Algérie-France: 0-0

La Coupe du monde a ceci d’impressionnant qu’elle sert aussi de révélateur à la bêtise humaine et aux clichés xénophobes.

Il suffit que quelques supporteurs s’excitent et dérapent avec des drapeaux de l’Algérie comme n’importe quels hooligans de ce sport fatigués et fatiguants pour que (1) des médias s’en emparent; (2) Marine Le Pen soit appelée à réagir; (3) des UMPistes élus trop locaux se sentent obligés de surenchérir contre la double nationalité; (4) d’autres encore dérivent contre toute soutien à l’équipe algérienne alors que cette dernière s’apprête dans quelques minutes à affronter l’Allemagne; (5) on nous sommes de prendre parti pour tel pays contre tel autre.

Sinistre spectacle.

Nous sommes lundi 30 juin 2014, la France est qualifiée pour les quarts de finale.

Laïcité: une pub pour le voile

C’est une publicité acceptée par la RATP où figure une femme voilée. Le visage est souriant, les cheveux masqués. L’affiche promeut une carte téléphonique de Buzz mobile  pour appeler à l’étranger, en cette période de Ramadan qui a débuté dimanche.

Sur Marianne.fr, Guy Konopnicki s’agace des « féministes qui s’insurgent souvent à la vue d’une femme quelque peu dénudée » et, cette fois-ci, « ne semblent pas réagir à la promotion d’un signe de soumission et d’oppression. »

Le site Alkanz considère au contraire que cette campagne « audacieuse » est une plutôt bonne opération. « D’année en année, la filiale, dite « ethnique » de l’opérateur téléphonique SFR, se défait des scories idéologiques, qui en France s’invitent systématiquement lorsqu’il s’agit de s’adresser aux consommateurs musulmans, pour communiquer sans complexe pendant le mois de ramadan. » Il regrette cependant deux « petits couacs » – sur le slogan retenu qui n’est pas très clair, selon lui, pour la communauté maghrébine visée.

Photo: Marianne
Photo: Marianne

Au risque d’en surprendre quelques-un(e)s, je partage ces deux points de vue apparemment contradictoires.

Cet opérateur téléphonique vise les immigrés. Qu’il choisisse d’adresser sa communication publicitaire les plus précisément possible, le plus efficacement possible  en ciblant les « pratiquants du Ramadan »n’est ni choquant ni scandaleux .

Les célébrations publicitaires des fêtes chrétiennes (Pâques, Noël) ne choquent pas grand monde. Rares sont ceux qui protestent quand la France se recouvre de panneaux à la gloire de Noël .

Personne ne s’indigne quand l’Eglise se paye une campagne d’affichage nationale pour solliciter des dons (infra).

Imaginez la même publicité dans nos rues de France pour l’Islam de France. Il y a peut-être davantage de Français musulmans pratiquants que de Français catholiques pratiquants (Ah, on entend Bruno Gollnisch défaillir :-)).

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Bref, on fait de la pub pour les religions, les Religions font elles-mêmes leur pub, les croyants sont destinataires de publicité, c’est ainsi.

En tant qu’athée, j’en suis désolé, j’enrage parfois, mais qu’importe.

Le point soulevé par Guy dans Marianne (*) est différent.

Il fustige l’image de la femme, en l’occurrence voilée, propagée/imposée par quelques radicaux d’une religion et récupérée dans cette pub. Une femme croyante, qui fait le Ramadan, donc pratiquante, serait donc voilée.

J’ai trop d’estime pour quelques amies ou collègues musulmanes pour penser que c’est la bonne image à donner. On peut être musulmane sans être voilée. On peut faire le Ramadan sans être voilée. C’est le voile, pas l’Islam, qui doit nous choquer.

Mais si l’on y réfléchit bien, Buzzmobile est pris à son propre piège. Sa communication, comme le souligne fort justement Alkanz, est communautaire. Elle vise les immigrés, ou les Français d’origine étrangère qui ont besoin de téléphoner loin et pas cher. Si BuzzMobile avait choisit un homme, ou une femme non voilée, quel aurait été l’impact de cette publicité auprès de celles et ceux à qui il s’adresse ? Sans doute inutilement provocateur.

J’en profite pour relayer un appel, un autre, en faveur de la laïcité. Il émane de Marianne, qui en fait son dossier de la semaine. On le signe ici.

