Européennes: tout est bon pour se motiver.


C’est un curieux sketch animé, assez drôle, certainement choquant pour quelques-uns, qu’un videaste a posté sur le web il y a quelques jours pour encourager au vote aux prochaines élections européennes, au Danemark.

Tout est bon pour se motiver, n’est-ce pas ?

Cet autre clip est plus sombre, plus classique, plus direct. Il rappelle les Européens à leur passé, pour une Europe « sans nazi ».

A chacun sa méthode.

Ce mardi, le Monde barrait sa une d’un titre alarmiste et menteuse: « le projet européen n’est plus majoritaire en France. » Le « projet » n’est pas européen mais libéral et technocratique. Ce n’est pas nouveau. La construction de l’union a subi de multiples secousses, alliant avancées de la régulation et reculs détestables en faveur du grand marché. On ne sait comment écrire et faire comprendre que le projet européen finira par mourir s’il n’évolue pas. Mais il faut être précis dans la critique.

Depuis la crise de 2008, le poids du conseil européen, c’est à dire des États, représentés par leurs chefs de gouvernement, s’est très largement renforcé. La commission européenne a conservé son prisme néolibéral-technocratique très bien décrit, par exemple, dans l’ouvrage de Coralie Delaume. Et la promesse d’un plus grand rôle des parlementaires européens n’a pas modifié la donne. Bref, ni fédérale comme certains de nos caricaturistes locaux aiment à le dire, ni coalition de nations pleinement souveraines, ni démocratique comme l’élection des députés voudrait nous le faire croire, l’UE est au milieu du gué, en train de sombrer tranquillement.

Que fait on ?

Une fraction de notre classe politique défend la fin de la construction européenne, au profit d’une régulation par les États. Cette fraction, incarnée par le Front national, sert d’épouvantail aux europeistes béats. Ces derniers ne comprennent pas que la « peur du vide » … ne fait plus peur.

D’autres attaquent l’UE sur le fond de ses politiques de dérégulation: ils cherchent cette fameuse « autre Europe » que l’on cherche depuis l’échec du traité européen. Mais là aussi, soyons précis: nous défendons ici un renforcement de la régulation, notamment sociale et environnementale, et, dans un contexte de mondialisation accélérée, comment recouvrer un espace de souveraineté européenne réelle. Aussi les attaques contre le poids des autorités indépendantes non élues, certaines tentatives libre-échangistes supplémentaires comme le TAFTA, ou l’absence de financement direct via la BCE aux États sont des critiques qui ne sont pas anti-européennes .

A bon entendeur…

23 réflexions sur “ Européennes: tout est bon pour se motiver. ”

  1. voir aussi :
    pouruneunionpolitiquedeleuro.eu
    manifeste signé par Pikkety par ex…et beaucoup plus modestement per votre serviteur

    1. Piketty(un seul k, 2t )daniel Cohen,g.duval,ph.Frémeaux,thierry Pech, xavier Timbeau…quelques économistes patentés…il suffit de surligner avec la souris, un clic droit et hop on accède à un manifeste qui propose quelques pistes…un article dans libé,une prochaine discussion informelle à l’Assemblée…
      Bon, la graine est semée…

    2. J’ai parcouru presto… ah ces économistes, c’est affligeant de convenu.

      le problème de l’UE n’est pas l’euro mais l’Otan bras armé des USA sur l’Europe,
      l’Europe que nous vivons c’est batti sur la guerre froide, puis à l’effondrement de l’URSS sur la Pax American et son bellicisme, ses guerres Yougoslavie, Kosovo, Serbie, Irak 1 et 2, Afghanistan, Lybie, Syrie et maintenant l’UE participe au coup dd’état à Kiev et soutien les groupes pro-nazis.

      L’Europe c’est la compétition pour les bas salaires.
      L’Europe c’est la guerre.

      Je déserte et ne voterai pas.

