Génocides: le temps des réconciliations


Quand il y a une avancée quelque part, on la prend, on la célèbre, on applaudit.

Mercredi, le premier ministre turc a exprimé ses condoléances aux victimes arméniennes du génocide de 1915. Ce n’est pas encore une reconnaissance du génocide lui-même.

On applaudit.

Dimanche, le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, a qualifié l’holocauste de « crime le plus odieux » de l’ère moderne, et « exprimé sa sympathie pour les familles des victimes juives« .

On applaudit.

J’ai toujours été frappé de constater trop régulièrement comment d’anciens drames historiques pouvaient être source de tensions parfois violentes plusieurs générations plus tard. La Shoah est encore aujourd’hui objet de contestation ou de relativisme chez certains esprits faibles. Idem pour le génocide arménien 99 ans plus tard.

Je vous renvoie donc, une nouvelle fois, vers ce lieu de mémoire déjà évoqué sur ce blog. C’est du tourisme utile pour l’esprit, l’émotion et la mémoire.

16 réflexions sur “ Génocides: le temps des réconciliations ”

  1. Concernant la Turquie, beaucoup jouent sur les mots. prononcer des condoléances revient à reconnaître qu’il y a eu massacre….Mais ce que je regrette, c’est l’attitude d’extrémistes comme Aznavour qui n’hésitent pas à afficher leur haine des turcs à des sorties de concert . La reconciliation est dans les deux sens et l’empire Ottoman a aussi subi de lourdes pertes en d’autres temps. La reconciliation c’est aussi le Kosovo (où la aussi on retrouve l’empire Ottoman et ses alliés albanais face aux serbes) dont on ne parle plus mais où la situation reste tendue. La scission n’a rien réglé, au contraire. Elle entretient un désir de revanche comme l’Alsace et la Lorraine pour nous ou le traité de Versailles.
    Mais je suis plus inquiet sur la montée des nationalismes en Asie, que ce soit en Thailande, Inde, Chine, Japon, avec des conflits latents qui visent aussi à contenir la progression de ce continent.

  2. Ce serait formidable si ces divers repentir étaient vraiment sincères . Mais il flotte sur eux comme un parfum d’opportunisme qui laisse perplexe …!

  3. Ce srait formidable si ces divers repentir étaient vraiment sincères . Mais il flotte sur eux comme un relent d’opportunisme qui laisse perplexe..!

  4. Repentir, regrets, remords: tous ces mots ne sont pas synonymes, et impliquent des démarches psychologiques très différentes.
    Ce qui compte, ce n’est pas de dire  » Tout ça, c’est bien triste », mais de dire  » Nous avons eu tort de faire ça ».

    (d’ailleurs, les Palestiniens ou les Iraniens n’ont pas à se « repentiir » de la Shoah, dans laquelle ils n’étaient pour rien; tout ce qu’on leur demande, c’est de ne pas la nier ou la minimiser).

    1. Si on suit votre raisonnement, les citoyens actuels ne sont pas responsables des conneries de leurs parents et donc, n’ont pas plus à regretter, avoir des remords et du repentir, pas plus que les gamins d’aujourd’hui ne seront responsables des saloperies qui se font en ce moment à travers le monde .

        1. Donc, Erdogan qui n’était pas né en 1915, n’est pas responsable du génocide arménien . Et donc, toutes ces déclarations de regrets, repentir, remords sont parfaitement insincères et simplement opportunistes .
          C’est mieux comme ça ?

          1. @ Alain Bobards
            les enfants ne sont pas responsables des actes passés de leurs parents,
            mais l’Etat, avec le principe de continuité de l’Etat, reste lui responsable:
            – par exemple le Japon n’a jamais formellement reconnu ses crimes contre l’humanité en Mandchourie, contre les esclaves sexuelles coréennes pour ses troupes, traitement des prisonnier de guerre, etc. pourtant certains génraux ont bien été pendus après l’armistice.
            – par exemple la France n’a jamais reconnu l’ombre d’une responsabilité dans le génocide au Rwanda, mais a armé et entrainner ses forces, les médias français ont subtilement encouragé la lutte contre l’invasion d’anglophones, les a traité de Khmers noirs (leMonde).

