Servir la soupe


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Combien sont-ils à servir la soupe ?

 

C’est une question posée il y a peu par un proche. L’expression est détestable mais précise. Elle désigne une forme de servilité consentante mais contradictoire. Servir la soupe équivaut à aider quelqu’un qu’on ne devrait pas aider. Quand on m’explique que l’actuel gouvernement « sert la soupe » du Medef, je m’interroge. Qu’il agisse en faveur des intérêts du patronat, c’est assez clair. Citons le Pacte de responsabilité ou la évente annoncé de François Rebsamen qui veut mettre entre parenthèse les seuils de représentativité syndicale instaurés sous Mitterrand en 1982. J’ai fini par croire qu’il était, comme d’autres, convaincus que ces mesures seraient utiles et pas contradictoires avec le progrès social qu’il est censé incarner.
Bref, le gouvernement ne sert plus la soupe. Il est passé en cuisine.

15 réflexions sur “ Servir la soupe ”

  1. « Agir dans l’intérêt de quelqu’un ou de soi-même, par complaisance ou pure bêtise. »
    Mais d’abord : se servir ! Telle la famille Le Pen (4 aux frais de la République), Balkany et son épouse, Copé et Bygmalion et tant d’autres de tous bords…

    1. Il y a aussi des casseroles à gauche par exemple Cahuzac, Guérini… Tout ça, ça mange à la même « cantine »!

  2. Et, en plus de servir la soupe, certains cirent aussi les pompes . Y en a même qui arrivent à faire les deux en même temps . Quelle souplesse et quelle envergure de bras

  3. Oui : « Servir la soupe » ou encore : « Aller à la soupe… » C’est tout un système détestable, qui ronge la V République. Je ne crois pas que cela soit nouveau. Mais nous avons peut-être atteint un seuil : celui de la goutte d’eau…
    Je reste optimiste, en me disant que les « honnêtes » sont plus nombreux que les autres cherchant à titrer profit de tout. Mais attention aussi à ne pas devenir trop manichéen. Pourtant, j’en ai vraiment « ras-la-casquette »!

  4. puisqu’il n’a pas su imposer une solution française, il est obligé de foncer vers une dévaluation interne à l’espagnole ou portugaise pour que la france redevienne compétitive à l’intérieur de la zone euro…

    toutes les solutions de transferts massifs publics vers les entreprises et les tailles dans les dépenses publiques sont donc impératives…

    on va dérouiller, c’est obligé puisqu’en plus il accélère des projets pharaoniques comme le démantèlement des structures territoriales….

    c’est la grande débacle garantie, sans préparation et au doigt mouillé puisqu’aucune étude sérieuse ne sait évaluer les gains à obtenir…

    il suffit de lire les rapports sur les finances des départementaux et des régions pour se rendre compte que le gain est peanuts…..sauf à dégager du personnel en masse…(ou tailler dans le social à fond;..)

    à mon avis, ce n’est pas la soupe qu’il sert mais un repas complet avec caviar, homard et foie gras….pour un résultat qui va complétement déboussoler la population

  5. parce qu’on parle technique mais il y a les citoyens…

    quand l’euro est apparu, techniquement c’était magnifique…bravo

    mais les citoyens âgés qui avaient des difficultés à passe des anciens francs aux nouveaux, n’ont pas trop compris la nouvelle monnaie…il en a fallu du temps pour qu’ils reprennent des repères (en attendant les prix ont flambé)à

    bref…alors sans les départements ou les régions..?

    pourquoi j’écris ça ? s’il est en cuisine, il a fermé la porte…

    1. Ne pas oublier les communautés de communes, même (et surtout) si elles deviennent des intercommunalités : bonjour le pataquès des fiscalités municipales . .

      1. Il faut dire que la conversion de 6,55957F pour un euro, ça avait de quoi perturber .

      2. absolument, si hollande ne change pas d’avis pour prendre le temps de faire quelque chose de propre et réfléchi, on est parti pour un beau bordel

        il suffit d’examiner l’execution de la RGPP pour avoir un premier aperçu..

  6. Lire ce que Gérard Filoche écrit en réponse à ce projet inqualifiable de Rebsamen :

    http://www.filoche.net/2014/05/29/de-limportance-des-seuils-sociaux-11-et-50-dans-les-entreprises/

    Les oligarques du PS sont totalement et de manière abyssale déconnectés de la vie réelle des citoyens ordinaires et de leurs difficultés de plus en plus pesantes et criantes, et les raisons, d’une part de l’abstention, d’autre part de la montée du vote FN, ne sont pas à chercher ailleurs.

    http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-bonjour-la-sous-france

    http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-bonjour-la-sous-france-2

    http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-bonjour-la-sous-france-3

    1. GO

      pour les seuils sociaux, il y a une étude de l’INSEE qui évoque les effets de seuils sociaux, voici la conclusion

       » Cette méthode montre qu’un lissage complet des seuils de la législation entraînerait une baisse de 0,4 point de la proportion d’entreprises de moins de 10 salariés (tableau et graphiques 3). En contrepartie, la proportion d’entreprises entre 10 et 19 salariés augmenterait de 0,2 point et la proportion d’entreprises entre 20 et 49 salariés de 0,12 point……………….

      à partir de là, on ne peut pas dire que le gouvernement compte combattre le chômage avec ça…d’autant plus que la demande est absente et que chacun peut devenir qu’une entreprise n’embauche que si elle peut produire plus.

      On peut penser que les ministres ne viennent pas lire les blogs pour obtenir ces informations publiques ; par conséquent la motivation est ailleurs.

