Quand ton pays craque


Tu fais quoi ?

Une élection qui est séisme, pour les pires des mauvaises raisons et quelques vrais motifs, et voici comme une réaction en cascade. Nous y reviendrons demain, sur le blog principal. Nulle envie, la nuit dernière, de commenter à chaud dans l’excitation générale.

« Qui doit être responsable JUAN ? et pourquoi ?
c’est un jugement qui mérite un développement un peu plus conséquent.. »

Un aimable (et fidèle) commentateur posait la question quelques heures auparavant.

Nous sommes responsables de cet échec collectif: vous, nous, moi. Certains plus que d’autres, évidemment.

1. Notre pays est responsable de son histoire. La France rance vient de loin. Chirac eut le courage de reconnaître nos moments sombres. On n’échappe pas à son passé national.

2. François Hollande est responsable de son échec. Il a travaillé dur, il n’est pas efficace, il a pensé qu’un » social-compatibilisme » suffirait à nos joies. Il s’est trompé. Il a laissé grandir la désespérance.

3. Nicolas Sarkozy est responsable, il a été sanctionné. Il a cassé quelques unes des digues éthiques de notre République à coup de discours péremptoires.

4. L’opposition de gauche est responsable de son échec. J’y place un ensemble improbable constitué de déçus comme moi et d’autres plus solidement convaincus. Nous n’avons pas séduit. Nous avons participé à l’éparpillement.

5. L’actuelle construction européenne est un échec. Ce n’est pas être europhobe que de l’écrire. Le mécano institutionnel est à bout de souffle et de choix.

Nous sommes tous responsables, la formule est trop simple. Le pays craque et certains sont plus responsables que d’autres.

Mais il est si facile de jeter la pierre sur les « autres » pour mieux s’exonérer de toute réflexion sur ces propres agissements, que je préfère marteler que nous sommes responsables. C’est une autre façon de dire:

Réfléchissons à comment nous pouvons être utile.

Le reste, comment dire…

 

32 réflexions sur “ Quand ton pays craque ”

  1. J’ai posé une moquette,
    J’ai baladé l’ami canin,
    J’ai nettoyé une peau de mouton,
    J’ai baladé l’ami canin,
    J’ai cuisiné, mangé un peu,
    J’ai baladé l’ami canin,
    J’ai confectionné un fin matelas,
    J’ai baladé l’ami canin,
    J’ai décroché de tout ce merdier une journée,
    Et ça m’a fait du bien.
    Je préfère la gueule de bois du surlendemain.

  2. Personnellement j’ai au moins une raison d’espérer : en 5 mois des gens ont porté un nouveau mouvement à 3,19% soit la moitié du FDG. Je n’ai pas compté les différents temps de passage média, mais on pourra comparer désormais avec le FDG et EELV par exemple. Y collaborant, je pense être utile.

    1. tu as raison sur ce constat. Mais je m’interroge sur l’alliance européenne éventuelle. Le FDG a échoué en France, mais au niveau du parlement, on envoie qq députés de plus contre TAFTA. C’est important.

      1. oui, mais en France, le total ne fait que 34% je vois sur ton blog principal des andoui^Wgens penser majorité « NPA » : ils prennent quoi comme drogue ?

        A noter qu’au contraire d’autres on propose d’employer les traités actuels pour relancer et donc en même temps insérer dans l’UE une coopération avancée pour progresser plus vite avec un traité social.

    2. Rva (@politeeks)
      C’est aussi mon sentiment, surtout si l’on prend en compte la très faible part des médias de tous genres à faire partager les propositions de ce nouveau mouvement. Ce qui laisse à penser que si ce dernier avait bénéficié d’autant de « promotions » que les trois « grands » partis, l’issue de ces Européennes aurait sans doute été tout autre.

  3. « 5. L’actuelle construction européenne est un échec. Ce n’est pas être europhobe que de l’écrire. Le mécano institutionnel est à bout de souffle et de choix. »

    Tiens ! Je crois bien que je dis ça chez moi aussi (en d’autres termes).

      1. Hé ! Andouille (si je puis me permettre) ! Ça n’était pas une critique. Seulement un constat d’accord sur un détail.

  4. Renseignez- vous sur L’ECU, c’était pas si mal!
    http://fr.wikipedia.org/wiki/European_Currency_Unit

    Quant à la construction européenne (fédéraliste), elle ne sert pas les intérêts de la France car à terme il ne restera de l’unité qu’un ensemble de « landers » pour la composer. Certains croient que France ne fait plus le poids dans la mondialisation, qu’en sera-t-il alors de la région Alsace, Bretagne, ou Aquitaine… dans l’espace mondialisé?

