Pourquoi l’opposition de gauche se plante contre Hollande


L’avantage des anniversaires politiques est qu’ils permettent de revisiter pourquoi on est là, ce qu’on pense, où l’on va, ce que pense nos ami(e)s, lectrices, lecteurs, consoeurs et confrères.

C’est bizarre.

Je sens une gentille satisfaction des opposants de gauche à voir grossir leur cohorte, ou, plutôt, se vider la cohorte des supporteurs du gouvernement. Je ne regarde qu’à gauche, car n’évoquons pas, pour simplifier, le retournement politique d’un centre-droit qui après s’être débarrassé d’un Sarkozy nauséabond s’imagine désormais à nouveau, comme tous les 3 ans, comme la troisième voie providentielle.

Pourtant, rien, absolument rien n’indique que l’opposition de gauche réussisse grand chose. J’observe les sondages (je sais, j’ai tort). Et je vois que nous sommes seuls, très seuls. Faibles, très faibles. Je voterai sans doute FDG encore une fois. Je dis sans doute non pas parce que mes opinions sont instables (quoique), mais parce que l’offre politique « officielle » sait désormais me dégouter très rapidement. Il suffit de peu, voyez vous.

Bref, revenons à la « gauche de la gauche ». J’espère, je prie, et j’oeuvre pour que le choc de simplification idéologique ait lieu. Qu’on exprime un dégout violent pour ces tergiversations qui ne sont que libérales sur le « cout du travail ». Mais il faut convaincre largement.

Et là, ça se corse.

La gauche « qui raille » à laquelle je devrais désormais appartenir est faible, très faible. Atone. Certains en sont encore réduit à donner des leçons, à faire des tris (paix à leur âme). Lueur d’espoir, je crois deviner qu’un Mélenchon et quelques-uns de ses proches (pas tous) comprennent qu’il faut tendre la main pour convaincre, sans lâcher sur le fond.

L’autre solution est que davantage encore de supporteurs devenus soutiens critiques expriment simplement leur ras-le-bol et passent ailleurs. Exprimez votre opposition, c’est ce que je disais à Gérard Filoche hier sur Twitter. Plus nous serons nombreux hors de ce système et non plus à l’intérieur, mieux nous nous porterons pour défendre autre chose.

Le reste est insuffisant.

filoche

 

27 réflexions sur “ Pourquoi l’opposition de gauche se plante contre Hollande ”

  1. Ah ha ha hA ! « c’est quoi ce Filoche ? » Voilà que les socialos ne reconnaissent plus entre eux, maintenant ARAMIS

  2. La main tendue, elle est disponible depuis un moment, au FdeG . Le problème, c’est que le PS la prend pour un crachoir
    Et comment, après la lecture des 101 pages du « programme de réformes  » que Valls présente à Bruxelles, peut-on croire dans le baratin d’Hollandréou ( surnom désormais justifié ) et de son premier ministre ?
    La main tendue finira par devenir un poing ( électoral )

    1. Je vous suggère d’aller faire un tour sur boursorama.com . Vos chiffres me paraissent plutôt pessimistes, ou alors, les actionnaires seraient masos, vu que l’immobilier, par exemple, est supérieur aux rendement que vous annoncez

  3. Juan,

    J’ai pris en vol ce matin un interview de Clémentine Autain sur France Culture et je me suis dit, comme ça, bêtement, qu’elle collerait sans doute mieux que Méluche à votre karma, si j’ose dire.

    Elle est féministe, écolo, de gauche bien sûr, elle résume bien l’ambiance de déception à gauche de la gauche, elle est plus cool que la brute, elle engueule pas tout le monde, et sur un plan économique, je crois qu’elle est complètement dans votre cœur de cible.

    Elle fait du keynésianisme façon grand papa, c’est à dire qu’elle veut encore plus d’Etat, ce qui suppose de:

    – Augmenter les transferts sociaux
    – Augmenter les salaires
    – Embaucher des fonctionnaires
    – Lancer des programmes d’infrastructure
    – Lancer des programmes industriels

    Comme les déficits ne font pas partie de son monde, elle a intellectuellement trouvé les moyens de financer tout ça. Mais je sais pas comment. Bon, on s’en fout après tout. On n’est plus à 500 Mds près.

    Sinon, elle est contre l’Europe et bien sûr l’OTAN.

    C’est presque la même chose que Méluche, mais en plus doux, en plus ouvert sur les autres, vers la gauche du moins, et plus écolo et féministe. Moi je voterai pas pour elle, parce que je ne me reconnais pas dans la société idéale qu’elle recherche. Mais je pense que son rêve colle assez bien avec le vôtre.

    A tout prendre, je la préfère quand même à la brute vitupérante, même si c’est pas mon idéal.

    1. « A tout prendre, je la préfère quand même à la brute vitupérante, même si c’est pas mon idéal. »

      Ha non? Et ce serait quoi alors ?
      (Vous pardonnerez mon indiscrétion, mais vous semblez d’ordinaire si cyniquement moqueur que ça me réconforte de savoir que vous avez un idéal🙂 ).

      1. Mon idéal de société ou de zompolitik?

        En zompolitik, jamais personne ne m’a vraiment tapé dans l’œil. Je crois que je fais comme beaucoup: je fais un compromis.

        En société, je ne suis pas exigeant:

        – Une société avec un secteur public moins gros (la moitié de l’économie française, c’est beaucoup quand même, si on pouvait redescendre à un tiers, ce serait pas mal) et un secteur privé plus industriel.

