Le surinvestissement collectif des médias dans le commentaire


Le changement de quinquennat et l’usure personnelle m’a fait délaisser quelques médias autrefois favoris: la tranche matinale de France inter n’est plus sacro-sainte. La lecture quotidienne dérive vers l’information utile, et non plus le commentaire: Les Echos plutôt que le Figaro. Libération est sorti du spectre, comme effacé. Le Monde conserve une place, parce que le journal s’est incroyablement renforcé ces dernières années.

Mediapart est devenu un réflexe quotidien. Marianne.net l’était déjà. Fakir, Bastamag et Politis, sont (re)devenus des lieux de réflexions hebdomadaires.

Nous moquons ici non pas les médias mais les éditocrates, c’est-à-dire celles et ceux (le métier est très masculin) qui commentent à longueur de journaux et de journée l’actualité politique. Ceux qui donnent le « la » du discours politiquement correct; ceux payés à railler et dicter plutôt qu’à produire de l’information. Un récent documentaire, assez drôle, les a appelé les « nouveaux chiens de garde« .

A la différence de la blogueuse ou du blogueur amateur, ces gens sont rémunérés.

Le phénomène nouveau de ces quelques années récentes est le surinvestissement collectif des médias dans le commentaire aux détriments de l’information. Internet nous offre pourtant la part la plus belle qui existe au data-journalisme. Il n’a jamais été aussi simple de voyager, d’échanger, de partager.

Et pourtant, nos médias sacralisent ces éditocrates plus que le reporter de terrain.

C’est troublant.

C’est Dans l’Air ( « bavardage entre amis« ), les innombrables « débats » de nos chaînes d’information, ces experts qui encombrent toutes les ondes, ces « plumes » dont nos hebdo se disputent les faveurs.

Finalement, quitte à lire et commenter du commentaire, il valait mieux se réfugier dans la diversité des blogs et des twittos.

Finalement.

 

 

22 réflexions sur “ Le surinvestissement collectif des médias dans le commentaire ”

  1. C’est pour ces raisons que je me suis mis à fréquenter votre blog…Entre des commentaires anxiogènes et débilitants des chaînes dites d’info continue et compassés des chaînes publiques,puis l’hystérisation plus récente de l’info, dont l’affaire Léonarda a été le sommet, il y a eu comme une soif de recul, d’info documentée , mise en perspective.
    Rocard, dans un interview à Rue 89, début 2009,disait que « la télé c’est la mort de la démocratie » (‘il y a heureusement quelques perles , dont l’émission dont vous parlez),j’ai donc essayé de choisir la démocratie en flâneur intempestif des blogs d’infos…

  2. A Moins que Placé ne parvienne à ses fins (de droite), les blogs offrent des instantanés suffisamment spontanés pour donner des débats intéressants sur le Net. Ce que n’offrent pas les émissions aseptisées de la télé où se concentrent les éternels bavards convoqués en boucle et s’écoutant parler en s’adorant mutuellement. Une chambre d’écho élitiste qu’on permet au petit peuple de regarder et d’écouter défendre le système leur renvoyant l’ascenseur. Evidemment, le Net ne peut que gêner ce genre de « débat »entre amis. ARAMIS

  3. On peut comprendre que l’information nous submergeant en flux continu (chaînes, France-Info, Internet, etc.), les médias aient jugé que leur « valeur ajoutée » ne pouvait plus résider que dans l’analyse et le commentaire de ce que nous savons déjà, faits par des gens spécialisés dans le domaine dont ils traitent.

    Cette démarche n’est judicieuse que si ces commentaires ne relèvent pas tous de ce qu’on appelle une « pensée unique »…ce qui, honnêtement, ne me semble pas être le cas; nous avons tous entendu parlerr (et pas seulement dans les blogs) du dernier livre de Picketty, nous lisons tous (et pas seulement dans les blogs) des articles de Krugman, de Stiglitz, de Jorion, de Lordon;, etc.