            1. La notion d’etat est à géométrie variable pour les gouvernants . Le meilleur exemple est la République, Veme du nom – mais ce serait pareil pour les autres – ayant des difficultés à reconnaitre les crimes commis par l’Etat Français du maréchal, parce que l’Etat Français, ce n’était pas la République . Et ne parlons pas des massacres perpétrés durant la période de colonisation en Afrique . Qui s’offusque, haut et fort, sur les emprisonnements de Guantanamo, couverts par le Patriot Act, qui est la honte d’un pays soit-disant démocratique comme les US . Et, puisque vous l’évoquez, combien de massacres contre des populations ne sont connues que parce que des ONG dénoncent ces faits, les Etats ne s’émeuvant que contraints et forcés, le plus souvent parce que des intérets de toutes sortes étant en jeu, c’est mauvais pour les affaires que ces faits soient connus .
              C’est pour cela que ces séances d’autoflagellation sont d’une hypocrisie sans nom, même si elles donnent bonne conscience aux citoyens dont les dirigeants ont exprimer regrets, repentir etc…

          2. Non, ce n’est pas mieux : on peut fort bien n’être nullement responsable d’une chose survenue et néanmoins exprimer le regret qu’elle ait eu lieu, ce n’est nullement incompatible. Par exemple, on ne peut me tenir pour responsable du déclenchement de la Révolution française ni de la Terreur qui l’a fort logiquement suivie, mais cela ne m’empêche nullement de regretter à haute voix que ces événements funestes se soient produits.

            1. Dans ces conditions, il en est de même pour toutes les guerres . A l’occasion du 7 mai 1954, jour de la chute de Dien BIen Phu, il serait bon d’exprimer les regrets et plus, pour avoir fait zigouiller durant 7 ans, des trouffions Franco-Vietnamiens et des populations indochinoises et j’attends, avec curiosité, que des gouvernants expriment aux populations, leurs regrets, leurs repentir et leurs remords, au nom de la République qui a envoyé se faire tuer 1 400 000 de ses citoyens en 1914-1918, tout ça pour recommencer 20 ans plus tard En cette période de commémoration du centenaire de cette guerre, ça aurait de la gueule, ce serait Jauréssien, lui qui jusqu’à son assassinat, a lutté pour retarder l’échéance .
              On peut toujours rèver

              1. @AB
                Je vous rejoint sur la boucherie que les états organisent périodiquement, les guerres de conquètes coloniales étaient ignobles, les guerre d’Indochine et d’Algérie, plus l’expédition lamentable de Suez avaient, j’espérai, définitivement calmé les ardeurs belliqueuses.
                Le zéle Atlantiste de nos « dirigeants » et mediocrates imbus de compétitivité made by USA sont capables de tout, y compris la guerre.

            2. Le regret qu’une chose ait eu lieu est une question personnelle: vous pouvez regretter que la Terreur ait eu lieu ou bien qu’elle n’ait pas eu le temps de guillotiner davantage de gens, ça ne regarde que vous et on s’en fout.
              Mais qu’un dirigeant politique se réclamant comme héritier du robespierrisme regrette la Terreur ou qu’il s’en félicite n’est pas indifférent.

              (à propos de votre « la Révolution française ni de la Terreur qui l’a fort logiquement suivie », je vous fais remarquer que les Anglais ont aussi décapité un roi, mais s’en sont tenus là; et qu’on voit mal pourquoi la Révolution bourgeoise de 1789, qui s’est terminée par la monarchie constitutionnelle et par Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 qui est notre fête nationale, devait nécessairement déboucher sur la Terreur)

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