Les 3 conditions de l’opposition de gauche


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Cette photo a été publiée par le Monde dans son édition du lendemain du scrutin du 25 mai.

Mélenchon parait seul, il regarde vers le photographe, Marine Le Pen est immense derrière lui, sur le fond du plateau TV de France 2.

Sur son blog, vendredi, le co-président du Parti de Gauche a livré son découragement, et quelques espoirs. Je n’ai jamais apprécié la stratégie d’opposition frontale à François Hollande que Mélenchon a choisi dès le 6 mai 2012 au soir. Je parle bien de sa stratégie, plus que du fond puisque, in fine, j’en suis venu à voter à deux reprises pour les listes du FDG.

Qu’importe… Tout ceci est du passé.

Il y a aujourd’hui un affaiblissement collectif qui, au-delà du danger qu’il laisse courir à la République, peut être porteur d’autre chose de plus positif. Les écologistes sont à la peine, le Front de gauche fait du surplace, des socialistes pestent de plus en plus contre l’actuelle équipe gouvernementale. Pour que cette alliance coagule un minimum, et soit alors le socle d’une possible victoire dans les esprits et dans les urnes, il faut à mon sens quelques conditions qui, en l’état, sont encore loin d’être réunies:

1. Que ces oppositions oublient leurs rancoeurs passées. On peut refaire le match à l’infini. Cela ne sert à rien sauf s’il s’agit d’éclairer un débat du moment.

2. L’expression des désaccords doit rester ferme sur le fond, mais douce dans la forme. Il faut que certains (jeunes) leaders ou militants de l’opposition de gauche comprennent qu’ils s’aliènent autant les supporteurs que les ténors socialistes quand ils fustigent ces derniers avec des formules sans retour.

3. Nous avons un adversaire commun et immédiat. Ce n’est ni la finance, ni Hollande, ni même Sarkozy. Ce sont les éditocrates. La cible est plus précise que les médias. Car nos journaux français comprennent des centaines d’excellents et de courageux journalistes. Les éditocrates sont d’une autre sorte. C’est une petite caste, un groupe assez fragile que vous connaissez, que nous critiquons depuis mai 2007 déjà.

 

6 réflexions sur “ Les 3 conditions de l’opposition de gauche ”

  1. En plein accord avec cette approche.
    Au delà, je commence cependant à m’interroger sur le caractère « plébiscitaire » du système politique,qui rend impossible toute coalition, ne serait ce que d’idées et conduit à cette foire d’empoigne permanente (faisant les délices de cette éditocratie qui prend un malin plaisir à l’exacerber sinon à la créer ) tétanisant la vie politique et probablement économique,dans l’attente de la prochaine élection.

  2. On ne construit pas une victoire sur la réunion des « mécontents de… » (FdG + EELV + socialistes « de gauche »); il faut aussi que ceux-ci se mettent d’accord sur une alternative cohérente et crédible sur l’essentiel (« on va augmenter les bas salaires  » ne suffit pas), et on en est à des années-lumière.

  3. (signalé par Romain Blachier et Nicolas Jégou) :

    La pasokisation de Syritza n’a pas tardé: comme Daniel Cohn-Bendit, Tspiras soutient la candidature de Juncker à la présidence de la Commission de Bruxelles:

    On attend avec intérêt la réaction de Mélenchon…

    1. @Elie Arié

      Pas vraiment. Contrairement à ce que certains voudraient lui faire dire en déformant le fond de ses propos, A. Tsipras ne fait que reconnaître sa défaite à la candidature à la présidence de la commission européenne et demande simplement à ce que le vote des citoyens européens soit respecté exactement tel qu’il s’est exprimé lors des dernières élections. Lisez-vous même :

      « According to a statement from Tsipras, the candidate for the European Left said that despite their political differences, he recognises that Mr Juncker won the election.

      «During the campaign, I stood as the candidate of the European Left. I stood in vigorous disagreement with the policies of the European People’s Party and of their candidate, Mr. Jean-Claude Juncker. Those disagreements stand, and they will stand» Tsipras said, stressing that «The European People’s Party, nevertheless, won the election. Therefore, Mr Jean-Claude Juncker, should be the first to attempt to form the required majority, starting negotiations with the other political groups».

      Besides, he once again added that the European Council should not choose another candidate who did not run in the recent election.

      «According to the Treaty on European Union, the European Parliament has the right to approve, and therefore the right to disapprove, the nominee presented to it for the Presidency of the European Commission by the European Council.

      During the recent campaign, the citizens of Europe were asked to express their choice among five candidates, each of them selected by the major European parties. As candidates we campaigned, debated, and sought the votes of European citizens» said Tsipras.

      Tsipras sent his own message referring to the ongoing negotiations between the heads of states and governments.

      «It is my position that the European Council should not nominate any candidate for the Presidency of the Commission, who did not compete in this election.

      It is my position that the European Parliament should not approve any candidate who did not compete in this election. The presentation of any other nominee would have as its effect to discredit the entire recent election, turning it, after the fact, into a charade.

      This is a basic democratic principle. It is a moral obligation of the European Council to put forward the candidate who secured the leading position in the European election». »

      C’est pourtant clair. A moins de méconnaître terriblement la langue anglaise ou de faire preuve d’une incroyable mauvaise foi ou malhonnêteté intellectuelle, sans doute sous l’effet d’une haine viscérale et aveuglante, il n’y a pas là le moindre soutien d’ordre politique à Mr Juncker, mais simplement, une fois de plus, le respect d’un vote (ce qui est plutôt inhabituel voire exceptionnel en politique, d’où sûrement cette incompréhension…).

      1. Vous avez raison, je me suis laissé influencer par le titre de l’article.
        Mais vous savez que le parlement européen n’a pas du tout le pouvoir d’élire le président de la Commission; il ne peut que ratifier, ou pas, le nom qui lui sera proposé par les chefs d’ Etats, et rien n’est encore joué; et il est bizarre de voir M. Tsipras venir au secours de M. Juncker, le plus fédéraliste et libéral des candidats.

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