Pourquoi il fallait boycotter la conférence sociale


Ami(e) socialiste, ne m’en veux pas.

Il fallait boycotter la conférence sociale organisée ces 7 et 8 juillet par François Hollande et Manuel Valls.

La CGT puis Force Ouvrière ont décidé de ne pas participer, après un exercice de courtoisie républicaine qui consistait à assister à la déclaration présidentielle lundi après-midi.

Pourquoi ces deux organisations ont-elles eu raison de sortir de ce jeu là ?

Quelques jours auparavant, Manuel Valls s’est autorisé deux provocations. Qu’elles aient été soutenues ou pas par Hollande n’a que peu d’importance. Le premier ministre a décidé de reporter la prise en compte de la pénibilité dans le calcul de la retraite, puis de lever les seuils sociaux pour la représentation des salariés dans les entreprises.

Une belle provocation.

Une bêtise crasse.

Lundi, la CGT a été incroyablement modeste et doux à l’encontre du président Hollande.

« Depuis deux ans, le gouvernement met en œuvre une politique sectorielle en superposant des dispositifs qui, en soi ne sont pas critiquables, mais qui ne peuvent pas servir de politique de l’emploi. On est arrivé au bout de cette logique. Un jour, on s’occupe des jeunes, un autre des seniors, en ignorant volontairement la responsabilité du patronat qui prend pour cible le travail des salariés au travers de ce qu’il appelle le « coût du travail ».

Nous sommes devant une absence de politique globale qui fragilise notre contrat social et conduit à l’échec en matière économique et sociale. C’est le cas en France et en Europe, les mêmes causes produisant les mêmes effets. »

Manuel Valls pourrait retenir la leçon.

François Hollande aussi.

 

35 réflexions sur “ Pourquoi il fallait boycotter la conférence sociale ”

  1. Le pire est que des petits syndicats-larbins y assistent, y applaudissent et vont signer des deux mains, faisant fi des douloureux problèmes des français et des salariés qui voient leur Code du Travail se réduire à la peau de chagrin (pour ne pas dire autre chose, puisque je n’en ai pas).
    Reporter la pénibilité au travail alors que ces bureaucrates n’ont eu comme accident une foulure au doigt à cause d’un stylo ou des escarres aux fesses à force d’être assis, c’est du foutage de gueule.
    Il y en a qui ne sont pas arrivés à la retraite.
    Putain mais quand va-t-il y avoir la France dehors ????

    1. vous oubliez aussi
      – la possibilité de se fouler une cheville ou un genou en se relevant de son fauteuil,

      – se péter un angle de bureau en calculant mal la trajectoire

      – les douleurs nucales de regarder trop souvent la pendule

      on peut donc se poser la question de la pénibilité du travail pour un bureaucrate….

      comme disait Confucius ‘rien n’est simple »

  2. la chaise vide, il n’y a que ça de vrai pour déblayer les enfumages…
    on aurait dû faire la même chose pour l’UE……

    maintenant valls n’a plus qu’à faire de la comm pour pourrir les syndicats comme un enfoiré de néolibéral masqué qu’il est…….

    je remarque que je suis toujours en modération….JUAN est sorti..

  3. déjà rien que le mot social…. avec le MEDEF, !!!!

    ça me rappelle l’UMP social de wauquiez……

    pas toujours facile d’apprécier la plaisanterie…………..

  4. allez je vous en refais une…

    hollande, valls, sapin et pascal lamy sont socialistes…..

    ne vous retenez pas les côtes, laissez couler les larmes …….

  5. Assez d’accord avec le texte et les commentaires mais ne mettez pas tous les bureaucrates dans le même sac,ils ont leur problèmes des santé comme les autres , cancers, ,scoliose, maladies liées au stress……avec l’âge tout le monde y a droit.Donc ne pas diviser les gens inutilement .
    Beaucoup d’hommes bureaucrate meurent aussi avant 60 ans d’épuisement. Seuls es politiques semblent ne jamais vouloir s’arrêter !!!!!

  6. Le MEDEF menace de boycotter la conférence sociale ? Valls s’empresse de reporter les mesures qui fachent fiston Gattaz .
    La CGT et FO ralent contre cette faiblesse gouvernementale ? Il ont droit à une sortie d’Hollande assènant que les conférences sociales ne doivent pas devenir une plateforme revendicative .
    FH et son Manuel de 1er ministre se figurent qu’ils sauveront leurs plumes en 2017 en agissant ainsi, sans comprendre qu’ils peuvent se préparer à aller planter leur radis .

  7. Jacques Sapir , dans son dernier billet et en conclusion de son coup de gueule , résume très bien ce qui se profile pour la suite de ce quinquennat perdu :
     » Que le Président et ses ministres ne s’étonnent pas du discrédit qui les frappe. Qu’il ne s’étonne pas d’avoir perdu le peu de légitimité qui leur restait. Qu’il ne s’étonne pas si des vents mauvais se lèvent sur la France. Ils en portent l’entière et totale responsabilité. »

    1. Bonjour @Hawk eye

      Heuuuuu…. « ils en portent l’entière et totale responsabilité » ?