      PS; Juan, la première vidéo est tout à fait symbolique de la pensée de Rasmunsen (Otan) et des danois qui ont fourni 75.000 volontaires à la Waffen SS.
      Comme les nostaligiques de Bandera, de la SS Galicie.

  2. Moi je me suis régalé hier sur la 2 avec mon préféré qui a très bien placé et défendu ce que tu dis en dernier paragraphe. Ils étaient six : Eric Jodos pour EELV, … LEFOLL pour le PS; Jean-Luc MELENCHON pour le FRONT DE GAUCHE; François COPE pour l’UMP, François BAYROU pour le MODEM UDI et Marine LEPEN pour le FRONT NATIONAL. Les débats étaient étrangement bon enfant où tout le monde était souriant et le mode d’organisation plutôt bien fait. Une agréable soirée où même BAYROU a donné raison à Jean-Luc MELENCHON sur plusieurs points concernant les roms. Voilà bien un exemple d’émission servant à motiver les indécis. Profitez-en car il est très rare que je félicite la 2. ARAMIS

    1. Mais, grand Sachem, nous nous délectons de tout ce que vous dites, qu’est-ce-que vous croyez?

    2. Il y a de nombreuses et bonnes videos sur le blog d’Ollivier Berruyer : lescrises.fr
      aujourd’hui les « démocrates armés » de Fabius essayant d’enlever un syndicaliste, la foule le protège, les femmes s’interposent puis insultent les policiers en uniforme qui n’ont rien fait. ah oui, il y a aussi BHL en avion avec le candidat Mr Chocolat oligarque de son état.

      l’UE me fait vomir, quelle tromperie.

  3. Juan, 2 remarques:

    Les « européistes béats », il n’y en a plus beaucoup. Depuis 2005, c’est une espèce en voie de disparition. Je crois même qu’elle vient d’être déclarée espèce protégée par l’Europe.

    En France, les européistes béats, qui n’étaient déjà pas très nombreux à la base, il doit en rester un ou deux. Je sais qu’il y en a un qui est mort et qu’on a empaillé pour l’exposer dans la galerie de l’évolution, au Muséum d’histoire naturelle.

    Du coup, l’expression est désormais utilisée par les locuteurs non pas pour désigner une réalité, mais pour désigner ceux qui ne partagent pas leur avis en matière de construction européenne: on est toujours le béat de quelqu’un d’autre, quoi.

    Deuxième remarque: ces européistes béats, qui sont censés exister dans la réalité, ne comprennent pas que la peur du vide ne fait plus peur, à vous lire.

    En fait, la sortie de la France de l’UE, puisque c’est de cela qu’on parle, est une question que les gens évoquent sans tabou. La preuve, on en parle.

    Mais, clairement, les gouvernements, les partis politiques de gouvernement, le monde du business en France et ailleurs en Europe, n’imaginent pas que cette option soit considérée avec sérieux, tant elle paraît contraire aux intérêts les plus élémentaires du pays, et aussi aux derniers grands choix stratégiques qu’il a opéré de façon consciente et volontaire, à une époque pas si lointaine où la volonté d’imprimer une direction à notre destin commun était encore largement partagée.

    Cela ne veut pour autant pas dire que nos gouvernants ne soient pas conscients que le risque de la tentation du pire existe. Je crois au contraire qu’ils le savent, qu’ils s’en inquiètent, que l’article du Monde traduit cette conscience et que cette conscience est généralisée.

    Celui qui, familier de la presse de la télé, de la radio et de la blogosphère françaises, n’aurait pas compris que la construction européenne a été considérablement fragilisée dans l’esprit de l’opinion publique, non seulement française mais aussi européenne, serait vraiment un gros bêta.

    L’UE est attaquée tous les jours de toutes parts, par tout le monde et à tout propos: il est évident que la béatitude et la félicité ne sont plus ce qui caractérise aujourd’hui la mentalité européenne, si tant est qu’elles l’aient caractérisée un jour.

