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Elections européennes: oser la rupture


L’approche des élections européennes a suscité pas mal de livres et réflexions. On nous prédit aussi une belle abstention. Certains diront après coup que le sujet n’intéresse pas l’électorat.

Comme souvent, je crois au contraire que l’abstention risque d’être forte non pas tant à cause d’un manque d’intérêt mais à cause de la faiblesse de l’offre politique. On vote quand on pense que cela peut changer quelque chose, même de façon lointaine.

Comme à chaque fois, pire qu’à chaque fois, on peinera à faire la différence entre le PS et l’Ump/UDI. Même mes amis d’EELV sont trop soucieux de la construction européenne pour oser la remettre en cause. A droite, quelques souverainistes feront campagne, étouffés par le Rassemblement Bleu Marine dans le microcosme médiatique.

Car il est bien commode de surjouer la carte Le Pen, de concentrer l’attention médiatique sur cette anti-Européenne frontiste. Marine Le Pen joue à merveille le rôle de l’intégrateur négatif pour ramener l’électeur désorienté dans le droit chemin, l’épouvantail qu’on exhibe pour faire peur sur les dangers d’un sursaut national.

Bref, il va falloir crier fort, marteler durement, protester souvent pour faire entendre une autre voix. Je ne me sens pas encore totalement hostile à l’euro. Mais ces récentes années ont abimé l’image et l’espoir que j’avais dans la construction européenne. J’ai voté contre Maastricht mais pour le Traité de 2005. A l’époque, je ne croyais pas au « Plan B » défendu par les nonistes qui, d’ailleurs, n’est jamais venu. Aujourd’hui, je ne crois plus au Plan A, la fameuse et belle Europe.

J’ai visité la Commission, un sous-bureau qui s’était auto-saisi d’une enquête. Nous avions été « convoqué« . Ne croyez pas les caricatures qu’on en fait. C’est pire. La crise a aggravé cette perception initialement intuitive que le chemin européen qu’on nous imposait n’était pas démocratique.

L’Europe a toujours été un compromis plus ou moins mal fichu. La crise a un temps revalorisé le poids des États, par le biais du conseil des chefs d’Etats. Aujourd’hui, la donne est différente.

Il y a un enjeu tout trouvé, très simple à comprendre, terrifiant quand on en prend la mesure: le Traité Transatlantique.

Le Front de gauche fait campagne contre.

Mais il faudra peut-être aller plus loin encore, c’est-à-dire assumer une rupture plus forte encore avec la construction européenne, pour que cette campagne soit enfin crédible.

En prime et en dessert, la couverture de l’édition de Politis qui sort ce jeudi.

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16 réflexions sur “ Elections européennes: oser la rupture ”

  1. Il suffit de voir de quels bras cassés à recaser sont constituées les listes électorales pour s’interroger sur l’intérêt des politiques pour l’Europe. En effet en France nous avons pris l’habitude d’expédier à Bruxelles et Strasbourg ceux qui ont perdu un mandant, un poste, un ministère et qui sont dans l’attente d’un autre, ou tellement nuls mais encore assez nuisible pour qu’on leur réserve cette sinécure.
    En plus l’Europe a l’avantage de justifier leur incurie quasi permanente. Quand ça va bien c’est de leur fait, quand ça rame c’est la faute à l’Europe.

    1. Comment ça des bras cassés ? Nadine Morano, Michèle Alliot-Marie, que des saintes femmes… Je n’ai pas eu le temps d’aller voir pour les hommes.

  2. Il n’y aura ni plébiscite ni blanc seing pour l’Europe Salope du fric et de l’exclusion des valeurs humaines universelles. Pour ce qui est de la France, de nombreux députés et sénateurs commencent à faire entendre cette voix au niveau de l’orientation politique ne matière sociale exigée par ladite Europe des cravateux, rejoignant ainsi le rejet du FRONT DE GAUCHE.

