« Ils » ont interdit la manifestation pro-palestinienne


A nouveau.

1. C’est une erreur, redisons-le. Plutôt que d’encadrer la manifestation (dont le début du cortège était placé Place de la République à 15h, un lieu habituel pour nombre de manif parisiennes), il décide l’interdiction sur la base de motifs qui pourraient servir à nombre d’autres protestations.

2. Sur les réseaux sociaux, sans surprise, une belle fraction d’extrême droite crie, râle et proteste.

Lors de la manifestation du 19 juillet dernier à Paris, l’extrême droite antisémite s’était déjà régalée à polluer le mouvement. Il fallait faire le tri.

3. Cette fois-ci, Bernard Cazeneuve invoque des risques de « tension« . Et justifie l’interdiction ainsi:

« Ce sont les mêmes organisateurs que la manifestation de samedi dernier, justifie-t-il, et on sait à quel débordement elle a conduit.« 

Qui sont donc les organisateurs ? Le Palestinian Youth movement, le NPA, le Parti des Indigènes de la République. Il y en peut-être d’autres. Je cherche la liste complète.

Manifester est une chose.

Savoir avec qui en est une autre.

31 réflexions sur “ « Ils » ont interdit la manifestation pro-palestinienne ”

  1. N’est-ce pas plutôt parce que la Droite a élevé la voix sur les organisateurs de la manif de mercredi protégée par la CGT et que ça l’a emmerdée que ça se soit bien passé. Quelles tensions ?Là, oui, il va y avoir tension et il ne sera pas bon de se promener du côté de République à cause de ce gouvernement en carton que nous avons

  2. A lire : la 1ère page du Canard enchaîné de mercredi 23/07, où l’on apprend pourquoi la première manifestation a été interdite.
    Si le NPA et autres, maintiennent celle qu’il organisent ce samedi 26, ont-ils suffisamment de forces dans leurs courants pour encadrer et sécuriser les biens et les personnes, comme l’ont fait ceux de ce mercredi ? J’en doute fort, vu le peu de sympathisants qu’ils fédèrent. Pour eux : trop de police ou pas assez, quoi qu’il en soit, est une provocation de l’Etat, donc appel à la casse.

    1. Ben au Parti et à la CGT nous avons l’habitude des « débordements ». Je me souviens d’une manif où Notat allait se faire « lyncher » par ses adhérents et c’est le S.O. de la CGT qui l’a mise dans une voiture.
      Je voulais y aller mais si le Parti et la CGT n’y sont pas, pas question. Même certains CRS en « off » ont reconnu la bonne tenue de la manif de mercredi

      1. C’est un peu un serpent qui se mord la queue: le gouvernement interdit une manif, du coup le PCF et la CGT (entre autres) déclarent qu’ils n’iront pas -> mauvais service d’ordre -> dérapages.

      2. J’y étais aussi, avec la CGT : c’était en 1995 et les gens de la CFDT, entre autres, voulaient vraiment faire la pea de la tsarine, à qui ils reprochaient de trop frayer avec Juppé, alors 1er ministre . Elle a eu du bol que le S.O de la CGT soit là . Ele n’en n’a pas eut plus de reconnaissance pour autant

  3. N’en déplaise à Cazeneuve (qui ne fait que transmettre ce qu’ON lui dit de transmettre) samedi denier ce n’était pas la CGT ni le PCF qui organisait. Celle de mercredi OUI avec France-Palestine. Je vous dit : un gouvernement en carton!!!!

  4. Je comprends la nécessité, à gauche, de ressortir le bon vieil épouvantail de l’extrême droite antisémite. Falloir resserrer les rangs après tout ce que vous vous êtes mis dans la gueule ces derniers jours.

