Pourquoi l’opposition à Hollande est nécessaire


Elle a tenu bon, hier matin sur France Culture. Clémentine Autain a fait une belle émission, l’une de celles qui vous réjouissent pour la journée. Le débat matinal avait été introduit comme chaque fois vers 8h15 par le soc’lib Brice Couturier sur un double argument: (1) il est réjouissant qu’un grand socle social-libéral regroupant le centre gauche et droit sous la direction éclairée de François Hollande; (2) les électeurs l’ont bien compris ey appréciés puisqu’ils n’ont pas soutenu la gauche radicale aux élections municipales et ils plébiscitent dans les sondages Manuel Valls. Clémentine Hautain fut simple et directe.

« Le Parti socialiste, lui, aurait tout intérêt à assumer son tournant social-libéral, parce qu’il est en phase avec les nécessités de l’heure et qu’il rencontre les aspirations d’une majorité de Français. Encore lui faudrait-il, au préalable passer par une bonne psychanalyse, histoire de remettre son surmoi à sa place… » Brice Couturier.

Oui, la gauche a perdu les élections municipales parce que ses électeurs l’ont désertée dans les urnes ou hors des urnes.

Oui, Valls est populaire, mais grâce à la droite qui lui trouve forcément, dans l’image, le discours et les actes.

Oui, peut-être faut-il que le centre – c’est-à-dire, me concernant, la droite – se consolide. Mais qu’on ne nous demande pas d’applaudir.

Oui, la démocratie étouffe d’un unanimisme de façade ou réel, cette forme moderne du TINA (There is no alternative) qui laissera quelques UMP-PS en tête à tête avec les abstentionnistes et le Front national. Clémentine Autain rappela combien la « conflictualité » est nécessaire en démocratie, et qu’il ne faut pas la caricaturer ni la décourager mais plutôt la souhaiter. Car dans son propos liminaire, Brice Couturier osait expliquer qu’il n’y avait que le Front national comme seule solution alternative.

 « la critique la plus radicale de la politique de rigueur ne vient pas du Front de Gauche, mais du Front national. A la différence de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ne se contente pas de dénoncer le Programme de stabilité  comme « une horreur », de le critiquer comme – je cite – « l’application bête et méchante de l’austérité imposée par la BCE », de rejeter un « un Pacte inefficace, qui va aider les grandes entreprises et « toucher les classes populaires, les classes moyennes », elle va jusqu’au bout : son programme est bien « l’autre politique » – mais tout entière : jusqu’à la rupture assumée avec l’UE, jusqu’au démantèlement de la monnaie commune, au rétablissement du contrôle des changes, aux dévaluations dites « compétitives », au protectionnisme douanier… Jamais le Front de gauche n’osera aller aussi loin dans la démagogie. » Brice Couturier

Terrifiant propos.

Donc merci Clémentine

15 réflexions sur “ Pourquoi l’opposition à Hollande est nécessaire ”

  1. Bonjour Juan,

    J’ai loupé le début de l’émission, donc l’envoi de Brice Couturier et la réaction de l’invitée, Clémentine Autain. Donc je ne sais pas comment elle y a réagi, mais toujours est-il que je ne comprends pas votre position:

    « (…) dans son propos liminaire, Brice Couturier osait expliquer qu’il n’y avait que le Front national comme seule solution alternative »

    Mais c’est pas ce qu’il dit!

    Couturier est fondamentalement un type de gauche qui dit juste que le FN va plus loin dans la démagogie que le FdG. Donc, il ne pose pas le FN comme une alternative valable par rapport aux partis de gouvernement, mais dit au contraire que le FdG serait plutôt mieux que le FN. C’est un portrait du FdG en négatif si vous préférez: à tout prendre, le FdG n’est pas aussi démago que le FN, dit-il en substance.

    En fait, il exprime une préférence: jamais en matière de démagogie le FdG n’osera aller aussi loin que le FN, sous entendant par là que le FdG est certes un parti démago, après tout comme tous les autres, mais pas au point de dépasser le FN dans cet art du pire.

    Il a ce vieil attachement des gens de gauche pour la gauche de la gauche qui, elle, déteste les gens comme lui depuis 1848. Voire avant (on va pas remonter à la Guerre des Gaules de César, mais on pourrait). Marquant votre positionnement vers la gauche de la gauche ( c’est votre référence au centre qui, pour vous, est maintenant à droite) vous vous livrez à ce traditionnel exercice de la chasse au Brice, catapulté soc lib de service.

    Soit. Et d’ailleurs je vous approuve, je suis pour le respect des traditions. A partir du moment où vous êtes GdlG, le rituel c’est d’allumer les mecs comme Brice Couturier. C’est le rituel de la tribu. Voilà, c’est fait. Vous êtes de la tribu.

