Après les rencontres FDG/EELV, le gauchisme éclairé


Mélenchon livre sur son blog quelques détails et commentaires sur la rencontre intervenue entre représentants du Front de Gauche et d’Europe Ecologie Les Verts.

Votre serviteur place beaucoup d’espoirs sur ces échanges, comme sur tous ceux qui permettent à gauche de faire discuter sans s’insulter, de converger au-delà des divergences, bref, de retrouver les grandes ambitions de rassemblement que nous devrions toutes et tous défendre.

« La discussion a été libre, argumentée et amicale« 

Son billet s’appelle « la vie à tâtons ». Au-delà de la violence habituelle de son vocabulaire, Mélenchon confie un désarroi que nous partageons.

Pas de podium commun avec le PS.

Mélenchon s’en explique: « Ce n’est pas une marque de sectarisme que de refuser le podium commun et la photo de famille avec le PS. C’est la marque d’une certaine compréhension de ce qu’est l’esprit public aujourd’hui. Nous y laisserions notre crédibilité ! » C’est la position du PG sur le PS « en l’état ». Le PCF est plus ouvert.

Mélenchon pense que ces questions d’appareils ne sont que de peu d’intérêt par rapport à la question centrale de « rassembler le peuple ». J’aime bien la formule: « Le but de notre travail n’est pas de fédérer des partis mais le peuple lui-même. Le système n’a pas peur de la gauche ! Le système a peur du peuple. » Mais les partis sont les relais indispensables du combat démocratique. Le gauchisme éclairé qui attend le soulèvement « spontané » des masses est obsolète. Les masses n’ont plus l’indignation mobilisatrice. On le constate tous les jours. On peut accuser les médias, le gouvernement d’hier, celui d’aujourd’hui. On peut fustiger les « Dominants » – nous prenons part ici et là-bas à ces critiques quotidiennes. Mais cela ne suffit pas. Les récents échecs électoraux du FDG le prouvent.

Alors je pose la question.

Comment fait-on ?

Que fait-on ?

 

41 réflexions sur “ Après les rencontres FDG/EELV, le gauchisme éclairé ”

  1. « Comment fait-on ? Que fait-on ? » Bonnes questions ! La première chose à faire est de changer de stratégie et de positionnement. La lutte contre le libéralisme est passé chez Marine Le Pen. Le jour où la vrauche aura compris ça…

    1. La lutte contre le libéralisme passée chez Marion Anne Perrine ? Ce sont les grands médias qui veulent le faire accroire . Si un seul journaliste la poussait dans ses retranchements, on verrait vite où se situe la pensée du FN en matière économique et social .

      1. @Alain bobards :un des seuls journalistes qui le faisait s’est fait virer de France Inter. C’est Mermet. D’ailleurs il y a un rassemblement à la Maison de la Radio samedi 5/7 à 14h

    2. Sur le plan économique, le fondateur de la dynastie Le Pen se voyait comme un bébé de Reagan. La thèse selon laquelle son héritière a fait un tournant à 180° par rapport à cette époque honteuse est assez facilite à démonter. Qu’est-ce que le passage à une monnaie nationale, qui est l’alpha et l’oméga du programme économique frontiste, a à voir avec le libéralisme ou le non-libéralisme par exemple ? Rien du tout, ni dans un sens ni dans l’autre. Il est tout à fait compatible d’avoir une monnaie nationale et d’être dans le cadre néo-libéral. Reagan en est un parfait exemple !

      Le problème du Front de Gauche n’est pas du tout à mon avis son positionnement anti-néolibéral.

      Il est qu’il ne propose pas aujourd’hui d’alternative crédible au néolibéralisme. C’est tout à fait différent.

      1. J’aimerais qu’on discute des popositions du FdeG, afin de savoir ce qui vous permet de les considérer comme non-crédibles .
        En tout bien tout honneur et sans aucune agressivité .

          1. J’imagine Carlos Gohn ( ou un de ses semblables ) optant pour le statut de conseiller indépendant et souscrivant une Madelin pour sa retraite . Ce serait croquignolet .

      2. Jean-Michel, le discours est revendiqué anti libéral. Si c’était facile à démontrer que c’est une connerie, il suffirait de le faire dans les médias et de convaincre le peuple…

        1. A condition que les médias soient objectifs, ce qui reste à démontrer .

        2. L’ADN du programme du front national se résume dire que les problèmes de la France sont dus à uniquement
          – aux ennemis de l’extérieur (« Bruxelles », les états-unis, la Chine, …)
          – aux ennemis de l’intérieur (le postulat qu’il y a un système de vases communicants entre le nombre d’immigrants et le nombre de chômeurs).

          Pour tout le reste, le Front National est avant tout un attrape-nigauds qui va revendiquer une chose et son contraire en fonction des besoins médiatiques du moment. J’ai lu récemment un communiqué de Marine Le Pen assez burlesque qui dénonçait que la France n’accorde pas le droit d’asile à Edward Snowden… tout en dénonçant le droit d’asile.

          Bref, les questions de Juan ne portaient pas sur le FN.

          Le front de gauche a repris pour lui le slogan de victorieux de Bill Clinton en 1992 « People First » (L’humain d’abord).
          Ce qui lui manque maintenant, c’est de travailler pour pouvoir dire comme Barack Obama en 2008 : « Change We Can Believe In »

          1. Le billet de Juan ne concerne pas le FN, certes, mais voir qu’un parti qui a récupéré le positionnement du PCF des années 70 a aussi récupéré l’électorat n’est pas inutile.

            1. Quand bien même ce serait vrai, ça confirmerait que ce n’est pas le positionnement qui est obsolète, mais la façon de l’occuper.

              —-

              Esprit d’escalier pour Alain bobards qui me demandait quels reproches concerts je faisais au front de gauche.