    Maintenant, s’il est une évidence qu’il existe un antisémitisme « de droite », ces derniers jours ont montré qu’il était entrain d’être mis clairement en minorité au profit d’un front commun face à l’islamisation de la société française; en témoigne la profonde inquiétude, sur cette question, qui agite des cercles allant du FN jusqu’aux chevènementistes, c’est vous dire…

    Par ailleurs, peut-on qualifier le courant Soral-Dieudonné d’extrême droite? pas sur. Ce qui est certain, c’est que le jour où ça a pété dans tous les sens, la quasi totalité des manifestants pro palestiniens étaient musulmans ou d’extrême gauche.

    1. @Anton, le courant Soral-Dieudonné est clairement extremiste. Cela ratisse large à l’extrême droite mais aussi à l’extrême gauche, et encore au delà des frontières françaises dans le monde arabe. Dès lors que l’on promeut les thèses conspirationnistes en faisant la promotion des « Protocoles des Sages de Sion » pour développer une analyse dite « éveillée « patriotique » « résistante »… Le fameux complot « juif » nous renvoi directement dans le contexte des années 30 et l’on sait où cela a mené l’humanité.

      Extrême droite sur la scène française ou fascisme vert, je ne vois aucune différence. Ces idéologies sont absolutistes. A proscrire.

      Ce qui est dérisoire, c’est l’inculture généralisée, prête à défendre des fascistes vert (Hamas) encore plus extrêmistes que les plus extrêmistes néo-nazis français. Cette inculture qui sous couvert de bien-pensance voit des facistes partout sauf ceux qu’elle pratique quotidiennement.

      Un fasciste français au look néo-nazi et et au look salfiste ont tous deux le crâne rasée, la seule différence c’est la barbe.
      Sinon, c’est les mêmes connards.

      Tout ça pour que l’inculture mène à la confusion, à tel point que l’on parle de « confusionisme » qui fait le pain béni des Dieudonnés, des Sorals et des Kemi Sebas.

    2. @Odi, « le courant Soral-Dieudonné est clairement extremiste »

      Ah, mais je ne dis pas le contraire. Il me semblait juste qu’il était un peu réducteur, voire erroné, de vouloir le situer à l’extrême droite.

      Pour le reste, je suis assez d’accord avec vous, même si je trouve que la figure du néo-nazi français au crâne rasé est largement fantasmée aujourd’hui. S’il en existe encore (combien sur tout le territoire? quelques centaines?), on ne peut pas dire qu’on les croise à tous les coins de rue ou attablés à des terrasses de cafés nazis, alors que le look salafiste semble être nettement plus en vogue.

      1. Il est certain que le look salafiste se développe de façon exponentielle dans les quartiers (ZUS). Tout comme l’antisionisme à tous crins pour des raisons parfois fondées, souvent confuses et largement fantasmées par les théories sur le complot juif.

        En faisant quelques recherches sur internet, je mes suis aperçu que le centre Zahra concentre tous les mouvances politiques (parfois contraires et se nourrissant l’un l’autre pour exister)
        http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-amis-tres-particuliers-du-centre-zahra_743285.html

        Lorsque l’on voit en réalité la nébuleuse antisioniste et bien c’est vrai nous sommes plus très lien de l’antisémitisme. Aussi, je trouve suspect quelqu’un se positionnant contre Israel par simple antisionisme alors qu’a priori beaucoup le sont sans véritablement savoir où ils mettent les pieds. Car au premier abord, sur le conflit israelo-palestinien, le coeur va toujours défendre le faible contre le puissant. L’opprimé contre l’oppresseur. Le colonisé contre le colonisateur… Malheureusement, les choses ne sont jamais simples à comprendre.

        La gauche française aurait tout intérêt à se démarquer des mouvances infréquentables même si elles partagent des positions pro-palestiniennes. Cela clarifierait un peu la donne.

        A bon entendeur. SALUT!

      2. Lui même définit son opération de réconciliation comme étant, en partie, la conjonction de « la gauche du travail et de la droite des valeurs ».
        Le bonhomme revendique lui même la volonté de fédérer les colères des deux extrêmes contre ce qu’il appelle « le système », politique, médiatique et financier.
        Lui même rappelle sans cesse qu’il vient de l’extrême gauche, étalant à de nombreuses occasions une grille de lecture marxiste de la société.

