Décroissance, enfin ?


« Le Graal de tous les hommes politiques c’est la croissance, la croissance, la croissance. Mais la croissance obéit à une loi terrible qui est la loi exponentielle. Une croissance de 3% par an, qui serait le rêve de nos dirigeants, si elle est soutenue pendant 25 ans, elle produit un doublement de nos dépenses économiques. Et la terre est finie, nos ressources sont finies. »
Serge Haroche, prix Nobel de physique, France info, 13 avril 2014.

Ce lundi, la nouvelle édition du magazine Décroissance des Casseurs de Pub sera expédiée à ses abonnés et dans les kiosques. Pour l’heure, il vous reste 24 heures pour acheter le numéro précédent…

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14 réflexions sur “ Décroissance, enfin ? ”

  1. Un journal des plus intéressants, encore qu’en se disant « le journal de la joie de vivre » il se montre quelque peu abusif : il est plus hargneux que joyeux.
    Je n’en rate pas un numéro (mais je préfère L’An 02, et Les Z’Indignés).

  2. Ce qu’il y a de bien en France avec la décroissance, c’est qu’on l’a, de base, sans qu’elle procède d’un choix voulu.

    Du coup, ça rend le discours sur la décroissance (ça remonte loin, club de Rome, années 70) un peu décalé: demander aux gens de consommer moins alors qu’ils ont du mal à boucler leur fin de mois, c’est juste une bonne blague.

    Ou bien alors, on parle de la décroissance des autres: les Allemands, trop riches et puissants, les Ricains, trop innovants et dominateurs, les Chinois, trop hégémoniques, etc.

    A ce moment là, le discours de la décroissance devient un discours de faibles, de loosers, de recroquevillés, qui dissimulent leur angoisse de rétrogradation sous une apparente joie de vivre, procurée le plaisir des choses simples, celles qui viennent du terroir: le potager, la ruche et son miel, tout ça quoi.

    La France deviendrait alors un pays de Hobbits, alors que la guerre avec Sauron se déroule, loin de nous et engage toutes les forces disponibles. On profiterait du fait qu’on est un pays de cocagne, avec des terres fertiles et un patrimoine architectural de premier ordre: au lieu de vendre aux touristes les paysage de Nouvelle Zélande, on leur vendrait Chambord.

    C’est ça qui ne me rend pas la décroissance très attirante: je devine le prétexte pour nous claquemurer dans une sorte de splendide isolement. Avec notre clacos non pasteurisé, fuck Europe.

  3. Décroissance et déconsommation sont les deux nouvelles mamelles souhaitables de la France. C’est comme si on souhaitait grandir toute notre vie à raison de 3 centimètres par an, en partant de la taille d’un bébé de 50 cm… A partir de 50 ans ce serait : démentiel, absurde, énorme, monstrueux démesuré ! Un peu comme l’est devenu notre économie adulte qui réclame toujours plus… Arrêtons enfin la connerie; ARAMIS

    1. Il y a une différence entre grandir et grossir.

      A 62+, j’imagine que votre corps produit, pour chaque bouchée, plus de graisse que de muscle ou d’os.

      Il emmagasine, quoi. Et il le fait plus facilement à votre âge qu’à 20 ans.

      La croissance, c’est pas grossir: c’est se muscler, produire de l’os, et aussi du neurone et de la vue. Toute chose que la vieillesse n’épargne pas.

      Vous voulez que les autres êtres humains soient comme vous: obnubilés par un régime minceur. Un truc de vieux gros, quoi.

      Jamais avant l’heure vous répondront-ils.

      1. Et vous , Votre tronche de sgay doit ressembler à un gros bibendum gélatineux rempli de sperme de phoque. « La croissance c’est se muscler », qu’est-ce qu’il ne faut pas lire comme connerie. Vous devez avoir de sacrés carences dans le domaine la Denrée. La croissance correspond en une: étude des modifications morphologiques de la taille ou du volume de tout ou partie du corps,de la naissance à la fin de l’adolescence. La France, l’Europe, le monde sont-ils encore e période d’adolescence cosmique et peuvent-ils raisonnablement continuer ce forcing compte tenu des la vitesse à laquelle leurs énergies non renouvelables sont exploitées pour la fameuse « croissance » ? Il a compris le garçon, il va pouvoir faire son rototo ?

        1. Beurk, c’est dégueu. Vous avez de drôle de choses dans la tête, je trouve. Ca a souvent rapport au sexe. Enfin bon, passons.

          Quand vous êtes en face d’un stock d’énergie non renouvelable, vous avez deux options:

          – Consommer le stock, ce qui conduit logiquement à son épuisement. Le résultat est que vous ne disposez plus de cette énergie. Mais vous avez pu en profiter.

          – Renoncer à consommer le stock, par crainte de l’épuiser. Le résultat est que vous ne disposez pas de cette énergie. Donc, vous n’en profitez pas et vous n’en profiterez peut être jamais car vous aurez toujours la crainte de l’épuiser.

          Dans les deux cas vous êtes confrontés à une indisponibilité de l’énergie, soit par épuisement, soit par renoncement. Mais dans un cas seulement, vous avez pu l’utiliser.

