre) mais ça aurait défrisé les moustaches de Valls de faire dire la vérité.
    Nous aurions dû manifester sitôt que FH allait au contraire de ses engagements électoraux….C’est ce qu’aurait fait ma génération en tout cas

        1. C’est volontaire; après avoir défilé une cinquantaine de mètres, vous vous êtes installé à la terrasse d’un bistrot, à regarder passer les manifestants en vous enfilant des verres de beaujolais: ça ne compte pas.

          1. Jaloux ! Même bourré, un manifestant compte pour un. C’est quand la police les recompte en fin de journée belote qu’elle divise par 4 de peur d’avoir trop multiplié en voyant double… Hic ! ARAMIS

  4. Il faudrait que nous soyons « patients »…..à supporter le poids d’une dette qu’il serait (soit disant) « urgent » de rembourser…..

    1. Rembourser un peu de la dette (on ne remboursera jamais la totalité, 2 000 milliards d’ € ) est le seul moyen pour que la totalité du produit de l’impôt sur le revenu ne serve pas qu’à en payer les intérêts.

  5. Mais, Sylvie, c’est pas urgent du touuut.

    Time is not money, enfin voyons. Attendons encore un peu. Et puis l’Europe ne nous dit rien, ou si peu. D’ailleurs on s’en fout.

    Nan, le vrai pari intelligent à faire, si on suit la ligne du FdG, c’est d’aller encore plus loin: faire péter tout le système financier en tirant au max sur la corde de l’endettement. S’endetter à la grecque, quoi. Mais pas à hauteur de 350 petits milliards d’euros de merde, comme elle. Beaucoup plus, vers les 5.000 milliards. Faut viser les 200% ou 300% de PIB, minimum, et faire un gros défaut. C’est à dire sur le tout, pas seulement sur une partie. Les Grecs sont des petits joueurs.

    Là, le système explose.

  6. Il faut faire rembourser ceux qui se sont gaver depuis trente ans en créant cette dette à coup de boursicotage et avoirs pourris et changer radicalement de politique au niveau européen. ARAMIS

    1. + Alain Bobards : je vous suis à 100%………….. mais je croiss que c’est à nous que l’on va demander de rembourser la dette abyssale des gouvernements

  7. La France remboursera sa dette lorsque les USA auront remboursé la leur . Na ! ( c’est pas demain la veille )

  8. Pour info : la dette US est de 16 700 milliards de dollars à fin 2013 et avant le relèvement de plafond de février 2014 . La France, c’est petit bras

    1. Petit bras, mais costaud, ‘tention.

      L’idée de subordonner le remboursement de notre dette au remboursement de la dette US me dérange, parce qu’ils seraient foutus de le faire, ces Ricains, rien que pour nous emmerder.

      Je vous propose de subordonner le remboursement de notre dette à un événement qui n’a absolument aucune chance de se produire.

      Par exemple, Méluche président.

      Là oui, c’est bon. On prend pas de risque.

  9. Non Aramis, vous ne comprenez pas.

    L’idée de faire rembourser une dette par ceux qui l’ont créée est TRES mauvaise: si on applique ce principe à la dette française, c’est à nous de la rembourser. Faut pas faire ça!

    La bonne idée, c’est de trouver des pigeons pour la rembourser à notre place, mettons nos enfants. Mais un jeune sur cinq est promis au chômage en ce moment. C’est des Tanguy, ils veulent pas bosser, pfffff.

    Ou bien la transférer à un créancier dont on peut se débarrasser. On pourrait refiler notre dette à l’Ukraine et ensuite, lui déclarer la guerre avec les Russes, par exemple. Les Russes nous doivent bien ça: ils n’avaient pas remboursé l’emprunt franco-russe, les salauds.

    Comme ça, on serait quitte: ils éliminent l’Ukraine, on dit OK, on signe un traité de paix qui fait passer notre dette sous le tapis, et hop! le problème est réglé.

    Autre bonne idée: la planche à billets. Quand un créancier obligataire se pointe au guichet du trésor pour obtenir son remboursement, on lui imprime un sac de billets. Si le mec veut des petites coupures dont les numéros se suivent pas, no problem, on lui imprime. Bon, on se fera virer de l’euro, mais y à qu’à le faire avec des francs. On rembourse le mec en francs, il va faire la gueule mais tant pis.

    D’ailleurs, ça implique même pas de sortir de l’euro: on reste dans l’euro, mais on imprime des francs qui nous serviront à rembourser notre dette en euros.

    Plus sophistiqué: imprimer des francs CFA. Tant qu’à faire de la fausse monnaie, autant le faire avec une monnaie qui n’est pas la nôtre, mais qu’on maîtrise un peu quand même.

    Vous noterez qu’on n’est pas obligé d’imprimer vraiment les billets, la création monétaire pouvant naturellement se faire en monnaie scripturale. D’où économie de papier et préservation des forêts. C’est écolo, en plus.

    Donc, il y a plein de bonnes idées. Mais surtout pas remboursement de la dette par ceux qui l’ont créée. C’est pas moral, je trouve.

  10. Additionnons la dette de l’ensemble des états du monde, histoire de rigoler un peu . Déjà, avec la dette US, celle de l’Europe (Allemagne incluse ), des pays d’Afrique et d’Asie, ça fait un paquet de fric . Rajoutons l’Amérique du Sud, la Russie, les pays d’Europe de l’Est pas encore phacocytés par l’UE et là, on obtient un truc génial : les créanciers irons se faire voir car, selon l’adage  » si tu dois 1000 euros à ton banquier, c’est lui qui te tient . Si tu lui dois 100 millions d’euros, c’est toi qui le teint  » , avec la dette mondiale cumulée, les chers banquiers ne devraient pas trop enquiquiner les citoyens

  11. Oui, c’est un argument qui revient souvent, mais qui ne vaut pas grand chose en réalité.

    Pour le comprendre, il faut distinguer deux trucs.