  7. Bonjour Juan,

    Comme le sens des mots a malgré tout une importance, je me permets de tiquer sur l’usage que vous en faites.

    Le sujet, c’est l’expression « servir la soupe », qui forme le titre de votre article.

    Mais, aussitôt et comme à l’accoutumée, vous modifiez le sens pour le formuler en une question, portée par un intermédiaire:

    « Combien sont-ils à servir la soupe ?

    (NDLR: c’est la question)

    C’est une question posée il y a peu par un proche.

    (NDLR: c’est l’intermédiation) »

    Sur ce, vous avancez trois éléments descriptifs, qui ne sont pas exacts:

    – L’expression est détestable mais précise, dites-vous: non, elle n’est ni détestable ni précise. Ouvrez un grand Robert au mot « soupe » et vous verrez qu’il y a pas mal d’entrées, dont certaines relèvent du vocabulaire populaire traduisant une pensée altruiste (soupe populaire par exemple: repas sommaires servi gratuitement aux indigents).

    D’autres expressions traduisent une idée -complètement différente – d’authenticité roborative, par opposition à une à une malbouffe trompeuse: « Je vis de bonne soupe et non de beau langage », Molière.

    Etc.

    En fait le mot « soupe » donne lieu à des emplois très diversifiés.

    – Elle désigne une forme de servilité consentante mais contradictoire, rajoutez-vous. Servir la soupe, en langage commun ne relève pas du vocabulaire ancillaire, qui est beaucoup plus cru et porte habituellement sur des questions sexuelles et héréditaires: il est questions de bite, de couilles, de chatte, de glaire, de sodomie, d’enfant illégitime, etc.

    Il est question de Sade, pour tout dire.

    En réalité, non: la servilité non consentante et contradictoire (qui désire le joug autant qu’elle le déteste) se déporte ailleurs que sur la bouffe, ou, come vous dites, la soupe: sur la sexualité et les bijoux.

    Oui, les bijoux: les anneaux en particulier. Souvenez-vous de Gollum, qui aime l’anneau autant qu’il le hait.

    Ou la chanson de Gainsbourg: Initial BB, briser l’anneau. Chanson écrite quand le chanteur a été quittée par la star. Et il est question d’un anneau dans la chanson.

    Une « servilité non consentante et contradictoire » qui se concentre sur la bouffe, la soupe, est une servilité d’obèse: des petits bourgeois menacés par la surcharge pondérale et je doute que cela soit le centre de vos préoccupations.

    -Servir la soupe équivaut à aider quelqu’un qu’on ne devrait pas aider, concluez-vous.

    Une brève recherche sur Internet nous renseigne sur le sens commun actuel, qui est légèrement différent. Servir la soupe à quelqu’un: lui servir de faire-valoir. Oui, c’est ce que répond Internet à la requête « servir la soupe ».

    On pourrait dire les chose autrement: le caresser dans le sens du poil, sauf que c’est une autre acception, ce qui nous en fait deux.

    Mais aussitôt ces deux acceptions renvoient à des rôles différents: le flatteur, certes, mais dans deux rôles distincts.

    Celui qui flatte manipule l’autre comme un objet pour obtenir de lui un résultat donné et direct: je flatte l’autre pour qu’il me suce la bite. C’est l’action directe.

    En plus de cela, il existe une voie indirecte: j’utilise l’autre non pas pour qu’il me suce la bite, ce qui ne m’intéresse pas nécessairement, mais pour qu’il suce la bite d’un autre, ce qui va me rapporter quelque chose à terme, ou par ricochet. C’est l’action indirecte. Un jeu de billard à trois bandes.

    A ces deux rôles, très classiques en littérature comme dans la vie, s’en ajoute un troisième: servir la soupe à quelqu’un, c’est parier sur sa bêtise, sans viser précisément aucun des objectifs de l’action directe, ou indirecte. Cela revient à l’utiliser comme garantie, ou contrepartie, dans un futur indéterminé.

    En ce sens, servir la soupe à quelqu’un, c’est capitaliser sur sa connerie à moyen ou long terme en anticipant de sa part une réaction qui sera favorable à un moment donné à la réussite d’un plan dans lequel cette personne ne sert que de garantie, pour le poids de sa viande.

    Cette personne n’est plus acteur de rien: elle est juste de la viande.

    Voilà une troisième acception qui est non seulement intéressante, mais surtout actuelle: le FN, ou le FdG capitalisent sur la vente de leurs soupes respectives, en espérant tous deux des résultats sur le moyen ou long terme et en utilisant le peuple comme de la viande.

    Et c’est ce qui est arrivé aux militants UMP qui ont contribué au Sarkothon: ils réalisent qu’ils n’ont été que viande.

    Voilà le troisième sens de l’expression. Celui qui fait le plus mal.

    La vraie question n’est donc pas de savoir combien sont-ils à servir la soupe, car « ils » sont innombrables. Votre « proche » était sans doute un peu naïf de vous la poser.

    Non, la vraie question, c’est de savoir combien en mangent. Et le défi, c’est de découvrir que vous, moi, votre « proche », nous tous, nous en mangeons de cette soupe-là.

    Car, à vrai dire, ni vous ni moi, ni nous tous n’avons été éduqués à sucer des bites, n’est-ce pas? Nous sommes armés pour dire non, ou bien, si nous disons oui, c’est toujours entre adultes consentants.

    Mais là, c’est autre chose: c’est le fait d’être utilisé comme de la viande.

    Et là, quand on se fouille soi-même, on constate qu’on est prêt à le faire.

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