Petit(e) raciste, soigne-toi

Un peu d’humour.

Servir la soupe

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Combien sont-ils à servir la soupe ?

 

C’est une question posée il y a peu par un proche. L’expression est détestable mais précise. Elle désigne une forme de servilité consentante mais contradictoire. Servir la soupe équivaut à aider quelqu’un qu’on ne devrait pas aider. Quand on m’explique que l’actuel gouvernement « sert la soupe » du Medef, je m’interroge. Qu’il agisse en faveur des intérêts du patronat, c’est assez clair. Citons le Pacte de responsabilité ou la évente annoncé de François Rebsamen qui veut mettre entre parenthèse les seuils de représentativité syndicale instaurés sous Mitterrand en 1982. J’ai fini par croire qu’il était, comme d’autres, convaincus que ces mesures seraient utiles et pas contradictoires avec le progrès social qu’il est censé incarner.
Bref, le gouvernement ne sert plus la soupe. Il est passé en cuisine.

Il serait temps que la gauche s’occupe du Front national

Il serait temps.

On a chacun nos explications sur la mauvaise réplique à l’invasion frontiste.

Je tiens à modérer ce dernier point. Le FN stagne ou progresse peu en nombre de voix. Mais la désertion des urnes est si massive qu’il n’aura bientôt plus besoin de convaincre quiconque pour devenir majoritaire. On appelle cela la victoire par défaut.

« S’occuper du Front national », ce n’est pas se contenter de cris d’orfraie contre lui. Bien sûr, le FN est l’ennemi, l’ennemi de la République, de notre histoire, de notre avenir.

J’accepte de discuter avec beaucoup de monde, de gauche, de droite, du centre et d’ailleurs. Le FN, c’est-à-dire un mouvement pour lesquels ce que compte encore ce pays de nazis et suprémacistes blancs appellent à soutenir, ne fait pas partie de mon périmètre de débat.

Une fois rappeler cela, il faut passer à l’essentiel.

S’occuper du FN, cela signifier trois choses.

1. Nier que l’immigration est un problème, mais veiller à ce que l’intégration soit réussie.

2. Protéger les classes dites populaires, c’est-à-dire finalement une bonne grosse moitié du pays si l’on accepte de considérer qu’un revenu inférieur à 1500 euros net par mois ne permet pas de se projeter dans l’avenir.  A ce propos, l’effort de redressement n’est pas juste quand ses promoteurs mettent sur un pied d’égalité les fragiles et les aisés.

3. Cesser de couiner et sortir les drapeaux bleu-blanc-rouge, les tribunes d’intellos, les pin’s sur la veste et autres chansons aux sanglots étranglés contre la « République menacée« . Oui, la République est menacée, mais l’incantation théorique n’a plus aucune espèce de prise ni d’utilité.

Même pour moi, c’est dire.

 

 

 

(*) Un autre billet complètera ces propos. Là, je suis presque déjà fatigué de l’écrire.

Communiquer sur la précarité

Le Chemin de Pierre est une chanson en deux versions lancée par la Fondation Abbé Pierre. Votre serviteur apprécie particulièrement celle qui suit.

On pourrait moquer les bons sentiments,  ces mobilisations médiatiques qui ne serviraient à rien. Et pourtant…

Qui pense que l’on parle trop de la précarité en France ?

C’est la seule question qui compte.

Ces campagnes marketing, qui utilisent avec plus ou moins d’efficacité les techniques de l’image et de la séduction commerciale pour attirer les consciences sur leur cause sont inévitables et souhaitables.

Quand vous regarderez la Coupe du Monde du foot…

… vous penserez aux émeutes au Brésil, à ce décalage entre le rêve d’un sport magique et la réalité des excès qu’il assume. Au Brésil, la Coupe du monde attire le fric qui manque à des millions d’autres. Au Qatar, sans attendre la compétition de 2022, la Coupe du Monde tue déjà, des ouvriers immigrés écrasés par la chaleur.

Avant de regarder la Coupe du Monde du foot, vous regarderez cette pub:

 

Quand vous regarderez la Coupe du Monde du foot, vous penserez à cette photo, saisissante.

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Qui va sauver la droite ?

L’effondrement de l’UMP au lendemain d’un scrutin européen qui était d’abord un échec général est une mauvaise nouvelle pour le pays.  Copé a démissionné, emporté par un scandale qui n’en finit plus de rebondir.

1. A gauche, on aurait tort de se réjouir. Les têtes-à-têtes électoraux avec l’extrême droite sont de mauvaises choses pour la démocratie. Le FN prouve tous les jours les risques qu’il fait porter au débat politique serein et démocratique: violence des mots, haine des propositions, absurdité des idées. Le FN est une rage sans générosité ni solidarité ni avenir. On épiloguera plus tard sur ce constat subjectif mais sincère. J’ai bien conscience de choquer certains électeurs « sincères » qui ont cru exprimer leur colère en votant FN. Mais répétons l’argument: le FN n’est pas un adversaire, c’est un ennemi.

2. La France est un pays aux multiples opinions, aux multiples couleurs. La droite républicaine, « bonapartiste » comme l’appelait comme René Rémond, existe dans ce pays. Nul ne peut se réjouir que certaines de ces idées ne soient plus incarnées politiquement par un mouvement stable, honnête et républicain.

3. Mon antisarkozysme primaire me conduit à penser que l’affaire Bygmalion est l’un des épiphénomènes de cette droite décomplexée chère à Nicolas Sarkozy. Pour l’ancien monarque, qu’importe les moyens, seule comptait la victoire. Il a déçu à droite, profondément, on l’oublie trop souvent. Pour tricher encore davantage sur les règles de financement politique, la direction de l’UMP a osé la surfacturation de conférences internes (et alléger ainsi le coût des meetings de l’ancien monarque). C’est une honte.

Bref, il est urgent que la droite politique se régénère.