Le ciel d’un jour #13

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Se disputer l’héritage de Jaurès

L’Histoire, la nôtre, la vôtre, est essentielle pour comprendre d’où l’on vient et où l’on va.

Mais il ne faut pas déconner non plus.

Pardonnez le vocabulaire.

Mon confrère David Desgouilles, sur Antidote, s’indigne que ni Hollande ni un autre ponte de la République Française (j’insiste sur les termes), ne se soit déplacé à l’anniversaire de la bataille de Bouvines.

Je rêve.

« La bataille de Bouvines est une bataille qui se déroula le dimanche 27 juillet 1214 près de Bouvines, dans le comté de Flandre (aujourd’hui dans le département du Nord), en France, et opposant les troupes royales françaises de Philippe Auguste, renforcées par quelques milices communales et soutenues par Frédéric II de Hohenstaufen, à une coalition constituée de princes et seigneurs français, menée par Jean sans Terre, duc d’Aquitaine, de Normandie et roi d’Angleterre, et soutenue par l’empereur du Saint-Empire Otton IV. La victoire est emportée par le roi de France et marque le début du déclin de la prédominance seigneuriale. » (source: Wikipedia)

Combien d’anniversaires anachroniques doit-on se fader en 2014 ? Rien sur les premiers Crô-Magnons si mignons ?

Un secrétaire général désigné à la tête du PS tente un parallèle entre Jaurès et Hollande. C’est à la fois crétin et osé. Crétin puisqu’on lui tombera dessus assez facilement. Osé car il faut être aveugle ou faible pour faire une sortie de la sorte.

Pierre Laurent, que j’apprécie, déboule donc sur « Camba » pour lui expliquer combien le pacte irresponsable n’a pas grand chose avec Jaurès. Il a raison et tort. Quelle comparaison peut-on tirer entre la France de 1914 et celle de 2014 ?

« Je ne suis pas un modéré, je suis avec vous un révolutionnaire. » Oui, Jean Jaurès, ce militant de la civilisation humaine, cet infatigable défenseur de la paix et du progrès, était un révolutionnaire de son temps, avec son temps. Aux libres interprètes contemporains de gauche ou de droite voire d’extrême droite qui cherchent à l’enrôler, pour ne pas dire à l’usurper, nous disons aujourd’hui, cent ans après que les deux balles tirées à bout portant par Raoul Villain lui ait fauché la vie : « taisez vous et laissez parler Jaurès ». Pas une page qui ne dise en effet son ardent désir de libérer l’humanité. Dans notre France de 2014, Jaurès a fort à nous dire. Oui, laissons là les usurpateurs et écoutons cette voix forte, chaleureuse, généreuse d’un homme enraciné dans la réalité vivante du peuple et agissant sans relâche pour les valeurs universelles d’humanisme qui fondèrent le socialisme français.   » Pierre Laurent

 

 

Joey Starr is back !

Nullité politique (bis)

Nous sommes au fond d’un certain gouffre. Mon confrère Nicolas détaillait combien la politique était devenue nulle, de gauche à droite, des amateurs aux professionnels. Il l’écrit avec ses mots à lui. Je  vais modérer son enthousiasme.

1. Oui, la politique française s’affaisse. Nous autres commentateurs ou lectrices/lecteurs attentifs de l’actualité politique essayons régulièrement d’apporter quelques explications: échec des « grandes formules » idéologiques; hystérisation nuisible du débat; manipulations médiatiques, etc…

2. Nous ne sommes pas obligés de suivre ce bordel. Il nous nourrit d’ailleurs. On écrit pour s’en protéger. On écrit, même mal, pour éviter de lire la vacuité médiatique ambiante. On écrit des billets ou des commentaires pour sortir de ce bordel.

« Il n’y a rien à faire.

Mais on le fait bien. »

3. Tous les moments de « politique aigüe », c’est-à-dire où l’on s’excite plus d’ordinaire comme une élection présidentielle ou une guerre à Gaza, ne sont pas nécessairement des moments d’aveuglement. On réfléchit davantage, la pensée s’affirme. Le conflit israélo-palestinien est comme une affaire de religion chez certains. L’emballement vient trop vite, le conflit touche des ressorts intimes qui brouillent la réflexion. Comme Nicolas, je suis frappé par la résurgence d’un antisémitisme qu’on cachait auparavant. Dire cela n’empêche en rien de fustiger l’intervention israélienne.

Quelle période.

 

A quoi ressemblait la vie politique à Gaza

Je me suis souvenu de quelques lignes, dans un paragraphe consacré à Gaza. L’ouvrage, rédigé par Frederic Martel, traite d’Internet. L’auteur à visité Gaza, et notamment le quartier général des médias du Hamas. Il rappelle au passage les conditions des échanges commerciaux entre la bande de Gaza et Israël.

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Frédéric Martel relate aussi la répression politique en vigueur. Depuis sa victoire électorale en 2006, le Hamas persécute les militants du Fatah et, d’une façon générale, toute opposition politique locale. Il est cocasse de lire comment le Hamas parvient à interdire toute manifestation politique à Gaza depuis des années: combien sont ils, parmi les supporteurs français de la cause palestinienne à considérer le Hamas comme un simple mouvement démocratique de résistance ? L’indépendance de la Palestine est un sujet connexe dans l’agenda politique du Hamas.

Martel a rencontré les médias locaux: le Hamas en contrôle l’essentiel: le Kassam Forum, la radio officielle Voice of Al Aqsa, la chaîne de Tv Al Aqsa. Le Fatah, le parti du président Abbas, maintient une présence semi clandestine, le Fatah Forum, dont les serveurs sont secrets. Troisième force locale, le Jihad islamique dispose aussi de son reseau, Al Quds, financé comme le reste par l’Iran.

 

J’ai compris que je n’avais pas envie de vivre dans cette Palestine-là. Que la réalité – oppression israélienne, caricatures propalestiniennes en France – était décidément bien grise. Qu’il fallait s’en tenir à fustiger une guerre indigne, sans JAMAIS soutenir le Hamas et quelques autres là-bas.

Bref.

Le ciel d’un jour #12

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