        – Une Etat capable d’élaborer, de proposer, d’expliquer et de conduire une stratégie intégrale qui comprendrait un volet conquête spatiale significatif et un volet valorisation de la ZEE.

  4. Admettons que l’opposition de gauche à cette politique se regroupe, discute puis trouve enfin le moyen de proposer une alternative unique. Il restera, dans notre monde politique français, à trouver la figure pour l’incarner. Une figure qui puisse passer à travers le filtre des médias dominants, qui puisse s’exprimer mais aussi se faire entendre (on connait l’astuce du temps de parole à des heures où personne ne regarde)
    Et ça, pour l’instant, dans un monde politique où la mysoginie se dispute au bipartisme, j’ai du mal à trouver une solution. Elle est forcément dans l’ombre, pour l’instant.

  5. L’opposition de gauche se plante, peut-être

    Mais Hollande lui se plante aussi et profond.
    et si lui et le PS ont encore des convictions ou à tout le moins une sensibilité de gauche, et font la politique hégémonique de l’Allemagne de Merkel, fiancière libérale du Royaume Désuni de CameronBlair et cerise sur le gateau (rance) la politique bellisiste de l’Otan, je reste peinard (comme le père) planté dans son carré de choux.
    qui sont surement pas ceux de Bruxelles.

  6. il vaut mieux une opposition qui se plante que pas du tout…c’est exactement le même principe que son inverse.
    les modèles des politiques économiques en cours se plantent lamentablement depuis les crises des années 90 et pourtant elles continuent d’être appliquées

    le grand problème de l’opposition (ou d’une résistance active) est justement de proposer un modèle alternatif (il existe plusieurs scénarii) que personne n’a vu fonctionner et qui fait plus peur finalement que le grand foutage de gueule, le grand braquage légal, auquel on assiste impuissants….

    alors en attendant le déconophone médiatique intoxique à tout va en prétendant que ce n’est jamais assez vite ni assez loin….

    le principe de base sur terre est qu’un dominant domine et accentue sa pression crescendo face à un dominé sauf à ce qu’un tiers modérateur s’oppose à ce schéma…
    on apprend dans les cours d’école de maternelle quand un plus grand que vous vient vous taxer un chewing gum…..tous les jours….ça s’appelle du racket..

    là pareil….il faut donc reconstitué le tiers qu’il nous manque face aux marchés et aux enfoirés qui boivent alors que nous trinquons

    damned

  7. inutile de me plaindre, je ne me suis jamais fait taxer en cours d’école…j’avais un bon coup de pied du gauche…

    maintenant que je suis grand…si….par la finance, mais je ne sais pas où mettre le coup de pompe..

  8. L’opposition de gauche se plante tout simplement parce qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut : en lisant les commentaires de ceux qui la défendent ici, ou même en écoutant Clémentine Autain,on voit qu’il s’agit d’un désir d’économie totalement socialisée… ce qui n’est absolument pas le projet de Mélenchon!
    Ceux qui se plaignent de ce que ce projet ne soit pas assez connu des Français feraient bien de le lire.

    1. Le MRC confirme l’inutilité du Parlement européen et donc de ce vote
      le (petit) parti de Chevénement considère logiquement que l’abstention est la seule attitude cohérente.

  9. il y a un fantasme sérieusement ancré dans le paysage, celui qui consiste à penser qu’une seule opposition de gauche est possible en la raccrochant à un certain Mélenchon. Hors de ce schéma là, point de solution.
    Ainsi, il y a un TINA en politique comme en économie, toute forme de résolution de problème ne peut avoir qu’une seule solution…

    nous nous trouvons donc confronté au fait que penser une alternative crédible au « libéralisme » nous marque du sceau « d’extrèmiste » de » rêveur » ou « d’insensé  » alors que l’abus de domination serait « la voie du milieu »

    Les tenants de la pensée unique nous informent de l’incohérence des idées économiques alternatives, nous demandent de démontrer en permanence la faisabilité des thèses alternatives, en s’exonérant eux mêmes de devoir faire le bilan ou l’histoire des résultats des solutions mises en pratique…

    finalement être dans l’opposition est un exercice bien plus compliqué que l’oisiveté du suivi intellectuel du modèle déifié…

    avec ces principes là, on se demande pourquoi dans l’histoire des utopistes ont pris le maquis dès qu’un dominant voulait faire la paix par la force en imposant ses règles à toute une contrée….

    c’est l’autre inconvénient véritable de la résistance ou de l’opposition à une force largement dominante, elle est toujours minoritaire au départ.

  10. j’ai comme l’impression que le « taulier » ( quel drôle de qualificatif ) se trouve dans un subtil entre-deux: entre la gauche-gauche et la gauche pas gauche ( quoique…).Après tout, peut être est ce la bonne distance, celle qui permet une juste ( équitable) appréciation des choses…impliqué,oui,engagé ,ça réduit les perspectives.Bon, c’est juste un point de vue.

    1. CASTOR

      l’impression est juste mais c’est aussi qu’il donne le sentiment de chercher la bonne distance avec ce qui se passe.
      Je ne vais pas t’apprendre qu’un doute bien réfléchi, pesé, analysé permet de trouver son meilleur positionnement intime.
      face aux sollicitations extérieures

      et on s’en ressert une

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