    La prise de conscience s’accélère plus vite que n’en parlent les médias aux ordres (pas plus qu’ils ne parlent des événements Espagnoles et Grecs qui confinent déjà à la guerre civile et qui risqueraient de faire tache si près des élections). Je pense que l’abstention ne peut qu’être entretenue par lesdits médias faisant volontairement abstraction des événements tendant à faire bouger les lignes pour les emmener plus vers la gauche en rejetant le ronron habituel qui ennui tant les électeurs français. La tendance n’est donc pas comme voudrait le faire croire le monde de la pensée unique, mais déjà bien en train de changer de perspective en préparation des prochaines européennes, avec coup de pied dans la table si nécessité. Nous au FRONT DE GAUCHE çà suit son cours et plutôt mieux qu’initialement espéré. ARAMIS

  3. Entre un UMP qui n’ose pas faire campagne, un PS qui continue de faire avancer le titanic vers l’iceberg, la Presse relate peu cette campagne ou par des éléments négatifs. EELV a raison de vouloir valoriser l’Europe en pronant un changement par l’intérieur mais le message est mal retransmis. Idem pour le FDG . Sortir de l’Europe est illusoire en l’état et surtout élire des gens qui ne voudraient pas y aller n’a aucun intéret….(et là je ne parle pas des votes d’extrème droite et de leurs valeurs).

    J’ai entamé un article pour ailleurs sur TAFTA, histoire de montrer qui est pour, contre, les enjeux, etc….pas facile à vulgariser pour des lecteurs internautes plutôt distraits et pas intéressés par le sujet à la base.

  4. Procès sans appel, Juan, et vous avez raison sur tous les points.

    « Mais il faudra peut-être aller plus loin encore, c’est-à-dire assumer une rupture plus forte encore avec la construction européenne, pour que cette campagne soit enfin crédible. »

    Justement depuis quelques temps je réfléchi à aller plus loin, j’y reviendrai, mais je ne pense pas que « cette campagne » puisse devenir « crédible »:
    – d’abord parceque le Parlement a des pouvoirs inexistants ou ficitifs
    – ensuite parceque les élus à ce parlement croupion appartiennent à des partis libéraux (honteux ou assumés) comme l’UMP, le PS, EELV, se regroupant par affinités et détenant une très, très large majorité.

    Les nuances, plus ou moins atlantistes de EELV, plus ou moins souverainistes du FG, ne gènent donc personne à la Commission.
    En même temps faire campagne pour l’abstention, quand il y en a déjà plus de 50%, est complétement vide de signification, même si cela renforcerait l’exposition de ce vote pour ce qu’il est: un alibi démocratique (?) pour la tyrannie des marchés.

    Ayant poser ces prèmices, je reviendrai sur cette farce (et attrape).

  5. C’EST MOUVEMENT QUI PART DE L’INTÉRIEUR : Message d’un socialiste : Gérard FILOCHE

    « Le Parlement doit s’imposer

    Les dossiers arrivent à l’Assemblée : pacte de responsabilité, réduction de 50 milliards – sans doute plus – des dépenses publiques, aides aux entreprises, fiscalité, abaissement des cotisations sociales, collectif budgétaire, gel des allocations sociales jusqu’à l’automne 2015…

    Alors que les hauts salaires ne sont pas plafonnés, que les revenus de la finance sont insolents, comment les socialistes, la gauche, le mouvement social pourraient rester l’arme au pied ?

    Avec près de 100 députés socialistes signataires du texte « pour un contrat de majorité » , une alternative peut se dessiner au cœur de la gauche. Des députés vigilants, exigeants sur leur rôle, refusant le bonapartisme de la V ème République, c’est la garantie d’une réorientation possible sur le fond.

    Dans les circonscriptions, les socialistes mais aussi les citoyens peuvent intervenir, faire valoir leurs attentes.

    Les socialistes demandent à être entendus, à débattre sans attendre un congrès fin 2015, quoi de plus normal ! C’est le B.A.BA de la démocratie.

    Le 15 mai les fonctionnaires seront dans l’action dans l’unité syndicale pour défendre leurs salaires et nos services publics. Nous les soutiendrons. D’autres initiatives sont en préparation.

