Communiquer sur la précarité


Le Chemin de Pierre est une chanson en deux versions lancée par la Fondation Abbé Pierre. Votre serviteur apprécie particulièrement celle qui suit.

On pourrait moquer les bons sentiments,  ces mobilisations médiatiques qui ne serviraient à rien. Et pourtant…

Qui pense que l’on parle trop de la précarité en France ?

C’est la seule question qui compte.

Ces campagnes marketing, qui utilisent avec plus ou moins d’efficacité les techniques de l’image et de la séduction commerciale pour attirer les consciences sur leur cause sont inévitables et souhaitables.

10 réflexions sur “ Communiquer sur la précarité ”

  1. Enorme problème que celui du mal-logement ( doux euphémisme ) avec celui de l’emploi, qu’il peut conditionner.Voir à ce propos le 19ème rapport annuel de la fondation Abbé Pierre.Dans ce secteur du logement, Habitat et Humanisme fait aussi un travail discret et en profondeur, parmi d’autres…Donc pas d’état d’âme sur la pub,on se trouve confronté à des besoins élémentaires.

    1. Le « mal-logement » n’est nullement un euphémisme, doux ou pas : c’est un barbarisme particulièrement affligeant.

      1. Il y a les moralisateurs,ceux qui se payent surtout de mots et puis ceux qui parlent d’un domaine qu’ils connaissent un peu, pour y avoir travaillé pendant une trentaine d’années.Pour ce qui me concerne , la discussion s’arrêtera donc là.

  2. il faut parler de la précarité et ne la souhaiter à personne.

    en parler pour ne pas laisser le sujet aux seules voitures balais sociales que sont les associations avec leurs salariés et les bénévoles qui réussissent avec de moins en moins de moyens à contenir des pans entiers de société par de l’aide ponctuelle sur des besoins primaires (pyramide de maslow)…..

    il faut garder à l’esprit que la « masse critique de souffrance » en augmentant finira par déborder et dégénérer de manière désordonnée et violente….pour une raison qui peut être dérisoire.

    A ce moment là, tout le monde sera concerné par les conséquences possibles que quiconque ne peut prévoir

    il n’y a ni empathie, ni émotion, ni bons sentiments à vouloir considérer que la société humaine n’a jamais été égalitaire aussi loin qu’on cherche dans l’histoire

    et justement, tout le travail de l’action politique devrait consister à organiser la répartition des richesses, la régulation par la loi de la prédation d’une minorité sur la majorité sans se contenter d’une « exigeante auto tout ce qu’on veut  »

    pour faire bref….

  3. Pour ceux que cela peut intéresser, le titre du document que j’ai cité est le suivant :  » L’état du mal-logement en France,19ème rapport annuel », produit par la Fondation Abbé Pierre.On le trouve très facilement sur le net.

  4. Je comprends la réaction de Castor. Voici ce que j’avais moi-même écrit en 2005 par rapport à ma propre expérience du RMI. Extrait de « sale temps pour les faisans »

    « La misère et l’exclusion lui afférant, c’est un peu comme une drôle de guerre aux évidents moyens de destruction massifs que sont : La faim, la soif, le froid, l’absence d’hygiène, le mépris transparaissant dans le regard de l’autre, l’inexistence l’exclusion et l’absence de perspectives. Elle ne peut par conséquent, pas se contenter d’être virtuellement évaluée d’un regard lointain et superficiel, car elle imprime ses vilains stigmates au plus profond de la conscience de celui qui la subi. Perfide et cruelle qu’elle sait si bien être, comme une femme qui se refuse en aguichant, tout en sachant qu’elle ne se donnera jamais. D’un baiser de Judas elle vous étreint et vous enveloppe telle une beauté fatale, sans décliner son nom, se voyant à peine et ne s’imaginant même pas dans ce type de société d’opulence, tant qu’on n’est pas tombé soi-même dans cette fange.

    Si l’enfer c’est les autres, il semblerait que pour certains la misère aussi. Pour bien comprendre les mécanismes sournois de la harpie et prétendre s’y attaquer à fond, il faut s’y être méchamment frotté, qu’elle vous ait profondément meurtri la chair de ses dents acérées, rongé l’esprit et grignoté l’âme à petit feu par manque de tout. C’est là la seule réalité de terrain, le reste n’est que littérature de petit bourgeois hypocrite ou ressort du froid rapport d’un fonctionnaire à la pensée étriquée, si ce n’est du sombre raisonnement calculateur d’un technocrate sans âme. Nous touchons là au pléonasme.

    Dans ce genre de vie là, il y a celui qui plonge pour sauver celui qui se noie et tous les autres qui se contentent d’appeler les pompiers en le regardant couler, pour se désoler en haussant les épaules et en baissant les yeux. Celui qui peut peu et qui fait son maximum et ceux qui peuvent tout et qui ne font jamais rien, mais qui savent toujours expliquer pourquoi ce n’est pas leur faute, en définissant avec un calme olympien ce qu’il aurait fallu faire, pour qu’il n’y eut point de noyade à déplorer. »

  5. Ce qui est le plus affligeant, dans le problème de la précarité, c’est cette démission des pouvoirs publics qui ont refilé, avec un lâche soulagement, le bébé aux associations auxquelles on doit respect, soutien et solidarité .

  6. D’accord avec ça Juan, il faut en parler, de n’importe quelle façon. Et même si une chanson a rarement produit des effets sur le court terme, elle s’insinue dans l’inconscient collectif et dans celui des personnes qui l’auront entendue. Une musique, une chanson fait toujours son chemin, même si c’est dans le cerveau de 10 personnes, c’est déjà ça. Elle touche ou pas, pousse à réfléchir ou pas.

    En plus, celle-ci est plutôt bien composée, écrite et interprétée, mais aussi filmée. Et il n’y a pas de stars qui se la pètent, faisant leur pub déguisée sous de la bonne conscience.

    Très très bien vu à mon avis, avec pudeur à tous les niveaux, mais pas forcément vendeur.

    1. @jememeledetout , Une fois de plus Juan tape dans le mille et je le remercie particulièrement . Je pense que c’est vendeur parce qu’exemplaire et de nos jours , il y en a bien besoin . Dans les années 60 , j’ai connu un prêtre-ouvrier extra et allant à l’encontre de sa hiérarchie en prenant fait et cause pour la condition ouvrière . Nous échangions beaucoup , celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas…avec un grand respect et une fraternité de luttes rares de nos jours puisque cette mission à été annulée en peu de temps par la hiérarchie catho car considérée comme subversive . Par contre , l’alliance du sabre , du goupillon et du capital était acceptable sinon nécessaire…

  7. Le sabre entretien la disciple des corps par abnégation de la vie en préparant au combat et aux chimères des butins, le goupillon entretien la discipline des consciences par l’abnégation et la culpabilisation du plus humble, tout en bénissant les armées et le capital entend gérer tout çà au bénéfice des élites déclarées. Sacrée machine à broyer l’humanité, tout de même… ARAMIS

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