    Et je ne crois pas que la solution réside dans les blogs, car bientôt chaque citoyen français aura le sien, et y traitera de tout, sans avoir de compétences particulières ( à moins qu’il ne s’agisse d’un blog d’un spécialiste d’une question, journaliste ou pas), mais en ayant beaucoup d’ignorances…Il y a d’excellents éditorialistes et des blogueurs consternants (dont je fais peut-être partie…)

  4. Ce que tu dis dans le billet est plus vrai pour la télé (comme tu le dis à la fin et comme le soulignent les deux commentateurs avant moi) que pour la presse écrite. C’est peut-être nous autres, blogueurs, à force d’être un peu concurrent avec ces « éditocrates » qui focalisons sur Barbier, Joffrin et toutes ces andouilles, mais ce sont plus leurs passages à la télé qui énervent !

    Par ailleurs, tu dis que le métier est assez masculin. Il y a une femme (au moins). Elle sévit dans le Télégramme de Brest et je la lis le samedi matin quand je vais voir ma mère. J’ai oublié son nom. Sa tribune fait un peu moins d’une demi page. Elle n’a aucun intérêt (cela dit sans méchanceté, je suis tellement habitué à lire des trucs que je me fous de ce qu’elle peut pondre). Par contre, la mise en forme par le journal (par ailleurs de grande qualité) est affligeante : on ne sait pas qu’il s’agit d’un édito et pas d’un article d’information. Il apparait vers la page 3 ou 4 noyé dans le flux…

  5. Je suis aussi d’accord. Mais quelle importance, quelles influences ont-ils?
    Mots croisés: 1 à 2 millions de téléspectateurs
    C Dans l’air: record 2 Mliions
    C Politique record à 3,5% de parts de marché, mais c’était avec JL Mélenchon.🙂
    Je ne suis pas aller chercher les autres audiences, mais comme le degré de confiance accordé aux médias est proche de celui accordé aux hommes politiques, je ne crois pas que cela ait un quelconque effet sur l’opinion.
    Quant aux reporters de terrain, j’ai vu des reportages sur l’Egypte et sur la Turquie (deux pays que je connais bien) honteusement orientés vers, là aussi, une « pensée unique » et confortable (on est les bons, ils sont les méchants). Par exemple, les manifestations de la place Taksim, présentées par certains journalistes sur place, comme devant être la fin de Erdogan, reprises par tous les medias, et finalement celui-ci regroupant 46% de votes aux élections suivantes.

  6. Oui, il y a bien longtemps, hélas, que les vrais journalistes sont sur les blogs et que même sur les journaux, ce sont les blogs du journal qui les font vivre. Mais les blogueurs des journaux ne sont pas payés pour faire le travail que les autres ne font pas et les journaux en profitent.

    Quant aux blogueurs indépendants, encore bien plus intéressants souvent et fournisseurs d’éléments qu’on ne trouve pas ailleurs, ou même ceux qui ont des pages Youtube reproduisant des reportages étrangers très intéressants et se donnant la peine de les sous-titrer en français, eux, travaillent beaucoup pour palier ce manque.

    Après quoi on viendra nous dire qu’il faut sauver la presse… mais bon, ils ne donnent plus rien pour nourrir la réflexion.

  7. Je n’ai pas du tout votre approche, ni aux uns ni aux autres.

    Dans le voyage de l’information d’un esprit humain vers un autre, on s’est rendu compte que le contenu purement informationnel dans l’ensemble du flux d’infos n’était ni unique, ni majoritaire. L’info pure dans le flux d’infos, c’est pas grand chose et en plus il y a quelque chose d’autre qui voyage avec.

    Et ce quelque chose d’autre, c’est du protocole de communication qui, en fait, permet à l’information de voyager et d’être contextualisée puis discutée, par exemple en créant de la sociabilité.

    La conséquence, c’est qu’il faut du bavardage.

    L’esprit humain est équipé de dispositifs qui protègent son intégrité psychique, pour que l’être humain puisse vivre avec des idées aussi insupportables que la mort, la maladie, l’absurdité de l’univers, etc, dans un monde qui, certes lui offre des plaisirs, mais lui promet aussi beaucoup de souffrances.

