Tarnac: le faux complot de Sarkozy


Qui se souvient un peu du quinquennat de Sarkozy se rappellera cette affaire, les 9 de Tarnac avaient été interpelés après quelques filatures à l’automne 2008. La Sarkofrance de l’époque nous les décrivaient comme de dangereux terroristes de l’ultra-gauche.

Assez rapidement, on a compris que c’était bidon.

« Un groupe de jeunes gens, fuyant les affres de la société de consommation et du salariat dans une existence campagnarde et retirée. La police et la justice, mandatée à grand renfort de déclarations publiquespar le pouvoir sarkozyen, n’en a cure. Les conditions d’interrogation de 4 d’entre eux, relâchés le 2 décembre par le tribunal, sont difficilement acceptable à entendre pour qui est persuadé qu’ils sont innocents. » (source: Sarkofrance, 23 décembre 2008)

Cette arnaque, montée de toutes pièces par l’ancien régime sarkozyste, n’a fait l’objet d’aucune enquête administrative. Une nouvelle juge a repris l’instruction en 2012, et rendu ses conclusions en avril dernier. Le parquet doit rendre ses réquisitions à la fin juillet.

L’un des coups de grâce sera peut-être porté contre l’unique preuve de l’ancien régime, le procès-verbal de filature de la nuit du 7 au 8 novembre 2008. Les avocats des suspects ont demandé le 30 juin dernier une demande d’acte. Ils ont repris toutes les incohérences du compte-rendu de la filature… Et elles sont nombreuses.

 

28 réflexions sur “ Tarnac: le faux complot de Sarkozy ”

  1. Il est vrai que je m’étais bien marrer à lire dans mon Canard Enchaîné les élucubrations des poulagas chargés de suivre ces « hypers terroristes » faisant rouler une vieille Mercos essoufflée à plus de 190 Km/h su une distance de cinq kilomètres sur des voies difficiles, tout çà pour que le raisonnement à deux balles des Rouletabille puisse arriver à coller à peu près. Il n’était pas très regardant sur la présomption d’innocence le Sarkolito à ce moment là. Il devrait bénéficier du mettre traitement et passer 4 ou 5 mois au trou en attendant que l’enquête se déroule, juste pour voir… ARAMIS

  2. Connaissant le coin, il y avait, en effet, peu de chance que des « terroriste de l’ultra-gauche » ( rires ) réussissent un coup pareil . Et Alliot-Marie, à la baguette de cette manip minable, trouve encore le moyen de grenouiller en politique, au lieu de disparaitre sous un tas de cendres …!

  3. Ce qui est le plus pénible, dans ces coups tordus, c’est qu’ils montrent un amateurisme à deux balles et, surtout, le mépris des instigateurs pour l’intelligence des citoyens .

      1. Pas plus que des « affreux » qui ont descendu l’avion de l’alors secrétaire des Nations-Unies, Dag Hamarskoll, au Congo, dans les années 1960

        1. Et Ben Barka et le SDEC de l’époque se commettant avec les truands, Jo Attia en tête .

            1. Attia ( mort en 1972 ) était free-lance du SDECE . En plus de Ben Barka, il a trempé dans l’enlèvement du colonel Argoud . Pasqua et le SAC fricotaient avec les truands ( affaire de Loriol ) . Sans doute Attia en a-t-il été .

        1. Lorqu’on se livre à des coups tordus, ça n’est jamais une réussite Le plus souvent, d’ailleurs, ça a un effet boomerang, à plus ou moins long terme .

  4. Ce genre de méthodes n’a pas pour autant cessé avec l’arrivée au pouvoir de M. Valls et du PS. Cela se fait tout simplement de manière beaucoup plus dissimulée et incidieuse.

    En témoigne ce communiqué du Syndicat de la Magistrature dénonçant la pénalisation du mouvement social et de la contestation citoyenne :

     » Faucheurs d’OGM, militants anti-pub, étudiants anti-CPE, « Contis » d’hier, syndicalistes de Roanne, militants de la confédération paysanne en lutte contre la ferme-usine des 1000 vaches, paysans et militants de la ZAD en résistance contre l’aéroport de Notre Dame des Landes d’aujourd’hui : triste continuité que celle de la répression du mouvement social !

    Qu’ont en commun ces hommes et femmes ? Ce sont tous des acteurs mobilisés au nom de l’intérêt général pour créer les conditions d’un débat public, des précurseurs dans le combat contre la destruction de l’environnement, la diffusion des OGM ou contre des choix politico-industriels dictés par la recherche illimitée du profit, au mépris des droits des travailleurs, paysans et habitants.

    Et surtout, aujourd’hui comme hier, leurs actions collectives, faites de colère spontanée et inspirées par la détresse pour certains, de démonstrations aussi pacifiques que symboliques pour d’autres, leur valent un traitement pénal hors norme, soumis à des objectifs chiffrés que devront valider des condamnations sévères.

    Tandis que les moyens manquent à la justice et à la police pour lutter contre la délinquance économique et financière, on déroule là une mobilisation policière sans précédent et, trop souvent, un traitement judiciaire en temps réel : garde-à-vue, fichage génétique, déferrement et comparution immédiate, cette justice expéditive génératrice d’emprisonnement.