      Il serait utile d’invoquer tout de même l’héritage sarkozyste et chirakien de l’état de ce pays.

      Grosso merdo et plus généralement : Il s’agit de 40 années de beau bordel tout de même en héritage.

  8. Salut ervé ,
    oui , l’héritage était lourd , mais pépère n’a grosso modo pas beaucoup changer de ligne politique . Privilégier le Médef en espérant que ça ruisselle sur les gueux n’a jamais marché : c’est toujours environ 500 chômeurs par jour supplémentaires et une dette toujours inremboursable .
    Que Sarko fasse ce genre de politique pour récompenser ceux qui l’ont élu est dans l’ordre des choses . Mais que Hollande fasse un bras d’honneur à ses électeurs , là , ça passe quand même moins bien .
    Du goudron et des plumes pour eux en 2017 , ce sera le minimum syndical que je leur souhaite .

    1. Franchement, c’est pas moi c’est lui, oui mais c’est pas lui c’est l’autre… et gna gna gna… et gna gna gna… Hey STOP!!!

      Vous mettez n’importe quel gouvernement. De toute façon, il reçoit sa fiche de route en début de mandature. YAPA A TORTILLER.

      Les vrais responsables ne sont pas au gouvernement.
      QUAND MÊME!!!

      Si vous voulez savoir ce qui va se passer l’année prochaine il suffit prendre sa leçon à l’OCDE, c’est pas plus compliquer qu’autre chose. Vous apprenez les grandes lignes par coeur et dans les conversations vous avez l’air moins con. Puisque c’est le discours dominant, il sera appliquer à la lettre. Le temps de disposer de l’opinion publique sur la scène médiacratique en organisant quelques débats visibles… Le tour et au suivant.

      Le forum social… Pff Pff Pfff puisque de toute façon tout est déjà traçé.

      Vous voulez vous faire une petite idée: http://www.oecd.org/fr/presse/france-renforcer-la-competitivite-est-essentiel-pour-relancer-l-emploi-et-la-croissance.htm

      Après, chacun voit midi à sa porte.
      Merci pour l’info!

  9. Plus les syndicats sont faibles ( 6 % de syndiqués en France), moins ils négocient et plus ils font des effets de manche – c’est un grand classique.

    Il ne viendrait jamais à l’idée des syndicats suédois (60 % de syndiqués -et d’ailleurs un syndicat unique ) de claquer la porte avant une négociation; ils sont assez puissants pour venir à toutes les négociations en disant :  » Très bien, écoutons vos propositions » et ensuite seulement:  » Non, je n’accepte pas ça ».

    Si la CGT et FO s’imaginent qu’ils vont recruter en disant :  » Vous avez vu comme on est forts ? On a dit non avant même le début de la négociation »…

    Les patronats sont partout libéraux, les syndicats sont partout réformistes; une négociation, c’est un rapport de forces aboutissant à un compromis; le message de la CGT et de FO, c’est  » On est trop faibles pour négocier, on laisse le gouvernement le faire à notre place »; autrement dit : « Nous, on ne sert à rien ».

    La faiblesse traditionnelle du dialogue social, en France, par rapport aux autres démocraties européennes, ne s’explique que par la faiblesse tout aussi exceptionnelle de sa syndicalisation, sans aucune commune mesure avec ce qu’elle est dans les autres pays européens.

    Voir ce tableau comparatif impressionnant :

    http://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=UN_DEN&Lang=fr

    Quelle a toujours été la vision de tous les syndicats réformistes socio-démocrates (scandinaves, britanniques, allemands) ? : adhérer à un syndicat, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, entraînait l’adhésion automatique au parti travailliste ou au SPD; la France n’a jamais eu de parti social-démocrate, qui s’appuie toujours sur un syndicat puissant.

    Au contraire, en France, la charte adoptée en octobre 1906 par le 9e congrès de la CGT et connue à partir de 1912 sous le nom de Charte d’Amiens assigne au syndicalisme un double objectif :

    – la défense des revendications immédiates et quotidiennes,

    – mais aussi la lutte pour une transformation d’ensemble de la société en toute indépendance des partis politiques et de l’État.

    La cogestion à l’allemande (le terme exact est plutôt « codétermination » ) remonte à une loi de 1976 qui impose ce mode de gestion à toutes les entreprises de plus de 2000 salariés, lesquels disposent de la moitié des sièges dans les conseils d’administration:

    http://www.alternatives-economiques.fr/faut-il-s-inspirer-de-la-cogestion-allemande-_fr_art_633_61141.html

    À tort ou à raison, les syndicats et partis socio-démocrates scandinaves (toujours aussi intimement liés) ont poussé bien plus loin les accords avec le patronat pour s’adapter à une mondialisation qu’ils considèrent comme une réalité incontournable; ils ne campent pas sur la défense d’ « avantages acquis » qu’ils jugent condamnés dans le monde d’aujourd’hui, mais tentent d’en inventer de nouveaux ( voir la flexisécurité à la danoise, qui a introduit de la sécurité dans une flexibilité jugée inévitable).