    Cette protection de l’intégrité psychique se traduit par une certaine rigidité de l’esprit face à tout ce qui peut le déranger, remettre en cause ses croyances profondes, ses convictions ou ses dogmes, heurter ses valeurs, changer ses habitudes, tout ça quoi.

    Il n’est donc pas rare de tomber sur des gens assez fermés, méfiants, peu tolérants, psychorigides, obtus, sectaires et agressifs ou totalement indifférents aux autres. Des gens dans leur bulle de protection.

    Cette bulle n’est pas forcément individuelle: la constitution des entre-soi par la formation de petites communautés où on recherche celui qui nous ressemble, prétendument pour échanger des idées nouvelles, mais en réalité pour se rassurer en formant un groupe relativement homogène, fait bien partie de notre quotidien. Ces bulles forment à leur tour une protection collective, dont les dispositifs de protection s’ajoutent à ceux des individus pour les enfermer encore plus dans une mêmeté confortable et douce pour leur psyché.

    Le bavardage permet de faire sauter tous ces verrous et rend ainsi possible la circulation de l’information en créant les sociabilités dont nous avons tous besoin pour donner l’ordre à nos défenses naturelles de baisser la garde et de laisser pénétrer l’info dans notre psyché.

    Ce bavardage est d’autant plus efficace qu’il s’incarne dans des figures starifiées, qu’il se loge dans le mainstrean et qu’il envahisse les médias de masse. Je constate que c’est là qu’on le retrouve et je m’en félicite.

    On peut toujours critiquer la bavardage sur un plan philosophique et le considérer comme quelque chose de vil ou de secondaire, mais sur un plan neurologique, et même j’oserais dire psychosocial, ses vertus ne sont plus à démontrer. Il faut donc que la société bruisse de mille bruits, même si beaucoup d’entre eux sont des parasites qui brouillent la perception des messages qu’on estime les plus importants pour soi ou de plus grande valeur pour le collectif.

    Il y a une sorte de prix à payer pour que l’info circule: les parasites qui sont générés par la circulation du flux d’infos dans les tubes.

    A côté de ça, il y a d’autres questions plus politiques: les infos qui sont débitées par les canaux d’information publics à gros débit dans le mainstream sont-elles:

    – Des informations stratégiques ou sans aucune valeur?

    – Des informations ayant un contenu informatif pur (portant sur la description d’un événement) ou ayant un contenu narratif (le story telling)?

    – Des informations à contenu réflexif (analytique, synthétique) ou culturel (l’apprentissage du monde et de soi) ou à contenu « spectaculaire » (y-compris et surtout au sens debordien du terme)?

    Là-dessus, il n’y a guère de doute: tout ce qui passe par le mainstream est programmé pour être le moins stratégique possible, le plus narratif possible, et le plus spectaculaire possible. C’est normé. Si vous voulez de la bonne info, c’est-à-dire celle qui vous plait, vous allez ailleurs, sur les canaux qui distribuent de l’info de façon plus spécialisée.

    C’est là que les blogueurs entrent en scène.

    Maintenant, n’oublions pas que la seule info stratégique qui nous sera donnée dans notre journée c’est la météo ou la circulation. Pour tout le reste, on est dans la position du mari cocu: le dernier averti. Et je ne vois aucune raison pour que le système change vu qu’une information stratégique ne doit sa valeur qu’à son absence de diffusion vers d’autres personnes que les intéressés.

    1. Je suis d’accord avec le dernier paragraphe Tschok. Avec une partie du reste aussi. Certes, le bavardage n’est pas inutile, il permet au moins de clarifier en mots une sensation, une impression ou une conviction, vision ou concept auquel on tient. La question est : est-ce bien nécessaire ? Et que cela nous apporte-t-il en réalité ? La sensation d’être vivant dans une virtualité consentie ? Qu’est-ce que cela apporte au collectif, si ce n’est peut-être l’émulation d’une révolte nécessaire mais totalement dispersée et donc peu opérationnelle. Je ne connais pas la réponse. Je vois juste que cela part dans tous les sens et que la structure est totalement anarchique. Mais pourquoi pas. Le chaos étant organisé selon les mathématiciens LOL, ce que je crois volontiers au vu de l’état de mon appartement régulièrement bordélique à souhait dans lequel je ne trouve strictement rien si c’est rangé, je me demande néanmoins si on ne devrait pas passer un tout petit peu plus de temps à être dans l’absence d’interrogation à observer une jolie petite fleur de Bacopa poussant dans un bac sur le balcon :)))