    Bon, maintenant, Clémentine, kesk’elle veut?

    Ce que j’ai compris de l’émission, c’est qu’elle veut plus d’Etat. C’est ça la substance de son message.

    Bon.

    La moitié de l’économie française est étatique ou, disons-le autrement, publique. Elle fait partie de ces gens qui s’interrogent sur la seconde moitié, la moitié privée, et qui disent « ok, allons-y pour collectiviser la seconde moitié ». Elle veut plus de public, comme si la moitié qui existe ne suffisait pas. Non, elle veut aussi l’autre moitié.

    Il n’y a pas besoin de la gratter jusqu’à la chair pour découvrir qu’elle est communiste, il me semble. C’est donc le vieux rêve communiste qui refait surface, sous les traits agréables d’une jeune femme bien mise de sa personne, intelligente et plutôt ouverte d’esprit (pour une coco). La packaging est bon, mais le produit est vieux.

    Faut-il lui dire merci?

    Bah euh, ça dépend. La moitié privée de l’économie française qui subsiste aujourd’hui, c’est aussi tout ce qui reste des gens après plusieurs siècles de monarchie absolue, de traditions catho, de culture communiste et jacobine. C’est le petit espace de liberté qui nous reste. Quand vous regardez la législation française, la réglementation administrative, et les normes européennes, que nous reste-t-il? Le droit de baver la nuit sur notre oreiller. Oui! ce droit-là, on l’a. Et le reste? Ben plus beaucoup.

    Clémentine fait partie de ceux que ça dérangent qu’il nous en reste un tout petit peu, des droits privés. Des libertés quoi.

    Je vais surtout lui dire merci de ne pas s’approcher du pouvoir et faire en sorte qu’elle reste dans l’opposition où, bien évidemment, je suis très content qu’elle se trouve.

    Avec le FN.

      1. je reçois 5 sur 5

        la boucherie de 1914/18 et la révolution russe captée par Lénine et Trotsky (désolé j’aime pas les bouchers) c’est la victoire finale du statisme.
        plus de deux millions de Russes ont accompagné les funérailles de Protopkine en 1922.

        1. charles tu déconnes:

          KROPOTKIN prince en plus, et scientifique et anarchiste

    1. je veux bien prendre votre second degré sur Brice Couturier (il déteste l’extrême gauche, toutefois). Mais sur Clémentine, la suspecter de totalitarisme anti-démocratique, c’est d’un primaire qui ne vous ressemble pas.

      1. Le mieux: vous expliquer mon embarras.

        Clémentine Autain est-elle totalitaire? A l’évidence, non, ne serait-ce que parce que son discours n’est pas « total » au sens où, par exemple, l’économie la fait chier. Elle est dans le ciel des idées de la gauche, pas dans le réalisme gestionnaire des contraintes nées du réel. Clairement, ces parties-là de son discours sont confiées à l’économiste en chef du PC et c’est à lui de se démerder pour vendre le truc. Elle répète fidèlement ce qu’on lui a dit de dire en réunion de com.

        Donc elle ne propose pas une version du réel « totalitaire », parce qu’il y a plein de trous dedans. C’est plutôt gruyère, son discours. Et sur plein d’autres sujets aussi, on comprend qu’elle est larguée.

        Mais, d’un autre côté, cette jeune et sympathique communiste adhère le sourire aux lèvres à une idéologie qui a tué des millions d’êtres humains. Et elle propose de remettre le couvert. Avec nous… et pour demain. Hiiiiiiiiiiii.

        Alors, je me suis demandé ce qui faisait que vous ou moi, on analyse instantanément le communisme comme quelque chose de sympathique, même lorsqu’on le compare au nazisme ou au capitalisme. Si je vous avais dit, par exemple, que dans ma jeunesse j’avais été nazi, que j’ai adhéré à un parti nazi, ou nazifiant, que j’ai eu une action militante, etc, vous me considèreriez comme un pestiféré à qui on n’ose à peine adresser la parole, sauf pour l’insulter.

        Au contraire, de nombreux commentateurs (des vieux) de votre blog font volontiers le récit d’une jeunesse militante dans l’univers communiste, et qu’il décrivent avec nostalgie et romantisme comme une période heureuse de leur existence.

        Or, quand on regarde les chiffres, ils sont sans appel: nazi= 6/7 millions de mort, communisme= plusieurs dizaines de millions. Hitler était un petit joueur, quoi. Staline, Mao, Lenine, des pros. Ils ne concourent pas tous dans la même division.