    Au principe de fédération l’on oppose celui de coopération. La France se noie dans le fédéralisme européen et les élargissements de l’Union à L’Est tandis que sous une entité intègre et souveraine la France à tous les atouts pour coopérer avec qui elle l’entend. Evidemment, le principe de coopération se fait de bons sens avec ses voisins frontaliers et plus loin avec des puissances économiques incontournables en Asie orientale, les USA et la Russie… puis une coopération avec visées dans la francophonie et dans une autre mesure l’espace latinophone. C’est tellement évident que la plupart se noie en conjecture et dès que l’on défend l’idée « France », bonjour l’étiquette de la part d’esprit critique dont on voit la mine, les bras ballants, dépités qu’ils sont de leurs propres incompréhensions du monde.

    A bon entendeur, salut.

  5. il me semble qu’il ne faut pas confondre ce scrutin « international » avec un vote franco français.
    si on prend les chiffres tels qu’ils sont, le FN avait obtenu 6 millions de voix aux dernières présidentielles, et moins de 5 aujourd’hui…

    exemple : prenez les européennes récentes : essayez de trouver le nombre de voix obtenu par le FN (et les autres partis)…..
    seul le pourcentage époustoufle parce qu’il permet immédiatement de faire apparaitre le FN en tête, alors que le nombre de voix en fait un score inférieur aux dernières présidentielles (je me répète volontairement)

    il faut se méfier des coups de zoom médiatiques et rester vigilant sur un phénomène sociétal et civique qui entre en pleine confusion depuis quelques années
    – entre volontarisme et bougisme,
    – entre reponsabilité et défausse
    – entre risque et frilosité

    plus que de blâmer les votants du FN, parti qui a sa clientèle qui tourne autour de 4 millions de voix depuis des années, il serait nécessaire de construire une politique qui remette dans la course « sociale » tous ceux qui se sentent rejetés du système . En ce sens nous sommes tous responsables :

    il est malheureux de constater que seuls les slogans à l’arrache fonctionnent « l’UE c’est la paix « ..etc……c’est une époque où l’émotion est la valeur politique en cours, où la stupeur fait vendre même si cette stupeur n’est qu’un mirage…..

    un Lordon l’a évoqué et d’autres encore,
    -planquer les déchets de l’impact de l’euro sous le tapis,
    – la nuisance de la concurrence sociale et fiscale et sociale ,
    – la désespérance d’une partie de plus en plus grande de la population,

    en envoyant des messages
     » la courbe de l’emploi va se retourner »
     » l’économie va se retourner » etc…

    alors que le pékin, lui voit que le 15 du mois il ne peut plus se payer à bouffer, faut il s’étonner que les gens votent n’importe quoi qui n’est jamais allé au gouvernement (ou pas du tout d’ailleurs) pour montrer qu’il en a marre de toutes ces conneries…

  6. pas besoin d’avoir bac + 10 pour comprendre que le scrutin était joué pour l’UE..
    on nous a montré les deux vainqueurs avant le nom des parlemantaires, tout en sachant que l’un ou l’autre passerait …

    un schultz : allemand, alors qu’on bouffe de l’euro fort et de la BCE sous contrôle teuton

    un juncker : chef d’un paradis fiscal de 1.5 millions d’hab qui vit sur les manips fiscales des multinationales pour enrichir le pib du pays…qui devient par conséquent le parasite de la construction de l’UE

    bref la responsabilité de chacun, c’est le temps de cerveau disponible à chercher de l’info simple sur des sujets civiques au lieu de bouffer du reality show genre « c’est qui qu’a péter  »

    et les responsabilité des élites est totale dans un pays comme la France qui a des atouts pour être tout sauf le toutou de l’UE et de la saucisse francfortaise….

  7. le pays ne craque pas, il prend l’image de ce que nos gouvernements veulent en faire, un pays veule, soumis et obeissant aux outils anti démocratiques de l’UE

    pourquoi le votant du FN serait il plus rance qu’un baroso et qu’une troika

    puisque rappelons le, nous parlons du parlement européen, pas un franco français…..