      Votre post témoigne d’une connaissance certaine en psychologie, voire en sociologie, mais quel était son but réel ? Celui de démontrer cette connaissance ou d’apporter un sujet de réflexion ?

      Cela va dépendre de la personne qui le lira. Et de votre intention primaire. Action, réaction interaction. Virtuelle. Cela ne remplacera jamais un bon débat ou une bonne engueulade vis à vis, sur des sujets controversés. Le virtuel éloigne les gens les uns des autres dès lors qu’il n’est qu’une compensation à des frustrations nombreuses de réelle communication. Dans une communication vis-à-vis, le mental ou le concept n’est pas roi. Les énergies tiennent une grande place à la vérité ou au mensonge, le comportement, les gestes, le regard surtout. Vous le savez bien, vous l’avez démontré dans un post précédent.

      Je n’ai pas fait d’études, j’ai quitté l’école à 14 ans et demie, mais j’observe l’humain depuis plusieurs décennies. Et je me dis que le virtuel éloigne à souhait au lieu de rapprocher, parce qu’il n’est pas considéré et utilisé comme un moyen, un outil, mais comme un moyen à évacuer le surplus, moyen dont la population est privée à force de petits règlements, lois, qui l’empêchent chaque jour un peu plus d’avoir droit à la parole. Et tout cela savamment organisé pour que cela ne fonctionne pas. Justement. C’est un leurre, un piège, dans lequel nous tombons tous, moi y compris.

      Il n’y a plus d’action, interaction, il reste seulement la réaction. Parce qu’il n’y a plus d’autre monde où les personnes peuvent se sentir en vie.

      Nous devons réapprendre à nous taire, à regarder, observer, sentir, vivre, pour être forts suffisamment pour survivre et reconstruire, après.

      1. @ JMMDT,

        Est-ce que je fais des coms pour démontrer mes connaissances ou apporter un sujet de réflexion? Euh… Mes motivations sont plus diverses, en fait, et assez accessoires. Et très contingentes aussi. Mais s’il fallait mettre seulement ces deux-là en balance, je vous répondrais qu’apporter un sujet de réflexion implique à un moment ou un autre de mettre des connaissances sur la table et de se livrer à un travail démonstratif.

        Réfléchir sans connaitre, je sais pas faire: je ne crois pas à une intelligence pure qui fonctionnerait sans information. Un moteur ne fonctionne pas sans carburant.

        Sinon, je crois que vous parlez d’autre chose: vous parlez du monde virtuel, engendré par l’Internet, et des conséquences sur nos modes de sociabilité et nos façons d’être, en retenant plutôt les mauvais côtés.

        Vous dites:
        – Le virtuel est artificiel et nous prive de la sensation du vif, du réel, de l’IRL (in real life) et devient une sorte d’ersatz abstrait de la vie sociale en se substituant à la confrontation physique des individualités concrètes à laquelle nous invitaient les anciens modes d’expressions comme la manif, l’action militante, la fréquentation des théâtres, des cafés, des établissement de nuit, ou des cercles intellectuels, la drague dans la rue ou dans les soirées, etc. C’est une agora abstraite, sans lieu;
        – Le virtuel isole les gens et ne leur offre qu’une maigre compensation à leurs frustrations en étant l’exutoire de leur colère;
        – Le virtuel est un leurre qui masque l’effacement progressif du droit à la parole, et en particulier la parole transgressive, subversive ou critique;
        – Le virtuel ajoute plus de bordel qui ne met d’ordre ou d’organisation dans la pensée collective et individuelle: c’est une caisse de résonance et pas de « raisonnance »;