    D’une part, vous avez le stock de dette qui s’accumule: sur ce stock, on peut toujours imaginer faire un défaut, sachant que cela pourrait provoquer une crise financière européenne, voire mondiale, car environ 60% de la dette française est détenue par des non résidents, le reste étant détenu par des banques françaises, dont la vôtre, et des compagnies d’assurance, dont la vôtre.

    Le problème n’est pas tant de créer un rapport de force avec ces créanciers que de gérer la crise de liquidité qu’impliquera nécessairement un défaut. Concrètement cela signifie que votre banque ne sera pas forcément capable de représenter les fonds qu’elle détient pour votre compte dans ses livres, en dépit des systèmes de garantie. De même votre compagnie d’assurance ne sera plus forcément capable de vous servir une rente, ou de vous rembourser un dommage couvert.

    Ca, c’est une chose, mais le plus gros problème est ailleurs.

    Il est dans le flux de dette: chaque année, l’Etat a besoin de 170 milliards d’euros de capitaux pour boucler son budget. Il se les procure sur les marchés financiers. Si la France fait défaut, ces marchés cesseront de les lui procurer (c’est ce qui s’est passé avec la Grèce). Concrètement, cela signifie que l’Etat, les collectivités territoriales, les administrations sociales et les organisme publics cesseront de payer leurs agents, de régler leurs fournisseurs, de verser les retraites, les allocations et les remboursements divers.

    Plus de RSA, plus d’APL, plus de chômage, plus de remboursement sécu, plus de salaires pour les profs, les flics, les juges, les militaires, les retraités, etc.

    On utilise une image: on dit que l’Etat a assez de pognon pour faire tourner la baraque jusqu’au la fin du mois d’août, par là. Les quatre derniers mois de l’année sont financés par nos amis les capitalistes.

    Bref, cela signifie que le moteur s’arrêtera de tourner, faute de carburant.

    C’est une chose dont les FdG n’ont absolument pas conscience. Pour eux, la dette est un truc figé, comme un saladier de gélatine, alors qu’en fait elle représente du carburant: si vous coupez le robinet, tout s’arrête.

    Vaguement conscients du problème, les économistes du FdG haussent les épaules et disent: « c’est pas grave, on ira se fournir sur le marché interbancaire, via un organisme ad hoc ». Mais problème: les 170 milliards d’euros de besoin de financement de l’Etat représentent plus que le chiffre d’affaires (le produit net bancaire) cumulé des grandes banques systémiques françaises: c’est du lourd, quoi. Le marché interbancaire n’est pas conçu pour ça: il refinance les banques, pas l’Etat.

    Alors bon, on peut se la jouer kamikaze si on veut, mais il faut être bien conscient que ceux qui s’en prendront plein la gueule pour pas un rond, c’est tout ceux qui dépendent pour vivre d’un versement de fonds publics. Je vous laisse le soin de leur annoncer ce que vous envisagez de faire en ce qui les concerne, je suis sûr qu’ils apprécieront.

    1. Mon bon, le déficit de la France a commencé à se creuser en 1974, soit l’année suivante de la loi Pompidou/Giscard de janvier 2013, le chômage de masse également . Que ça plaise ou non aux économistes à la petite semaine, y a une relation de cause à effet .
      Ceci étant, les capitaux empruntés ne se cumulent pas : les amortissements, ça existe . Ce qui coûte du fric, ce sont les intérets . Par ce système, on refile la création monétaires aux banques, alors que ce sont les états, voire les fédérations d’états qui detenaient ce privilège que des politicards ineptes ou (et) vendus ont abandonné à la finance .
      Ensuite, on peut parler de la dette japonaise, à coté de laquelle, la dette française est de la petite bière . Sauf que cette dette, le Japon se la doit à lui-même et c’est une des raisons pour laquelle nul ne vient pomper l’air des Japonais avec leur dette .
      La dette Etats-Unienne dépasse les 16 700 milliards de dollars . Les ricains résolvent le problème en faisant marcher la planche à billets et, de plus, ils s’en foutent un peu parce que leur putain de faux dollars est la monnaie de référence mondiale
      Pour conclure, je suggère la lecture du J.O après le vote de la loi de finance . Il y figure des postes à faire frémir et dont la disparition ferait une véritable économie, sans nuire à l’intéret général . Y aurait plus besoin de foutre la frousse aux citoyens soit-disant responsables des dérapages budgétaires alors qu’ils en sont les victimes pour le plus grand profit de détenteurs de portefeuiles de titres (n’est-ce pas, mon brave ? )

  12. Votre bon brave répondra à sa majesté qu’il la trouve un poil confuse dans son argumentation, mais que c’est marrant quand même, vu que ça part dans tous les sens.

    En fait, c’est pas une argumentation (une suite logique d’arguments dans un raisonnement) mais une succession d’affirmations qui vous font plaisir à dire.

    Et le bon plaiiiiiisiiir de sa mââjesté est quelque chose qui m’est sacré.

    Si!

    Alors inch Allah.

  13. J’en ai autant à votre service, mon brave .
    Au fait, et ce portefeuille de tires, il se porte bien ?

  14. Je l’ignore. Je n’ai pas l’heur d’en avoir.

    Mais je note « portefeuille de tires », poétique création due à un clavier récalcitrant.

    Cela évoque une flotte de véhicules, ou un portefeuille provenant d’un vol à la tire.

    Sa majesté se dépasse.

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