La laïcité, peut-on y lire, « refuse les aspects politiques des religions et laisse à ces dernières toute liberté dans la vie sociale sous régime de droit commun« .

« La laïcité comme principe politique, code de vie collective et force morale, est remise en question par divers mouvances et groupes religieux qui rejettent « la démocratie des mécréants », la suprématie du droit civil sur les textes, à leurs yeux sacrés, avec un usage maîtrisé des radios communautaires et d’internet. »

 

 

(*) je l’appelle Guy, même si je ne le connais pas, mais Marianne a encore la gentillesse d’héberger le blog principal

Après les rencontres FDG/EELV, le gauchisme éclairé

Mélenchon livre sur son blog quelques détails et commentaires sur la rencontre intervenue entre représentants du Front de Gauche et d’Europe Ecologie Les Verts.

Votre serviteur place beaucoup d’espoirs sur ces échanges, comme sur tous ceux qui permettent à gauche de faire discuter sans s’insulter, de converger au-delà des divergences, bref, de retrouver les grandes ambitions de rassemblement que nous devrions toutes et tous défendre.

« La discussion a été libre, argumentée et amicale« 

Son billet s’appelle « la vie à tâtons ». Au-delà de la violence habituelle de son vocabulaire, Mélenchon confie un désarroi que nous partageons.

Pas de podium commun avec le PS.

Mélenchon s’en explique: « Ce n’est pas une marque de sectarisme que de refuser le podium commun et la photo de famille avec le PS. C’est la marque d’une certaine compréhension de ce qu’est l’esprit public aujourd’hui. Nous y laisserions notre crédibilité ! » C’est la position du PG sur le PS « en l’état ». Le PCF est plus ouvert.

Mélenchon pense que ces questions d’appareils ne sont que de peu d’intérêt par rapport à la question centrale de « rassembler le peuple ». J’aime bien la formule: « Le but de notre travail n’est pas de fédérer des partis mais le peuple lui-même. Le système n’a pas peur de la gauche ! Le système a peur du peuple. » Mais les partis sont les relais indispensables du combat démocratique. Le gauchisme éclairé qui attend le soulèvement « spontané » des masses est obsolète. Les masses n’ont plus l’indignation mobilisatrice. On le constate tous les jours. On peut accuser les médias, le gouvernement d’hier, celui d’aujourd’hui. On peut fustiger les « Dominants » – nous prenons part ici et là-bas à ces critiques quotidiennes. Mais cela ne suffit pas. Les récents échecs électoraux du FDG le prouvent.

Alors je pose la question.

Comment fait-on ?

Que fait-on ?

 

Chanson du dimanche: « le bonheur »

Et oui, parfois.

Vive le kitsch !

Foncer dans le mur en klaxonnant. Ou pas.

L’expression fait fureur depuis quelques lustres déjà, pour désigner l’action du gouvernement. On l’utilisait contre Sarkozy, médusés que nous étions par son obstination. Elle sert désormais pour qualifier l’action d’Hollande.

Elle m’évoque les dessins animés de Beep Beep et le Coyote, franche rigolade quand j’étais gamin.

Ou bien ces tests automobile informatisés.

 

 

Le monde vu par les journaux télévisés

C’est une carte très instructive. Le monde tel qu’il est vu par nos journaux télévisés. La carte est publiée par Télérama, dans son nouveau site.

Forcément, il y a un prisme occidental. L’Amérique fascine davantage que l’Afrique, la France que le reste du monde.

Etc.

Télérama a l’honnêteté habituelle de préciser le pourquoi du comment. Pour éviter quelques couinement boboistes trop aïgus.

« Pourquoi de telles coupes ? C’est simple et mathématique : l’info internationale est la plus chère à produire (billets d’avion, frais de reportages, correspondants à l’étranger…). »

L’international intéresse peu.

Ce constat n’a rien à voir avec la télé.

Lisez ce formidable bouquin de Frédéric Martel, « SMART« . Sa thèse est simple, et étaillée par de nombreux exemples. L’internet est en fait local, très local. Le réseau d’informations le plus ouvert du monde, le World Wide Web, est utilisé partout et par chacun pour découvrir, apprendre,… ce qui se passe près de chez eux.