        Si je vous suis bien. Et je suis sûr d’en oublier. Ces reproches sont valables, mais il se passe aussi exactement le contraire:

        – Le virtuel ne nous prive pas de la sensation du vif, mais rajoute au contraire de nouveaux modes de perception du réel. Ces modes sont expérimentaux et ils s’organisent autour du thème du partage;
        – Le virtuel relie des gens qui n’avaient aucune chance de se rencontrer dans la vie réelle, qui reste cloisonnée par les classes sociales et simplement les distances géographiques: un fils de cadre urbain a peu de chances de rencontrer une fille d’ouvrier rurbaine dans le monde réel. Dans le virtuel, ces cloisons, sans disparaitre totalement, deviennent néanmoins poreuses. On augmente nos possibilités de communication par simple effet de masse (pour tout vous dire je n’ai pas quitté l’école à 14 ans et je suis diplôme, pourtant, on discute ensemble: en aurait-on eu l’occasion dans la vie réelle?);
        – Le virtuel offre un nouveau média à la parole transgressive, subversive ou critique: on y trouve des sites nazis, des sites d’intégristes religieux, des sites qui font l’apologie du terrorisme, des sites sexuels de rencontre adultérines ou de BDSM, d’homos, ou pédophiliques, des sites politiques ancrés dans la critique radicale de gauche, de droite du milieu ou du plafond, des sites de militaires qui critiquent l’armée, des sites de policiers qui critiquent la police, etc. Et on constate quand même une libération de la parole;
        – Le virtuel génère de l’ordre et même du politiquement correct: par exemple, les blogueurs ont spontanément instauré des règles de censure sur leur blog, avec plus ou moins de bonheur, mais il l’ont fait. Ils se sont spontanément organisés en groupes, comme par exemple les leftblogs. Les opérateurs du réseau imposent des règles d’organisation. Etc. Plutôt que du bordel, le virtuel rajoute de la complexité, ce qui est différent;

        Donc, vous voyez on peut aussi affirmer le contraire de ce que vous dites. Le fait est que ces phénomènes contraires se produisent simultanément: tout et son contraire se passe en même temps. Évidemment cela ne facilite pas la lecture de l’ensemble. C’est assez chaotique comme vous le remarquez vous-même.

        Et en plus, dans le monde virtuel, les différentes phases d’évolution du système se succèdent à un rythme rapide, inhabituel dans le monde réel: ce dont nous discutons est déjà daté et deviendra obsolète rapidement, ce qui rend la chose encore plus insaisissable et agaçante.

        Revenons au post de Juan: il oppose classiquement une presse d’information à une presse d’opinion, puis rajoute une troisième branche à cette traditionnelle dichotomie: la branche des blogueurs, qu’il oppose aux éditocrates.

        La question qu’il posait implicitement était de savoir qu’elle est l’effet de l’information sur nos mentalités.

        Mais peut-être que le vrai sujet n’est pas celui-là?

        Peut-être que la vraie question qu’il faut se poser est de savoir ce qui fait que les gens changent de mentalité: comment par exemple la société française est passé d’un stade d’hostilité relative à l’homosexualité à un stade d’ouverture?

        Perso, je fais une hypothèse: les débats d’idées ne font pas avancer les gens. Ce qui fait changer les mentalités de façon décisive, c’est la technique: le mobile, Apple, Microsoft, Internet. Ca, ça change tout et ça le fait très vite.

        Regardez dans votre cuisine (j’espère qu’elle n’a pas changé de place dans votre appartement): le frigo a changé notre façon de manger. Le four à micro-ondes aussi.

        Miser tout sur le débat d’idées et l’information du peuple pour faire avancer les choses, c’est oublier que le bavardage et la technique encadrent l’essentiel de notre vie sociale: c’est dans ces cadres que se fabrique le progrès, c’est à dire le changement des mentalités.