    L’arsenal sécuritaire, renforcé sous le précédent gouvernement et toujours en vigueur deux ans après l’alternance, s’est banalisé. Voilà que sont mobilisés pour contrer des luttes sociales : l’extension incontrôlée du fichage génétique qui, jadis réservé aux criminels « sexuels » concerne aujourd’hui la moindre dégradation, la pénalisation aveugle du refus de prélèvement ADN, le délit de participation à un attroupement armé, cette résurgence aggravée de la loi anti-casseurs, les procédures d’urgence désastreuses pour les droits de la défense mais si efficaces pour frapper par « exemplarité », sans recul…

    Autant d’outils sécuritaires que le gouvernement actuel, qui a déjà enterré le projet d’une loi d’amnistie sociale, est peu soucieux ou peu pressé d’abroger.

    Recourir à la pénalisation – d’ailleurs trop souvent sélective – de ces luttes, c’est enfermer dans l’illégalité toute pensée contestataire et stigmatiser un mouvement social fait de lanceurs d’alerte, qui usent de la liberté de contester l’ordre établi. C’est renoncer à y donner une réponse politique.

    Le Syndicat de la magistrature dénonce cette permanence de la pénalisation du mouvement social et la banalisation des outils sécuritaires qui en sont le moyen.  »

    http://www.syndicat-magistrature.org/Stop-a-la-penalisation-du.html

    1. C’est bien les prémices de ce qu’on appelle une dictature rampante, qui se met en place avec un prétendu « socialiste » pour bien verrouiller le truc. Alerte ! ARAMIS

  5. « Le lieutenant de gendarmerie souriait maintenant. Parler le soulageait, c’était manifeste. » Et voici ce qu’il dit : « On n’est plus dans la police judiciaire quand on est dans la police antiterroriste (…) Une enquête sur initiative du parquet, comme l’a été cette affaire de Tarnac, c’est politique, c’est dangereux. Le politique s’est créé un outil, hors de contrôle, qui exécute les basses oeuvres. Cette affaire en est un emblème. Elle inaugure une nouvelle ère. »

    David Dufresne – « Tarnac, Magasin général » Ed. Calmann-Levy

    Lire aussi à ce sujet :

     » Tarnac, une affaire d’État.

    http://www.bastamag.net/Tarnac-une-affaire-d-Etat

    1. bah le problème c’est que nous quand on se paie du poulet entre potes on est hors la loi et pas eux. Il est là le vrai risque pour la démocratie. ARAMIS

    2. En fait de gauchistes les « ultra-gauche » de Tarnac semblent plutôt être de joyeux fumeurs d’herbe, façon hippies des années 60/70 . C’est vrai qu’aujourd’hui, ça terrorise le bourgeois .

  6. Il ne faut pas perdre de vue que derrière cette affaire, il y a une idéologie ultra-sécuritaire à l’oeuvre, qui se trouve être exactement la même chez N. Sarkozy et M. Valls (comme le montre par exemple l’usage chez ce dernier de la même rhétorique d’un « ennemi intérieur » fantasmatique nommé « ultragauche » ou « mouvance anarcho-autonome », etc. ; le maintien et l’amplification des lois sécuritaires de Sarkozy par celui-ci ; leur très grande proximité commune avec Alain Bauer (voir à ce sujet le livre : « Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire » du sociologue Mathieu Rigouste)).
    Cette idéologie sécuritaire, sous le prétexte fallacieux de faire régner un état de droit ou de protéger les citoyens de menaces terroristes, ne vise en fait rien d’autre que de prémunir l’oligarchie politico-économique au pouvoir contre les contestations citoyennes et sociales que les conséquences délétères du néolibéralisme économique, les mesures d’austérité imposées aux peuples, l’accroissement de plus en plus marqué des inégalités entre les riches et les pauvres, la destruction de l’environnement, l’évidence de plus en plus criante du caractère anti-démocratique et arbitraire des pouvoirs politiques, etc., ne peuvent manquer de causer, d’une part en attisant les peurs afin de fournir une justification aux mesures sécuritaires, d’autre part en criminalisant ces contestations, quand bien même sont-elles parfaitement pacifiques et légitimes (voir le communiqué du Syndicat de la Magistrature cité ci-dessus).

  7. Oui, ce fliquage généralisé est scandaleux, malheureusement la majorité de nos compatriotes (et d’autres – dont certains ont le droit de s’exprimer – sans parler de ceux qui n’ont pas le droit de s’exprimer) se montre semble-t-il en faveur de cette illusion de sécurité : le danger, c’est l’inconnu, l’étranger, celui qui est différent, par sa couleur de peau, sa religion (ou absence de religion), qui ne pensent pas comme mon petit cercle de connaissances, en oubliant que la grande majorité des meurtres, viols, sont la plupart du temps le fait de proches ou de malades mentaux, et que nous avons plus de (mal)chance de mourir d’un accident domestique ou de la route, ou du fait d’un de nos proches.

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