        Je me demandais donc comment se faisait-il que des gens qui ont adhéré à une idéologie dont il faut bien reconnaitre qu’elle a été monstrueuse soient considérés (y-compris par moi) avec sympathie, sans que cela ne soulève la moindre question, étant rappelé que la réalité historique est établie et n’est guère discutable.

        Par exemple, on sait que c’est bien l’URSS qui a perpétré le massacre de Katyn, et pas les nazis. On sait aussi que c’est la propagande soviétique qui a mis sur le dos des nazis le crime commis par les communistes.

        Alors, pour les excuser on dit deux choses:

        – Le communisme est un utopie positive, pas le nazisme, négatif par nature;
        – Les communistes étaient bien intentionnés (ils recherchaient la justice, l’égalité, la fraternité entre les peuples) pas les nazis, guidés par des sentiments « méchants ».

        Alors peut-être que c’est vrai. C’est un sujet très théorique. Mais les communistes ont quand même massacré dix fois plus de gens que ces affreux de nazis, et c’est pourtant eux qu’on trouve sympas. Et c’est un grand mystère pour moi. Bref, toujours est-il que quand j’en vois un, ou une, ce qui est le cas lorsque je contemple cette agréable jeune femme qu’est Clémentine Autain, je ne peux pas m’empêcher de voir défiler les longues files de Juif, de Tchétchène, d’Ukrainiens, de Russes, de Chinois, de Boat Pepole, de Polonais, etc que le communisme a fait passer à la trappe dans l’exaltation de l’utopie positive et je me dis que s’il suffit d’être bien intentionné pour tuer un maximum de gens, alors une fille comme elle, particulièrement bien intentionnée à tout point de vue, est peut être beaucoup plus dangereuse qu’elle n’en a l’air.

  2. Oui, mais pour elle, cette alternative est un espoir. Un espoir de monde meilleur.

    Pourquoi le croit-elle?

    Tout le passé se comprime, comme dans le tube d’une seringue, pour lui injecter la dose mortelle d’un poison dans les veines: vous savez, je sais, on sait, Juan sait que le communisme est à peine mieux que le nazisme, ou le capitalisme ou que sais-je encore.

    Pourtant, elle, elle y croit. Elle lâche pas l’affaire. Elle veut une plus grosse seringue encore: elle veut de l’Etat, quelque que soit les noms qu’on lui donne.

    Soit on a affaire à une addicte, une droguée qui veut toujours une plus forte dose de drogue (du public, encore du public nom de Dieu!), encore et toujours plus sans se soucier du porte-monnaie, point de souffrance de la bourgeoisie. Dans ce cas, Clémentine Autain ne présenterait aucun intérêt: elle serait la clone de cette éternelle gauche française de fonctionnaires et d’allocataires qui réclame toujours plus de droits acquis, sans se soucier du reste.

    Soit on a affaire à une résiliente. Une ascète.

    Il va falloir réviser nos classiques.

    Dans les deux cas on va souffrir.

    Regardez ce que disait Aramis: pour lui, on n’en a pas assez chier. On n’a pas assez souffert. C’est ce que dit le prêtre: vous ne pouvez pas accéder au salut éternel, parce que dans votre vie de mortel vous n’avez pas assez souffert. Vous n’êtes pas digne. C’est ce que nous enseigne le prêtre catho et, quand il est vicieux, il présente sa bite comme la porte de sortie: suce ma bite et tu auras droit au paradis, dit le prêtre vicieux à sa victime.

    Aramis est FdG façon Méluche (il appartient à la secte des intégristes de Monseigneur Méluche: on est là pour en chier et on va en chier). Le suçage de bite n’est jamais loin dans ce discours-là.

    Clémentine est « Ensemble », dans la mouvance FdG. Donc, pas totalement FdG. Le message est donc différent: alors que l’un nous dit plus de souffrance encore (Aramis, Méluche, FdG) pour la plus grande gloire de la révolution, avec sa bite au bout, l’autre nous offre une variation: l’espoir, mais dans l’ascétisme, avec un lot de consolation. On est ensemble dans le désastre. Fini le plaisir, prenons l’effort. Mais au moins on est tous ensemble.

    Dans un cas il y a de la bite, d’où le langage fleuri de l’un. Dans l’autre cas ,il y a de l’effort et de la privation, dans la résilience, avec un discours clean, rien qui dépasse. Clémentine est clean. Propre, sortable, présentable. Sérieuse.

    Voilà la ligne de fracture.

    Bon, vous voulez souffrir pour quoi, vous? Pour le salut révolutionnaire de mecs qui aiment la bite, ou pour l’Espoir Résilient d’une jeune femme clean?