    2. Très joli…mais probablement faux sur deux points:.

      1 – Le « bavardage » peut avoir deux autres effets:

      -mettre au clair ses idées (écrire, ce n’est pas la même chose que parler; je parle d’écrire au moins un article, sinon un livre),

      -sortir du cadre de sa propre pensée, en voyant ses failles lorsqu’elle est défendue par quelqu’un d’autre que soi : on pense toujours contre les autres, à moins d’avoir l’esprit de secte;

      2- Le journalisme, quoi qu’on en dise, ne « formate » pas: il implique une formation qui n’est pas la même que celle du « bavard », consistant à savoir aller vérifier ce qu’on dit (et pas seulement le sérieux de ses sources), savoir où aller chercher une confirmation ou une éventuelle contradiction de ce que l’on pense, etc. ; alors que le « bavard » croit tout savoir sur une question dès l »instant où il en connaît une ou deux choses, dont il se contentera pour construire son discours.
      Le journaliste, s’il est de mauvaise foi, peut passer sous silence des choses qu’il sait, alors que le « bavard » les ignore de bonne foi.

  8. JF KAHN termine son bouquin  » l’horreur médiatique  » par la phrase suivante : « une nouvelle génération devra assumer cette mission : contre l’horreur médiatique, rétablir l’honneur médiatique.Elle y parviendra. » Acceptons en l’augure…

  9. Au final, ils n’ont peut-être plus grand chose à dire ? C’est plutôt gênant quand on est payé pour le faire.

    1. Et en plus, ce genre de gus n’a même paS besoin de lutter pour ne pas parler sous la torture… Des perroquets qu’on vous dit ARAMIS

  10. rien de plus normal que tout cela. Les écoles de journalistes doivent bien dispenser à peu près la même sauce éducative et le formatage d’un bout à l’autre de la chaîne…….
    à la marge quelques individus finissent par se distinguer par tempérament ou parce qu’ils n’ont rien à faire du qu’on dira t’on de la corporation ; ceux là finissent à l’huma ou chez alternatives économiques ou au canard …

    l’autre aspect est que pour obtenir des accréditations magiques au sein des « milieux autorisés » , il vaut peut être mieux recopier fidèlement la pensée ambiante…sinon ceinture….

    et puis c’est fatiguant de penser autrement, il faut tout prouver, tout chercher, démontrer sans relâche ; alors que le prêt à porter des infos qui vendent le soda célèbre est plus confortable à présenter..il suffit de répéter comme les autres…

    bref, à une époque où on trouve du sein ou de la fesse en silicone standard et en réclame, pourquoi n’aurait on pas droit à une info relookée standard…. ?

    il reste les blogs effectivement…….

    il suffit de garder son esprit critique en bandoulière et de rechercher la cohérence de ce qu’on a lu…ça n’a jamais été tout cuit….

    salut CASTOR

  11. lâchez les télés, les radios, les journaux à capitaux majoritaires de multinationales et vous allez avoir l’impression d’être sur une planète évoluée…

    sinon c’est la description de la jungle. avec une différence notoire malgré tout , dans la jungle les animaux prédateurs ne consomment juste que leurs besoins sans excès…

    mais je peux me tromper….

  12. Puisque l’Europe salope devient une fée. Laissons-nous porter.par la connerie, Après tout, . »on » verra bien… ARAMIS L’observateur

  13. Il y a les petites phrases…..et l’acharnement qui suit allant jusqu’à la cruauté…..la dernière en date vise Taubira, dont le seul tort finalement est de ne pas avoir avoir la bouche….pour chanter !!!!

  14. @ Aramis

     » Des perroquets qu’on vous dit  »

    Variez-vous souvent votre discours? N’êtes-vous pas vous-même un perroquet ?

  15. Pour des journalistes qui prétendent donner de l’information c’est grave. Pour vous moins. Pour ce qui est du perroquet, n’ayez crainte, je ne vous détrônerais jamais avec vos creuses envolées amphigouriques et votre ton flambard, disant tout et son contraire d’un post à l’autre en mimant les larbins de la propagande. Vous êtes un exercice de style à vous tout seul. Même ce rasoir de Tsock est à la bourre. ARAMIS

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