  8. belle formule d’un article des « échos » qui me parait bien résumer la situation :  » cette fatigue de la crise qui brunit la France et l’Europe… »

  9. « Nous n’avons pas séduit. Nous avons participé à l’éparpillement. »
    C’est bien de reconnaitre ses erreurs mais dommage, c’est un peu tard ! Beaucoup, à la gauche de la gauche, ont oublié d’où l’on vient et ces 5 anni horribili que nous avons vécu ! Dès le mois de Mai 2012, l’hallali a commencé : tout, je dis bien TOUT était à jeter soit parce que c’était vraiment critiquable mais souvent aussi parce que ça  » n’allait pas assez loin  » ! Total des courses, en 2017, on va se retrouver:
    -1) avec la blonde bleue marine, mais je n’y crois pas
    -2) avec le petit nabot plus haineux et déchainé que jamais et là j’y crois
    et là, on entendra couiner tout ce petit monde de gauche mais ce sera trop tard !!
    Trop en colère pour continuer !
    amicalement Juan
    Linda

    1. Linda , votre colère est dirigée contre le  » petit  » ou le  » grand monde  » de gauche ? parce que amalgamer les deux me paraît abusif . A tout bien considérer et sans dédouaner le  » petit  » de ses propres responsabilités , que je sache , ce n’est pas lui qui est aux affaires mais bien le  » grand  » qui fait ses choix dit pragmatiques avec les conséquences qui en découlent…pragmatiquement…Colère oui mais à bon escient . Revoyez l’histoire des années 30 : http://mapage.noos.fr/moulinhg02/fin.front_fichiers/fin.front.ppt .

  10. Sans doute faudrait-il que les politiciens refassent de la politique plutôt que de la com’ d’images . Sans doute faudrait-il changer les institutions, parce que l’intervention de FH, hier soir, était consternante et confirmait l’idée que le vote des citoyens, c’est de la roupie de sansonnet pour les gens de pouvoir . Sans doute faudrait-il que les médias fassent de l’info et pas de l’intox . Sans doute faudrait-il que les sections syndicales secouent sérieusement les confédérations . Sans doute devrait-on coller JM Le Pen sur la paille humide des cachots plutôt que sur un siège grassement rémunéré à l’Assemblée Européenne ( ou il met rarement les pieds, comme fifille ), pour son incitation à la haine raciale avec sa sortie sur le virus ébola . Et la liste n’est pas exhaustive .
    Pour y parvenir, sans doute pourrait-on bassiner son député, son conseiller général, son conseiller régional ( pas difficile : la plupart du temps, c’est le même ) . Peut-être qu’à force de leur taper sur le crane finirait-on par faire entendre raison à tous ces types . Parce qu’à force de foutage de gueule, on ne peut savoir comment ça finira .

  11. Sans doute faudrait-il que les politiciens fassent de la politique plutôt que de la com’ d’image . Sans doute faudrait-il que les militants prennent le mors aux dents et virent la corruption et les corrompus, les incompétents et les baratineurs . Sans doute faudrait-il que les sections syndicales secouent les puces de leurs confédértions . Sans doute faudrait-il bassiner son député, son conseiller général, son conseiller régional ( pas difficile, la plupart du temps, c’est le :même ), afin qu’il fasse passer le message . Sans doute faudrait-il mettre au pas les lobbys de tous poils que gravitent au Parlement Européen et à l’Assemblée Nationale . Sans doute faudrait-il jeter J.M Le Pen sur la paille hulide des cachots, plutôt que sur un siège grassement rémunéré à Strasbourg ( où il ne met jamais les pied, tout comme Marion Anne Perrine ) pour son incitation permanente à la haine raciale, la dernière étant sa sortie sur le virus ébola . Sans doute faudra-t-l changer les institutions par tous les moyens Y a du boulot, lorsqu’on entend l’intervention consternante d’Hollande hier soir .
    Marre que ces gens là se fichent comme d’une guigne des suffrages des citoyens quand ils ne les retournent pas par un tour de passe-passe de la pire politicaillerie, tel le traité de Lisbonne, copie aggravée du TCE, TCE rejeté par les citoyens de ce pays .

  12. J’ai du mal à me sentir responsable du détournement du vote des citoyens sur le traité de Lisbonne, entre autre . J’ai du mal à me sentir responsable du discours consternant de FH hier soir . J’ai du mal à me sentir responsable de médias, y compris publcs, qui passent leur vie à baliser le parcours de Marion Anne Perrine ; J’ai du mal à me sentir responsable de la corruption des politicards . J’ai du mal à entendre qu’on ne peut faire une campagne électorale avec 22 millions d’euros ( le nommé Lavrilleux vit sur quelle planète ? ) . En règle générale, j’ai du mal à me sentir responsable du non respect des scrutins par les politicards . Sans doute faudrait-il changer les institutions ( vaste programme puisque ceux qui sont aux manettes font tout pour que rien ne change ) . Sans doute faudrait-il secouer les puces de son député, son conseiller général, son conseiller régional ( pas difficile : la plupart du temps, c’est le même, cumul des mandats oblige ), sans doute faudrait-il que les sections syndicales d’entreprises bottent les fesses des dirigeants de leurs confédérations, sans doute faudrait-il virer les lobbys de tous poils qui grenouilent à Bruxelles, Strasbourg et Paris . Y a du boulot !