    Ils restent ainsi dans leur tradition : toujours INVENTER (ils ont bien inventé la social-démocratie) en fonction de la réalité toujours changeante.

    1. `A noter qu’ engagement politique et engagement syndical sont toujours allés de pair : en Suède, le taux de syndicalisation de 68 % s’est toujours accompagné d’un taux de participation aux élections qui n’a jamais été inférieur à 80 %

      1. Oui, mais le taux de syndicalisation est très faible chez nous, même si la participation aux élections professionnelles est bonne.
        En revanche, les syndicats mobilisent souvent bien au-delà de leurs adhérents.
        Au cours de 10 ans de syndicalisme actif j’ai pu voir que les gens ne voulaient pas payer de cotisations puisque, de toute façon, ils obtenaient la même chose que les syndiqués.

        1.  » Une négociation, c’est un rapport de forces aboutissant à un compromis ».

          Comme les diplomates, les résultats qu’obtiennent les syndicats dans les négociations dépendent de leur force, c’est-à-dire de leur nombre d’adhérents; d’ailleurs, plus ils sont puissants, plus les grèves sont rares; j’ai lu que le syndicat de la métallurgie allemande avait de quoi verser leurs salaires à ses adhérents pendant 6 mois; la grève est, dès lors, l’équivalent d’une arme de dissuasion nucléaire, que le patronat préfère éviter; quant à la Suède, avec ses 68 % de syndiqués, je crois qu’il n’y a pratiquement jamais de grèves.

          Alors qu’en France, les syndicats sans effectifs font des  » grèves d’avertissement  » avant même le début des négociations; contrairement à l’arme nucléaire, c’est une guérilla permanente qui ne témoigne que de leur faiblesse.

          1. Z’avez pas dû souvent participer à une négociation patronat (français)/syndicats .Sinon, vous eviteriez de balancer un certain nombre d’inepties .

              1. Votre réaction démontre que j’ai touché juste .
                Laissez un peu tomber les bouquins et frottez-vous au concret . Ca évite de raconter des aneries .

          2. Effectivement vous n’avez pas dû assister à beaucoup de négociations …ou alors de l’autre côté de la table.
            Mais en France également les grévistes ne perdaient pas trop de salaires puisque des souscriptions se mettaient en place: ça s’appelait « les drapeaux ». Le syndicat allemand est un syndicat réformiste donc comme la CFDT. J’ai eu affaire à des collègues délégués allemands lorsque j’étais déléguée européeenne de mon entreprise : ils étaient prêts à signer n’importe quoi et heureusement que les autres délégués ne les avaient pas suivis. En sous-marin ils étaient en contact avec notre Direction suisse,
            Alors « l’exemple allemand » merci bien je sais ce qu’il vaut… pour nous il ne vaut rien

            1. Ce qui est crispant avec Arié, c’est qu’il assène des propos comme si il s’agissait de vérités avérées . Bon, il se ridiculise mais il n’empèche que ça finit par être gonflant

  10. Je ne suis pas trop pour le boycottage des « négociations ». Je suis plus pour rester, discuter, rentrer dedans au besoin, et affirmer son opposition en apportant d’autres solutions. Après, rien n’oblige à signer. Ça fait avancer, ou ça bloque. C’est ainsi.
    La chaise vide ou la fuite, même si je peux la comprendre, laisse une voie royale à ceux d’en face pour faire du grand n’importe quoi. Après, on peut toujours appeler à la lutte… à ses risques et péril.
    Cela dit, les journalistes et autres cassent facilement du syndicat « ouvrier » quand celui-ci se retire, mais quand c’est Gattaz du Medef qui annonçe qu’il n’irait pas aux négociations si l’on ne retirait pas le thème de la pénibilité, personne n’a moufté. Le texte a été d’emblée vider. Un syndicat patronal serait-il plus crédible que plusieurs syndicats de salariés ??? Serait-ce donc les salaires reçus par les adhérents qui fassent toute la différence ?

  11. Qu’il est dur de dialoguer !

    Je suis contre la politique de la chaise vide. Mais si c’est pour que Valls remette en cause les négociations comme bon lui semble,… autant qu’ils les mène tout seul, en effet.

    Vous allez voir que vous allez bientôt regretter JM Ayrault🙂

  12. Il n’y avait pas davantage de dialogue social sous JM Ayrault qu’il y en a sous M Valls. Avec JM Ayrault l’hypocrisie consistait à faire croire qu’il écoutait les partenaires sociaux mais à imposer ce qui avait été décidé avant, sans tenir compte le moindre du monde de leurs revendications, positions et oppositions, sachant qu’il suffisait de donner quelques infimes miettes à la CFDT qui lui permettent de maintenir l’apparence pour qu’elle avalisa la chose. Sans négliger pour autant la dissimulation et la communication, Valls, en néolibéral autoritaire qu’il est, suit davantage la méthode Tatcherienne.
    Dans un cas comme dans l’autre, sous couvert de réforme – terme de la novlangue néolibérale – ce n’est rien d’autre que la dérégulation du droit du travail, la régression sociale et la précarisation des travailleurs auxquelles nous ne cessons d’assister.

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