          Lorsqu’une énergie n’est pas renouvelable, l’option raisonnable se décide donc en fonction de ce que vous comptez faire: en profiter ou pas. Si vous n’avez aucun besoin, inutile d’épuiser le stock. Si vous en avez, épuisez le. Une fois que c’est fait, trouvez un autre stock. Et une fois que ce stock est épuisé, passez aux technologies de production d’énergie renouvelable.

          Mais???! Oooooooh, c’est ce qui se passe dans le monde réel! Ca alors! On appelle pas ça la transition énergétique?

          Le problème n’est pas l’épuisement des stock, puisque par définition une énergie non renouvelable s’épuise. Le problème, c’est de bien savoir l’utiliser, puis de passer aux technologies alternatives. Surtout, le gros problème est celui de la pollution. Qu’on épuise des stocks d’énergie non renouvelable est une chose qui relève de la fatalité. Mais qu’on bousille notre environnement, c’est autre chose, et c’est complètement différent.

          Mais ça, vous n’en parlez pas.

          Vous êtes simplement dans l’angoisse de l’épuisement du stock. Premier réflexe: réduire la conso. C’est juste ça votre réaction. Les tripes ont causé. Puis vous enrobez ça dans un discours moralisateur new age de vieux gros, qui a bien profité de la vie et qui demande aux autres de se serrer la ceinture pour que sa petite existence à lui soit préservée.

          C’est pas super viril comme attitude, d’où vos constantes allusions à caractère sexuel?

          1. Mon frère avait un perroquet qui ne parlait pas et je m’étais aperçu qu’il était dyslexique, alors je me suis dévoué à le faire parler en commençant par le fameux : « bonjour coco » jusqu’à lui apprendre des termes plus soutenus du genre  » pittoresque la gonzesse ! » qui faisait un bel effet sur la gente féminine en visite. L’animal avait tellement progressé qu’il avait appris par cœur les discours des journaleux de la télé et pouvait le répéter intégralement sans fausse note. Une vraie attraction de foire. Bien sûr il ne comprenait pas grand chose à ce qu’il débitait, mais çà faisait tellement plaisir à son maître qu’il n’en finissait plus de répéter la chose. ce con de perroquet avait fini par croire qu’il était vraiment intelligent et commença même à contredire son maître lors de discussions familiales orientées à gauche. Il était devenu ultralibéral sans le savoir et çà dans une famille de gauchos çà ne passe pas. Du coup, le frangin s’est mis à lui appliquer la politique qu’il trouvait si « formidable » et il est mort de faim sans même avoir compris ce qu’il lui arrivait. Moralité, rien n’est neutre et jouer les perroquets sans comprendre de quoi on parle en définitive, peut devenir contre productif. Vous êtes dyslexique vous ?

            Conclusion : Quand je veux que mon contradicteur finisse par abonder dans mon sens, je ne lui demande pas directement, je fais en sorte qu’il y vienne de lui même et apparemment c’est fait ! Si je vous avais parlé du programme de MELENCHON sur la transition énergétique, vous m’auriez opposé encore une de vos théories fumeuses issues du crane de paf d’un de ces journaleux ultralibéraux qui pullulent dans le maelstrom médiatique. Vous voyez quand vous voulez vous donner la peine de réfléchir par vous-même ? PDR. ARAMIS

  4. Je n’y connais pas grand’ choses sur les sources d’énergie . Néanmoins, il me semble que les ressources naturelles ne sont pas inépuisables, la disparition du gaz de Lacq en moins de cinquante ans en France et la dépendance de plus en plus grande des US vis à vis des pays producteurs de pétroles ( le gaz de schiste, en plus d’être polluant, semblant être une ressource limitée dans le temps ) sont là pour le rappeler . Donc, il parait aberrant de tout miser sur la croissance, laquelle dépend tout d’abord, des ressource naturelles disponibles . Sans doute faudrait-il revoir de fond en comble la structure des échanges commerciaux internationaux . Ce serait un premier pas vers une répartition mondiale équilibrée . Mais ça tendrait à reconsidérer la notion de profit . Y a du boulot !

    1. J’espère que vous ne vous êtes pas donné du mal pour écrire ce com, ce serait vraiment du gâchis d’énergie.

    2. C’est bien de çà qu’il s’agit Alain : le grossium qui n’en finit pas de se gaver a toujours le réflexe de voir les économies sur le dos de celui qui vivote. comme tu dis, y a du boulot et ce n’est pas avec un gus comme Hollande qu’on va arriver à inverser la tendance… ARAMIS

  5. Rien d’étonnant de la part d’un prix Nobel de physique
    qui doit connaitre les lois de la thermodynamique et les phénomènes d’enthropie croissante.

    Il y a une finitude des ressources physiques, et le propre de la croissance économique est de consommer toujours plus d’énergie. Pour beaucoup la stagnation de ces sources d’énergie facile, notament les produits pétroliers est le facteur limitant entre autres par effet de prix de toute croissance et donc de reprise.
    Il y a une corrélation très étroite entre la croissance puis stagnation des courbes de la production des produits pétroliers et le PIB mondial.

  6. La croissance est une idéologie de la bourgeoisie qui veut éviter de renoncer à ses privilèges.

    La décroissance n’est pas la récession, car il s’agit de croître dans certains domaines (au hasard les énergies renouvelables) et de décroître dans d’autres. Or la récession actuelle ne s’accompagne d’aucun plan d’investissements pour l’après pétrole (je vais passer pour un keynésien tiens).

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