  13. Chant des partisans (de Jean-Luc ) revu et corrigé

    Ami, perçois-tu le vol net des banquiers sur nos gênes?
    Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu´on enchaîne?
    Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c´est l´alarme.
    Ce soir l´ennemi connaîtra le prix du rang et des drames.

    Montez de la mine, descendez des collines, camarades!
    Sortez de la faille les factures, la misère, les grimaces.
    Ohé, ces chieurs de la base et de plus haut, tuez-les vite!
    Ohé, saboteur, fais bien gaffe à ton fond à tes tripes…

    C´est nous qui brisons les barreaux du fric de nos frères.
    La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
    Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
    Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on sue, nous on crève…

    Ici chacun sait ce qu´il veut, ce qu´il fait quand il passe.
    Ami, si tu tombes un ami sort du nombre à ta place.
    Demain l’argent sale explos’ra au grand soleil sur les routes.
    Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute…

    Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu´on enchaîne?
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
    Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh…

  14. Pour relativiser :
    Les nombres sont en millions de voix.

    FN Abst
    euro 2014 4,7 26
    euro 2009 1,1 26
    euro2004 1,6 23

    presi2012 6,4 1er tour 9
    presi2007 3,8 1er tour 7
    presi 2002 1t 5,5 2e tour 8

    legi2012 3,5 19
    legi2007 1,1 7
    legi2002 2,8 14

    Gros pourcentage, mais nombre de voix pas au maxi (cf presi2012)

    1Million de fachos et 3,7 de colères qui appuie sur le bouton ?

  15. 1million de fachos et 4 millions de très fachés : ce n’est pas nouveau !

    Droite émiéttée : qu’elle se démerde mais ça nous regarde aussi un peu.
    Gauches éclatées : ça nous regarde plus !
    Et l’épouvantail de la fifille Présidente pour que rien ne chanche ? finalement : même pas peur !!!!!

  16. A écouter, l’émission de Daniel Mermet de lundi sur France Inter. Cela permet me semble-t-il de comprendre – ce qui ne veut aucunement dire approuver – en creux, en tout cas de très loin bien mieux que toutes les logorrhées totalement déconnectées de la vie des citoyens ordinaires de tous les journalistes, politiciens et autres soit-disant spécialistes médiatiques :

    http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=906696

  17.  » Les électeurs – du moins ceux qui se sont déplacés, puisque les abstentionnistes constituent le premier parti du pays – ont porté un parti d’extrême-droite, partisan de « l’ordre » et de la chasse aux immigrés, en tête de la représentation nationale en Europe. C’est plus que triste : cela fait honte, dans un pays que l’on appelle encore parfois la « patrie des droits de l’homme ».

    Ce succès marque une double débâcle et un échec profond.

    Première débâcle, celle de l’Europe. Mais pas l’Europe de Mozart et de Molière, pas l’Europe de la paix entre la France et l’Allemagne, pas l’Europe qui se battait pour le protocole de Kyoto et contre la standardisation des OGM, pas l’Europe de la démocratie et de la sécurité sociale.

    Non, la débâcle de l’Europe que symbolise M. Barroso, cette Europe qui a trahi la souveraineté populaire depuis qu’en 2005, les classes dirigeantes ont refusé d’accepter le rejet par les citoyens d’un traité absurde. Cette Europe incapable de mettre la finance au pas, d’en finir avec une suicidaire concurrence fiscale, d’être autonome d’Etats-Unis gouvernés par l’oligarchie.

    Deuxième débâcle, celle d’un parti qui arbore indûment le mot de « socialiste ». Qui, depuis près de trente ans, au nom du réalisme, s’est transformé en instrument le plus fidèle du néo-libéralisme, qui trahit les classes populaires, qui bafoue la justice sociale. Débâcle d’un parti incapable de comprendre l’interrogation écologique, accroché au dogme de la croissance, engourdi dans les corruptions secrètes du béton et de la finance.

    Le pire du PS, c’est qu’il prétend être de gauche, et qu’il trompe ainsi les citoyennes et citoyens qui aspirent à la justice sociale et à une nouvelle ère fondée sur la transformation écologique. Avec la droite, avec l’UMP, les choses sont claires. Le PS est pire, parce qu’il mène la même politique, en prétendant être autre chose. Il ment, simplement.