    Plus le mouvement s’amplifiera sur le terrain social, plus des socialistes s’exprimeront contre l’austérité et pour changer de cap, et plus l’alternative sera possible.

    Réorienter l’Europe
    Le 25 mai, les élections européennes pourraient être un formidable moyen de peser pour « réorienter l’Europe ». Ce ne sera même pas le slogan de campagne de la direction intérimaire socialiste élue le 15 avril. Comme si la résignation devait l’emporter.

    Eh bien non, nos candidats, nos militants resteront fidèles aux orientations fixées au Bourget, élaborées depuis 2005 au sein du Parti socialiste et singulièrement dans son projet pour le changement en 2012.

    Car seule cette orientation a prouvé qu’elle mobilise l’électorat et rassemble la gauche.

    Il n’y a pas d’accord pour que la France puisse étaler dans le temps la réduction de son déficit vers les 3 %. Ni Merkel, ni Barroso n’en veulent ! Il faut donc leur imposer, ré-orienter l’Europe ! Unifier la gauche en ce sens.

    Un rassemblement national en juin
    Des discussions sont engagées entre responsables socialistes des motions 3 et 4, avec Uma et d’autres qui souhaitent ouvrir une autre perspective que l’austérité.

    La date est arrêtée. Ce sera le week-end des 21 et 22 juin. Le contenu est à construire mais il faut réserver cette date, faire venir massivement à ce rassemblement national des socialistes contre l’austérité.

    Rien ne se fera sans des socialistes mobilisés sur un projet socialiste qui réoriente l’Europe, relance la demande et réponde aux attentes sociales. Et rien n’avancera sans une gauche unie. L’alternative est à construire ! C’est possible en renouant les liens avec toute la gauche. Cela commence le 21 juin.

  6. J’ai visité la Commission, un sous-bureau qui s’était auto-saisi d’une enquête. Nous avions été « convoqué ». Ne croyez pas les caricatures qu’on en fait. C’est pire. zut ça manque de détails. tu veux dire pire que le spectacle de tête d’oeuf OCDE de 30 ans qui t’explique dans un reportage à la commission de BXL qu’on doit allonger ceci , moins payer cela ? Et attention a ne pas accuser non plus l’UE d’être responsable de certaines lâchetés : elles existent chez nous, par exemple rien n’empêche la Caisse de Dépôts ou la banque postale d’aller demander 20 milliards a 0.4% à la BCE pour financer un plan de relance/soutient des PME/TPE/ETI a faible cout pour elles.. rien n’empêche cela sur le papier ou dans les traités. Demandez vous alors pourquoi et comment et où se trouvent les blocages.

    1. ah j’y reviendrai sur cette anecdote. Elle était croustillante. Et tu as raison, les « nationaux » sont tout autant complices de la situation… Tu devrais lire le bouquin de Coralie Delaume, excellent sur la matière. J’en ferai une chronique prochainement.

  7. Delaume, Lordon, mais aussi une foule d’études, de rapports sur le fonctionnement des bidules de l’UE,
    les évidences comme la concurrence fiscale et sociale à l’intérieur du périmètre qui ne peuvent amener qu’au moins disant au point de vue économique et social…

    il y a les résultats visibles des modèles appliqués aux états du sud et dont les chiffres sont clairs..et malgré tout, on nous annonce des tailles maous dans les dépenses.

    dans ce cadre d’obéissance à l’UE et ses 3% magiques ; je lisais le journal (local) ce matin. Le plus marrant est que le ou les journalistes qui ont décortiqué le scénario du plan valls amalgament les chiffres du plan présent avec ceux issus d’études de l’OFCE sur la création d’emploi AVANT l’annonce de ce fameux plan……

    c’est d’autant plus idiot que le chiffre de 150 à 200 000 emplois créees est déjà mis en doute dans le rapport de l’OFCE qui annonce un effet récessif sur 2014 et 2015, en cas de compensation du CICE (le pacte à l’époque ,n’était pas en jeu) par de la TVA, mais si vous y ajoutez les tailles annoncées, le topo de création est totalement caduque…..
    cela s’explique assez bien, notamment sur l’effet des investissements publics qui risquent de diminuer et sur les emplois d’avenir dont les principaux pourvoyeurs sont les assoc de l’ESS et les collectivités locales……

    je ne pense pas que ce soit volontaire (quoique) mais ça indique quand même le niveau de perdition ou d’enfumage ? dans lequel on se trouve;

    la niche est sur le chien..