              Un point important je pense est qu’il doit cesser de se positionner par rapport au PS. Le front de gauche donne en permanence le spectacle d’une femme qui s’est fait trahir par son ex mais n’arrive pas à l’oublier. Stop !

              Un parti qui est dans l’ambiguïté et dans la duplicité depuis si longtemps ne mérite pas qu’on se positionne par rapport à lui.

              Il est bien suffisant de reprocher au parti socialiste 1) de ne plus « dire ce qu’il fait et faire ce qu’il dit » 2) son manque flagrant de résultats.

              Par rapport à quoi se positionner alors ? De manière positive par rapport à ce qu’il convint de faire face aux crises multiples que l’on connaît.

          2. Si je puis me permettre, les slogans ne font pas un programme . Celui du FdeG, même si il reprend la formule  » l’humain d’abord » – ce qui me parait préférable à  » un pour tous et tout pour moi », ce qui est dans les gènes du neo libéralisme actuel – est structuré, quand bien même il serait imparfait et demanderait des ajustements .

  2. Il semblerait que chez EELV, la difficulté vienne de ceux qui voudraient entrer au gouvernement ( J.V. PLacé ) et ceux qui veulent règler leurs comptes avec le duo Hollande/Valls ( Cécile Duflot ) .
    Qu’est-ce que ce serait bien si tous ces zouaves laissaient un peu leur égo et leur carrièrisme au vestiaire, au profit de l’intéret général .

  3. Dans ledit peuple, il y a des groupes sociopolitiques qui se mettent progressivement en mouvement, de ceux que renient et gênent depuis trente ans les politicards attitrés du balancier et leurs larbins plumitifs, du fait de la mise ne évidence de l’absence de politique de gauche venant du PS qui occupait jusqu’alors la place. Ce sont ces groupes actifs et informés (comptant plus de sympathisants que de militants) qui, bien qu’invisibles pour les professionnels de la politique et de l’esbroufe médiatique , contribuent toujours au renouveau de la politique en emportant l’adhésion des masses manipulées et inertes. Voilà, ce que ressent actuellement jean-Luc MELENCHON, ces forces-là se mettent en place, tandis que pépère garde son « cap » de folie et que la droite guette son trône interne. ARAMIS

      1. Pourquoi faire ? Pour « encore » tenter de les démystifier en te servant de ta psychologie de comptoir issue de la logique que nous cherchons à,changer ? Oui, parce qu’en tant qu’associatif politisé, j’en fais évidemment partie. ARAMIS

          1. Pas besoin d’être un mythe pour subir le mépris des éternels « sachant » qui soupçonnent toujours de mystification, ceux qui les dépassent… ARAMIS.

            Comme disait De gaulle qui l’avait volé à Devos : »je ne parle pas aux cons, çà les instruit »

  4. Les gens, allez sur le site du FN et lisez son programme. Ensuite allez voir des sites comme Wikipédia et regardez le programme et le discours du PCF dans les années 80.

    Il ne s’agit pas pour moi de comparer les deux formations mais uniquement les discours.

    1. Je connais bien le programme du PCF des années 1980 qui prônait la reconquète du marché intérieur, mais dont la finalité n’avait rien à voir avec les élucubrations actuelles du FN .
      On peut en discuter mais ça va être long .

        1. Pourquoi pas aux années 1920 et celles postérieures au congrès de Tours ?

          1. Parce que ça correspond à avant une mutation du PCF vers 1980 ou 1981 qui a fait qu’il a perdu 10 « points » de son électorat en très peu de temps au profit du FN qui a cartonné aux européennes de 1984 alors qu’il n’existait qu’à peine en 1981. Depuis, le PCF ne s’est jamais remonté.

            1. Le PCF était à la traine dès 1968 . Son problème était le centralisme démocratique qui maintenait à sa tête des gens comme Jacques Duclos ou Waldeck-Rochet, personnages n’ayant pas su ( ou plutôt pas voulu ) évoluer . Et Tonton a fait son possible pour torpiller la reconquête du marché intérieur, prôner par le PCF dès 1978, influencé qu’il était par Jacques Delors et sa vision de l’UE, dont on voit les résultats aujourd’hui .

              1. Nicolas à raison sur ce coup. Il suffit de lire le dernier bouquin s Aurélien Bernier sur le Front de gauche.

              2. Ce n’est pas qu’il était à la traîne, le problème est qu’à un moment le PC -par sa base- a voulu se « démarquer » du grand frère (l’URSS, d’ailleurs on l’a vu avec Kroutchev qui a voulu moderniser le Parti). Les évènements de 68 ont conforté ce positionnement et là a commencé les exclusions.
                Le Programme Commun voulu par Mitterrand -et dont les adhérents d PC n’en voulaient absolument pas- qui se considért être le seul à mener la Gauche au pouvoir -avec ses 5%- . Marchais s’est laissé avoir…..et nous avec

      1. P.S . Wikipédia, ce n’est pas nécessairement parole d’évangile ( si je puis dire ) .

  5. Moi, je dis que quand un parti subit 2 défaites historiques et s’assied dessus, sans qu’on y trouve à redire,,.. y’a pas grand-chose à faire.

      1. C’est curieux mais le FN a commencé à percer lorsque Tonton s’est mis en devoir de torpiller le PCF . Si aujourd’hui, le PS se prend deux branlées ( que je ne qualifierais pas d’historique, vu les taux d’abstentions surtout aux européennes ) il ne le doit qu’à lui-même et à son social-libéralisme que, j’en conviens, il assume plus ou moins bien .

  6. L’écologie politique est le pilier pour critiquer le capitalisme afin de rassembler une force vivante à gauche. Comment faire passer le message? Pas simple!

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