    En France, autrefois, un grand parti a dominé la scène politique pendant des décennies. Il s’appelait le Parti radical. Il a disparu. Il est temps d’envisager et de souhaiter la disparition du Parti socialiste.

    Un échec profond, enfin. Les écologistes n’arrivent pas à imprégner en profondeur la culture politique française. La gauche ne parvient pas à transformer la réalité de l’injustice sociale en révolte. Il ne suffit pas de stigmatiser les médias, aux mains de l’oligarchie, qui soutiennent massivement le front UMP-PS et amplifient les sirènes de l’extrême-droite. C’est dans les stratégies des mouvements écologiste et de gauche qu’il faut chercher les responsabilités.

    Elle peut se résumer à la question des alliances : en restant attachés, directement ou indirectement, au PS, les écologistes et la gauche ne peuvent convaincre qu’ils représentent vraiment l’alternative. Il faut être dedans ou dehors.

    Le prolongement logique de cette idée est que, chacun, seul, pesant insuffisamment, il faut travailler à une nouvelle alliance des écologistes et de la gauche. Cela doit être la base d’une nouvelle dynamique, à même d’inverser le cours délétère de l’histoire, qui conduirait sinon à un régime autoritaire.

    Il est temps d’intégrer vraiment la gravité de l’époque : la crise écologique et sociale bouleverse tant la société qu’il faut transformer profondément celle-ci. Si ce n’est pas l’écologie qui le fait, ce sera l’alliance des capitalistes et des facistes.

    Cette alliance est-elle aisée ? Non. Mais le sens de la responsabilité historique doit maintenant primer sur les petits arrangements électoraux et les querelles d’ego. Il était ainsi tristement stupide de voir durant la campagne des élections européennes MM. Bové et Mélenchon se pinailler l’un l’autre plutôt que de viser les véritables adversaires.

    Le premier pas doit être un pacte non-agression entre forces proches (et cet éventail doit être plus large qu’EELV et le PG). Qu’elles acceptent de se penser comme complémentaires plutôt que concurrentes.

    Le deuxième doit être de rechercher toutes les coopérations ponctuelles possibles, et de les rendres visibles : sur le terrain des luttes comme sur l’espace institutionnel où ces forces peuvent encore se faire entendre. Sur le terrain des alternatives, aussi, tant il est vital de montrer à nos concitoyens qu’il est possible de mettre en oeuvre un autre monde que la sinistre décadence capitaliste qui nous est sinon promise.

    Le troisième pas doit être d’engager très rapidement un mouvement de discussion, de réflexion en commun, de convergence.

    L’objectif : construire une force qui se substitue dans le coeur et la force de la gauche au PS déliquescent.

    Ce projet est-il fou ? Un des fondateurs de l’écologie politique en France, René Dumont, disait : « L’utopie ou la mort ». L’alternative prend plus de force que jamais : ou l’alliance de ceux qui savent que l’écologie est le nouveau paradigme de l’époque, ou le fascisme.  »

    Reporterre – Hervé Kempf

    http://www.reporterre.net/spip.php?article5920

  18. Madame, Mademoiselle, Monsieur,
    C’est un jour sombre pour la démocratie en France, mais c’est aussi un des plus sombres pour la démocratie en Europe.
    Ce qu’il nous faut, à toutes et tous, en Europe, c’est un nouveau compromis (il n’y a aucune honte à en faire avec des gens honorables) du même ordre que celui de 1945 qui inaugura les Trente Glorieuses et qui fut fait entre des socialistes, des libéraux (à l’époque on les appelait des gaullistes), des sociaux-chrétiens (comme François Bayrou, mais pas des excités comme Christine Boutin), des syndicalistes, des communistes. Il le faut pour la France et pour l’Europe !
    Je suis wallon (je n’ose plus dire belge), je ne suis qu’un bien humble citoyen de mon petit pays (la Wallonie, c’est pas très loin de chez-vous), mais je sais une chose : le jour où Marion Anne Perrine Le Pen sera élue Présidente de la République, mon petit pays sera une proie pour elle. Ses canines acérées à deux doigts de notre gorge.
    Faites très attention à l’article 16 de votre constitution, c’est une arme à double tranchant qui pourrait permettre toutes les aventures politiques.
    Bien à vous, passez une aussi bonne journée que possible.

    Un voisin.

    1. Un voisin que j’aime . L’article 16 fut concocté par de gaulle l’aristo et orgueilleux monarque s’inspirant de naboléon 1er . Il était friand du processus plébiscitaire ( faux référendum ) lui donnant les pleins pouvoirs…conservés par ses suivants . L’article 16 permet la dictature , tout un programme…

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