        Nombreux le qualifient de nazi (probablement à juste titre puisque comme vous le rappelez justement, sa maison d’édition publie l’ouvrage de Delaisi faisant la promotion du redressement économique du IIIème reich, ouvrage que je n’ai pas lu, vous oui?), oubliant que dans national-socialisme il y a le mot socialisme.
        Vous rappelez vous même la dimension sociale du fascisme, revendiquée par Soral; fascisme qui lui aussi a été assimilé en son temps à une forme de socialisme autoritaire.
        Hanna Arendt, dans « les origines du totalitarisme » réalise elle même le rapprochement entre nazisme et communisme stalinien, ce qui lui a crée quelques désagréments parmi ses plus proches soutiens d’alors.

        Toutes ces classifications, catégorisations, étiquettes reposent pas mal, à mon sens, sur des petites luttes de chapelles idéologiques, chacun essayant de déposer l’autre dans le camps du mal absolu pour s’exonérer de ses propres crimes. Il y a quelque chose de religieux là dedans.

        (Précisons, si besoin était, que bien que je refuse radicalement l’islamisation de mon pays, je ne me rallie, pour ma part, à aucune chapelle idéologique, que Soral n’est pas vraiment ma came, que sa tentative de réconciliation me semble être une impasse absolue, enfin, que l’essentiel demeure dans le refus d’un quelconque totalitarisme, quelque soit sa gamme chromatique).

  5. Pourquoi cette prudence ? C’est que les organisations de soutien aux Palestiniens ne forment pas un front uni. Si le Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, formé d’organisations historiques comme la Ligue des droits de l’homme, le Parti communiste ou la CGT, affiche des revendications consensuelles et pacifistes, ce sont des associations aux revendications plus radicales qui ont appelé les sympathisants de la cause palestinienne à manifester pour la première fois, le 13 juillet.

    Ce jour-là, c’est un collectif informel sans nom officiel, composé d’une bande d’amis trentenaires, militants de longue date, qui pilote les événements car les acteurs traditionnels « ne bougent pas », disent-ils. Ce réseau est formé d’un noyau réduit de militants, mais sa capacité de mobilisation sur les réseaux sociaux et sur le terrain compense cette faiblesse. Il réunit des membres de l’Union générale des étudiants de Palestine (GUPS), du Mouvement des jeunes Palestiniens (PYM France), de Génération Palestine, de l’Union juive française pour la paix (UJFP), du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ou du Parti des indigènes de la République (PIR).

  6. vous êtes tous très calé sur le sujet spécifique, je n’ai rien à ajouter à ce que les uns et les autres ont apporté sur les différentes réflexions de Juan

    ce qui m’intrigue est ailleurs.
    On commence à lire ici et là que la période est porteuse de tension et de troubles sociaux pour de multiples raisons mais où la crise économique est un vecteur de frustrations qui ne peuvent s’exprimer directement…….
    dès lors, si un gouvernement interdit une manif (par nature revendicatrice) pour cause de débordement et de tensions, je ne vois pas pourquoi il ne les interdirait pas toutes à l’avenir…

    – manifs pour l’emploi…trop de tensions….interdiction
    – manifs pour la protection sociale……….trop de tensions….interdiction
    – manif de la SNCF……trop de tensions…..interdiction
    – manif sociétale………trop de tensions……….interdiction

    si cela devait devenir une constante, je m’interroge donc sur la nature du type de gouvernance que cela peut préfigurer………….

    bah, je me fais des idées………

    1. Mais si on ne réagi pas c’est ce qui risque d’arriver. Pour l’instant ils font des coupes franches dans le Code du Travail « tranquillement » en relançant le débat sur la manif autorisée ou non, et pendant ce temps clac, clac …plus de CT digne de la défense des salariés

      1. cette préparation psychologique et homéopathique à la « prévention sécuritaire » des manifs est assez bien vue, du point de vue d’un accompagnement au « TINA » dogmatique en cours…