  8. Stanislas : c’est de la bêtise tout simplement: ils ne savent pas chercher les informations.
    Juan : faudra que je le vole dans une librairie (c’est ça ou je mange). sur le sujet dont je parle c’est la bande de lobbyistes de Bercy qui bloque, on ne va quand même pas concurrencer les banques privées…. Tout ça était visible dans le lancement de la BPI qui n’est que la reprise d’OSEO sans grand chose de plus en terme de capacité d’action. Le pire là c’est de voir ce gouvernement penser comme des benêts que leur CICE partira a 100% en investissements productifs. Un trader m’a rappelé dans twitter (ils sont gentils parfois) que cela allait être rapidement l’objet de titrisation des dettes de PME: pour mettre tout ça dans la machine magique à profits pour le caste financière. Décidément tout se tient.

  9. donc on résume

    augmentation des dépenses publiques ou plutôt transferts nets vers les entreprises 35 patates *
    + baisse d’impôts IS ou pour particuliers de l’ordre de 10 patates au bas mots

    soit en gros 45 à 50 milliards de dépenses supplémentaires par rapport à l’année précédente

    baisses des dépenses publiques : 50 patates *

    à l’école ça ferait (+ 50) + (-50)= 0

    mais en politique économique ça ferait donc des économies de dépenses…

    ce qui va changer au final (sinon ça sert à rien)
    – on arrose là où les dividendes sont les plus importants (puisque le CICE et le pacte permettent de toucher des sommes directement proportionnelles à l’envergure + l’écart de proportion de la masse salariale entre SMIC et 2.5 SMIC)

    – on va réduire les dépenses dans le champ du social ; associations, hébergement, ESS, là où les bénéfices sont réinvestis quasi totalement…et collectivités locales

    réduction de dépenses à divers titre sous différentes appellations :

    – celui des collectivités locales dont les départements où les dépenses sociales sont de l’ordre de 50 % des dépenses
    – réduction dans le champ de la protection sociale
    – réductions dans l’assurance maladie….

    suivant les options par exemple dans le cas des vieux (j’aurai pu dire séniors mais ça fait actif) : il y a l’aide à domicile, l’APA, l’hébergement, le soin qui sont dans le champ du possible, (département, ARS, Assurance maladie)

    donc la distribution de dividendes est récompensée à fond la caisse……c’est vrai quoi une assoc loi 1901 qui fait pas de bénéfice mais emploie du monde, c’est d’un ringard…..

    je fais mon gauchiste à fond, c’était juste pour causer…

    * une patate = 1 milliard

  10. les économies annoncées sur les collectivités locales sont de l’ordre de 5 % des dépenses…
    si on suit les budgets et leur composition ça va être chaud pour décaper..

    le remarquable est qu’il y a moins de deux ans, il y a eu un plan contrats d’avenir (90 000 emplois) dont les pourvoyeurs ont été les collectivités locales et les associations du champ non marchand…

    à mon humble avis, va falloir prévenir les jeunes que la suite va être raide..

  11. alors vous allez me dire, quel rapport avec l’UE ?

    eh bien tout ça c’est pour obéir au 3 %… noté sur un coin de table un jour où des crânes d’œuf avait bu un canon de trop….

    c’est bizarre l’histoire…on dirait celle de la tarte tatin

  12. C’est avant tout pour « dresser » les peuples et leur apprendre à obéir pour être prêts la grande curée de la mondialisation, si çà marche, la suite sera hard… ARAMIS

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