Qui va saisir la main tendue d’EELV contre Hollande ?


Le 5 juin dans la soirée, EELV m’écrit comme à d’autres sympathisants et militants écologistes. Le texte est signé Emmanuelle Cosse, et titré : « Vers une 2ème partie de quinquennat plus solidaire et écologiste ? »

La Secrétaire nationale d’EELV est optimiste, presque enthousiaste pour cette nouvelle séquence parlementaire qui débute.

« L’été 2014 marquera t-il un tournant décisif dans la politique du gouvernement ? Avec la loi sur la transition énergétique, la réforme de la démocratie locale et la loi de finances rectificative, l’occasion est belle de donner le coup d’envoi d’une deuxième partie de quinquennat plus solidaire et écologiste. »

D’où venait cet optimisme qui aurait pu être contagieux ? Le même jour, quelques heures plus tôt, nous apprenions en effet que la loi sur la transition écologique était une nouvelle fois repoussée, cette fois-ci au printemps 2015… En cause, l’absence de « marges budgétaires » pour la financer.

Je n’ai pas compris que le gouvernement manquait de marges pour étendre le crédit d’impôt compétitivité emploi, ni, plus globalement, pour réaliser la plus grosse réduction de cotisations sociales de cette République. J’aurai préféré un minimum d’honnêteté ou de courage, une explication telle que : « on a préféré dépenser l’argent ailleurs« .

Revenons à ma camarade Emmanuelle Cosse.

Elle est optimiste car elle espère que la poursuite de la décentralisation, « une formidable opportunité pour remettre en marche la fabrique de l’égalité des territoires« , passera par l’écoute des « habitant-es pour qu’ils se reconnaissent dans leurs nouvelles régions« . Prions pour que les ratés du lancement de cette réforme en début de semaine.

Emmanuelle Cosse n’est pas optimiste sur les options budgétaires du gouvernement Valls (« le budget rectificatif de cet été est l’occasion de renouer avec l’idée de solidarité. Certes, ce n’est pas le chemin qui a été proposé par le Premier ministre dans son discours devant l’Assemblée nationale »), mais elle veut croire que les députés de gauche changeront la donne.

Cette main tendue à l’optimisme ne s’adresse pas à Manuel Valls et ses ministres, mais à celles et ceux qui veulent bien dériver de la trajectoire hollandaise du moment.

Elle a écrit un courrier à tous les partis qui, hier, étaient dans l’opposition (républicaine) à Sarkozy: Cap21, Ensemble, Nouvelle Donne, Modem, Parti Socialiste, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Parti Radical de Gauche, Mouvement Républicain et Citoyen, Mouvement Unitaire et Progressiste.

Espérons que cet appel soit entendu.

 

7 réflexions sur “ Qui va saisir la main tendue d’EELV contre Hollande ? ”

  1. Le Modem a soutenu François Hollande au 2nd tour de la présidentielle en 2012 ? Ha bon, première nouvelle. « «Je ne donnerai pas de consignes de vote. Chacun de mes électeurs votera en conscience.» avait dit Bayrou, ce qui ne sonne pas franchement comme un soutien du Modem : http://goo.gl/fmppQL Mais chez EELV, comme un peu trop partout, si le chef a dit le chef a dit, donc on peut attribuer la prise de position personnelle du chef comme celle de son mouvement. Sauf que chez EELV ça devrait être un peu moins et beaucoup mieux que comme un peu top partout. Je dis ça, je dis rien. Bon week-end.

  2. pourquoi pas tendre la main……..à condition de ne pas avoir à recompter ses doigts ensuite…

    on peut toujours en tendre une, tant qu’il en reste une de libre

    et puis si on réfléchit bien (oui près re re réflexion, il n’est pas nécessaire de tendre la main, « ils » viennent bien se servir tout seul dedans….

  3. Tendre la main contre quelqu’un est tout de même une curieuse chose. Ou alors, c’est une façon euphémique de parler d’une beigne dans les gencives…

  4. « Evoquer l’écologie, c’est comme parler du suffrage universel et du repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme.

    Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change.

    C’est pourquoi il faut d’emblée poser la question franchement : que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature ?

    Il vaut mieux tenter de définir, dès le départ, pour quoi on lutte et pas seulement contre quoi. »

    André Gorz

    http://www.reporterre.net/spip.php?article5937

  5. « Il vaut mieux tenter de définir, dès le départ, pour quoi on lutte et pas seulement contre quoi. » André Gorz

    Exactement il faut être pour (force de proposition) plutôt que contre (force d’opposition). L’attirance est préférable à la résistance.

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