    1. @ Knock, knock,

      vous êtes en progrès,
      élaguez quelques attaques personnelles
      prenez des risques comme proposer ?

      vous risquez de devenir interessant

  3. @Tschok:
    Vu que sur les 50% de PIB de dépenses « publiques », 25 points correspondent aux retraites, remboursements médicaux et allocations chômage diverses, 10 à 15 points à la dette et à l’éduc’ nat, et les 10 à 15 restant à tout le reste, faudra m’expliquer où est la dépense « publique ».

    Parce que, pour moi, une pension retraite payée par cotisation du privé et versé à un retraité du privé pour payer ses vacances, j’appelle pas ça de la dépense « publique ».

    1. C’est pas 50, c’est plutôt 60. M’enfin, on va pas se chamailler pour 10 points de PIB, non plus.

      Pourquoi c’est public? Parce que ces dépenses sont financées par des prélèvements obligatoires.

      Huh? Cékoi ce truc? Je vois tout de suite que je parle à quelqu’un qui ne sait pas ce que c’est, alors je vous explique: c’est un truc que si vous les payez pas, la caisse ou l’Etat vous saisit sur votre compte bancaire, dont elle se sera procuré les coordonnés bancaire sur le FICOBA, tête de con.

      Vous n’êtes pas fiché, ce qui est dommage (comme ça on saurait que vous êtes un ignare) mais votre compte bancaire l’est (le machin à La Poste où on vous verse vos alloc).

      Là, vous serez comme un bœuf qui tire la langue en train de vous interroger sur la fraction saisissable de votre revenu en poussant ce cri du cœur du Français moyen qui découvre qu’il vit dans une société où existe une puissance publique qui peut se servir dans son porte-monnaie sans lui demander son autorisation: « Maiheuuuuuuuuh, j’comprends pas!? C’est injuste! »

      Ca s’appelle une prérogative de puissance publique.

      Z’avez entendu parler des ATD? C’est la même chose.

      Vala.

      Si vous z’avez d’autres questions, n’hésitez pas, j’aime rendre service à mon prochain, même quand il est de gauche et un peu con.

  4. Clémentine Autain est toujours constructive pour nourrir le débat. Une opposition face au gouvernement Hollande est assurément nécessaire mais que Clémentine Autain et ses fans restent dans l’opposition, c’est bien le seul endroit dans lequel il peuvent être utile. Quant à la gestion du pouvoir, il est évident que ce n’est pas avec des recettes économiques et sociales éculées de cette gauche que cela fera une société viable. Quelle est cette idée qui consiste à multiplier les emplois publics pour augmenter la puissance publique? Je ne souhaite pas vivre dans une humanité composée de fonctionnaires. Quelle horreur!

  5. Quant à Brice Couturier, bien souvent je n’aime pas ses interventions mais il le dit lui même, Brice Couturier ne défend pas ses idées, il est surtout là pour la controverse afin que l’invité des « matins » livre le fond de sa pensée. Il joue le rôle de l’idiot utile, tout simplement. La course à la démagogie ne fait que participer à l’illusion démocratique. Le fait est que l’histoire a connu de maintes fois des alliances entre frères ennemis. L’équilibre se défini dans l’union des contraires, Yin Yang CQFD.

  6. @Tschok, Faire un bilan comptable de tel ou tel idéologies contraires et à la fois tellement semblable dans leurs dérives mortifères tout cela balancé à coup d’unité en million. Un ,deux, trois… dix… quinze… millions. Même un seul individu quel qu’il soit expédié dans un camp de la mort ou un koulag c’est déjà trop.

    Quant à savoir pourquoi le communisme à meilleur presse dans l’opinion publique, il faut croire qu’aux sorties de la seconde guerre mondiale, il y a eu des vainqueurs et des vaincus… des gentils et des méchants. Staline s’affichant aux côtés de Churchill et de Roosevelt, la messe était « dite ». Les idéologies sont comme les religions, du prêt à penser de masse.
    Aie confiance… oui crois en moi…

    Heureusement qu’il nous reste quelque peu d’esprit critique de part et d’autre, le « chemin » réside peut-être dans le compromis? Qui sait? Tout le monde a raison. Tout le monde a tort. On peut dire le tout et son contraire.

    Et après que reste-t-il? des valeurs incorruptibles tel les droits de l’Homme c’est déjà ça.

    Encore que les ventres ne crient pas famines et le futur en ce domaine n’est pas garanti.

    Les nazis, les cocos, les partisans, les militants, les fanatiques, les fous de Dieu… Des doctrinaires écervelés, aveuglés par leur propre culte prêt à écraser son voisin tout cela pour avoir raison. Pfff!!! Stop!!!

    Tous ça c’est peau de balle et balai de crin

    Comme disait l’autre « la maison brûle »

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