    Aujourd’hui nous sommes plutôt dans le broyage du noir et la pensée autodestructrice.

    On se prend à regretter, justement, qu’il n’y ait plus d’européistes béats. La béatitude va beaucoup nous manquer.

    1. béat.. forcément (qui ne l’a pas été ? au moins une-fois dans sa vie) bref, j’me disais l’autre jour « Tom (cé moi) préfères-tu être empaillé ou cryogé bidule ? »
      zappons les cendres ou la terre (cé bourré d’idéologies)

      alors naturalisé, taxi et dermé
      .. y aura tjs une con’chita pour faire la poussière

  4. Une Europe sans nazi ! Ils n’ont pas la honte ? Prétendre vouloir une « Nazi-free Europe » et soutenir dans le même temps Svoboda et Pravy Sector ! ! ! On se fout de notre gueule … J’ai la rage

  5. La plupart des reportages/ campagne électoral vus sur les grand médias présentaient l’UE comme une tirelire, arrosant de son fric moultes entreprises .
    Outre qu’il soit douteux que ce soit ce qu’attendent les peuples, c’est confondre l’UE libre-échangiste avec l’Europe, telle que l’espèrent nombre de citoyens européens

  6. @ Juan
    Comment que c’est vraiment très beaucoup triste les coulisses en noir…
    Vous êtes triste ?😦

    ***

  7. …et le remplacement de Barosso soit par Juncker ou Pascal Lamy c’est disons la peste ou le choléra. 🙂

    Amicalement
    Viggo

  8. Posons la question autrement :  » Qu’apporte, concrètement, aujourd’hui, l’ Union Européenne aux peuples des six États-membres qui l’ont fondée en 1957 ? »
    La réponse explique qu’on n’y compte plus beaucoup d’ Euro-béats.
    (il en va autrement pour les pays qui y sont entrés plus tard).

    1. C’est ben vrai,
      mais ils sont largement remplacés par les Euro-écoeurés et moi je suis Euro-enragé.

      Un gouvernement de nuls, de menteurs, de copinage, on est habitués, c’est « normal », s’pas?
      mais une politique étrangère dirigée par BHL pour des nazis avérés, soutenant des Oligarques obscènes, ça devient paranormal.

      Il est temps que l’UE, ce grand corps malade de la syphilis democraticus americanus, sous poumon d’acier prussien soit débranché,

      n’est-ce pas Docteur?

  9. En tous cas pour moi c’est simple; DEMAIN : je vote front de gauche (secteur nord-ouest : Jaky HENIN) comme ma famille et tous mes amis, na ! ARAMIS

  10. tiens, un papier de Denis Robert (yes!) sur le Plus de l’Obs (vous trouverez) ch’uis pas à Metz (pas grave)
    j’vais faire comme toi Aramis.. ?

      1. Pour info :

        l’Humanité
        22 h ·
        La Gauche européenne a le vent en poupe. Ses listes pourraient réaliser de très bonnes performances au Portugal, en Grèce, en Irlande et à Chypre. Et flirter avec les 10 % dans nombre d’autres pays comme la France et l’Espagne. Au total, elle pourrait multiplier quasiment par deux le nombre d’élus (35). Son candidat à la présidence de la Commission européenne, Alexis Tsipras, pointe, dans un entretien avec L’Humanité Dimanche, les trois axes que défendra son groupe.

  11. Pour info :

    l’Humanité
    22 h ·
    La Gauche européenne a le vent en poupe. Ses listes pourraient réaliser de très bonnes performances au Portugal, en Grèce, en Irlande et à Chypre. Et flirter avec les 10 % dans nombre d’autres pays comme la France et l’Espagne. Au total, elle pourrait multiplier quasiment par deux le nombre d’élus (35). Son candidat à la présidence de la Commission européenne, Alexis Tsipras, pointe, dans un entretien avec L’Humanité Dimanche, les trois axes que défendra son groupe.

Les commentaires sont fermés.