        Les contre-pouvoirs déjà très affaiblis risquent de se trouver placés en double contrainte entre nécessité de faire contre poids aux anormalités sociales flagrantes et celle de débordements et de dégâts d’une minorité qui profite de la situation pour des motifs pas toujours contenus dans la réaction en cours…

        je sais bien que cela n’a rien à voir avec le sujet d’aujourd’hui, mais j’ai le sentiment qu’il se créée une forme de jurisprudence au droit de manifester, et pourquoi pas, de grève par extension…

  7. Difficile d’interdire dans une démocratie….ou alors il faut expliquer clairement le pourquoi du comment….

  8. juan désolé d’être hors sujet mais pour moi un événement grave et incompréhensible vient de se produire :
    17 ans d’errements judiciaires pour arriver à ce qu’il faut bien appeler un authentique déni de justice !
    Il y aura probablement eu des réquisitions du Parquet invitant les juges d’instruction ; somnolant depuis ces 17 années sur ces dossiers, à clore cette mascarade par un non-lieu général : « Embrassons-nous Folleville !  »
    tout va bien et ceux qui ont perdu un cheptel entier avec l’ESB ou la vie avec la maladie de Kreutzfeld-Jacob, ou les deux, sont les cocus de l’histoire. Le lobby des importateurs de farines animales a été le plus fort et, franchement, ils auraient tort de se priver puisqu’aujourd’hui, ils récidivent en gavant les poissons de cette saleté de farines animales. L’AFFSA ferme les yeux et le Conseil National de l’Alimentation a autorisé en 2011 la réintroduction de ces farines.
    Cela dit, la fraude récente à la viande de cheval a démontré que pour gagner trois sous, les professionnels d’un bout à l’autre de la chaîne étaient capables des pires turpitudes.
    Il faut savoir aujourd’hui, et cette info nous le démontre, qu’ils peuvent agir en toute liberté et en toute impunité. Il ne reste donc plus que le régime végétarien, et encore, à conditions que vos légumes proviennent de votre jardin !

    avec mes excuses juan

    1. On notera d’ailleurs sur ce lien :
      http://paris.demosphere.eu/rv/34546
      que, dans les mots d’ordre de la manif d’aujourd’hui, figure le soutien à la lutte palestinienne  » sous toutes ses formes  » ( c’est-à-dire y inclus les attentats kamikaze et le lancement de roquettes sur les cibles on ne peut plus civiles que sont les villes israéliennes) tout en exigeant l’arrêt des bombardements israéliens… Sérieux ?

      1. Il y a un peu de tout. Dans le lot, il y a certainement des gens de bonne volonté. Faut pas que cela dérape dans les rues de France. Cela serait contreproductif. Et puis la rue et l’opinion public, ça fait deux. il y a des élections dans les urnes qui ne trompent pas. On va vivre dans quel pays à la fin?

  9. Avant d’interdire les manifs ( car oui, le gouvernement met le doigt dans un sale engrenage ), on pourrait peut-être dissoudre la LDJ, laquelle apparait la manipulatrice responsable des attaques de synagogues lors de la 1ere manif . D’autant que ladite LDJ est interdite en Israel, parce que trop extrêmiste (?)
    Et qu’est-ce que c’est que cette mauvaise blague concernant les services d’ordres ? Puisqu’on parle de la CGT, son SO discute toujours avec la PP pour l’organisation des défilés revendicatifs . La meilleure preuve est la dernière manif qui s’est, de l’avis général, plutôt bien passée .
    Ca sent vraiment le parti-pris de la part du gouvernement .

    1. Apparemment il y a eu des débordement et les organisateurs ont été dépassés. Curieux que le gouvernement les « craignait » ces débordements à croire qu’il les appelait de ses voeux…. N’y aurait-il pas des « flics-casseurs » là-dessous ? ça s’est déjà vu

  10. Y a quand même quelque chose qui interpelle : pourquoi y a t-il eu des affrontements à Paris et pas dans les autres villes ou des manifs étaient organisées ?
    Qui manipule qui ?

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